sofasurfer a écrit:Israel aura a répondre des moyens utilisés dans ce massacre, ,notamment de l'utilisation d'armes excessivement lourdes...
En effet d'autant plus:
Al-Arish (Egypte), envoyée spéciale
Des blessés d'un type nouveau – adultes et enfants dont les jambes ne sont plus que des trognons brûlés et sanguinolents – ont été montrés ces derniers jours par les télévisions arabes émettant de Gaza. Dimanche 11 janvier, ce sont deux médecins norvégiens, seuls occidentaux présents dans l'hôpital de la ville, qui en ont témoigné.Les docteurs Mads Gilbert et Erik Fosse, qui interviennent dans la région depuis une vingtaine d'années avec l'organisation non gouvernementale (ONG) norvégienne Norwac, ont pu sortir du territoire la veille, avec quinze blessés graves, par la frontière avec l'Egypte. Non sans ultimes obstacles : "Il y a trois jours, notre convoi, pourtant mené par le Comité international de la Croix-Rouge, a dû rebrousser chemin avant d'arriver à Khan Younès, où des chars ont tiré pour nous stopper", ont-ils dit aux journalistes présents à Al-Arish.
Deux jours plus tard, le convoi est passé, mais les médecins, et l'ambassadeur de Norvège venu les accueillir, furent bloqués toute la nuit "pour des raisons bureaucratiques" à l'intérieur du terminal frontalier égyptien de Rafah, entrouvert pour des missions sanitaires seulement. Cette nuit-là, des vitres et un plafond du terminal furent cassés par le souffle d'une des bombes lâchées à proximité.
"A 2 MÈTRES, LE CORPS EST COUPÉ EN DEUX; À 8 MÈTRES, LES JAMBES SONT COUPÉES, BRÛLÉES"
"A l'hôpital Al-Chifa, de Gaza, nous n'avons pas vu de brûlures au phosphore, ni de blessés par bombes à sous-munitions. Mais nous avons vu des victimes de ce que nous avons toutes les raisons de penser être le nouveau type d'armes, expérimenté par les militaires américains, connu sous l'acronyme DIME – pour Dense Inert Metal Explosive", ont déclaré les médecins.Petites boules de carbone contenant un alliage de tungstène, cobalt, nickel ou fer, elles ont un énorme pouvoir d'explosion, mais qui se dissipe à 10 mètres. "A 2 mètres, le corps est coupé en deux; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d'aiguilles. Nous n'avons pas vu les corps disséqués, mais nous avons vu beaucoup d'amputés. Il y a eu des cas semblables au Liban sud en 2006 et nous en avons vu à Gaza la même année, durant l'opération israélienne Pluie d'été. Des expériences sur des rats ont montré que ces particules qui restent dans le corps sont cancérigènes", ont-ils expliqué.Un médecin palestinien interrogé, dimanche, par Al-Jazira, a parlé de son impuissance dans ces cas :
"Ils n'ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire." Selon la première équipe de médecins arabes autorisée à entrer dans le territoire, arrivée vendredi par le sud à l'hôpital de Khan Younès, celui-ci a accueilli "des dizaines" de cas de ce type.
Les médecins norvégiens, eux, se sont trouvés obligés, ont-ils dit, de témoigner de ce qu'ils ont vu, en l'absence à Gaza de tout autre représentant du "monde occidental" – médecin ou journaliste : "Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu'au XXIe siècle on puisse enfermer 1,5 million de personnes et en faire tout ce qu'on veut en les appelant terroristes ?"
Arrivés au quatrième jour de la guerre à l'hôpital Al-Chifa qu'ils ont connu avant et après le blocus, ils ont trouvé un bâtiment et de l'équipement "au bout du rouleau", un personnel déjà épuisé, des mourants partout. Le matériel qu'ils avaient préparé est resté bloqué au passage d'Erez.
"Quand cinquante blessés arrivent d'un coup aux urgences, le meilleur hôpital d'Oslo serait à la peine, racontent-ils. Ici, les bombes pouvaient tomber dix par minutes. Des vitres de l'hôpital ont été soufflées par la destruction de la mosquée voisine. Lors de certaines alertes, le personnel doit se réfugier dans les corridors. Leur courage est incroyable. Ils peuvent dormir deux à trois heures par jour. La plupart ont des victimes parmi leurs proches, ils entendent à la radio interne la litanie des nouveaux lieux attaqués, parfois là où se trouve leur famille, mais doivent rester travailler… Le matin de notre départ, en arrivant aux urgences, j ai demandé comment s'était passé la nuit. Une infirmière a souri. Et puis a fondu en larmes."
A ce moment de son récit, la voix du docteur Gilbert vacille. "Vous voyez, se reprend-il en souriant calmement, moi aussi…"
Sophie Shihab
http://www.lemonde.fr/proche-orient/art ... _3218.htmlles deux médecins norvégiens Mads Gilbert et Erik Fosse sont rentrés lundi en Norvège après avoir passé plus de dix jours dans l’hôpital Shifa à Gaza, dix jours d’horreur et de désespoir absolu "traiter des patients à Gaza était comme travailler en enfer" racontent-ils. Le docteur Mads Gilbert explique que "l’accueil (de l’hôpital Shifa) était comme une scène de l’enfer de Dante, j’ai pensé : C’est à ça que l’enfer doit ressembler. Tous les cris, tout le désespoir, tout le sang, tous les membres arrachés" déclare t-il. A l’aéroport d’Oslo, les deux médecins norvégiens furent accueillis en héros avec des fleurs et des accolades par des norvégiens et des arabes et musulmans venus très nombreux pour rendre hommage à l’humanisme de ces deux médecins vis à vis de la population de Gaza.
Un citoyen explique "je suis venu accueillir les 2 médecins qui étaient à Gaza, Ce sont des héros, ils ont vu réellement ce qui se passe là-bas. Ils vont divulguer les actes de l’entité sioniste sur les enfants de notre peuple à Gaza".
Une jeune fille avec un bouquet de fleurs à la main dit "je remercie les docteurs parce qu’ils ont sauvé des enfants de Palestine".
Rien n’obligeait ces deux médecins d’aller à Gaza, ils auraient pu garder le silence et profiter d’une vie confortable au sein de leurs familles et parmi leurs amis. Mais leur sens moral et leur sensibilité humaine ont poussé cette équipe médicale d’aller à Gaza afin d’accomplir cette mission difficile en bravant la mort. Une mort qui ne fait aucune distinction entre femme, homme, enfant et même médecin.
« Je m’inquiète beaucoup pour mes patients, mes collègues et les gazaouis » déclare Erik Fosse à son arrivée, « il est difficile de vous décrire l’état actuel de Gaza, la mort pourchasse tout le monde, la situation est réellement dramatique » rajouta t-il.
« J’ai écrit sur ma main le nombre de morts avant mon départ de Gaza mais il s’est accru d’une manière affolante depuis, les gens meurent en masse dont la grande majorité sont des civils » explique M. Mads.
Le docteur Mads un prestigieux chirurgien Norvègien a recueilli des images au profit de son association. Ces photos témoignent de la situation tragique de Gaza. Le chirurgien déclare qu’il n’a jamais été confronté à un tel niveau d’horreur même lors des ses précédentes actions humanitaires au Liban, en Iraq et en Afghanistan ; il ne fût pas témoin de blessures aussi abominables.
Ce qu’il a vu à Gaza l’a bouleversé, et ému jusqu’aux larmes. Décrire la situation à Gaza comme catastrophique serait un euphémisme « J’ai beaucoup pleuré à la vue d’enfants mutilés ou morts » dit-il.
Toujours ému le Docteur Mads transmet un message en arabe aux gazaouis : « Enfants de Gaza, nous sommes avec vous ».
C’était le message que le docteur Mads tenait à transmettre mais le mot que personne n’a entendu lors de son passage des frontières à Rafah est « j’ai laissé derrière moi un million et demi d’amis qui affrontent chaque jour la mort ».