Salwamor a écrit:Je me présente Salwamor.
J'étais en quête de vérité. Aujourd'hui je l'ai trouvé.
Bienvenue Salwamor, je suis lellou algérienne apostate, je suis plutôt agnostique et très ouverte, je n’exclue jamais rien… Je suis séduite par diverses théories "notamment qui concernent l’âme" que certains ou beaucoup trouvent absurdes…
Quant à Dieu, Je n’y crois pas mais je n’exclue pas son existence non plus…
Mais bon, tout ça est une question personnelle, c’est une question de vision qui n’est pas irréversible !
Quant à la vérité, personnellement je ne crois pas l’avoir trouvée, j’ignore si je la trouverai un jour… Plus j’en sais et plus j’ai besoin d’en savoir plus…
La vérité change selon la situation, le contexte et la vision, ce qui est une vérité absolue aujourd’hui pourrait s’avérer être une bêtise demain…
Mais c’est juste mon avis…
Salwamor a écrit:Je suis marocaine d'origine, je suis née et j'ai toujours vécu en France.
Mes parents sont très pratiquants.
Mes frères, mes soeurs et moi, avons, dès notre plus jeune âge, assistés à des cours islamique au "jama3" (= la mosquée du coin), tous les samedis et dimanches.
J’ai toujours été surprise par ce phénomène mais ce n’est pas inexplicable, certains émigrés découvrent plus leur religion et s’y accrochent dix fois plus une fois loin de la terre d’islam… Pour moi c’est une question d’identité, question de se distinguer des autres, des mécréants -si on veut- ou des occidentaux…
Au risque de me répéter, je dis que l’islam est devenu plus une question d’identité et de mode de vie qu’une question de spiritualité…
Nous avons un voisin qui doit avoir une trentaine d’années, il était ici en Algérie, il cumulait les petites amies et les ex, en suite il est parti vivre en Allemagne, à son retour il avait une longue barbe, du K’hol sur les yeux et un Kamis… Cela va de soit que je ne juge pas ce genre de personne, parce que je ne sais pas ce que ça fait de quitter les siens pour aller vivre dans une société diabolisée par les hommes de religions ainsi que les médias… Mais je crois que c’est plus une question d’identité que de spiritualité…
salwamor a écrit:Enfants, nous avons toujours été un peu hypocrites avec les parents qui nous demandaient de prier, de lire et de réciter des sourates. Ils nous forçaient sachant que tous les jours, nous avions le droit à des questions "as tu fait ta prière? " "as tu appris tes sourates..."
Nous faisions la prière pour faire plaisir à Papa surtout et quand le chat n'était pas là les souris dansaient ...
Rassure-toi nous l’avons tous été ! Les adultes sont trop exigeants avec les enfants, nous les enfants musulmans étions sensés non seulement apprendre les cours de l’école mais en plus nous étions sensés devenir des petits imams, j’ai eu une éducation islamique, mais aussi littéraire, scientifique, linguistique… Ma mère était dure avec nous, elle était trop exigeante mais aussi aimante et nous ne pourrons jamais la remercier assez, elle a fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui…
Salwamor a écrit:Nos parents n'ont jamais vraiment été sévères mais d'un simple regard ils arrivaient à nous faire exécuter les ordres sans discuter.
J’apprenais mes sourates par cœur sans rien comprendre. Mais je les imaginais comme des poèmes que je devais réciter et je les trouver belles. J’étais d’ailleurs la deuxième du jama3 sur la récitation par cœur.
Les cours du jama3 ne m’ont rien appris sur l’islam sauf la prière, les ablutions, les bismillah, les sourates, les hamdoulilah etc.. mais rien dans le fond, la compréhension… ! J’y allais pourtant tous les week end de 6 ans à 13 ans.
Le seul avantage, que j’en retire aujourd’hui, c’est d’avoir appris à lire et écrire en Arabe.
J’aime le fait que tu trouves des avantages à l’éducation que tu as reçue…
A mon avis, même si aujourd’hui je ne suis plus musulmane du tout, le fait que j’ai reçu une éducation musulmane est un plus pour moi, c’est un avantage… Surtout que l’islam, le Mahomet et l’Allah que nous décrivaient nos parents et les petits livres pour enfants étaient tous tellement doux, ça inspirait la paix et la sécurité… Je me souviens encore des histoires des prophètes que je devais lire, de la sira « biographie du prophète », du bien et du mal et de tout le reste, je pense que même si aujourd’hui je ne suis plus croyante, tout cela a marqué ma personnalité !
Et puis, le fait que nous devions apprendre les sourates a peut-être pu développer notre mémoire… Notre curiosité, notre langue…
Ici en Algérie, c’est à l’école que nous apprenions l’islam mais aussi à la maison, pour moi il n’y a pas eu de Jama3 (mosquée) parce que j’ai grandi dans une période où il fallait sortir uniquement quand c’était nécessaire… Quand nous sortions nous n’étions pas certains de rentrer… Mais même cela a eu du bon, les liens étaient tellement forts, les au revoirs étaient devenus des adieux et la peur de perdre l’autre renforçait les liens…
Ce furent des temps durs mais au moins contrairement à aujourd’hui nous étions unis…
Salwamor a écrit:A partir de 13ans, l’islam ne m’a pas plus intéressée que ça et pour mes frères et sœurs idem.
J’étais, par contre, en pleine rébellion. Mes frères avaient le droit de sortir et moi non. C’était Ecole puis maison. Autre part c’était haram !
Je ne comprenais pas. Je trouvais cela tellement injuste !!!
Je faisais toujours croire que je priais.
Mes parents savaient que je n’étais pas sincère mais pensaient que je manquais de volonté et qu’avec le temps ça s’arrangerait…
Avec le temps , je trouvais ça inutile de prier et réciter des sourates à longueurs de journées. Je n’aimais pas du tout le ramadan, et surtout je ne comprenais pas la position de la femme dans l’islam… quelle injustice …
Je suis passée par là aussi, adolescence, maudite adolescence…

La mienne fut plus un enfer pour mes parents que pour moi !
Quand on commence à prendre conscience de certaines choses, notamment de la position que réserve l’islam à la femme, on commence à s’en détacher, mais la société n’est pas innocente non plus, elle utilise l’islam pour rabaisser encore plus la femme, où est-il dit que les mâles pouvaient se permettre et que les femelles non ? Pourtant ce que je reproche à l’islam c’est d’avoir appuyé cette mentalité qui met la femme en deuxième position ou en troisième ou en quatrième, en tous cas après tous les mâles de la famille !
Ma chérie, je te promets que dans ma vie j’ai vu des enfants de 13 et 14ans commander leurs mamans et leurs grandes sœurs décidant si elles pouvaient sortir, et si oui les accompagnant comme si qu’il s’agissait de gamines…
Salwamor a écrit:Quelques années ont passées, et j’ai fait mon chemin. Après un divorce difficile, je suis revenu chez ma famille. J’avais besoin de me retrouver avec les miens. Mon frère était devenu entre temps, très croyant et pratiquant. Il voulait m’expliquer l’islam, le vrai (= versus celui des parents). Il a réussit à me faire culpabiliser…
J’ai donc essayer de me renseigner, pensant que je me trompais, que cette religion est une religion de paix et la plus belle au monde ….
Je te comprends ma chérie, il est tellement difficile de redémarrer, de prendre un nouveau départ, on a tendance à s’accroche à ce qu’on croit plus solide, et que de plus solide que Dieu ?
Salwamor a écrit:J’ai acheté des livres. On m’en a donné également. J’ai consulté des forums musulmans. Je me suis remise à la prière.
J’ai relu tout le coran avec la traduction.
J’ai essayé de comprendre le contexte…de l’époque, les hadiths et tafsirs…
Je suis reparti à la mosquée.
Tout le monde était content et heureux de me voir mais moi j’ai su que jamais je ne pourrais accepter cet islam.
J’ai appris des choses qui m’ont profondément blessées. J’aurais préféré ne pas les apprendre, ne pas comprendre et garder dans mon esprit l’image tolérante de l’islam de mes parents.
Mais il y a un plus à cet apprentissage, je ne culpabilise plus comme avant et la peur du châtiment que j’avais depuis toujours a disparu.
Je suis aussi passée par là, après avoir décidé de m’accrocher à la religion et à Dieu -et le hic c’est que ça marche, on s’y sent tellement apaisé, tellement en paix et en harmonie avec soi-même ainsi qu’avec dieu- j’ai commencé à lire au lieu de réciter, à vouloir comprendre au lieu d’essayer de gagner les hassanates, je me suis même voilée et j’ai fréquenté la mosquée…
Quand j’ai commencé à faire des découvertes surprenantes, j’ai souhaité revenir en arrière, ce n’était pas ce que je voulais découvrir, je m’attendais à plus de beauté, à plus de tolérance, à plus de paix et de pardon…
En suite, j’ai commencé à me sentir trahie, je me sentais blessée, j’étais en colère… Du coup, j’ai enlevé le voile et j’ai renié tout ce qui était islam…
Ce n’est qu’après quelques temps et quelques réflexions que j’ai commencé à voir les bons côtés de la chose, même si je souhaite encore que l’islam devienne aussi neutre que le christianisme, qu’il se limite à la spiritualité et que même en terre d’islam nous ayons le droit de choisir de croire ou de ne pas croire…
Salwamor a écrit:Mon coeur s’est enfin apaisé... et j'aime la vie.....
Je suis heureuse pour toi… Tout le bonheur du monde ma chérie.
Amicalement,