de Yacoub » 18 Déc 2011, 20:29
Marzouki : "Les Français sont prisonniers d'une doxa au sujet de l'islam"
MoncefMarzouki, médecin, est le fondateur du Congrès pour la République, il a vécu en exil en France ces dix dernières années. Cet intellectuel brillant et intransigeant, âgé de 65 ans, est un militant des droits de l’homme de la première heure. M.Marzouki s’est toujours refusé à l’exclusion des islamistes et à leur «diabolisation». De M.Ben Ali, il répétait qu’il n’était «pas amendable», et qu’il ne fallait en espérer «aucune réforme», à l’inverse de ce qu’affirmait l’Union européenne.
MoncefMarzouki, médecin, est le fondateur du Congrès pour la République, il a vécu en exil en France ces dix dernières années. Cet intellectuel brillant et intransigeant, âgé de 65 ans, est un militant des droits de l’homme de la première heure. M.Marzouki s’est toujours refusé à l’exclusion des islamistes et à leur «diabolisation». De M.Ben Ali, il répétait qu’il n’était «pas amendable», et qu’il ne fallait en espérer «aucune réforme», à l’inverse de ce qu’affirmait l’Union européenne.AFP/Boyan Topaloff
Dans une interview au Journal du dimanche, le tout nouveau président de la République tunisienne, Moncef Marzouki, réaffirme sa francophilie mais déplore que les Français soient ceux "qui comprennent le moins le monde arabe" et restent "prisonniers d'une doxa au sujet de l'islam".
L'ancien opposant, rentré au pays à la faveur de la chute du régime de Ben Ali, après des années d'exil en France, souhaite "tirer sa force du peuple" : "je n'ai aucun compte en Suisse ou en France. Je suis désormais le président indépendant d'un pays indépendant. L'esprit colonial, c'est terminé", martèle-t-il.
"PÉTRI DE CULTURE RATIONALISTE"
Interrogé sur son futur exercice du pouvoir, Marzouki souhaite incarner la transparence, la fin de la corruption cautionnée par l'étranger, dont il ne rejette cependant pas l'apport : au sujet de ses différences avec Rached Ghannouchi, homme fort du parti islamiste Ennahda, vainqueur des dernières élections, il répond qu'il reste de son côté "pétri par la culture rationaliste occidentale, celle des Lumières", tout en affirmant que "les craintes à l'égard d'Ennahda sont absurdes".
"Notre société recèle une partie conservatrice et une autre moderne. L'expression politique du conservatisme, c'est l'islamisme. Vous avez des partis démocrates-chrétiens en Europe, nous avons un parti démocrate islamiste. Prétendre que nous avons vendu notre âme au diable en nous alliant aux islamistes relève du fantasme", argumente-t-il.
Moncef Marzouki a nommé officiellement mercredi l'islamiste Hamadi Jebali, le numéro deux du parti Ennahda, au poste de chef de gouvernement.
"Coiffant les aspirations les plus viles, flattant les pulsions les plus archaïques, encourageant la paresse intellectuelle, l'intolérance, l' hypocrisie, la violence, prêchant un virilisme pathologique, justifiant les pires ignominies antiféministes, l'islam n'est ni une sagesse , ni une civilisation (mode de vie), c'est un fléau."
Gérard Zwang