Pour Lamartine, la citation de lui que se passent et repassent les musulmans émerveillés, et qui leur fait dire que le poète était un admirateur de l'islam, était effectivement, en fait, un appel du pied on ne peut plus intéressé à l'intention du sultan Abulmecit, dans le but d'obtenir de lui une concession terrienne. Mais de plus, il s'agit d'une citation tronquée, et si on lit la suite, on s'aperçoit que l'extrait en question est en réalité une apologie...du Christ. Et ce dans un ouvrage où l'auteur, dans d'autres passages, n'est pas tendre, mais alors pas du tout, avec la religion de Mahomet. J'avais écrit plus en détail sur ce sujet dans un post ici-même il y a deux ans :
http://islamla.com/vous-inquietez-pas-ans-t2454-45.html (voir le post de "torabora" du 01 Ven Fév, 2008 11:53 pm, et ma réponse qui suit, à peu près au milieu de la page).
Et puis, pour revenir à Mohamed Sifaoui, après avoir posté quelques commentaires qui étaient basés sur le souvenir qui me restait de ce que j'avais vu et lu de lui jusqu'à présent, il m'est venu l'envie de me rafraîchir la mémoire en allant fureter sur son blog et en lisant un peu les archives qui s'y trouvent. Et je dois dire que j'ai été un tantinet injuste à son égard, quand j'ai écrit qu'il avait
toujours refusé de reconnaître que le problème de l'islamisme, c'est avant tout l'islam. Il lui est arrivé, dans le passé, d'admettre que le Coran n'était pas à l'abri de toute critique. Mais ses attaques sont tout de même le plus souvent concentrées sur l'intégrisme, et évitent le plus possible d'aborder le terrain dangereux de la concordance de cet intégrisme avec les textes fondateurs.
C'est assez intéressant de le voir débattre avec le dissimulateur Malek Chebel, sur une vidéo (en deux parties) qu'il a mise sur son blog :
http://www.mohamed-sifaoui.com/article-36043817.html.
La deuxième partie, surtout, est instructive : attaqué par Chebel, qui l'accuse d'amalgame et lui reproche de considérer qu'il y a un continuum entre Ben Laden et le simple musulman pieux, Sifaoui se défend énergiquement de critiquer l'islam et fait une énumération des positions qu'il à prises, pour bien montrer qu'aucune ne s'attaque aux fondements de sa religion. Au passage, c'est assez comique de voir Chebel s'enferrer en affirmant que de telles attaques sont en fait dirigées contre l'islam et les musulmans, reconnaissant de ce fait que l'intégrisme d'une part, et l'islam et les musulmans d'autre part, c'est la même chose, propos qui pulvérisent tous les records d'islamophobie.
En voyant les deux face à face, je ne peux pas m'empêcher d'avoir plus de sympathie pour Sifaoui, à la fois plus honnête et plus fin, et qui mène tout de même aussi un combat utile et courageux, que pour Chebel, qui essaie de faire avaler les pires énormités à un public naïf ; mais tout de même, j'ai du mal à admettre chez le premier ses nombreux évitements, qui contribuent à détourner l'attention des gens des racines du problème et à les maintenir dans l'ignorance, et surtout ses attaques à l'égard de RL, qui sont d'une inadmissible bassesse. Même si ce n'est pas au même degré, tous deux contribuent dans la pratique aux progrès d'une idéologie totalitaire et criminogène en la faisant passer pour inoffensive.
A noter aussi : l'affirmation par Sifaoui de sa musulmanéité. Dans le contexte de ce débat, il la fait ressortir comme un argument l'autorisant à critiquer, sinon l'islam, du moins l'intégrisme islamique, comme dérive de sa propre religion. Pourquoi pas.