L'accusation a requis 25 ans de réclusion criminelle contre le meurtrier présumé de Sohane, brûlée vive en octobre 2002 dans une cité de la banlieue parisienne
L'avocat général Jean-Paul Content a demandé à la cour de retenir la qualification actuelle d'actes de torture ou de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Pour lui, Jamal Derrar a "prémédité" son acte, un "acte d'une cruauté sans bornes", même s'il n'a "pas voulu la mort de Sohane".
Jean-Paul Content a donc requis vingt-cinq ans de réclusion criminelle à l'encontre du jeune homme de 22 ans, jugé devant la cour d'assises du Val-de-Marne pour la mort de Sohane, brûlée vive à Vitry-sur-Seine. Il a réclamé entre huit et dix ans de prison contre Tony Rocca, 23 ans, jugé pour complicité du crime.
Au cours du procès, Jamal Derrar a admis avoir entraîné le 4 octobre 2002 Sohane, 17 ans, dans un local à poubelles de la cité Balzac de Vitry-sur-Seine, l'avoir arrosée d'essence et menacée d'un briquet, pendant que Tony Rocca barrait les accès. Les deux accusés, qui défendent la thèse d'un accident.
Le représentant de l'accusation soutient, lui, la thèse d'un acte volontaire et prémédité, même si Jamal Derrar n'a pas agi avec l'intention de donner la mort. Il avait caché une bouteille d'essence dans le local la veille des faits et manifesté à des amis l'intention de "faire un truc de "ouf" - fou - à Sohane", avait-il rappelé.
Tout laisse à penser, selon les conclusions de l'avocat général, que l'accusé a voulu se venger indirectement d'un différend avec le petit ami de Sohane, qui l'avait rudoyé peu de temps avant les faits. Cette interprétation se démarque ainsi de celle de l'avocat de la famille de Sohane, Me Francis Szpiner, qui avait demandé à la cour de requalifier les faits en assassinat, le qualifiant de "crime d'orgueil, de fierté".
Les deux accusés encourent la réclusion à perpétuité. La cour devrait rendre son verdict dans la nuit après les plaidoiries de la défense.
"La mort de Sohane ne doit pas être inutile"
"L'image d'une femme brûlée vive nous renvoie plusieurs siècles en arrière [...[ Sa mort est devenue le symbole de la violence la plus extrême faite aux femmes", a déclaré l'avocat général Jean-Paul Content au terme d'une semaine de procès aux assises du Val-de-Marne. Sohane demeurera pour le magistrat l'emblème des "filles qui veulent vivre leur liberté sans se plier à la morale que veulent leur imposer certains garçons".
Sans mentionner explicitement les jeunes Français issus de l'immigration nord-africaine, le représentant de l'accusation a demandé une peine "exemplaire" à destination d'un "fond culturel qui veut que le mâle commande et que la femme se soumette". Il a rappelé que lors de la reconstitution des faits en mars 2003, certains amis de l'accusé l'avaient applaudi des fenêtres de leurs logements. "La justice ne peut pas banaliser cet acte. Le verdict doit faire réfléchir cette poignée d'imbéciles", a-t-il affirmé.
L'affaire est déjà emblématique et le nom de Sohane a été donné à une esplanade à Vitry. L'association "Ni putes ni soumises", qui défend les femmes des cités, notamment celles issues de l'immigration africaine, s'est développée après ce crime, qu'elle considère comme révélateur d'un climat qu'elle combat.
source: www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=3274






. Il n’y a pas mieux pour qu’ils se rendent compte qu’ils sont loin d’être des humains dignes de ce nom.