Bonjour,
Je suis nouvelle parmi vous. J’ai décidé qu’il fallait que je quitte l’islam car il ne correspond plus à mes aspirations. J’ai été musulmane pendant 20 ans du fait de mon éducation religieuse musulmane. Etant née dans un pays musulman et ayant une famille de confession de musulmane, tout allait de soi, on ne peut pas vraiment parler de choix. J’ai également eu une éducation religieuse à l’école. Il était donc normal que je le sois et que je le reste puisque la version donnée à l’école était suivie par celle de la maison. Seulement, je crois que j’ai toujours adhéré à la version mystique de l’islam, celle qui prétend que l’homme et la femme sont égaux devant Allah. C’était assez confortable d’une certaine façon d’avoir un Père supérieur qui veille à notre bien-être. Je n’ai toutefois jamais été convaincue par les règles sociales établies par l’islam. Je ne vais pas m’étendre sur toutes les injustices qui résultent de l’application des traditions issues de l’islam ou celles qui proviennent des us et coutumes de chaque peuple, il n’en reste pas moins que malgré toutes les explications que l’on m’a données, cela restait peu convaincant.
Après de nombreuses années et à la suite d’une réflexion qui a duré quelques années, j’ai décidé que je ne pouvais plus fermer les yeux sur ce qui conduit inévitablement à l’injustice. Je faisais comme beaucoup de musulmans, j’essaie de maintenir par tous les moyens la sacralité du texte et l’intégrité des sources en les distinguant bien du comportement des humains, mais il arrive un moment où ce n’est plus possible. Il faut être courageux et admettre que le comportement des musulmans est issu de problèmes économiques, sociaux mais il existe aussi des raisons religieuses. Je n’ai jamais pensé que j’en arriverai là, mais avant de prendre ma décision et savoir comment me définir j’ai voulu parler avec des musulmans. Le discours à l’eau de rose des religieux pour attirer des brebis égarés ne m’intéressait pas, je voulais savoir jusqu’où peuvent aller les dérives avec ses textes. Force est de constater qu’elles peuvent aller très loin et on aura toujours beau dire que ce n’est pas cela l’islam, les textes existent et des justifications peuvent être trouvées et sont même avancées par les musulmans. Si on est tolérant, on peut trouver à son goût des textes cohérents et si on est extrémiste, on peut aussi trouver des textes extrémistes. Il faut donc démêler le vrai du faux.
J’ai aussi engagé une réflexion générale sur celui que l’on prend pour prophète, et sans l’aura de la sacralité, les choses apparaissent différentes. Il n’est ni plus ni moins qu’un ambitieux qui a voulu appliquer ses idées aux arabes et s’est servi des moyens de bord (la richesse de Khadija, le soutien de son oncle et de ses partisans). Il y est arrivé, en cela c’est un grand homme. Mais un grand homme à classer aux côtés d’Alexandre le Grand, Napoléon et aussi Staline. Seulement, d’après les sources on est censé le prendre comme modèle valable pour tous les temps, or c’est là que le bât blesse. Il a épousé une riche veuve par ambition et malin comme il est, il lui est resté fidèle jusqu’à sa mort parce qu’elle le protégeait. Ensuite, ce fut une succession de coucheries et je crois que ce n’est pas tant le mariage de Aisha que je trouve choquant même si à l’heure actuelle, son acte relève de la pédophilie qu’elle ait eu 9, 12 ou 14 ans. C’est plutôt celui de Safiya, la juive dont la famille venait d’être massacrée et pourtant cela ne l’a pas empêché de l’épouser. Comment justifier qu’un homme après avoir ordonné le massacre de ses proches couche avec elle ? N’a-t-il aucune dignité, aucun honneur ? Le pire c’est qu’on nous présente cela comme un acte de galanterie, de gentillesse presque. Et il y a des tas d’histoires qui ne peuvent pas coller avec le mythe du surhomme que l’on essaie de nous vendre et auquel j’ai malheureusement cru pendant un bon moment.
Si on relève des incohérences dans les textes et si on remet en cause le fondateur, on n’a plus d’autre choix que partir. Je ne me fais pas d’illusions, je sais que le lien avec l’islam n’est pas terminé. Le pire est probablement à venir. Si des élections libres étaient organisées dans beaucoup d’Etats musulmans, les groupes religieux risquent de gagner. Même si c’est douloureux de voir des peuples entiers se jeter dans la gueule du loup, car c’est si prévisible, je pense que cette expérience leur permettra d’arrêter de fantasmer sur les bienfaits d’un Etat islamique. Malheureusement, ce sont les femmes qui vont trinquer. Le seul programme de certains groupes consistent à s’occuper des mœurs, et bien sûr l’habit et le contrôle direct de la femme est primordial. Ils n’ont aucune idée de ce que le pouvoir implique, sans compter qu’ils ne sont pas au-dessus de tout soupçon au niveau de leur intégrité. Ils ont d’une certaine façon gagné puisqu’ils jouissent désormais d’une assise populaire. Ils sont parvenu à monter les peuples contre les occidentaux, ce n’était pas une chose difficile à faire, il suffisait de pointer du doigt la Palestine, l’Irak ou l’Afghanistan. Les erreurs de l’occident ont fait que beaucoup de peuples ne se tournent plus vers lui pour profiter de son expérience. Il est donc facile de prévoir au moins un nouveau siècle des ténèbres dans la plupart des pays musulmans, jusqu’à ce que le pétrole s’épuise et avec lui le poison salafiste qui les a gangrenés. En somme, on a beau quitter l’islam, on rester d’une manière ou d’une autre lié à lui. J’aurais préféré tourner définitivement la page, car cela ne m’intéresse plus. C’est un peu long désolée, mais c’est un peu rare de pouvoir parler de son expérience sans se faire traiter de perdue ou ignorante.
Cordialement,




Georges athée



