nanoutte a écrit:bonjour une sourate bien claire pour l'apostasie
La punition est divine et non humaine concernant l'apostasie
L'un n'empêche pas l'autre : l'islam ordonne de tuer les apostats, et une fois morts, il vont tout droit en enfer. La double peine, en quelque sorte. Le Coran comprend de nombreux versets qui, à l'instar de celui que tu cites, prédisent un châtiment éternel atroce pour les apostats : 2:217, 3:90, 3:106, 4:89, 4:137, etc...
Pour le sort à leur réserver sur terre, il est moins prolixe, mais pas totalement muet. Il faut tout d'abord observer qu'un apostat devient forcément mécréant, et qu'Allah indique de tuer ceux-ci (9:5, 2:190-193, etc.). Si le Coran est pauvre en ce qui concerne le sort spécifique des apostats, il traite donc du cas général dont fait partie la catégorie de ceux qui ont renié l'islam.
Ensuite, il existe bel et bien au moins un verset qui ordonne de tuer les apostats :
[…] Ne prenez donc pas d'alliés parmi eux [= les mécréants], jusqu'à ce qu'ils émigrent dans le sentier d'Allah. Mais s'ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez […] (4:89)
Tourner le dos signifie ici renier l'islam. Mais il est vrai que certains exégètes - pas tous - amoindrissent la portée de cette injonction en en restreignant l'application à un contexte comparable à celui de la descente de ce verset (désertion de combattants musulmans lors de l'émigration vers Médine). Comme toujours, la restriction au contexte n'est pas très logique : si on l'applique à tout le Coran, ça voudrait dire qu'il faut le rejeter dans son ensemble, puisque toute la révélation est étroitement liée au contexte historique, social, etc., de l'époque, voire aux diverses élucubrations de la vie intime de Mahomet. Et déterminer quel type de situation est comparable à celle où Allah a ordonné ces tueries est passablement subjectif et laisse la porte largement ouverte à ceux qui veulent justifier le meurtre des apostats par le Coran.
Mais bon, on peut admettre à la rigueur que ce verset ne constitue pas une base suffisamment solide pour considérer la mise à mort des apostats comme une règle absolue. Par contre, comme tu le sais sans doute, le Coran enjoint les musulmans à prendre Mahomet comme modèle (33:21...), et en cas de précisions insuffisantes dans ce même Coran, ce sont donc les actes et paroles du prophète, autrement dit les hadiths, qui indiquent la marche à suivre. Et là, le sort terrestre des apostats est très clair :
D’après ‘Abdoullah Ibn Mas’oud, l’Envoyé d’Allah a dit : « il n’est pas permis de verser le sang d’un musulman qui témoigne qu’il n’y a d’autre divinité qu’Allah et que je suis l’envoyé d’Allah, sauf dans ces trois cas : l’époux adultère, le coupable d’un meurtre et l’apostat qui abandonne la communauté musulmane. ». (Muslim, 16:4152 ; contenu analogue : Muslim 16:4154, Bukhari 83:17)
Rapporté par Ikrima : Quelques athéistes furent envoyés à Ali, qui les brûla. La nouvelle parvint à Ibn Abbas qui dit : « Si j’avais été à sa place, je ne les aurais pas brûlés, car le Prophète l’a interdit et a dit : « Ne punissez personne avec le châtiment d’Allah [c-à-d. par le feu] » ; mais je les aurais tués, conformément à ce qu’a dit l’apôtre d’Allah : « Tout musulman qui quitte sa religion, tuez-le. » » (Bukhari, 84:57)
[…] Il y avait un homme enchaîné à côté de Abu Musa. Mu’adh demanda : « Quel est cet homme ? » Abu Musa dit : « C’était un juif, il est devenu musulman et est ensuite retourné au judaïsme ». Et Abu Musa invita alors à Mu’adh à s’asseoir, mais Mu’adh dit : « Je ne m’asseoirai pas tant qu’il ne sera pas mis à mort. C’est le jugement d’Allah et de son apôtre [dans un cas semblable] ». Et il répéta cela trois fois. Abu Musa ordonna alors que l’homme soit mis à mort, et il fut exécuté. […] (Bukhari 84:58)
Mu’adh bin Jabal était un des compagnons de la première heure de Mahomet, que celui-ci considérait comme un des plus dignes de confiance et le meilleur connaisseur en droit islamique.
Le hadith suivant raconte quelle peine a ordonné Mahomet pour un groupe d’individus ayant commis l’apostasie, un meurtre, et un vol de chameaux. Il n’est pas précisé dans quelle proportion chacun de ces crimes a déterminé le choix de la peine, mais Bukhari classe cette anecdote dans la partie de son recueil consacrée à la manière de punir la mécréance, ce qui laisse supposer que l’illustre compilateur considérait le fait d’avoir apostasié comme primordial dans cette affaire. La même histoire est rapportée aussi dans Bukhari 83:37, et le narrateur commente « Que pourrait-il y avoir de pire que ce que ces gens ont fait ? Ils ont quitté l’islam, et commis le meurtre et le vol ».
Rapporté par Anas : quelques membres de la tribu de Ukl vinrent voir le prophète et embrassèrent l’islam. Le climat de Médine ne leur convint pas, et le prophète leur ordonna donc de rejoindre un troupeau de chamelles laitières et de boire leur lait et leur urine (comme remède). C’est ce qu’ils firent, mais une fois rétablis, ils renièrent l’islam, tuèrent le berger et volèrent les chamelles. Le prophète envoya quelques hommes à leurs trousses ; ils furent pris et ramenés, et le prophète ordonna qu’on leur coupe les mains et les pieds, qu’on leur brûle les yeux au fer rouge et qu’on ne cautérise pas [les plaies de] leurs mains et leur pieds, jusqu’à ce que mort s’ensuive. (Bukhari, 82:794)
En résumé, on peut donc dire que le Coran ordonne la mise à mort des apostats, mais que la question est discutable, et que la sunna tranche la question en disant sans aucun doute possible que les apostats doivent être tués.
























