Salut Libertas,
Je me suis apostasié il y a presque dix ans maintenant. J'ai toujours eu quelques doutes, et surtout ce qui m'énervait c'est l'absence de tout dialogue: Dieu a dit, le prophète a dit ... Le déclic pour moi c'est juste internet. comme le disais Wafa Sultan, les musulmans vivent dans une prison mentale, très peu peuvent s'en sortir seuls. Il leur faut une aide extérieure. Internet m'as permis de "challenger" l'islam, de le voir sous un autre angle. Je suis passé par plusieurs étapes dans mon apostasie.
D'abord je me disais que la sounna comportait des hadiths ignobles ou risibles et qu'il ne fallait gardait que le coran.
Ensuite, l'étape la plus dur est de renier le coran lui même. J'ai réalisé qu'il s'agissait d'un ramassis de mythes copiés sur la bible. Mais je continuais à croire qu'au fond l'islam était une bonne religion. Au fil du temps je réalisais que non seulement c'était une religion fausse mais aussi violente, stupide et moche. Inventée par un fou mystique doublé d'un détraqué sexuel. (ouf! ça me soulage de dire ça )
Comme toi, je suis passé par une crise existentiel terrible. A l'époque je ne suis pas sorti de chez moi pendant trois semaines. Je ne parlais à personne, mes amis venait me voir car il croyait que j'étais malade, mais je n'osais pas leur avouer la vérité. Finalement j'ai fini à en parler à une poignée dont j'avais entière confiance. Il m'ont réconforte, certains ont avoué avoir quelques doutes sans aller jusqu'à quitter l'islam.
La crise identitaire est difficile à surmonter. Moi, je suis amazirh (bérbère marocain), ça m'a aidé à me redéfinir à l'époque, mais finalement ce n'est qu'une étape transitoire. Aujourd'hui je me vois juste comme "citoyen du monde". Je n'ai plus besoin d'identité "singulière". La vie continue, l'être humain s'adapte à tout. Je me suis mis à la philosophie (Nietzsche notamment

). Avec le recul, comme l'a dit junon, c'est un combat permanent entre le nouveau et l'ancien moi. L'ancien moi ne disparait jamais, il est gravé dans notre inconscient profond.
Mais le nouveau moi dispose d'une liberté inouï, le champs du possible s'élargit tout à coup. Aujourd'hui, après de longues années je me sens beaucoup mieux que quand j'étais musulman. Ce n'est pas seulement l'islam que j'ai quitté, c'est tout un système. Quand j'étais musulman, j'étais obsédé par l'argent, je pensais tout le temps à ma carrière. C'est ironiquement une société islamique qui m'a façonné comme ça. Maintenant je suis beaucoup plus concentré sur le moment présent, j'essaie de profiter de chaque instant de ma vie. j'ai changé de travail pour un boulot moins bien payé mais qui m'intéresse plus. j'ai vécu des histoires d'amour avec des personnes merveilleuses, je ne pense plus au mariage et aux enfants. J'ai compris que ce n'était pas mon truc.
En ce qui concerne mes parents, je n'a pas pu leur dire. Ils ont tout sacrifié pour moi et ma sœur, j'ai fait des études qui ont couté cher et j'ai un bon boulot "de bureau". Ils sont très fiers et ça les rend heureux. Je ne veux pas leur faire de peine, même si c'est hypocrite. quand je les vois, je me dit que c'est mieux de vivre heureux dans le mensonge que triste dans la réalité.
An intelligent man cannot seriously become anything, only a fool can become something — Fyodor Dostoyevsky