de Georges » 25 Fév 2009, 14:57
Allah n’est pas grand
Guy Duplat
Mis en ligne le 24/02/2009
Le théâtre de Poche a créé "Lettre ouverte aux fanatiques" de Karim Djavani.
Fidèle à sa ligne politique d’empoigner les grands problèmes de notre temps, le théâtre de Poche à Bruxelles, met à l’affiche le texte provocant d’un Iranien en exil, Raphaël-Karim Djavani.
"Lettre ouverte aux fanatiques", monté par Olivier Coyette et joué en solo par Roda Fawaz, a été créé à Bruxelles, au départ de son livre "Allah et moi" (Flammarion 2007). C’est un cri de colère contre ceux qui préfèrent un Dieu sourd à la fraternité des hommes. Dans ce texte, l’auteur prend Allah à la gorge et à témoin des crimes impunis commis en son nom par les prédicateurs-prêcheurs.
Eduqué dans l’attente d’Allah, partisan un temps de l’ayatollah Khomeiny avant de choisir la guérilla des Moudjahiddine du peuple et d’opter finalement pour l’exil en France où il vit depuis 25 ans, il continue la lutte par son stylo. Ce qu’il perçoit comme un désastre en Iran, l’a amené à interpeller directement Allah. S’il est omniscient, comment peut-il se taire ? Comment peut-il laisser faire tant d’hypocrisie et d’horreurs en son nom ? L’auteur explique que son texte est moins une attaque contre un certain Islam qu’un hymne à la vie et au dialogue. "J’écris en homme libre, comme un homme qui a longtemps cru en Allah mais qui n’a plus pu supporter le silence, y compris en Occident, devant ces jeunes qui se faisaient exploser au nom de Dieu. Pourquoi les musulmans ne sont-ils pas les premiers à descendre dans la rue pour protester ?"
Pour l’adaptation théâtrale, l’auteur a choisi d’édulcorer le texte en le mélangeant à d’autres thèmes, mais sans fil dramatique fort, sans doute pour éviter le reproche d’islamophobie. Cette dispersion nuit à la force du texte qui en arrive à dérouler des sentiments trop consensuels. Il est significatif que dans le spectacle, ce soient les films d’actualité des événements en Iran ou des cérémonies sanglantes du martyr d’Hossein (voire la beauté des images de l’auteur le long de la Seine à Paris), qui acquièrent brusquement une émotion que le texte n’a pas assez. Malgré cela, le Poche a le mérite de mettre en débat les grandes questions de nos sociétés.
Lettre ouverte aux fanatiques, au théâtre de Poche, jusqu’au 7 mars à 20h30. Rés. : 02.649.17.27.
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