Pleure oh pays bien aimé !
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Re: Pleure oh pays bien aimé !
Un nouveau parti islamiste en Algérie
- Algérie: un nouveau parti islamiste tient son congrès constitutif
(AFP) – Il y a 1 jour
ALGER — L'islamiste Abdallah Djaballah, fondateur du mouvement Ennahda, a évoqué le "renouveau islamique" en lançant vendredi à Alger devant 5000 personnes les travaux du congrès constitutif de son parti, le Front pour la justice et le développement (FJD).
Le FJD fait partie des 17 nouvelles organisations politiques autorisés à tenir leurs congrès constitutifs alors que des élections législatives ont été fixées au 10 mai prochain et que le nombre de députés va passer de 389 à 462.
Le Secrétaire général du Front de Libération nationale (FLN- parti présidentiel) et le chef de file du Mouvement de la société pour la paix (MSP, islamiste) qui a quatre ministres au gouvernement étaient présents, ainsi que des militants venus de tout pays scandant des slogans en arabe comme "Djaballah, le courageux, les principes ne se vendent pas".
Les femmes, près de 500 dans la salle, avaient leurs gradins et leur entrée à part, même si le leader du parti a déclaré que la religion leurs (les femmes) accordait tous les droits et que seuls les us et coutumes les pénalisaient.
M. Djaballah, candidat à l'élection présidentielle en 1999 et en 2004, a évoqué le "triptyque sacré" de son parti : "Islam-Nation-Peuple". "Notre politique, programme et actions seront au service de la religion, de la nation et du peuple" a-t-il dit précisant que "le Front (FJD) est constitué des fondateurs du renouveau islamique dans ce pays".
Après des différends avec ses partisans, M. Djeballah avait quitté en 2000 le Mouvement Ennahda qu'il avait fondé au début des années 1990. Il avait ensuite créé El Islah (réforme) qu'il a également quitté en raison d'un conflit interne.
Fin janvier, il a affirmé lors d'une conférence de presse que la "plupart des militants d'El Islah et d'Ennahda ont rejoint les rangs du FJD (qui) n'est pas uniquement ouvert aux islamistes, mais également au courant nationaliste".

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Re: Pleure oh pays bien aimé !
- Fernand Iveton et les martyrs oubliés de l’histoire officielle
A la veille de la célébration du 50e anniversaire de l’indépendance, une centaine de personnes ont répondu à l’appel de la famille et des compagnons de Fernand Iveton pour se recueillir à la mémoire du chahid au cimetière de Bologhine à Alger, et ce, l’occasion du 55e anniversaire de son exécution par l’administration coloniale française.
Mais cette année, on comptait un de moins parmi les compagnons du chahid, Georges Acompora est en effet décédé le 11 février dernier – tragique coïncidence – le même jour que celui de l’exécution de Iveton, commémoré cette année le 25 février.
Parmi les membres présents, on comptait une seule personnalité officielle en la personne du président du CNES, Mohamed Seghir Babès. Beaucoup parmi les moudjahidine encore en vie, notamment ses compagnons d’armes, n’ont pas hésité à faire le déplacement jusqu’au cimetière chrétien de Bologhine en dépit de leur âge comme un défi à l’amnésie officielle qui veut confiner le sacrifice d’Iveton, Henri Maillot, Maurice Laban, Maurice Audin, Raymonde Pechard et des autres chouhada d’origine européenne aux oubliettes. C’est ce que dira en substance le moudjahid Abdelkader Guerroudj qui a été le responsable, avant son arrestation par la police coloniale, de Fernand Iveton.
Le seul guillotiné pour «l’exemple» d’origine européenne, en 1957, reste méconnu, ignoré délibérément par les «gardiens du temple» de l’histoire officielle de la guerre de Libération nationale au point qu’aujourd’hui, 50 ans après l’indépendance, aucun espace public à l’exception d’une portion d’impasse au quartier d’El Madania (ex-Clos Salembier) sur les hauteurs d’Alger, où est né Iveton, ne porte le nom du chahid.
Une anecdote maintes fois rappelée, celle concernant des autorités locales, les représentants du parti unique inaugurant dans la précipitation une plaque de rue après la parution dans la presse française, en 1986, d’articles relatant l’affaire Iveton et signalant que l’Algérie officielle de l’après-indépendance n’avait pas songé à lui rendre hommage. Ni à lui ni à tous les autres cités hier par Abdelkader Guerroudj. Emouvante aussi la moudjahida Annie Steiner qui a tenu à rappeler que l’ouvrier communiste et militant anti-colonialiste a été exécuté le même jour que deux militants algériens, Mohamed Ouenouri et Mohamed Lakhnèche, plus jeunes que lui et qu’il encouragea avant d’aller au-devant de la mort. Encore plus émouvant parce qu’il illustra le caractère internationaliste de la lutte du peuple algérien fut le témoignage de Mahmoud l’Argentin qui, à 92 ans, a tenu à se déplacer pour se recueillir sur la tombe de Fernand Iveton et rappeler par la même qu’en 1956, ils étaient deux Argentins engagés dans la lutte du peuple algérien au même moment où un autre Argentin plus célèbre, Ernesto Che Guevara, était au côtés des Cubains de la Sierra Maestra en lutte contre la dictature de Batista.
Reda Bekkat

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Re: Pleure oh pays bien aimé !
- « L’arabo-islamisme prétend imposer la charia à toute l’humanité. En mettant en œuvre des techniques de guerre révolutionnaire utilisées en Algérie de 1954 à 1962 et au-delà »
Entretien avec le Dr Jean-Claude Perez
Propos recueillis par Fabrice Dutilleul
Quel rapport entre votre combat passé pour l’« Algérie Française » et la situation actuelle, un demi-siècle plus tard ?
Tout d’abord que je ne confonds pas la religion musulmane avec l’arabo-islamisme. Ceci précisé, reconnaissons que le monde actuel est en train de vivre le développement d’une révolution universelle : la révolution arabo-islamiste. Cet arabo-islamisme prétend imposer la charia à toute l’humanité en mettant en œuvre des techniques de guerre révolutionnaire utilisées en Algérie de 1954 à 1962 et au-delà : assassinats, actes terroristes, enlèvements d’hommes et de femmes. Actes terroristes qui, au lieu de provoquer un raidissement défensif et offensif des occidentaux, génèrent une attitude de capitulation devant ces nouveaux conquérants. COMME CE FUT LE CAS EN ALGÉRIE. Il est à redouter ou à espérer qu’une nouvelle OAS, internationale cette fois(*), ne se structure un jour dans le but de libérer le monde d’une soumission programmée de l’univers aux exigences des « Épitres jihadiens. »
(*) L’Organisation Armée Secrète s’opposa par les armes à l’abandon l’Algérie française. Le Dr Pérez en fut un des responables.
Restez-vous toujours aussi anti-gaulliste ?
Plus que jamais. Car l’évènement souche des drames actuels et futurs, l’incertitude que connaît la nation française, l’appauvrissement indiscutable de celle-ci, le comportement invasif d’émigrés animés d’une volonté de conquête, est illustré par la capitulation de De Gaulle à Evian, le 18 et le 19 mars 1962. Capitulation devant le pire ennemi qui ait jamais attaqué la France depuis le début de son histoire.
Vous imputez, avec insistance, l’abandon de l’Algérie française à une volonté du capitalisme financier international. Éprouvez-vous aujourd’hui encore, une conviction identique ?
À nouveau, je réponds « Plus que jamais ! ». De Gaulle fut un instrument de luxe utilisé par le capitalisme financier pour tirer une balle dans la tête de l’Algérie française ou plutôt une balle dans la tête de la France sud-méditerranéenne, dans le but d’augmenter la valeur ajoutée produite par les investissements du capital financier. Dans la meilleure hypothèse pour lui, on doit affirmer qu’il était animé d’une vue à court terme. Car il ignorait, en particulier, que ces capitalistes étaient loin d’être des génies. Ils capitulent eux aussi, désormais, en se soumettant à l’argent liquide des grandes banques arabes.
Comment mobiliser l’Occident contre ce processus invasif et mortel ?
Notre envahisseur actuel ne parle que de Dieu et de sa méthode pour nous soumettre. Notre volonté ou plutôt notre aspiration à respecter le message divin, tel que je l’interprète en tant que chrétien, ne m’oblige pas à capituler. Je ne suis résigné que devant l’inéluctable de la mort et de la séparation avec des êtres qui me sont chers.
Mais j’affirme que la défaite de l’Occident n’est pas inéluctable. Loin de là. Il suffit que le monde chrétien affirme sa volonté de vivre en tant que tel. Il suffit que le monde chrétien refuse l’anéantissement que l’on veut lui faire subir.
Pour cette lutte, il n’est pas inutile, bien au contraire, de connaître les motivations et aspirations des combattants de l’OAS. L’OAS qui, grâce à quelques centaines de combattants, a essayé de contrecarrer les agissements de De Gaulle, agent occasionnel et déterminant de l’arabo-islamisme fondamentaliste. En dernière analyse, l’évènement souche du drame que connaît le monde aujourd’hui, c’est la défaite de la France gaulliste en Algérie.
Votre dernier livre, « L’assassinat de l’Algérie française, terreau de la conquête islamiste actuelle », entend nous faire comprendre ce que vous appelez « la conjuration permanente contre l’Occident chrétien » ?
Jusqu’à ma dernière heure, je manifesterai ma foi dans ce que nous avons tenté de défendre en Algérie, cette terre qui méritait un autre destin que celui auquel on l’a condamnée. Je manifesterai ma foi dans l’avenir de cet Occident, illustrée géopolitiquement par la péninsule européenne, de l’Atlantique aux États russes frontaliers de l’Afghanistan. 2014 s’illustrera comme une année d’importance majeure pour le destin de l’Occident, de l’Europe, et par voie de conséquence, de la France. Année de la désertion prévue de l’Occident en Afghanistan avec toutes les conséquences qu’aura cet abandon sur la dynamique révolutionnaire arabo-islamiste orientale et universelle.
L’assassinat de l’Algérie française, terreau de la conquête islamiste actuelle, Dr Jean-Claude Pérez, Éditions Dualpha, collection « vérités pour l’Histoire », 550 pages, 39 euros.

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Re: Pleure oh pays bien aimé !
Jean Daniel : "La guerre d'Algérie aurait pu être évitée"
Il y a eu les héros, les victimes et les bourreaux d'un conflit qui s'est terminé voilà cinquante ans. Mais il y a eu aussi tous ceux, Algériens et Français, qui ont rêvé d'une fraternité durable entre les deux peuples, qui ont proposé les réformes qui pouvaient la permettre, et dont les voix n'ont pas été écoutées.
Dans la vidéo ci-dessous, Jean Daniel, fondateur du "Nouvel Observateur", qui s'est engagé en faveur de l'indépendance, explique pourquoi "la guerre sous sa forme longue, meurtrière, épouvantable, avec les tortures, les déportations, l'exode, pouvait être évitée".
http://www.dailymotion.com/video/xpg3ry_jean-daniel-la-guerre-d-algerie-aurait-pu-etre-evitee_news
Il y a eu les héros, les victimes et les bourreaux d'un conflit qui s'est terminé voilà cinquante ans. Mais il y a eu aussi tous ceux, Algériens et Français, qui ont rêvé d'une fraternité durable entre les deux peuples, qui ont proposé les réformes qui pouvaient la permettre, et dont les voix n'ont pas été écoutées.
Dans la vidéo ci-dessous, Jean Daniel, fondateur du "Nouvel Observateur", qui s'est engagé en faveur de l'indépendance, explique pourquoi "la guerre sous sa forme longue, meurtrière, épouvantable, avec les tortures, les déportations, l'exode, pouvait être évitée".
http://www.dailymotion.com/video/xpg3ry_jean-daniel-la-guerre-d-algerie-aurait-pu-etre-evitee_news

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Re: Pleure oh pays bien aimé !
- Houari Boumédiène : d’un Islam d’homme à un Islam de chef d’Etat
Français et algérien, Henri Sanson, décédé en octobre 2010, s’est penché sur la relation de l’ancien président algérien Houari Boumédiène à l’Islam. Son étude, intitulée “L’Islam de Houari Boumédiène”, analyse la vie de l’homme politique sous une perspective religieuse.
Houari Boumédiène, qui est le successeur du premier président de la république algérienne démocratique et populaire Ahmed Ben Bella, devient chef de l’Etat le 19 juin 1965. C’est à cette date que Sanson remarque un basculement dans la façon dont l’homme politique envisage l’Islam.
Avant 1965, Boumédiène a un rapport très personnel à la religion. Il est né de parents musulmans, a étudié à Constantine puis en Tunisie avant d’être étudiant à la célèbre l’université El Azhar du Caire. Là, il devient “musulman de connaissance” en approfondissant ses savoirs sur sa propre croyance. Pendant ses années universitaires, le jeune Boumédiène milite sans relâche pour la cause de l’indépendance et devient rapidement un des théoriciens de la révolution les plus connus.
Pour lui, Islam et révolution sont deux notions reliées : c’est par l’un que l’autre se réalise, et inversement.
Lorsqu’il accède au pouvoir présidentiel en 1965, sa pratique de l’Islam se modifie drastiquement. Tout en restant musulman, Boumédiène renvoie sa religiosité à la sphère privée. Ses discours, paroles et même ses actes sont “déconfessionalisés”. Il s’en prend à l’utilisation de la religion à des fins nationalistes et s’en prend aux fanatiques. Un détail intriguant est qu’il s’adressera toujours aux chefs d’Etats musulmans en ayant un langage différent de celui qu’il utilise en s’adressant au peuple algérien. Boumédiène réintégré les codes confessionnaux lors des rencontres officiels.
Loin de rejeter la pratique religieuse, l’ancien président la renvoie dans la vie privée. Il ne se pose jamais en réformateur de l’Islam qu’il dit devoir dépasser pour se concentrer sur la révolution sociale.
Lors de l’adoption de la constitution de 1976, il approuve l’Islam comme religion d’Etat, définissant ainsi l’Algérie dans une perspective religieuse. Au travers du texte de la constitution, on comprend alors la philosophie de Boumédiène : l’Etat a deux sources, l’Islam et la Révolution.
Ces deux sources correspondent néanmoins à des fois différentes. Il ne s’agit pas de confondre engagement politique et pratique religieuse. La révolution n’est pas une religion et l’Islam n’est pas un combat politique. Selon Sanson, Boumédiène entend garder chaque chose à sa place.
En 1976, c’est également lui qui créé le Haut Conseil Islamique ainsi que le ministère des affaires religieuses.
Islam et Révolution, deux notions au coeur de la pensée de Boumédiene, qui a voulu construire une nation nouvelle et différente, islamo-révolutionnaire. On peut se demander, en 2012, à la lumière de l’histoire, si cette conception, datée de plus de 30 années déjà, trouve encore une légitimité dans la pensée philosophico-politique de l’Algérie contemporaine.
Sarah Haderbache

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Re: Pleure oh pays bien aimé !
Pour le moment,nous sommes le seul pays au Maghreb qui ne soit pas encore sous un régime islamique
La France devrait reconnaitre ses erreurs de colonisation.
Ben yamin est trés sympa mais il ne ne déballe pas tout.Je dirais simplement que les enculés des politicards devraient revoir leur histoire.
Ceci bien sur,n'engage que les gens concernés.
La France devrait reconnaitre ses erreurs de colonisation.
Ben yamin est trés sympa mais il ne ne déballe pas tout.Je dirais simplement que les enculés des politicards devraient revoir leur histoire.
Ceci bien sur,n'engage que les gens concernés.
Les pauvres gens deviennent souvent les plus grands salauds.
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Re: Pleure oh pays bien aimé !
un algérien devenu suisse regrette de ne pas avoir laissé les islamistes accéder au pouvoir
http://www.youtube.com/watch?v=LyFIlg55wM4
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Re: Pleure oh pays bien aimé !
- «Ben Bella a une valeur mythique»
Pour Benjamin Stora, spécialiste de l'histoire de l'Algérie contemporaine*, la présidence de Ben Bella entre 1962 et 1965 est synonyme d'effervescence politique.
Benjamin Stora est un spécialiste de l'histoire de l'Algérie contemporaine*.
LE FIGARO. - Que représentait Ahmed Ben Bella dans l'Algérie d'aujourd'hui?
Benjamin STORA. - Il est d'abord le premier président de la République algérienne indépendante. Il a, à ce titre, une valeur mythique très forte. Il a aussi été le personnage algérien le plus médiatisé pendant la guerre d'Algérie par la presse française et internationale. Le troisième point c'est que la présidence d'Ahmed Ben Bella entre 1962 et 1965 est plutôt synonyme d'effervescence politique, de liberté dans l'imaginaire algérien. La réalité est plus complexe. Sous Ben Bella il n'y avait pas non plus de liberté absolue. Il a écrasé la révolte en Kabylie en 1963. Il y a eu aussi la guerre des sables en 1963 contre le Maroc. Mais sa pratique du pouvoir contraste avec ce que va connaître l'Algérie à partir de 1965, c'est-à-dire le coup d'État de Boumediene. Il y a un avant et un après-1965 en Algérie, l'avant-1965 étant considéré comme plus libre que l'après-1965 quand les militaires sont arrivés au pouvoir de manière visible.
Quel sens donner à sa présence de la dernière investiture de Bouteflika en 2009?
C'était un soutien symbolique à Bouteflika, pas un soutien très politique. Un soutien nationaliste. Il avait déjà 83 ans! C'était une marque évocatrice par rapport à ce qu'il représentait pour l'Algérie. Il représentait le passage de l'Algérie à l'indépendance. Évoquer ce personnage aujourd'hui est important au moment où on s'apprête à commémorer le cinquantième anniversaire de l'indépendance.
Comment analyser son éviction du pouvoir en 1965?
Il s'agissait d'un coup d'État militaire pur et simple. L'armée a tout simplement pris le pouvoir avec la volonté de construire un État fort en Algérie en réprimant les libertés publiques, en mettant fin à cette parenthèse de confusion, d'installation difficile d'un État algérien indépendant. Il y avait la volonté d'instaurer une sorte de bonapartisme. Ben Bella avait lui-même passé un accord avec l'armée algérienne en 1962. Il était arrivé au pouvoir en s'appuyant sur ce qu'on appelait l'armée des frontières. Il était lui-même devenu un peu l'otage de cet accord politique. Trois ans plus tard, il a été destitué au profit des militaires dirigés par Boumediene depuis 1958. Boumediene voulait un État fort, la suppression des partis politiques, une presse sous surveillance. Il a interdit toute une série d'organisations. Ahmed Ben Bella restera ensuite 15 ans en prison. Il devient ainsi un personnage emblématique synonyme de privation de liberté.
Quel rôle a-t-il eu pendant la guerre d'Algérie?
Ahmed Ben Bella s'est engagé dans l'armée française pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a combattu à Monte Cassino en 1943 et a ensuite été décoré. Il s'est engagé ensuite dans le nationalisme politique après le massacre de Sétif en 1945. Il est alors devenu le responsable de l'organisation secrète qui préparait la lutte armée. Il a été arrêté par les Français en 1950, il s'est évadé. Il est l'un des neuf chefs historiques qui ont décidé le déclenchement de cette guerre en 1954. Il n'était pas le plus connu des leaders à cette époque-là. Il est devenu plus populaire parce qu'il y a eu une importante médiatisation de son arrestation par la France en 1956. La presse égyptienne l'a fortement mis en avant. C'était un tribun, un homme qui savait parler aux populations, aux foules. Il avait un rapport charismatique à la politique.
(*) La guerre d'Algérie expliquée à tous, Éditions du Seuil, février 2012

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Re: Pleure oh pays bien aimé !
- Algérie : Bouteflika - Ben Bella, du coup d’Etat à l’hommage national
Bouteflika se recueille devant la dépouille de Ben Bella
Drapeaux en berne, programmes des chaînes de radios et de télévisions modifiés, hommages et recueillement sur la dépouille d’Ahmed Ben Bella exposée au Palais du peuple, le deuil national de huit jours décrété par le président Bouteflika entré en vigueur, l’Algérie vit à l’heure de la disparition d’Ahmed Ben Bella, 95 ans, homme au passé et à la personnalité controversés.
Le deuil a donc commencé jeudi par l’exposition de la dépouille d’Ahmed Ben Bella durant 24 heures au Palais du Peuple d’Alger, cette demeure ottomane des gouverneurs construite au XVIIIe siècle, pour un hommage de la population.
La télévision nationale a retransmis en fin de matinée le transfert vers le Palais du Peuple du cercueil de M. Ben Bella mort mercredi 11 avril à son domicile, à l’âge de 95 ans.
L’affliction de Bouteflika
Le cercueil, recouvert d’un drapeau vert, a été porté par six officiers supérieurs de l’armée algérienne, et accompagné par les deux filles adoptives du défunt, Mehdia et Noria, avant d’être chargé sur un véhicule.
Peu après le départ du corps, le président Bouteflika a quitté le domicile de Ben Bella, pour suivre le cortège. Au Palais du Peuple, il été le premier d’une série de personnalités et de militaires à se recueillir devant le cercueil, selon les images de la télévision.
Le président a même signé un registre de condoléances dans lequel il exprime son affliction. « Immense est ma douleur, indicible est ma peine et Dieu est témoin que je compatis au sombre chagrin de tous ceux qui lui sont chers en Algérie et de par le monde en cette pénible épreuve », écrit-il.
L’ennemi devenu intime
Depuis son arrivée au pouvoir en 1999, Abdelaziz Bouteflika s’est considérablement rapproché de celui contre lequel il avait comploté avant de participer activement au coup d’Etat qui a renversé Ahmed Ben Bella le 19 juin 1965.
Aussitôt déchu, celui-ci a été emprisonné dans le plus grand secret par le colonel Boumediene jusqu’en octobre 1980 date à laquelle il a été libéré par son successeur, Chadli Bendjedid.
Son régime carcéral, Ben Bella le qualifiait devant le journaliste Charles-Henri Fabrod de « tombeau » qui aurait pu l’amener à la démence. Ce régime qui obligeait ses geôliers à fouiller sa mère qui lui rendait visite dans cette prison de la Mitidja, une fouille qui allait jusqu’à défaire les nattes de la vieille dame.
Comme s’il devait expier un péché ou réparer un tort irréparable, Bouteflika aura multiplié les égards à Ahmed Ben Bella au cours de ces 10 dernières années allant même jusqu’à prendre en charge ses soins à l’étranger, à financer l’hébergement du couple Ben Bella à l’hôtel Crillon à Paris, à lui accorder une villa à Alger, et à assister aux obsèques de la femme de Ben Bella, décédée en mars 2010.
Remords
Ce serait donc ces remords qui expliqueraient en partie ce deuil imposé par Bouteflika et ces funérailles nationales organisées vendredi avant l’enterrement au carré des Martyrs du cimetière d’El Alia.
Les médias publics ne seront pas en reste dans ces hommages quelque peu surfaits. Tous les programmes télévisés et radiophoniques sont consacrés à Ben Bella.
Des émissions spéciales et des plateaux sont organisés par la télévision et la radio, qui diffusent notamment des documents d’archives en relation avec la vie du défunt Ben Bella, alors que des témoignages de personnalités nationales, de moudjahidine et de citoyens seront recueillis pour lui rendre hommage, a précisé l’agence officielle.
« Nos équipes sont mobilisées à travers tout le territoire national pour marquer la circonstance du décès de Ben Bella, et ce, durant les jours de deuil national », a indiqué à l’APS, le directeur de l’information à la télévision nationale, Lotfi Chriet.
Les médias mettent le paquet
Ce dernier ajoutait que les obsèques seront retransmises en direct à destination de vingt villes françaises, captant les programmes de radios communautaires.
Ces effusions d’hommages contrastent autant avec la personnalité controversée d’Ahmed Ben Bella qu’avec la place qu’il aura occupée dans l’Algérie officielle depuis sa destitution en juin 1965.
C’est qu’en 1965 et 1980, le nom d’Ahmed Ben Bella a été tout simplement rayé de l’existence. Détenu dans le secret, il n’a jamais été jugé par la justice de ceux qui l’avaient renversé, en particulier le colonel Boumediene et son ministre des Affaires étrangères Abdelaziz Bouteflika.
Durant cette période de détention aussi secrète qu’arbitraire, le nom de Ben Bella ne pouvait être prononcé par ses compatriotes et certains ignoraient jusqu’à son existence.
Son rôle dans le mouvement national et durant la guerre d’indépendance ? Passé sous silence dans les manuels scolaires et dans la littérature officielle.
Un homme, une vie entre parenthèses
Le régime de Boumediene a mis entre parenthèses autant l’existence officielle d’Ahmed Ben Bella que la vie même de son célèbre prisonnier.
Libéré par Chadli en octobre 1980, Ben Bella ne sera pas pour autant réhabilité par l’Algérie officielle.
Exilé en Suisse, il deviendra opposant notamment en se rapprochant en 1985 de son ex-ennemi juré Hocine Ait Ahmed avec lequel il appellera à l’instauration d’un régime démocratique en Algérie. Ce qui provoquera la colère du pouvoir algérien.
Après dix ans d’exil plutôt doré, Ahmed Ben Bella tentera un retour au pays en 1990, mais lui qui croyait être reçu comme le Messie, finit par se fondre dans un paysage politique occupé par une soixantaine de partis.
Trop peu pour cet homme qui se croyait voué à un destin exceptionnel.
Trop peu pour Ben Bella
Revenu de ses ambitions politiques en Algérie, il se consacre aux questions internationales. Entre temps, il parle. Ou plutôt il flingue tout feu tout flamme.
Régulièrement sollicité par les médias nationaux et étrangers –notamment Al Jazeera-, pour témoigner sur le mouvement national algérien, Ahmed Ben Bella se donnera toujours le beau rôle, dézinguera à tout va ses ex-compagnons de lutte et irritera les Algériens en insistant souvent sur ses origines et sa nationalité marocaines.
Dans un ouvrage publié récemment par le fils de Abane Ramdane, Ben Bella fera montre tant d’une grande franchise que de ses étendus talents de persifleur.
Ali Kafi ? Un flambeur qui ne dessaoule jamais. Mohamed Boussouf ? Le Beria de la révolution, un criminel assoiffé de sang. Et Lakhdar Bentobal ? Un « rien » qui s’est fabriqué une légende sur le dos de cette révolution.
Sandouq Attadamoun
Contrairement à Mohamed Boudiaf qu’il fera emprisonner dans le sud avant de le condamner à mort en 1964, la personnalité d’Ahmed Ben Bella n’a jamais fait l’unanimité chez les Algériens.
Il aura été ce dirigeant qui a d’abord tué la démocratie et le multipartisme en décrétant le régime du parti unique du FLN. Il aura été celui qui a mis l’Algérie sous la botte de Nasser l’Egyptien et de ses services secrets.
Les Algériens lui rappellent aussi son rôle dans l’exécution du colonel Chabani en septembre 1964 ou encore ces fameux Sandouq Ettadamoun, le fond de solidarité constitué d’or, d’argent, de bijoux et de l’épargne des Algériens dont on ignore encore aujourd’hui la destination finale.
C’est donc pour honorer ce chef d’Etat au parcours postindépendance controversé, cet homme emmuré vivant par Boumediene pendant 15 ans, cet ex-président devenu opposant, cet opposant devenu ami de son vieil ennemi Bouteflika, ce révolutionnaire oublié des manuels scolaires, que Bouteflika impose un deuil national de 8 jours et des funérailles nationales.

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