Il se trouve que, suite à une insomnie, cette réponse s'est anormalement gonflée et il m'est apparu qu'elle pourrait faire l'objet d'un sujet (ah ! ah ! c'est drôle !)
Cette analyse est le fruit d'un "ressenti" et s'il vous plaît ne me demandez pas de citer mes sources !
Ne me désespérez pas non plus en me répondant que tout est foutu et que la secte du "Grand Yaka" est irrécupérable !
@ yacoub,
vous dites que la femme musulmane est à la fois victime et responsable de son asservissement.
Ce constat est hélas vrai mais il n'est pas propre à la femme seulement.
Beaucoup de musulmans hommes sont en même temps victimes et responsables de leur asservissement parce qu'il est dur de remettre en cause sa culture d'appartenance. Cela vaut pour tout le monde mais comme on l'a déjà développé dans d'autres topics, c'est particulièrement vrai pour un musulman qui a si profondément ancré en lui le sentiment d'appartenir à la Oumma.
(Et d'ailleurs les femmes, les mères musulmanes sont responsables de la perpétuation de cette appartenance).
La Oumma a une dimension presque charnelle et chaque musulman est en partie responsable de sa bonne santé. Il est en devoir de chasser l'hérésie qui sommeille en lui, chez chacun de ses frères, possiblement hypocrite, et de défendre cette "matrice" contre toutes les déviances et innovations qui pourraient en altérer la pureté.
Je n'ai pas de raison de ne pas croire un musulman lorsque celui-ci me dit que son seul désir est de plaire à Allah, mais je pense que la réalité de la Oumma compense l'éloignement d'un Dieu si "akbar".
Oui, la Oumma est une matrice, c'est Matrix, une matrice confortable dont il est difficile de s'arracher tant on peut préférer le rêve qu'elle propose à la réalité beaucoup plus dure.
Et si Allah n'a aucune réalité, s'il est inconcevable pour un musulman de seulement l'imaginer, la Oumma elle, compense ce manque par des contours terrestres bien définis.
Or la Oumma est en souffrance depuis trois siècles, depuis qu'une première élite musulmane a rencontré "la modernité" et qu'elle l'a immédiatement rejetée, par peur et orgueil mélangés. N'était-elle pas en effet appelée à dire le Bien et le Mal au reste du monde ?
Elle souffre ponctuellement en tel ou tel point du globe et elle réagit comme une huître. Piquez un des points de sa chair, et c'est toute l'huître qui se rétracte.
Il faut faire avec cette réalité palpable.
la Oumma est une cellule traumatisée par le milieu ambiant dans lequel elle évolue constitué de modernité. Elle n'arrive pas à se mettre en phase, à laisser circuler librement tous ces fluides qui arriveraient à la revitaliser. Elle est un corps réel fragile, hypersensible, écorché, impulsif qui réagit à la modernité en sécrétant des anticorps barbus et voilés. (D'ailleurs c'est fou, mais en y pensant, je perçois de plus en plus le voile comme un "marqueur" d'anticorps.)
Pourtant, je reste persuadé que si cette Oumma avait "foi en elle", si elle était sereinement sûre des capacités qu'elle peut tirer de son originalité, elle pourrait apporter quelque chose d'important dans les domaines de la solidarité, de la fraternité, et dans le besoin aujourd'hui nécessaire de remettre l'Homme au centre d'une machine où il se met lui-même en marge.
Mais la Oumma est faite de musulmans, encore trop pétris du besoin de soumission alors qu'ils auraient besoin d'accomplir un "devoir d'insoumission" salutaire.
C'est un défi qu'ils doivent relever.
Ils doivent choisir, comme chacun de nous est appelé à le faire tous les jours, entre la pilule bleue et la pilule rouge.
Merci d'avoir lu jusqu'ici cette analyse intuitive, à la limite de la psy/analyse.






