Bonjour Alia,
Je crois qu'on doit plutôt dire que ces révolutions ont accompagné et fait partie de cette lente sécularisation dont il est ici question.
je vous propose une étude comparée de ce qui s'est passé dans deux zones géographiques différentes influencées par deux monothéismes, occasionnellement totalitaire pour l'un d'entre eux, constamment totalitaire pour le deuxième.
- Les révolutions scientifiques furent possibles en Occident parce que le christianisme a définitivement renvoyé le sacré dans le champs de l'après-vie. (Je crois comprendre que vous appréciez l'heroïc fantasy, les contes philosophiques et vous voyez ce que je veux dire). Le christianisme a appris à l'Homme que le monde dans lequel il se déplaçait était une preuve d'amour, qu'il n'était pas "enchanté", et qu'il pouvait tordre le cou aux petits dieux, aux elfes et aux trolls, aux esprits malins, lutins, aux chasses gardées divines, ainsi qu'aux ancêtres réincarnés en coccinelles

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Tout au long du Moyen-âge, l'homme a ainsi pu se replacer dans son "cosmos", il a appris à se l'approprier pleinement, à passer d'une interprétation alchimique et métaphysique de son univers à une analyse physique et chimique de son environnement, et à se placer au centre de cet univers puisqu'il était fait pour lui.
- Sur le plan philosophique, la longue chaîne de philosophes qui ne s'est jamais interrompue fut rendue possible par la tension autorisée entre Foi et Raison et il faut encore rendre hommage aux pères de l'Eglise que furent Saint-Augustin et Saint Thomas d'Aquin.
- Enfin, la liberté d'analyse de la Parole divine (protestantisme) relève de la même tension qui, en chemin, avait donné naissance (nous sommes au XVIè siècle) à un "individu" occidental abreuvé de libre arbitre et qui entendait maintenant prendre le pouvoir sur sa propre pensée.
On dirait que je brosse un tableau idéal !
Tout cela s'est passé dans un conflit permanent rempli d'enjeux de pouvoir mais il serait stupide d'en accuser seulement "le christianisme" comme je l'entends trop souvent dire.
Celui qui est ici à blâmer, c'est l'Homme, tout simplement, et cela doit nous rendre humble.
Que s'est-il passé dans le même temps dans la maison de l'Islam.
- En matière scientifique, la même appropriation de l'homme sur son cosmos ne fut pas possible parce que celui-ci est entièrement entre les mains d'un Dieu "akbar", si tellement "au-dessus", si peu "papa" comme l'est le Dieu des chrétiens, si imprévisible puisqu'il fait ce qu'il veut que ce monde ne doit pas avoir de logique propre à même de donner naissance à un esprit scientifique.
De plus, à chaque pas, à chaque geste, un musulman se pose la question de la licité et, en cas de recherches scientifiques, une armée de jurisconsultes se serait retrouvée derrière lui pour lui rappeler le licite et l'illicite.
- En matière philosophique, l'embryon d'études des textes aristotéliciens amorcées par Avéroès fut avortée par "l'argument de l'Islam", Al Ghazali, qui décida que la récréation était terminée en disant, je résume par une phrase qui n'est pas de lui : " Si c'est bon, c'est dans le Coran et si ce n'est pas dans le Coran, c'est inutile."
- En matière d'interprétation des textes, n'oublions pas que le Coran ne s'interprète pas, il est comme il est, de tout éternité, présent à côté d'Allah sur une table gardée (?).
Ca fout les boules.
Wafa Sultan pense que l'Islam n'est pas réformable.
Je ne suis pas loin de penser comme elle mais je cherche quand même les leviers que les musulmans pourraient actionner eux-mêmes pour s'émanciper, avec le moins de ruptures possibles avec leur propre culture.
Qui ne se résume pas à l'Islam religion.
C'est tout pour aujourd'hui, je vais m'abrutir devant un match de rugby en sirotant une
Allez France !