Sur Al Khidr, il y aurait beaucoup de choses à dire.
Concernant la thèse du plagiat, aucune preuve historique ni aucun récit de l'époque témoignent dans cette direction.
A ceux qui s'intéressent à Khidr, il existe un article de plus de 40 pages qui lui est consacré à la "Règle d'Abraham" n° 24. C'est un compte-rendu du livre d'un universitaire allemand, Patrick Franke, "Begegnung mit Khidr", "Rencontre avec Khidr".
Un autre compte-rendu a été rédigé par Charles-André Gilis :
http://www.leturbannoir.com/max_giraud_ ... braham.htm En français, à ma connaissance, il n'existe pas, de livre qui soit entièrement consacré à Khadir (nom arabe transcrit le plus souvent d'après sa forme persane, "Khidr"), bien que la plupart des ouvrages traitant du taçawwuf (soufisme) y font référence.
Le Sheikh Abdallah Penot écrit par exemple dans sa traduction du Coran :
"Sans vouloir rentrer dans le détail d'une histoire coranique fort connue et abondamment commentée, nous relèverons seulement les quelques points suivants :
— bien que Prophète d'une stature exceptionnelle, Moïse apparaît ici en situation "d'infériorité" puisque c'est Al-Khadir, qui n'a pas la qualité de prophète, qui est chargé de lui enseigner une science qu'il ignore et nombre de saints n'ont pas manqué d'identifier cette science au tasawwuf ;
— cette histoire illustre les rapports du disciple et du maître ;
— Al-Khadir s'attribue les actes qui peuvent extérieurement apparaître comme douteux tandis qu'il attribue les actes louables à Dieu quoiqu'en réalité tout vienne de Dieu puisque selon ses propres paroles il ne l'a pas fait de sa propre initiative ;
— selon les termes mêmes d'un hadîth, Moïse possède une science qu'ignore Al-Khadir : l'inspiration prophétique ; tandis qu'Al-Khadir bénéficie d'une science (une modalité d'inspiration) qui est ignorée de Moïse.
Cette "histoire" constitue à elle seule une présentation générale de la spiritualité exposée avec une coloration islamique." En plus de ce qui peut être déduit de ce qui précède quant à son rôle initiatique, Michel Chodkiewicz précise dans Le Sceau des Saints qu'il est "le maître des esseulés (afrâd)" (p. 100), qui sont décrits eux-mêmes comme représentant "le degré suprême de la sainteté". (p. 73.)
Aussi, dans le numéro 224 des
Études traditionnelles (paru en 1938) que l'article de Coomaraswamy "Kwajâ Khadir et la Fontaine de Vie" concernant la rencontre avec al Khidr a été publié.
Le Coran, dit lui-même qu'il est venu confirmé les vérités des Traditions antérieures. Il est la synthèse de ce qui l'a précédé.