On appelle aussi les Quatres Vérités la parabole du médecin, dans le sens qu'on donne :
- le diagnostic de la maladie de ce monde (Vérité 1);
- son origine, la cause de sa maladie (Vérité 2);
- comment cesser, guérir cette maladie (Vérité 3);
- le traitement qu'on doit prendre pour guérir (Vérité 4);
C'est dans ce sens que les Quatres Vérités sont aussi appellées Parabole du Médecin (diagnostic, cause, possibilité de guérison, traitement)
Bouddha, dans son enseignement ne nous expose que quelques feuilles (même pas des graines) de l'immense forêt de connaissances qu'il a acquis en devenant Eveillé (en référence à une parabole bouddhiste).
On peut croire comprendre ces Quatre Vérités en théorie, mais on ne le comprend totalement que si on atteint cet Eveil. (ce qui veut dire que moi-même je ne peux comprendre tout à fait, il faut le faire pour le voir) Le chemin ne peut donc qu'être accompli que par soi-même. L'Enseignement de Bouddha ne constitue que des suggestions d'itinéraires qu'on est libre de suivre ou non.
Ces Quatres Vérités sont intimement liées entre elles. On ne peut comprendre une d'elles sans comprendre les trois autres. Mais ici, je les exposerai de manière séparée.
Et voici la Première des Quatres :
C'est première vérité est : "Tout est dukkha".
Il est habituel de traduire dukkha par souffrance, mais alors le sens est tronqué. En réalité, dukkha signifie souffrance, impermanence, insatisfaction, insubstantialité, et de là revêt trois points de vue différents :
- dukkha en tant que souffrance ordinaire (physique et mentale)
- dukkha causée par le changement (concept d'impermanence)
- dukkha en tant qu'état conditionné
C'est le troisième point que je vais traiter, car il revêt l'aspect philosophique le plus important de la Première Noble Vérité.
Selon la philosophie bouddhiste, l'"être", "l'individu" ou le "moi" est une combinaison de forces et d'énergie mentales en perpétuelle changement, combinaison qu'on divise en Cinq Agrégats, les Cinq Agrégats de l'attachement qui sont eux-mêmes dukkha.
Ces Cinq Agrégats sont :
- l'Agrégat de la Matière : qui constituent les éléments et tous ses dérivées, dont les organes des sens que nous connaissons (oeil (vue), oreille (ouïe), nez (odorat), langue (goût), corps (toucher)) mais également les pensées, idées, conceptions qui font partie des objets mentaux (l'organe mental est un sixième sens dans le bouddhisme).
- l'Agrégat des Sensations : ce sont toutes les sensations que l'on éprouve via contact physique (avec les organes des sens et avec l'organe mental dans le monde extérieur, qui constituent les six facultés). Ces Sensations, comme les Agrégats suivants, sont donc de six sortes, reliées avec les six facultés intérieures et les six sortes d'objets extérieurs (couleurs pour vue, sons pour ouïe, la saveur pour le goût, choses tangibles pour le toucher, odeurs pour odorat, et idées, et tout autres conceptions mentales pour objets mentaux).
- l'Agrégat des Perceptions : aussi de 6 sortes, reliées avec les 6ce sont les Perceptions qui reconnaissent les objets physiques et mentaux.
- l'Agrégat des Formations Mentales : comprend tous les actes volitionnels bons ou mauvais, connu sous le nom de karma. Cela veut dire que seules les actions volitionnelles sont karmiques, actions telles que l'attention, la volonté, la concentration, la confiance, la détermination, la sagesse, l'énergie, le désir, la répulsion ou la haine, l'ignorance, la vanité, l'idée de soi etc. (il y en a 52 activités mentales en tout)
- l'Agrégat de la Conscience : comme les trois Agrégats précédents, elle est une réaction, une réponse qui a pour base une des 6 facultés et qui a pour objet une des six sortes d'objets extérieurs. Ce qu'il faut comprendre c'est que la conscience ne reconnaît pas l'objet mais est un acte d'attention à l'objet. La conscience, selon Bouddha, c'est "ce qui exprime, sent, éprouve les résultats des actions bonnes et mauvaises ici et là."
Remarque :
- l'organe mental n'est pas l'esprit par opposition à la matière, mais est seulement une faculté commes les autres sens. Les idées et pensées qui font partie du monde où nous vivons sont donc produites et conditionnées par des sensations de nature physique.
Ce qu'il faut surtout retenir, c'est que, il n'y a pas d'esprit permanent immuable qui puisse être appelé soi et que la conscience ne doit pas être considérée comme esprit par opposition à la matière (en ce sens elles ne sont pas indépendantes l'une de l'autre).
Donc, même la conscience n'est pas permanente, et les Cinq Agrégats d'Attachement ne sont pas permanents non plus, et ainsi, ils sont dukkha, conditionnées, et la conscience elle-même naît de conditions (par exemple la conscience visuelle nait à cause de la vue). Et il n'y a pas autre chose derrière : c'est comme s'il n'y a pas de moteur derrière un mouvement, mais qu'il y a seulement le mouvement. Ou que les actes sont mais on ne trouve pas d'acteur.
Si on compare la conscience au feu, ce feu est nommé d'après le combustible qui l'alimente, il y a le feu de paille, le feu de bois, le feu de charbon etc. De même la conscience naît suivant les conditions qui l'alimentent. Et quand l'alimentation cesse, alors le feu (la conscience) disparaît.
Et je termine par une maxime venant de mon père, qui est lui aussi très spirituel à sa façon.
"On meurt et on renaît chaque jour"
Voilà, j'espère que ce n'est pas trop brouillon


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