Le Pakistan sous Zardari: un pas en avant, deux pas en arrière
Gregory D. Lee
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Il y a un an à Aspen, Colorado, je suis allé, à une conférence à laquelle assistaient des dirigeants du gouvernement et de l’industrie. À ma surprise, l’un des orateurs inscrits était ancien Premier ministre du Pakistan, Benazir Bhutto. C’était quelques semaines avant son retour d’exil au Pakistan pour tenter d’obtenir, fait sans précédent, un troisième mandat de chef de l’état.
Benazir a dit exactement ce qu’elle devait dire pour apaiser l’audience, l’assurer que ses intentions étaient de coopérer avec les Etats-Unis dans la guerre contre la terreur et que le Pakistan resterait un allié dévoué. Quand le modérateur Charlie Rose lui demanda si les Etats-Unis étaient en train de l’aider à reprendre le pouvoir, elle répondit spirituellement qu’elle espérait que Donald Rumsfeld, qui était dans l’auditoire, chuchoterait dans l'oreille du Président Bush et lui suggérerait de téléphoner à Pervez Musharraf pour lui demander de se retirer. Elle charma l’auditoire et laissa tout le monde sur une bonne impression quant à son retour au Pakistan pour tenter de rendre un gouvernement civil à sa patrie.
Trois semaines plus tard, Benazir Bhutto recevait un accueil triomphal à Karachi, Pakistan, mais quelques heures plus tard une énorme explosion tuait plus d’une centaine de ses sympathisants lors d’une tentative d’assassinat.
Six semaines plus tard, près d’Islamabad, lors d’un attentat suicide un shrapnel lui perçait le crâne et la tuait instantanément tandis qu'elle saluait la foule de ses partisans à travers le toit ouvrant de son SUV blindé.
Un pas en avant, deux pas en arrière dans la marche vers le progrès du Pakistan.
J'ai été affecté comme agent de DEA à l'ambassade des États-Unis à Islamabad, et plus tard au consulat de Karachi, quand Benazir Bhutto était Premier ministre. Tout comme son père qui fut pendu alors qu’il occupait le même poste, elle était aimée du peuple mais pas de l’establishment politique. Le fait qu’elle soit une femme ne faisait pas grande différence même dans cette nation musulmane. Pendant son mandat, son plus grand handicap fut son mari, d’un mariage arrangé, Asif Ali Zardari.
Zardari manifestait peu d’intérêt pour la politique. Il laissait cela à son épouse. Il était plus intéressé par l’élevage des chevaux de polo, les voyages à l’étranger, les femmes – et se gagner le surnom de “Monsieur 10 %.” Il a passé 11 ans en prison sous l’inculpation de corruption et de meurtres mais n’a jamais été condamné.
Zardari ne se gênait pas pour profiter de la position de son épouse et exigeait 10% du montant de tout nouveau projet de construction à Karachi, la plus grande ville du Pakistan et son seul port de mer. Il intimidait les entrepreneurs, les banquiers et les hommes d’affaire pour les forcer à payer. Son surnom n’est pas venu tout seul.
Mais considérez où il vit.
Le Pakistan a eu une corruption endémique depuis sa naissance. Dès que quelqu’un est au-dessus d’un autre, il exige un bakchich, c’est comme çà et c’est valable pour d’autre parties du monde. Mais le Pakistan semble particulièrement corrompu. La vieille plaisanterie est que le Pakistan à versé un bakchich au Nigéria pour qu’il diminuee la sienne de sorte que le Pakistan puisse gagner le concours de la “Nation la plus corrompue du monde”. Les policiers en uniforme interpellaient et frappaient mes fils adolescents pour obtenir le “tea money.” Ils se moquaient bien qu’ils soient titulaires d’un passeport diplomatique et jouissent de l’immunité diplomatique. Ils voulaient leurs 50 roupies (1,10 $ à l’époque).
Benazir fut finalement renversée par l’opposition menée par Nawaz Sharif qui se révéla le pire cuistre que le pays ait jamais connu. L’administration de Benazir était accusée de corruption mais personne ne put prouver qu’elle était personnellement corrompue. Le Pakistan n'a jamais eu un dirigeant civil qui ait pu achever un mandat entier avant d’être renversé.
Benazir était consciente de la corruption quand elle la voyait. Elle avait remplacé le Pakistan Narcotics Control Board (PNCB) qui était aussi complètement corrompu que totalement inefficace par une branche de l’institution la plus respectée du pays, l'armée. Ses intentions étaient bonnes mais la toute nouvelle Anti-Narcotic Force (ANF) n’a pas mis six mois à réaliser à quel point ce travail peut être lucratif. Très vite la corruption de ANF rivalisa avec celle de l’ancienne PNCB.
Avec l’installation à la Présidence du veuf de Benazir, je prédis une recrudescence de l’activité anti-gouvernementale dans la Northwest Frontier Province près de la frontière afghane et des incursions unilatérales des troupes américaines pour y traquer et détruire les militants Talibans et les éléments d’al Qaeda. Le gouvernement pakistanais ne bougera pas et à cause de ce manque d’action et d’engagement du nouveau leadership, les dirigeants civils seront menacés d’être d’emportés par les extrémistes musulmans. Dés qu’il sera contesté, Zardari fera jeter en prison les chefs d'opposition et fera ce que font tous les dictateurs pour rester au pouvoir.
Zardari n'est pas l’ami des Etats-Unis et son objectif sera ce qui est bon pour lui et non ce qui est bon pour le Pakistan.



