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Koweït: victoire des réformateurs, mais aucune femme élue lors des premières législatives ouvertes aux deux sexes
AP | 01.07.06 | 05:32
KOWEIT (AP) -- Les candidats réformistes étaient les grands vainqueurs des élections législatives koweïtiennes de jeudi, alors qu'aucune candidate n'a été élue malgré une première participation historique des femmes au scrutin, selon les résultats officiels publiés vendredi.
Les réformateurs, appelés ainsi pour leur soutien affirmé à des réformes électorales, ont rapporté 36 sièges sur les 50 du Parlement de ce petit émirat pétrolier.
On ne connaissait pas dans l'immédiat les scores exacts des candidats, mais aucune des 27 femmes parmi les 249 candidats en lice n'a été élue. Sur les quelque 340.000 électeurs appelés aux urnes, 57% sont des femmes. Aucun taux de participation n'a été publié par les autorités.
Selon le journal indépendant "Al-Watan", la candidate qui est arrivée le plus près d'un mandat était Rola Dashti, une économiste diplômée aux Etats-Unis.
Malgré l'absence des femmes, le nouveau Parlement devrait se montrer davantage contestataire par rapport au pouvoir exécutif koweïtien, qui est invariablement dirigé par un membre de la famille régnante des Al-Sabah.
De nombreux députés ont annoncé qu'une réforme électorale serait un des premiers sujets à l'ordre du jour. La question de la réduction du nombre des circonscriptions, pour combattre la corruption, était déjà à l'origine de la dissolution qui a conduit aux élections anticipées de jeudi. Les partisans d'une telle réforme soutiennent qu'elle rendrait quasi-impossible l'achat de voix par les candidats. AP
L’élection de quatre femmes a été l’événement le plus spectaculaire des législatives koweïtiennes du 16 mai. Leur triomphe coïncide avec un net recul des islamistes, alors que depuis des années ceux-ci ne cessaient de gagner du terrain.
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L'article original
de Al-Jarida Fiches pays
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Salwa Al-Jassara, élue au Parlement du Koweït, célèbre sa victoire, 17 mai 2009
Avec le scrutin du 16 mai, le paysage politique du Koweït a été bouleversé. L’élection de quatre femmes, pour la première fois et quatre ans seulement après que le droit de vote leur ait été accordé, est un événement historique. L’autre événement est le puissant message envoyé par les électeurs aux représentants de l’islam politique. Ceux-ci perdent largement de leur emprise, avec le recul, chez les sunnites, du Mouvement constitutionnel islamique [Hadas], affilié aux Frères musulmans. Un seul de leurs candidats a réussi à se faire élire, et encore, par solidarité davantage tribale qu’idéologique. Le courant salafiste connaît lui aussi un recul considérable. Et il en va de même du côté des chiites [de nombreux sites d’information arabe ont signalé une progression du poids des chiites. Certes, il y a davantage de chiites au Parlement, mais le vote confessionnel chiite est en recul spectaculaire. La plupart des députés chiites ont fait une campagne citoyenne, aux antipodes du confessionnalisme. Ainsi, deux des femmes élues sont chiites alors que la liste confessionnelle, accusée de connivence avec l'Iran et le Hezbollah, a enregistré un très mauvais résultat].
Plus généralement, on est rassuré de voir que la société koweïtienne résiste aux tendances à la division confessionnelle et tribale. Cela saute aux yeux dans les trois premières circonscriptions [les circonscriptions de la capitale, où vit l’essentiel de la population chiite]. Les résultats obtenus par Maassouma Al-Moubarak et Rola Dashti [deux des quatre femmes élues] et par Hussein Al-Qallaf prouvent que ces trois candidats chiites ont été soutenus massivement non seulement pas des électeurs chiites, mais également par les sunnites.
Pour les islamistes sunnites, le choc est rude. Dans l’ensemble, ceux qui avaient joué la surenchère ont reculé en nombre de voix. Les électeurs leur ont signifié que leur aura de sacralité n’opère plus et que leurs intrusions dans la vie des gens, via des fatwas, ne sont plus acceptables. La meilleure illustration est la fatwa qu’ils avaient émise pour faire croire que le vote des femmes était illicite. [On peut également citer la vidéo diffusée sur YouTube et montrant l’une des candidates, Asseel Al-Awadhi, exposer des arguments contre le port du voile lors d’un cours à l'université. Enregistrée à son insu, cette vidéo était censée nuire à sa campagne.] Le score atteint par Asseel Al-Awadhi [arrivée deuxième sur un total de dix élus par circonscription] est une réponse éloquente à ces manipulations prenant appui sur la religion en la déformant.
"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd "Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet "le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928