de abdelbouddha » 01 Sep 2010, 02:20
la race, on s'en tape!
un petit exemple de l'information dans le monde musulman:
Les « informations » à la radio sont atterrantes de parti-pris, elles commencent toujours par « M. le président de la république… » . Puis, à la suite des nombreux prénoms du Raïs qui témoignent par leur longueur de sa lumière, de sa clairvoyance, de sa filiation avec le divin, etc., on nous gratifie de son hyperactivité exclusivement centrée sur le bien de la population. C’est à mourir de rire :
« M. le président, Mouammar Kadhafi, (ou autre selon le pays), guide suprême de la révolution verte, commandeur des croyants, etc., a réfléchi ce matin à la possibilité pour notre pays de… »
Ou, « a dirigé la réunion bipartite consacrée à l’amélioration continue de l’éducation de notre peuple.. », ou « a contribué à l’élaboration du projet d’assainissement de l’économie nationale… ».
Ça dure ainsi de longues minutes, parfois même on apprend que «Mme –son nom- épouse de M. le président –son nom interminable- a inauguré la cérémonie de remise d’ordinateurs portables aux étudiants méritants de … ».
Ensuite c’est le tour des ministres : « M. le ministre de l’économie –son nom, long aussi mais moins que celui du Raïs- a, sur les conseils éclairés de notre président –son nom interminable –reçu les représentants de… ». Puis, « M. le ministre de l’agriculture –son nom- a, sur instruction de notre président –son nom interminable-, présidé la séance de … »
C’est à tomber par terre, tous ceux qui en France se plaignent de la mainmise de Sarkozy sur les médias devraient au moins une fois écouter la radio en Français des pays du Maghreb, « Sarko » leur paraîtrait le plus doux des démocrates, le plus effacé qui soit de la scène médiatique. Et je ne suis pas du tout un de ses défenseurs, loin de là ! Mais à côté de n’importe quel média du monde musulman, même des journaux dits de droite comme Le figaro semblent d’une impertinence insoutenable vis-à-vis du pouvoir en place et de la religion.
Ah, je me remémore le dessin du Canard enchaîné où notre bon Giscard d’Estaing était présenté au retour d’un de ses voyages en Afrique avec un diamant enfoncé dans le fondement, j’en ris encore… Allez chercher une telle représentation d’un quelconque président à vie dans la presse musulmane! J’imagine bien Omar el Béchir, Mahmoud Ahmadinejad ou Mouammar Kadhafi avec une carotte dans le cul, ah ! Le pauvre journaliste serait empalé, écorché vif, et avec lui toute sa famille, tous les membres du journal, tous les lecteurs.
Le pompon c’est sur la fin, quand le speaker annonce bravement que :
« Le président – son nom interminable- a ordonné à son ministre des droits de l’homme (sic !) de continuer à œuvrer dans la direction qui a conduit notre fier pays sur la voie de la modernité, du respect des droits individuels dans l’amour et la fraternité qui constituent l’essence de notre divine religion, etc. »
Là les bras vous en tombent, mieux vaudrait en rire qu’en pleurer mais c’est impossible quand on sait que dans la totalité des pays musulmans les prisons sont pleines de prisonniers politiques, que les organisations humanitaires y sont étroitement surveillées, voire expulsées comme le fit dernièrement le Soudan, mettant en danger la vie de millions d’êtres humains.
Pour ce qui est de la télévision c’est du même acabit, les pays du golfe arrosent en permanence tout le monde musulman, des centaines ce chaînes diffusent les mêmes images, inlassablement : des palestiniens dans la douleur, des maisons détruites, des morts, des cris de douleur, puis les exhortations de quelque barbu en treillis, des Mollahs qui clament vengeance, qui, doctement, désignent de leur autorité morale l’ennemi, du plus général au plus particulier : l’occident, les États-Unis, les Juifs.
Evidemment il ne s’agit pas pour moi de nier la souffrance des Irakiens, ou celle du peuple palestinien, elle est bien réelle, j’ai gardé l’amour du monde arabe, des arabes en général, mais mon immersion dans le fascisme musulman au quotidien m’a ôté mes a priori positifs sur l’islam. Certes ces souffrances sont réelles mais à l’évidence les torts sont partagés, il faut être bien naïf pour croire que les bons sont d’un côté et les méchants de l’autre, mais ce manichéisme, aussi simpliste que dangereux, est matraqué avec une violence inouïe, inédite, une régularité effroyable qui cueille les habitants de la première à la dernière minute de leur journée, partout, leur existence entière durant. Nietzsche avait trouvé la juste formule : « Ils vomissent leur bile et appellent cela des journaux »
Abdelbouddha