"Il y a environ 2 mois, j'ai fait un rêve dont je garde un souvenir extrêmement clair. (Je ne me souviens pratiquement jamais de mes rêves). J'étais mort et je montais au Ciel. Je regardais autour de moi et je comprenais où je me trouvais: les prairies étaient verdoyantes, les nuages floconneux, l'air parfumé, et on entendait au loin les ravissants accents du choeur céleste. Là-dessus, l'ange tenant le grand Livre des bienfaits et méfaits m'apparaît et me gratifie d'un sourire accueillant.
- Je suis donc au Paradis", m'émerveillais-je.
- En effet.
- Mais il doit y avoir erreur. Je n'ai pas ma place ici. Je suis athée, ai-je repris (et quand je m'en suis souvenu à mon réveil, je me suis félicité pour mon intégrité).
- Non, il n'y a pas d'erreur, m'a informé l'ange.
- En tant qu'athée, comment puis-je prétendre au paradis?
- C'est nous qui décidons de cela, m'a sèchement répliqué l'ange. Pas vous.
- Je vois. J'ai réfléchi un instant en regardant autour de moi, puis je me suis retourné vers lui "Est-ce qu'il y a une machine à écrire quelque part?"
La signification de ce rêve m'a paru claire. Pour moi le paradis, c'est l'écriture; je suis littéralement aux anges depuis un demi siècle et ce fait ne m'a pas échappé."
(Extrait de : "Moi, Asimov". Source : http://www.ratsdebiblio.net/menua/asimo ... simov.html )

