Quand Mahomet détruisit les 360 idoles
contenues dans la Ka'aba, il conserva
toutefois la « Pierre noire », en
déclarant qu'elle était un ancien
cadeau de Dieu. C'est ainsi que cette
pierre aurait le pouvoir surnaturel d'absorber les péchés de celui qui la
touche, d'où sa couleur noire, alors
qu'à l'origine elle aurait été blanche.
Le culte préislamique des pierres peut
être rapproché des cultes lithiques des
bétyles qui furent répandus dans tout
le Proche-Orient dès la plus haute Antiquité. En effet, ce culte rendu à une pierre n'est pas isolé à cette
époque. On peut citer plusieurs
exemples : la « pierre noire d'Émèse », dont Héliogabale fut le grand prêtre avant de devenir empereur romain, la
« pierre noire de Dusares » à Pétra, et c'est sous la forme d'un bétyle qu'en 204 avant J-C, Cybèle, la déesse-mère phrygienne de Pessinonte, fait son entrée à Rome.
Dans de nombreuses cités orientales,
des pierres sacrées sont l'objet de la
vénération des fidèles, telles l'Artémis de Sardes ou l'Astarté de Paphos.
La pierre noire n'est qu'une pierre,
comme le souligne Omar ibn al-Khattâb lorsqu'il dit à son sujet : « je sais que
tu es une pierre et que tu ne peux ni
apporter profit ni porter préjudice ».
En islam, la pierre noire n'est qu'un
symbole auquel le musulman ne doit
aucune adoration ou soumission quelconque, car ceci viendrait en
complète contradiction avec le monothéisme que tout musulman doit pratiquer. Elle n'est ni un objet
d'adoration, ni un fétiche quelconque,
ni un porte bonheur, mais reste
simplement une pierre pour laquelle Muhammad a dit qu'elle est pour celui qui la touche rémission des péchés et qu'elle témoignera en faveur de ceux
qui ont bien agi en la saluant ou au
contraire témoignera au détriment de
ceux qui auront mal agi en tentant de
la saluer. Une légende veut qu'elle ait
été blanche à l'origine et qu'elle soit devenue noire à force d'absorber les
péchés des personnes qui la touchent.


