La tolérance islamique en action voici l'opinion d'une adepte du parti Ennahada concernant les mères célibataires
Les propos tenus par l’une des hautes responsables du mouvement Ennahda sèment le doute sur le véritable programme de ce parti islamiste, affirment les blogueurs tunisiens.
Par Houda Trabelsi pour Magharebia à Tunis – 18/11/11
Les propos tenus par Souad Abderrahim, candidate d’Ennahda, ont suscité la colère de l’opinion publique lorsqu’elle a déclaré que les mères célibataires étaient “une honte pour la société tunisienne”.
Dans un entretien diffusé le 9 novembre sur la station de radio Monte Carlo Doualiya, la tête de liste d’Ennahda à Tunis a déclaré que les mères célibataires ne devraient pas bénéficier de la protection de l’Etat et “n’ont pas le droit d’exister”.
Elle s’entretenait de la question avec Nadia Chaabane, secrétaire générale du Pôle démocratique moderniste (PDM), et Bochra Bel Haj Hmida, membre d’Ettakatol. Abderrahim a affirmé que seules les femmes violées devraient bénéficier de la protection de l’Etat.
“J’ai honte pour les pays arabes et musulmans qui tentent de trouver des excuses aux personnes qui ont péché”, a-t-elle ajouté, faisant valoir le fait que dans une société musulmane, la famille “ne doit pas être constituée en-dehors des liens du mariage”.
Ces propos ont enflammé les blogueurs et les militants, et nombre d’entre eux ont affirmé que de tels commentaires laissaient planer un doute sur les véritables intentions d’Ennahda. Bien que ce parti islamiste ait professé son attachement à la démocratie et aux droits des femmes, de nombreux critiques restent sceptiques.
“Pour nous, cela est le signe qu’Ennahda envisage de s’en prendre aux minorités en Tunisie”, a commenté la blogueuse et nominée pour le Prix Nobel de la paix Lina Ben Mhenni. “Plus important encore, comment peut-elle refuser d’accorder une protection aux femmes, alors qu’elle est elle-même une femme, supposée être plus proche d’elles et mieux ressentir leurs problèmes ?”
“Elle rejette le principe de la protection légale pour les mères célibataires, et va même encore plus loin en les condamnant, et, naturellement, en citant un texte du Coran”, écrit Ben Mhenni.
Et elle ajoute : “Pourquoi ressentir un quelconque embarras lorsque ce phénomène est bien réel et existe au sein de la société tunisienne ? Il n’y a aucun embarras en religion, n’est-ce pas ? Comment une députée à l’assemblée constituante peut-elle opprimer une catégorie sociale qui existe dans la société par des propos si offensants…?”
Selon Mohammed Shokri Miadi, l’Etat devrait adopter des lois “pour empêcher les femmes d’être victimes de nécessités financières, sociales et sexuelles” et les protéger contre “le fait de vendre leurs corps”.
“Je n’encourage pas les naissances en-dehors des liens du mariage”, explique Rania Klai. “Mais la plupart des cas de mères célibataires sont le résultat de viols et de harcèlements sexuels, et les victimes gardent le silence par peur du scandale. Si nous leur refusons une législation qui les protège, elles et leurs bébés, elles pourraient se retrouver contraintes de tuer leurs enfants et de s’ôter leur propre vie.”
“Même si nous mettons de côté cette analyse et reconnaissons que la naissance aura lieu, quelle est la faute du bébé, pour lui dénier les droits les plus élémentaires aux soins et à la protection ?”, s’interroge-t-elle. “J’espère que nous n’en arriverons pas à voir des bébés jetés dans des sacs en plastique dans les poubelles ou dans les rues.”
Une opinion que ne partage pas Mouna Habib. Pour elle, il est “honteux” pour des modernistes de “défendre une femme qui souhaite volontairement donner naissance à un bébé en-dehors des liens du mariage”.
“Non seulement cela, mais ils veulent même la protéger par une loi, un salaire mensuel et un logement, alors même que de nombreux Tunisiens dans des régions éloignées meurent de pauvreté”, explique-t-elle.
“Tous ceux qui sont favorables à la décision de celles qui se sont égarées encouragent indirectement les gens à commettre des erreurs et à se perdre”, affirme Souad Makayda à Magharebia. “Nous voulons la réforme, et nous voulons une société dans laquelle la décence morale prévaudra.”
De nombreux observateurs expliquent que la nomination d’Abderrahim, une femme éduquée ne portant pas le voile, comme tête de liste d’Ennahda à Tunis était destinée à rassurer les critiques sur le fait que ce parti islamiste ne reviendrait pas sur les acquis en matière





















cela à sacrément l'air de le travailler au niveau hormonale.