Je considère le zoroastrisme comme une religion divine à son époque (adressée aux Perses), qui fut revivifier plusieurs fois à travers l'histoire de cette Tradition, et dont le concept fondamental était celui du monothéisme, tout comme l'Hindouisme, mais qui a fini par se vider de sa substance spirituelle et législative.
La vie de zarathustra (qui était sans doute le nom que l'on attribuait aux prophètes) est pleine de vérité, de sagesse, de combat juste et de justice. Ses enseignements inspirèrent de nombreux savants grecs de l'époque et même d'après.
L'hindouisme, dans sa forme originelle, est aussi une forme de monothéisme, mais dont les attributs du Principe Suprême (Dieu), donc les énergies divines, sont représentés comme différents aspects de l'Absolu (mais tous découlent de Lui et ne sont pas séparés du Principe Suprême). L'Hindouisme n'est donc pas un polythéisme ni un panthéisme, et pourtant, c'est la tradition la plus ancienne que nous connaissons, qui remontent même avant -3500 av.JC (bien avant les traditions égyptiennes, gréco-romaines, celtes, babyloniennes, nordiques, etc.), puisque la tradition orale existait bien avant la tradition écrite (et qui parlent aussi des prophètes qui viendront plusieurs millénaires plus tard, comme ceux des Traditions abrahamiques), donc bien avant les religions considérées comme "polythéistes".
Les hymnes indiens des Védas disent : "Ses noms sont multiples, Il est Un".
«Indra, Mitra, Varuna, Agni, ou bien c'est l'oiseau céleste Garutmat. Ce qui est unique, les sages le désignent (de noms) multiples» (Rig-Véda, I, 164, 46).
En Inde, on représente La Divinité comme triple, on appelle ce principe la "trimurti" dans le panthéon hindou, composé de Brahma, Vishnu et Shiva, qui sont trois aspects du divin. Brahma désigne symboliquement le créateur, Vishnu représente le conservateur et Shiva représente le destructeur dans le cycle de l'existence. Selon Ananda Coomaraswamy, le culte des puissances de la nature dans l'hindouisme doit être compris dans le sens de "natura naturans est deus", «lesdites puissances ne sont que les noms des actes divins» (2). L'unité divine est très importante dans la littérature sacrée. Le mantra Tat Tvam Asi ("Tu es Cela") célèbre cette unité de la création avec son créateur, qu'il soit personnel ou impersonnel, mais sans confondre le Créateur de la création, car l'hindouisme ne relève ni du polythéisme ni du panthéisme.
Le grand savant Bîrûnî (973 - 1048) ne s'est donc point trompé en voyant dans l'hindouisme, bien avant les savants occidentaux (XXe siècle) un monothéisme, même si ce monothéisme fonctionne autrement que les monothéismes sémitiques, et si on définit le monothéisme de la manière suivante: l'affirmation qu'il n'y a qu'une seule divinité, même si ses manifestations sont multiples.
"En ce qui concerne Dieu, les Hindous croient qu'il est un, éternel, sans début ni fin, agissant par libre-arbitre, tout-puissant, omniscient, donnant la vie, régnant et préservant. Il est unique dans sa souveraineté, au-delà des contraires et des ressemblances. Il ne ressemble à rien et rien ne ressemble à lui". (Histoire de l’Inde, ch.2). Bien sûr, leur monothéisme diffère des modalités d'expression des formes abrahamiques, mais dont les vérités fondamentales sont identiques.
Et comme le dit Roger Garaudy, qui s'est intéressé à la question :
"Les «rishis», à la fois hommes du sacrifice et poètes-prophètes, créèrent les premiers hymnes védiques et, avec eux, une manière de vivre fondée sur la discipline de soi, la recherche de la vérité comme recherche du sens de la vie, l’aspiration à l’immortalité dès cette vie, lorsqu’elle est vécue dans sa plénitude heureuse. Ils ouvrirent le passage d’une expérience immédiate de l’éparpillement et de la limitation, à la conscience profonde de l’unité et de l’infini. Ils ont enseigné pour la première fois à l’homme qu’il ne pouvait atteindre le divin et la vie immortelle que par le sacrifice de tout ce qu’il a, et de tout ce qu’il est.
Pour évoquer cette expérience profonde de la vie, les poètes védiques, ne disposaient que d’un vocabulaire de paysans et de guerriers : c’est là la clé de la lecture des hymnes auxquels ce symbolisme donne une grandeur poétique incomparable.
Le vocabulaire ne doit pas nous conduire à des contre-sens, dieu portera tantôt le nom d’Agni, tantôt de Varuna, Indra, Prajapati ou Brahma, ou d’autres noms encore. Ceci ne doit pas nous induire à penser qu’il s’agit d’un polythéisme : chacun de ces noms exprime l’une des formes de la participation de l’homme par le sacrifice, l’action, la connaissance ou le chant, à l’unité suprême du « Soi » qui est à la fois l’âme du monde et l’âme de l’homme. Les hymnes védiques le disent explicitement : « Ils le nomment multiple, lui qui, en réalité, est un. » (Rig-Véda X, 145 ; et aussi, 1, 164 et 170 ; 111, 5 ; V, 3).".
Lorsque certains peuples parlent des "dieux", il s'agit, non pas d'entités personnelles et distinctes, mais de principes supérieurs, mais qui sont tous dépendants et subordonnés par Dieu (le Principe Suprême), qui est, l'Un.
Plusieurs savants et poètes musulmans ont d'ailleurs affirmé que l'auteur du Qur'ân et des Védas ne pouvaient être que le "même" Être Divin, comme le grand poète Kabir, le Cheikh Abd al-Karim Al-Jîlî, René Guénon, Jalâl ad-Dîn Rûmî, Al-Biruni, etc.
Des recherches montrent également que les 4 premiers livres (sacrés de la tradition hindoue) correspondent aux 4 Vêdas et le 5ème correspond au Vêdanta («fin du Vêda») c’est-à-dire à l’enseignement de la métaphysique pure. D’après de nombreux Brâhmanes et savants musulmans, l’enseignement du 5ème livre (ou Vêdanta) mène à la reconnaissance de Muhammad et à l’Islam, et atteste donc de l'Unicité Divine, conformément aux affirmations explicitent et implicitent de toutes les Traditions divines, Islam y compris.
La Bhagavad-Gîtâ affirme, elle aussi, comme le Coran, que Dieu est l'Un, et que nul n'est égale à Lui : "Pitâsi lokasya carâcarasya tvam asya pûjyaç ca gurur garîyân. Na tvatsamo 'sty abhyadhikah kuto 'nyo lokatraye 'py apratimaprabhâvah".
"Tu es le Père de cet univers mobile et immobile, ainsi que son maître spirituel digne d'adoration et de vénération. Nul n'est égal à Toi (na tvatsamo 'sti) et d'où viendrait un autre qui Te serait supérieur, Toi dont la puissance est incomparable dans les trois mondes". (11, 43).
L'expression sanskrite "na tvatsamo 'sti" (nul n'est égal à Toi) est presque mot pour mot la même que l'expression coranique: "lam yakun lahu kufuwan ahadun" ("Nul n'est égal à Lui") (Qur'ân 112, 4).
Bref, l'l'Hindouisme, malgré les apparences, n’est ni polythéiste ni panthéiste, les diverses puissances ne sont que les noms des énergies divines. Au-delà, il y a le sens suprême sans définition aucune, le Principe situé hors du temps, notion que nous allons retrouver dans les autres traditions. Puis il y a rupture, division (division dont on peut dire qu’elle est l’équivalent de la chute des religions abrahamiques), pour qu’au-delà de l’un apparaissent multiplicité et devenir.
Je possède l'Avesta chez moi (traduit en langue française aux éditions Elibron Classics), et j'avais eu accès à certains passages en langue persane (j'ai des ascendances persanes), et mon frère connait plusieurs zoroastriens.
L'Islam considère les zoroastriens comme faisant partie des Gens du Livre (comme les hindous).
Les attributs de Ahura Mazda (Allâh) sont identiques (ou en tout cas, à peu de choses près) aux attributs d'Allah selon l'islam. (Cf. Dasatir, et les Yasna de l'Avesta).
Sur Muhammad : Dans le Zend Avesta, Farvardin Yasht chapitre 28 verset 129 (Livres sacrés de l'Orient, volume 23, Zend Avesta Partie II pg. 220) on trouve (formulé peut-être d'une autre façon) :
"Celui dont le nom sera Victorieux, Soeshyant et dont le nom sera Astvat-Ereta. Il sera Soeshyant (celui qui transmet la bonté, la bienfaisance), parce qu'il sera bénéfique corporellement pour le monde entier. Il sera Astvat-Ereta (celui qui fait des gens, des êtres corporels élevés) car en tant que créature corporelle et comme être vivant, il restera debout contre la destruction de l 'être corporel pour résister à la drogue de la portée des deux pieds, pour résister au mal fait par les fidèles (les idolâtres et les erreurs similaires de Mazdaynians).".
Dans le Zend Avesta, Zamyad Yasht chapitre 16 verset 95 (Livres sacrés de l'Orient, tome 23 Zend Avesta Partie II pg. 308) :
"Et ses amis se présenteront, les amis du Astvat-ereta, qui sont des bon pensants, bon parlants, des bienfaisants, suivant la bonne loi et dont les langues n'ont jamais prononcé un mot de mensonge."
Dans le Dasatir (considéré comme authentique pour certains, et secondaire (mais toujours fiable) par d'autres) : on peut trouver les données suivantes : le peuple Zoroastrien renoncera à sa religion et deviendra dissolue, un homme se lèvera en Arabie, dont les adeptes vont conquérir le Persique et subjuguer les Perses arrogants. Au lieu d'adorer le feu dans leur propres temples, ils tourneront leur visage dans la prière vers la Kaaba qui sera alors dégagée de toutes idoles. Ils (les disciples de cette nouvelle religion venue d'Arabie), seront une miséricorde pour le monde. Ils deviendront les maîtres de Perse, et d'autres contrées voisines, et leur prophète leur sera un homme éloquent racontant des choses miraculeuses.
Les prophètes, étaient tous reconnus pour leur modestie et leur honnêteté, et, ne pouvant posséder de savoir au-delà des connaissances de leurs époques, étant séparés par de nombreuses aires géographiques et culturelles, en plus de ne pas pouvoir être des hommes qualifiés en religion, en métaphysique, en philosophie et en histoire à la fois, ne sauraient avoir plagié pour prêcher une nouvelle religion (où ils auraient été accusés de plagiat par de nombreux opposants, et même par des compagnons qui auraient pu s'en rendre compte), devant affronter de nombreux obstacles inimaginables, en plus d'avoir su convaincre (et pas seulement par le biais de miracles), finalement, la majorité de leur peuple (de leur vivant, bénéficiant d'une Aide Divine jusqu'à la fin de leur mission triomphante) appelant leurs disciples au bien.
La ressemblance, entre les religions abrahamiques, l'hindouisme, le zoroastrisme, les religions amérindiennes, les religions africaines, et le taoïsme s'expliquent par le fait que toutes ses personnes, étaient des Prophètes, et recevaient donc leur Science métaphysique, religieuses, spirituelles et historiques, par une Source spirituelle commune et universelle, dépassant la dimension humaine.
Guénon, Schuon et Coomaraswamy ont mené de profondes recherches là-dessus, tu devrais y jeter un coup d'oeil.







