Bonjour
Salut,
En ce qui concerne la présence de la Turquie en Europe je vous renvoie à mes échanges avec Georges sur le sujet suivant, vous y trouverez toutes les réponses à votre question :
post63895.html?hilit=&sid=844ce107a6a4ab4166dd9e6a34111b66#p63895L'actualité récente vient de rappeler deux aspects que je développe dans cet échange, antérieur à la réunion récente des membres de l'OTAN :
1- Laïque ou pas, la Turquie reste viscéralement attachée à une rapport à sa religion qui la place d'office hors de l'idéal européen.
Voir le coup de sang de Kouchner :
http://www.lemonde.fr/politique/article ... 23448.html2- Le même sommet a bien rappelé que l'entrée de la Turquie en Europe est une volonté des Etats-Unis, ce que je rappelle dans mon échange avec Georges.
Obama a été on ne peut plus clair à ce sujet.
Or l'Europe est l'affaire des européens, pas celle des américains ni des turcs.
De là à sous-entendre, comme vous semblez le faire, que l'Europe ne serait qu'un "club chrétien" comme l'a dit Erdogan (je crois), une Oumma bis, c'est une inexactitude qui montre bien l'incapacité d'une certaine élite musulmane à concevoir le découplage nécessaire entre individu et collectivité pour arriver à une démocratie moderne où le bien commun vient de l'intérêt particulier (au sens intérêt de chacun).
Les démocraties contemporaines tentent de mettre en place un dialogue entre le bien commun et l'intérêt privé en partant du deuxième pour aboutir au premier, donc dans le sens de l'individu vers le groupe.
La Oumma n'autorise pas ce dialogue, pour l'instant (?), et c'est vrai qu'elle est tout ce que vous en dites : un lien implicite d'ordre émotionnel, d'ordre psychique, entre des "entités" qui ne peuvent agir en tant qu'individus/citoyens éduqués.
(Et de plus cette Oumma n'est même pas protectrice).
Pour l'instant (?)
Je ne peux pas résister au plaisir de citer ici Tocqueville et sa si belle langue :
"Que m'importe après tout qu'il y ait une autorité toujours sur pied qui veille à ce que mes plaisirs soient tranquilles, qui vole au-devant de mes pas pour détourner tous les dangers, sans même que j'aie le besoin d'y songer, si cette autorité en même temps qu'elle m'ôte ainsi les moindres épines de mon passage, est maîtresse absolue de ma liberté et de ma vie, si elle monopolise le mouvement de l'existence à tel point qu'il faille que tout languisse autour d'elle lorsqu'elle languit, que tout dorme quand elle dort, que tout périsse quand elle meurt ?".
Alexis De Tocqueville ne pensait pas ici à la Oumma mais combien je trouve que la deuxième partie de ce propos lui correspond : Lorsque la Oumma s'est alanguie, au fil des siècles, les musulmans se sont assoupis.
Le réveil est rude.