Pleure oh pays bien aimé !

Critique du Coran et ses versets - Chronologie - Histoire - Versets abrogés, Critique constructive des hadiths - quel apport dans la vie d'un musulman ? La réalité de la charia et de ses horreurs un peu partout dans le monde. Comment l'islam règle la vie des gens - comment les religieux oppressent le peuple
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yacoub
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Re: Pleure oh pays bien aimé !

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  • Pédophilie à Annaba : L’affaire Jean Michel Baroche: ça va mal finir


    L’affaire qui a occupé les unes de toute la presse nationale, reprise sur les ondes de la chaîne satellitaire « France 24 » continue à faire couler beaucoup d’encre et devenir le principal motif de discussion dans les rues, cafés et domiciles plus particulièrement à Annaba, où le relâchement dans certaines libertés accordées à nos adolescentes commence à faire penser à être plus vigilant, les loups rôdent et elles risquent de tomber entre leurs griffes.

    L’affaire en elle-même pour résumer le tout a vu 5 individus inculpés et placés sous mandat de dépôt, d’autres sont placés sous contrôle judiciaire et l’enquête n’est pas terminée pour ceux qui le croient. Nous apprenons de source bien informée que les Services de sécurité tous corps confondus entre Police Judiciaire et DRS , Police Scientifique ne seraient qu’à 30% d’exploitation des séquences vidéo, films, photos, clés USB et documents saisis. D’autre part ,le Sieur Baroche aurait contacté puis ramené des Tunisiennes, anciennes clientes lorsqu’il résidait dans ce pays voisin. La recherche de ces filles est en cours et les passages aux postes frontières sont passés à la loupe. Gageons que dans les jours qui viennent, d’autres grosses têtes tomberont dans les nasses des limiers de nos services de sécurité. En somme, ceci n’est que la face visible de l’iceberg. La face cachée de cette sale histoire n’a pas encore livré tous ses secrets. Pour certains fonctionnaires proches du dossier, ça va tout simplement mal finir.
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yacoub
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Re: Pleure oh pays bien aimé !

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  • la hogra, un mal algérien
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    Depuis pas mal de temps, le lexique algérien a intégré des mots d’un genre particulier, tels que hagar et mahgor, ce qui veut dire, en plus atténué, oppresseur et opprimé. Institutionnalisée par l’occupant pendant la période coloniale, les Algériens acceptent mal que soit reconduite une telle pratique et appellent, par sa dénonciation, à l’égalitarisme citoyen qui a toujours fait défaut entre gouvernants et gouvernés.

    Lorsque Mohamed, jeune père de famille, apprend que la wilaya de Chlef compte raser le bidonville dans lequel il habite, son corps est au bord de l’explosion. La colère, tant réprimée au vu des rejets de demandes de logement et des innombrables frustrations, se heurte au mépris affiché par les responsables de l’APC de Chlef avec lesquels il souhaite avoir une explication. Bien sûr, les responsables locaux, par cynisme ou par dépit, ne voudront pas le recevoir, prétextant des affaires plus urgentes. Cette fin de non-recevoir est vécue comme un affront. Le jeune homme perd patience, la colère grandit jusqu’à prendre le dessus. Dans un sursaut suicidaire, il s’asperge d’essence et tente de mettre fin à ses jours.

    Ce sentiment mêlant humiliation, injustice et violence est bien connu des Algériens, ils l’appellent : «Hogra». Ce mot, qui n’a pas d’équivalent sémantique dans les autres langues, est utilisé par les grévistes, toutes sections confondues, par les jeunes, en mal de considération, par les chômeurs, en quête d’occupation ou par les femmes peinant à trouver leur place dans une société machiste.
    Pour Amir, étudiant, la hogra fait partie de la vie de tous les jours. «La hogra c’est lorsqu’on te retire ton permis de conduire pour une broutille, quand toutes les portes de l’administration se referment et qu’il n’y a même pas où déposer une réclamation, quand on te fait poireauter des heures pour un banal papier administratif. En somme, c’est la routine.» D’après lui, elle tire ses origines de l’apparition de ce qu’il qualifie de «secte d’intouchables» qui se croirait au-dessus des lois.

    C’est aussi, selon lui, le «règne de la médiocrité» et la «déchéance des valeurs». Les plus âgés diront qu’ils ont toujours connu ce sentiment, de la période coloniale à l’indépendance du pays. Certains se rappellent sans doute de l’appel du président Ben Bella, en octobre 1963 lors «La guerre des sables», dans lequel il criait : «Hagrouna el merrakchia.»
    Bouziane Benachour, journaliste et écrivain, auteur d’un roman intitulé simplement Hogra, considère que c’est là un concept strictement algérien, parce qu’il est le cri «communautaire» des exclus – de tous les exclus – et de toutes les exclusions face à la machine bureaucratique insinuée magistralement dans les arcanes de l’Etat-nation et de ses tentacules. «Le mot hogra, dit-il, ne peut être approché par d’autres langues mais ne peut être effectivement rendu qu’en langue populaire algérienne.

    Hogra n’a qu’une seule nationalité : algérienne, qu’une couleur, la couleur des sans-voix, qu’un emblème, celui des sans-grade, ceux qui ne sont inscrits dans aucun réseau», une définition de Mouloud Hamrouche. «Depuis, la hogra est restée telle quelle. Le concept n’a pas bougé. Son sens premier non plus.» Selon le sociologue Abdenasser Djabi, les accusations de hogra se multiplient à mesure que les inégalités se creusent. «L’Algérien qui a vécu la hogra pendant la période coloniale la rejette aujourd’hui. Ce refus s’est cristallisé en une forme de culture politique populaire appelant à l’égalitarisme», décrypte-t-il, en précisant que le rejet de la hogra reflète le refus de l’inégalité sociale entre les Algériens.

    Le fait est, d’après le sociologue, que dans l’imaginaire collectif, la société algérienne a toujours été homogène, du moins idéologiquement. L’émergence d’une nouvelle classe qui n’éprouve aucune honte à étaler son faste et sa puissance creuse l’écart et attise le sentiment de marginalisation. «La société algérienne, dans les campagnes ou dans les ville croit avoir vécu une hogra émanant du colonisateur, qui a failli être une hogra ‘’acceptable’’. Mais la hogra de l’Algérien envers l’Algérien est, elle, inadmissible», souligne Nacer Djabi.

    Haggar et mahgour

    Mais si l’Algérien était à la fois bourreau et victime, le haggar et le mahgour de la société algérienne ? Pour mieux étudier ce phénomène, Salaheddine, cadre dans une entreprise privée, recommande d’observer le comportement des conducteurs sur une autoroute : «Les voitures 4x4 y narguent les Renault Symbol et celles-ci doublent les Maruti qui, à leur tour, dénigrent les vieilles R4.»La moindre once de pouvoir autorise ainsi un comportement méprisant envers les autres. «Malgré son rejet de la hogra, l’Algérien la pratique chaque jour, souligne Djabi. L’enfant algérien subit la hogra dans la rue, à l’école ainsi qu’à la maison, car le père algérien est un ‘’grand haggar’’, usant de son autorité sur la femme et les enfants. Cependant, il subit, lui, aussi, la hogra dans son milieu de travail de la part de ses supérieues hiérarchiques.» Au final, on est tous le mahgour de quelqu’un. «Le mahgour devient lui aussi haggar, quand les conditions le lui permettent. Quand l’Algérien n’use pas de son pouvoir, il estime qu’il fait là une ‘’faveur’’ envers lui, parce que c’est ‘’un homme’’ ou un ‘’fils de bonne famille’’», explique encore Nacer Djabi.

    En tout cas, la hogra reste une injustice à détente multiple, dont les victimes se tournent rarement vers un juge pour se voir rétablis dans leurs droits. «La loi est totalement absente dans cette relation, explique Djabi. Ce qui est étrange, c’est que lorsque les Algériens rejettent une personne ou un groupe d’individus, on demande de changer les personnes nuisibles et les haggarine mais on ne réclame point le changement de l’institution ou l’application de la loi.» La psychologue Cherifa Bouatta explique, pour sa part, que le sentiment de hogra est amplifié par le fait qu’il y a une crise de confiance dans le fonctionnement des institutions de l’Etat. «Face à un système politique autoritaire, les jeunes semblent persuadés se disent sous le règne de la hogra», précise-t-elle.Car ce qui fait la particularité de la hogra c’est ce sentiment d’impuissance qu’elle génère.

    Les jeunes, qui s’en disent victimes, se révoltent par le moyen d’émeutes ou en retournant cette violence contre eux-mêmes. Dans son roman, Bouziane Benachour décrit un douar de «laissés-pour-compte» qui s’élèvent contre le diktat et l’arbitraire des pouvoirs publics.«Les personnages disent non, mais leur impuissance est avant toute chose une forme de repli avant réaction, précise l’auteur. Un repli qui peut dire je suis vaincu mais je ne me laisse pas abattre. Je suis en position de faiblesse mais ne comptez pas sur moi pour capituler. Les personnages de Hogra donnent le dos, mais n’offrent pas leur poitrine.» Il poursuit : «Leur résignation est une forme de dédain à l’endroit de tous ceux qui se sont autoproclamés guides des masses. Elle est carapace de mépris face à tous ceux qui se croient investis d’une mission céleste. Ceux qui pensent être des pasteurs alors qu’ils n’ont jamais quitté l’habit du berger selon la vieille formule populaire de chez nous.»

    «El Harga» plutôt que la «hogra»

    Dans les faits, la majorité des personnes ayant subi la hogra sont contraintes à courber l’échine. «On peut avancer sans se tromper qu’une très grande partie de la jeunesse algérienne est profondément convaincue qu’elle vit sous le règne de la hogra. Ce sentiment est profondément intériorisé au point où tous considèrent, même quand ce n’est pas le cas, qu’ils sont mahgourine», explique Chérifa Bouatta.

    Sur le plan psychologique, la hogra ne laisse pas indemne. Dans les stades, rare espace d’expression pour des jeunes en quête de liberté, ils crient que la «harga» (immigration clandestine) vaut mieux que la «hogra». Comme si l’unique moyen d’échapper à l’humiliation était de brûler ses papiers d’identité. «C’est l’identité même du sujet qui est ainsi attaquée, diagnostique le Dr Bouatta, vous vivez rejeté, exclu, méprisé… Ces sentiments sont très douloureux à vivre, ils engendrent la honte chez la victime de hogra et/ ou la colère et la révolte, d’où souvent les émeutes.» S’il est déjà établi que l’enfer était les autres, l’humiliation peut entraîner des conséquences souvent destructrices pour les victimes. Amrane Layachi, auteur d’un blog sur la hogra dont il se dit lui-même victime, affirme qu’il passe auprès de sa famille et de ses proches pour un «aliéné». «La hogra, dit-il, amène des gens à mettre fin à leurs jours en s’infligeant d’atroces souffrances. D’autres sont au bord de la folie. Et même quand cela ne transparaît pas au premier coup d’œil, elle laisse des blessures qui ne guériront jamais.» Au fil du temps, l’Algérie devient, pour une partie de la population, un enfer très ordinaire…

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    A l’ère des indignés de Hessel

    Avant même le succès de l’ouvrage de Stephane Hessel, appelant à l’indignation, les Algériens avaient déjà montré des signes d’exaspération face à la hogra. «Non à la hogra» est d’ailleurs devenu, ces dernières années, un slogan politique. Cela pourrait faire penser au mouvement des indignés apparu dans plusieurs pays à la différence près que l’indignation passe, chez nous, par l’émeute.
    Mais s’il y avait une analogie à faire entre les deux formes de protestation, il apparaîtrait que les deux mouvements pèchent par un excès d’utopisme et d’absence de solutions alternatives.

    «Les déclinaisons de la hogra sont forcément multiples et en tout cas suffisamment ductiles pour devenir un argument d’élaboration d’un rapport de force avec les acteurs institutionnels – on l’a observé d’abondance et pas seulement en Kabylie – apparaissent, en même temps, encore trop floues pour initier de véritables mouvements sociaux porteurs autant de contestation que de projets alternatifs», souligne le sociologue Abdelmadjid Merdaci.
    Abdenasser Djabi considère, pour sa part, que le «non à la hogra» est une «idée utopique visant à réaliser une société idéale ne se trouve pas sur le terrain».

    L’auteur de Indignez-vous, Stephane Hessel, explique, lui-même, qu’il fait «rapprendre à s’indigner» mais pas «n’importe comment ni contre n’importe quoi». «Tout ne mérite pas l’indignation. Je crains toujours ceux qui s’en prennent aux institutions sans proposer d’alternative.» C’est là aussi un mal algérien.

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    Amrane Layachi, auteur d’un blog contre la hogra : l’homme qui demanda à être déchu de sa nationalité algérienne

    L’histoire d’Amrane Layachi, ex-cadre à la direction des impôts de la wilaya de M’sila, ressemble à une magistrale pièce de théâtre de l’absurde. Se disant victime de «la hogra», il aura surpris tout le monde en demandant, dans une lettre adressé au ministère de la Justice et celui des Affaires étrangères, à être déchu de sa nationalité algérienne. Comble de la provocation : il sollicite l’acquisition d’un passeport israélien. La réaction des Autorités publiques ne se fit pas attendre : Amrane Layachi a été écroué, cinq jours après l’envoi de sa requête, pour… «divulgation d’informations secrètes au journal El Watan».
    «Ces informations ayant trait aux impôts n’avaient rien de secret, elles sont sur le Journal officiel, c’est juste qu’ils n’ont rien trouvé à mon encontre», nous a-t-il expliqué.

    Son «enfer» a débuté lorsque ses responsables de la direction des impôts de la wilaya de M’sila l’ont accusé d’avoir falsifié un extrait de rôle. «J’ai eu à subir les foudres d’un lobby au sein de l’entreprise. On m’a démis de mes fonctions. Ayant fait un recours à la justice, j’ai été innocenté mais j’ai dû subir l’acharnement d’un groupe de personnes. Ce clan n’a cessé de grossir, englobant des membres de la police, un procureur, etc. Excédé par les pressions, j’ai préféré donner sa démission», raconte-t-il à El Watan. Son expérience de la hogra l’a amené à s’intéresser à d’autres cas de mépris. Il a ainsi lancé, sur la Toile, un blog consacré à la hogra (hogra.centrblog.net) dans lequel il répertorie soigneusement tous les cas d’injustice allant des affaires de mœurs aux scandales de corruption. «Depuis quelques temps, je n’arrive plus à poster quoi que ce soit sur mon blog, c’est comme si on me l’avait bloqué», confie-t-il.
    Ayant renouvelé sa demande après avoir envoyé sa demande au ministère de la Justice, on lui remit, le 7 février 2012, la réponse suivante : «Dites-nous quel est votre problème, nous vous apporteront notre appui sur le plan légal.» Mais pour Amrane Layachi, l’affront qu’il a subi ne peut être lavé avec quelques mots.

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    Cherifa Bouatta. Psychologue : «Cette forme de mépris engendre la honte, la colère et la révolte»





    -La hogra est-elle un mal algérien ?

    En tout cas, c’est en Algérie que le mot est utilisé pour rendre compte d’une sorte de «condensation» qui dit mépris, humiliation, injustice, impuissance, face aux détenteurs du pouvoir, à ceux qui détiennent les places sociales qui peuvent permettre ou empêcher l’accès aux travail, au logement, aux services…

    -La hogra dénote-t-elle la vulnérabilité d’une certaine frange de la population par rapport à une autre ?

    Effectivement, cette «notion» dénote la fragilité d’une population qui se voit livrée au bon vouloir de ceux qui détiennent les ressources, entendu au sens large du terme, et cela exprime des rapports de classe où des parties de la population, et particulièrement des jeunes se voient privés de leurs droits par les puissants. On peut avancer sans se tromper qu’une très grande partie de la jeunesse algérienne est profondément convaincue qu’elle vit sous le règne de la hogra. Ce sentiment est profondément intériorisé au point où tous considèrent, même quand ce n’est pas le cas, qu’ils sont mahgourine.

    -Y a-t-il, d’après vous, un lien entre l’absence de démocratie et la pandémie de la hogra ?

    Sentiment de hogra et sentiment de justice vont ensemble. Il y a ce sentiment de hogra parce qu’il n’y a pas de confiance dans le fonctionnement des institutions de l’Etat, parce que les gens ne croient pas que la société fonctionne selon des lois qui s’appliquent à tous. Il y a ceux qui se situent du bon côté de la barrière et pour lesquels les lois peuvent être détournées voire ne s’appliquent pas et puis il y a les autres.

    -Comment expliquer que, dans la société algérienne, la moindre once de pouvoir autorise des comportements condamnables ?

    La hogra est en fait générée par la perversion des lois. En disant cela, on soulève la question de l’Etat de droit, un citoyen qui pense que la société dans laquelle il vit est une société qui fonctionne selon des lois qui s’appliquent à tous est un citoyen qui respecte les règles de l’Etat, qui peut comprendre et accepter les sanctions que cet Etat peut prendre à l’encontre de ceux qui transgressent les règles. Mais un citoyen qui est convaincu que c’est le règne de la hogra, il est persuadé que lorsque la justice s’applique, ce n’est pas l’application de la loi, mais plutôt une question de hogra. C’est ce qui donne ce sentiment d’anarchie et de perversion de la loi dont je parlais auparavant. Et face à ces convictions profondes qui sont partagées par de larges pans de la société, il n’y a que l’Etat de droit qui peut remettre de l’«ordre» dans le monde.

    -La hogra peut laisser indemne sur le plan psychologique ?

    Il est évident que celui qui subit la hogra est profondément blessé, son narcissisme est ainsi mis à mal. C’est l’identité même du sujet qui est ainsi attaquée, vous vivez rejeté, exclu, méprisé… ces sentiments sont très douloureux à vivre, ils engendrent la honte chez la victime de hogra et/ou la colère et la révolte, d’où souvent les émeutes. Je ne veux pas établir de liens directs entre hogra et immolation, mais je ne peux m’empêcher de relever que la majorité des jeunes qui se sont immolés par le feu l’ont fait suite à la hogra, un responsable a refusé de les recevoir, ils ont été déboutés de leurs droits…

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    Abdelmadjid Merdaci. Sociologue : «L’impunité est l’un de ses ferments»







    -La hogra, terme intraduisible et polysémique, est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Est-ce là un concept strictement algérien ?

    Les sociétés déclinent selon leurs legs historiques et culturels les rapports de force entre acteurs sociaux, particulièrement sur le registre de la stigmatisation des passe-droits, de l’impunité, des atteintes à l’intégrité et aux droits des personnes, singulièrement sous les régimes autoritaires. En Algérie, la hogra a longtemps été un marqueur d’une culture victimaire fédératrice de diverses situations et statuts sociaux. Cette notion est désormais entrée dans une forme de normalité lexicale néo-urbaine.

    -Est-ce que la hogra dénote la vulnérabilité d’une certaine frange de la population par rapport à une autre ?

    Les conditions de la redistribution de la rente, qui est à la base de la configuration des rapports politiques et sociaux, brouillent la lecture nécessaire d’une précarité sociale qui n’est pas forcément là où on l’imagine. Sous réserve d’un inventaire documenté, les acteurs éligibles à la vulnérabilité se trouvent-ils moins dans l’informel que dans l’économie institutionnelle et je pense précisément au salariat.

    -L’Algérien n’est-il pas à la fois victime et bourreau ?

    Outre son opacité – on ne peut que spéculer sur les conditions de prise de décisions souvent décisives pour l’avenir de la collectivité nationale – l’irresponsabilité éthique et judiciaire est l’une des caractéristiques du système autoritaire en place depuis la crise de l’été 1962 et l’impunité en est l’une des expressions. Aujourd’hui, et tout en se démarquant sans ambiguïté du facile «tous pourris» est-ce des enchevêtrements des réseaux d’influence, de protection, de clientélisme qu’il est question ? Il n’est pas facile, à ce propos, de relever d’inattendues filiations avec les conduites des collaborateurs zélés de la colonisation.

    -N’est-ce pas, là aussi, une illustration des rapports complexes entre Etat et société ?

    Au quotidien se déclinent moult figures du «hagar» et du «mahgour», dans l’espace public, dans l’espace privé et en tout état de cause dans des jeux de rôle qui interdisent à la hogra d’être le générique commode d’exclusions plus décisives. J’ai presque envie de dire que jusqu’à aujourd’hui, le clivage qui fait sens est celui qui démarque les divers formes et degrés d’exclusion de la rente d’une part de tous ceux qui portent l’exclusion de la citoyenneté.

    Amel Blidi
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  • Je suis allé à Jérusalem... et j’en suis revenu riche et heureux

    Chers frères, chers amis, d’Algérie, de Palestine, d’Israël et d’ailleurs,
    Je vous écris ces quelques lignes pour vous donner de mes nouvelles. Peut-être êtes-vous inquiets à mon sujet. Je suis un homme simple, vous le savez, un écrivain qui n’a jamais prétendu à autre chose qu’au bonheur de vous raconter des histoires, de ces « histoires à ne pas dire » comme disait mon ami le cinéaste Jean-Pierre Lledo, mais voilà, des gens ont décidé de s’immiscer dans nos relations de fraternité et d’amitié et de faire de moi un objet de scandale à vos yeux.

    Rendez-vous compte, ils m’accusent rien moins que de haute trahison envers la nation arabe et le monde musulman en leur entier. Ça veut dire ce que ça veut dire, qu’il n’y aura même pas de procès. Ces gens sont du Hamas, des gens dangereux et calculateurs, ils ont pris en otage le pauvre peuple de Gaza et le rançonnent jour après jour depuis des années, dans cette sorte de huis clos obscur que leur assure le blocus israélien, et maintenant ils viennent nous dicter, à nous qui essayons par tous les moyens de nous libérer, ce que nous devons penser, dire et faire ; il y en a d’autres aussi, des anonymes, des individus aigris et fielleux, fermés à tout, qui relaient la haine comme ils peuvent à travers le Net. C’est par eux, par leur communiqué vengeur et leurs insultes à la ronde, que vous avez appris mon voyage et je viens là vous le confirmer pour qu’il n’y ait aucun trouble dans votre esprit et que les choses soient nettes entre nous : JE SUIS ALLÉ EN ISRAEL.

    Quel voyage, mes aïeux, et quel accueil ! Pardonnez-moi de ne pas vous l’avoir annoncé moi-même avant de partir, mais vous comprenez, il fallait de la discrétion, Israël n’est pas une destination touristique pour les Arabes, encore que... ceux et pas des moindres qui m’ont précédé dans ce pays du lait et du miel l’ont fait en catimini, voire avec de faux noms ou des passeports d’emprunt, comme en son temps cette brave madame Khalida Toumi, alors opposante fervente au régime policier et intégriste d’Alger, de nos jours son brillantissime ministre de la Culture, une tête pensante de choc très engagée dans la chasse aux traîtres, aux apostats et autres harkis. C’est à elle en particulier que les Algériens doivent chaque jour de tant vivre d’ennui et de rage dans leur beau pays. Ses douaniers ne m’auraient jamais laissé sortir si je m’étais présenté à leur poste avec un billet d’avion Alger/Tel-Aviv sans escale dans une main et dans l’autre un visa israélien tout frais collé sur mon beau passeport vert. Auraient-ils poussé jusqu’à me gazer, je me le demande. J’ai fait autrement et la ruse a payé, j’ai pris la route par la France, muni d’un visa israélien volant récupéré à Paris, rue Rabelais, au saut d’un taxi, grâce à quoi me voilà aujourd’hui en possession de mille et une histoires à ne pas dire que je me promets de vous raconter en détail dans un prochain livre, si Dieu nous prête vie.

    Je vous parlerai d’Israël et des Israéliens comme on peut les voir avec ses propres yeux, sur place, sans intermédiaires, loin de toute doctrine, et qu’on est assuré de n’avoir à subir au retour aucun test de vérité. Le fait est que dans ce monde-ci il n’y a pas un autre pays et un autre peuple comme eux. Moi, ça me rassure et me fascine que chacun de nous soit unique. L’unique agace, c’est vrai, mais on est porté à le chérir, car le perdre est tellement irrémédiable.

    Je vous parlerai aussi de Jérusalem, Al-Qods. Comme il me semble l’avoir ressenti, ce lieu n’est pas vraiment une ville et ses habitants ne sont pas vraiment des habitants, il y a de l’irréalité dans l’air et des certitudes d’un genre inconnu sur terre. Dans la vieille ville multimillénaire, il est simplement inutile de chercher à comprendre, tout est songe et magie, on côtoie les Prophètes, les plus grands, et les rois les plus majestueux, on les questionne, on leur parle comme à des copains de quartier, Abraham, David, Salomon, Marie, Jésus et Mahomet le dernier de la lignée, et Saladin le preux chevalier, que le salut soit sur eux, on passe d’un mystère à l’autre sans transition, on se meut dans les millénaires et le paradoxe sous un ciel uniformément blanc et un soleil toujours ardent. Le présent et ses nouveautés paraissent si éphémères qu’on n’y pense bientôt plus. S’il est un voyage céleste en ce monde, c’est ici qu’il commence. Et d’ailleurs n’est-ce pas là que le Christ a fait son Ascension au ciel, et Mahomet son Mi’râj sur son destrier Bouraq, guidé par l’ange Gabriel ?

    On se demande quel phénomène tient le tout en ordre, dans une grande modernité au demeurant puisqu’aussi bien Jérusalem est une vraie capitale avec des rues propres, des trottoirs pavés, des maisons solides, des voitures dynamiques, des hôtels et des restaurants attirants, des arbres bien coiffés, et tellement de touristes de tous les pays... sauf des pays arabes, les seuls au monde à ne pas venir ou pouvoir venir visiter leur berceau, ce lieu magique où sont nées leurs religions, la chrétienne aussi bien que la musulmane.

    Ce sont finalement les Israéliens arabes et juifs qui en profitent, ils les voient tous les jours, toute l’année, matin et soir, sans apparemment jamais se lasser de leur mystère. On ne peut pas dénombrer les touristes dans ces labyrinthes, ils sont trop nombreux, plus que les autochtones, et la plupart se comportent comme s’ils étaient aussi des pèlerins venus de loin. Ils vont en groupes compacts pénétrés qui se croisent sans se mêler, les Anglais, les Hindous, les Japonais, les Chinois, les Français, les Hollandais, les Ethiopiens, les Brésiliens, etc, menés par d’infatigables guides, assermentés sans doute, qui jour après jour, dans toutes les langues de la création, racontent aux foules médusées la légende des siècles.

    Là, si on tend bien l’oreille, on comprend vraiment ce qu’est une cité céleste et terrestre à la fois, et pourquoi tous veulent la posséder et mourir pour elle. Quand on veut l’éternité, on se tue pour l’avoir, c’est bête mais on peut le comprendre. Je me suis moi-même senti tout autre, écrasé par le poids de mes propres questions, moi le seul de la bande qui ait touché de ses mains les trois lieux saints de la Cité éternelle : le Kotel (le Mur des Lamentations), le Saint-Sépulcre et le Dôme du Rocher. En tant que juifs ou chrétiens, mes compagnons, les autres écrivains du festival, ne pouvaient pas accéder à l’Esplanade des Mosquées, le troisième lieu saint de l’islam où s’élèvent le Dôme du Rocher, Qûbat as-Sakhrah, rutilant dans ses couleurs azur, et l’imposante mosquée al-Aqsa, Haram al-Sharif, ils furent repoussés sans hésitation par l’agent du Waqf, gestionnaire des lieux, assisté de deux policiers israéliens chargés de garder l’entrée de l’Esplanade et la préserver de tout contact non halal. Moi je suis passé grâce à mon passeport, il stipule que je suis Algérien et par déduction il dit que je suis musulman. Je n’ai pas démenti, au contraire, j’ai récité un verset coranique tiré de mes souvenirs d’enfance, ce qui a carrément stupéfié le gardien, c’était la première fois de sa vie qu’il voyait un Algérien, il croyait qu’à part l’émir Abd-el-Kader, ils étaient tous un peu sépharades, un peu athées, un peu autre chose. C’est amusant, mon petit passeport vert m’a ouvert la frontière des Lieux Saints plus vite qu’il ne m’ouvre la frontière Schengen en Europe où la simple vue d’un passeport vert réveille aussitôt l’ulcère des douaniers.

    Voilà, je vous le dis franchement, de ce voyage Je suis revenu heureux et comblé. J’ai toujours eu la conviction que faire n’était pas le plus difficile, c’est de se mettre en condition d’être prêt à commencer à le faire. La révolution est là, dans l’idée intime qu’on est enfin prêt à bouger, à changer soi-même pour changer le monde. Le premier pas est bien plus que le dernier qui nous fait toucher le but. Je me disais aussi que la paix était avant tout une affaire d’hommes, elle est trop grave pour la laisser entre les mains des gouvernements et encore moins des partis. Eux parlent de territoires, de sécurité, d’argent, de conditions, de garanties, ils signent des papiers, font des cérémonies, hissent des drapeaux, préparent des plans B, les hommes ne font rien de tout cela, ils font ce que font les hommes, ils vont au café, au restaurant, ils s’assoient autour du feu, se rassemblent dans un stade, se retrouvent dans un festival, dans une plage et partagent de bons moments, ils mêlent leurs émotions et à la fin ils se font la promesse de se revoir. « A demain », « A bientôt », « L’an prochain, à Jérusalem », dit-on. C’est ce que nous avons fait à Jérusalem. Des hommes et des femmes de plusieurs pays, des écrivains, se sont rassemblés dans un festival de littérature pour parler de leurs livres, de leurs sentiments devant la douleur du monde, de choses et d’autres aussi et en particulier de ce qui met les hommes en condition de pouvoir un jour commencer à faire la paix, et à la fin nous nous sommes promis de nous revoir, de nous écrire au moins.

    Je ne me souviens pas que durant ces cinq jours et cinq nuits passés à Jérusalem (avec au troisième jour un aller-retour rapide à Tel-Aviv pour partager une belle soirée avec nos amis de l’institut français), nous ayons une seule fois parlé de la guerre. L’aurions-nous oubliée, avons-nous seulement évité d’en parler ou aurions-nous fait comme si cette époque était révolue et qu’il était venu l’heure de parler de la paix et de l’avenir ? Sans doute, on ne peut pas parler à la fois de la guerre et de la paix, l’un exclut l’autre. J’ai beaucoup regretté cependant qu’il n’y ait pas eu un Palestinien parmi nous. Car après tout, la paix est à faire entre Israéliens et Palestiniens. Moi, je ne suis en guerre ni avec l’un ni avec l’autre, et je ne le suis pas parce que je les aime tous les deux, de la même manière, comme des frères depuis les origines du monde. Je serais comblé si un jour prochain, j’étais invité à Ramallah, avec des auteurs israéliens aussi, c’est un bel endroit pour parler de la paix et de ce fameux premier pas qui permet d’y aller.

    Je fais une mention spéciale à propos de David Grossman, ce monument de la littérature israélienne et mondiale. J’ai trouvé formidable que deux écrivains comme nous, deux hommes honorés par le même prix, le Friedenspreis des Deutschen Buchhandels, le prix de la Paix des libraires allemands, à une année d’intervalle, lui en 2010, moi en 2011, se retrouvent ensemble en 2012 pour parler de la paix dans cette ville, Jérusalem, Al-Qods, où cohabitent juifs et arabes, où les trois religions du Livre se partagent le cœur des hommes. Notre rencontre serait-elle le début d’un vaste rassemblement d’écrivains pour la paix ? Ce miracle verra-t-il le jour en 2013 ?

    Souvent le hasard se fait malicieux pour nous dire des choses qui précisément ne doivent rien au hasard.

    Quelque part sur le chemin du retour, entre Jérusalem et Alger.

    Boualem Sansal
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  • Comprendre l’histoire millénaire de l’Algérie 1/5






    A l’approche du cinquantenaire de l’indépendance politique algérienne, le 5 juillet prochain, le professeur des Universités et Expert international en management stratégique, Dr Abderrahmane Mebtoul , réalise une synthèse sur ce que furent les évolutions du peuple Algérien. De la période des Numides à 1962, il revendique l’importance majeure d’informer un peuple sur son histoire contre la désinformation et l’assujettissement. Voilà la première partie de son travail.

    Première partie : de la période des Numides, IVe siècle avant J.C

    Quelle est l’origine du nom » Algérie » ? L’étymologie en arabe, « Al-Djaza’ir » (الجزائر), rattache ce nom aux îles qui faisaient front au port d’Alger et furent rattachées à sa jetée actuelle. Selon des géographes musulmans du Moyen Âge, le terme d’île désignerait la côte fertile de l’actuelle Algérie, encerclée par le vaste désert du Sahara et la Méditerranée. Cette terre apparaissant alors comme une île de vie.

    A propos des origines issues de « Mezghenna », l’anthropologue Tassadit Yacine supporte la thèse d’une forme arabisée d’ « Imazighen » (Berbères ) , donnant au pays le nom originel de « Tiziri At Imezghan » soit « Le Ziri des Berbères ». L’étymologie berbère rappelle également » une île » ou » une petite source ». Une autre étymologie prend son origine dans le nom de « Ziri Ibn Menad Djezair ». L’appellation « Algérie » provient surtout du nom de la ville d’Alger qui dérive du catalan « Aldjère » , lui-même tiré d’ Al-Djaza’ir, nom donné par Bologine Ibn Ziri, fils du fondateur de la dynastie Ziride, lorsqu’il bâtit la ville en 960 sur les ruines de l’ancienne ville au nom romain Icosium, Djaza’ir Beni Mezghenna.

    Dans la langue française le nom »Algérie » est utilisé pour la première fois en 1686, par Fontenelles pour qualifier la Régence d’Alger. Il est officiellement adopté le 14 Octobre 1839 afin de désigner ce territoire faisant partie de la Côte des Barbaresques.

    Ainsi, l’Algérie, dans sa pré-histoire est d’essence berbère et selon une version fréquente, aurait le sens « d Homme libre » de rebelle, mais dans un cadre organisé. Les Berbères représentent un ensemble ethnique d’ autochtones d’Afrique du Nord, qui ont occupé un large territoire allant de l’Ouest de la vallée du Nil en passant par l’Atlantique et s’étendait sur l’ensemble du Sahara. Ils y fondèrent de puissants royaumes, formés de tribus confédérées, reconnus dans l’Antiquité sous les noms de »Maures » ( habitants de la partie occidentale du Maghreb) et « Numides » (habitants du Maghreb oriental). Le pays connu successivement plusieurs conquêtes; Romaine, Arabe, Espagnole, Ottomane et Française ainsi que les invasions Vandales et la conversion à l’Islam. C’est pourquoi depuis de nombreux siècles, une véritable identité nationale « algérienne » s’est forgée et a résisté malgré les bouleversements historiques incessants.

    I – L’Algérie au temps des Numides jusqu’à la période Romaine

    Les vestiges de la présence humaine en Algérie remontent à plus de 400 000 ans. Cet âge est attribué aux restes de l’Atlanthrope, découvert dans les sédiments du lac préhistorique Ternifine, en Oranie. L’Atlanthrope était un contemporain du Simanthrope et du Pithécanthrope de Java en Indonésie. Des ossements ainsi que divers outils en pierre taillée ont été retrouvés, attestant de l’existence d’hommes primitifs. En Algérie, les traces d’un voisinage immédiat entre l’histoire et la préhistoire est indéniable; les témoignages d’ Hérodote et Saluste confirment les divers formes maghrébines de la civilisation néolithique. C’est dans la région Saharienne, que cette civilisation a pu parfaire ses plus belles réussites, notamment grâce à sa perfection technique inégalée.

    Les peintures du Tassili-N’Ajjers , du Tassili et d’ Hoggar ont permit de contribuer à ce témoignage du passé. Certaines pierres taillées et polies sont présentées dans la collection du Musée National du Bardo à Alger.

    A l’aube de l’histoire, l’Algérie, était peuplée par les Numides qui gardèrent, de la civilisation primitive, la famille Agnatique et l’Aguellid. Il est probable que les Phéniciens, qui fondèrent la ville de Carthage en 814 avant J.C, aient trouvé cette organisation sociale à leur arrivée. Et c’est en poussant leurs bateaux jusqu’en Espagne qu’ils découvrirent l’hostilité de la côte africaine. En effet, de nombreux récifs et hauts-fonds ont longtemps rendu la navigation très difficile. De l’Est jusqu’à l’Ouest, les côtes algérienne abritèrent des comptoirs qui sont devenus : Annaba, Jijel, Bejaïa, Alger, Tipaza, Cherchell… Ces mêmes comptoirs seront plus tard les assises des villes Puniques, Numides et Romaines.

    Carthage étendit son influence sur tout le continent grâce aux relations commerciales. C’est alors qu’apparurent des villes où se développa l’influence punique.

    Les royaumes Numide de Gaia, Massinissa et Syphax, avaient atteint eux aussi, un essor exceptionnel sur les plans économiques, sociaux et culturels. La Numidie développa sa politique en accueillant des tribus indépendantes, des républiques villageoises et de vastes royaumes dotés d’un pouvoir fort qui se superposa aux structures tribales.

    Hérodote rapporte que les relations commerciales se développèrent très tôt entre Phéniciens et Numides, favorisant la propagation de la langue et de la culture punique durablement dans le pays. Les Numides apprirent des Phéniciens les procédés agricoles et industriels avec la fabrication de l’huile d’olive, du vin ainsi que l’exploitation et le travail du cuivre.

    Néanmoins, l’influence culturelle demeura limitée et s’exerça essentiellement par l’intermédiaire de la ville Carthaginoise dans les domaines artistiques.

    Au cours de ces années, une guerre s’ensuivit affaiblissant considérablement la puissance carthaginoise. Cela permit à Gala, roi des Massyles, de chasser les carthaginois et d’entreprendre la conquête des villes côtières, dont Hippo-Régius, qui devint la capitale.

    Pendant la deuxième guerre punique, de 218 à 202 avant J.C, Romains et Carthaginois se disputèrent avec acharnement l’alliance des royaumes numides. Alliée à Hannibal, la cavalerie Numide parvint à envahir l’Iberia, la Gaule, puis les Alpes, et remporta en 216 la bataille de Cannae.

    Lors de son couronnement, Massinissa avait 36 ans. Il régna pendant 54 ans et entreprit la construction d’un état unifié et monarchique. D’abord il s’attacha à sédentariser les populations et transforma les pasteurs nomades en agriculteurs. Il favorisa l’urbanisation de la Numidie, poussant les cultivateurs à former de gros bourgs, auxquels il donna une organisation semblable à celle des villes puniques. Le projet politique le plus cher au Roi, fut l’unification de tous les royaumes numides. La récupération des terres, ayant appartenu à ses ancêtres, lui permit d’introduire de nouvelles méthodes dans des domaines aussi variés que l’agriculture, l’hydraulique et la culture en terrasses. Pour renforcer sa puissance dans le royaume, il divinisa la monarchie et établit le culte de la divinité royale.

    A l’echelle militaire, son pouvoir aussi fut considérable, en effet , il possédait une puissante armée et une flotte importante. Sur le plan économique, la Numidie occupa, pendant son règne, une place prépondérante dans l’économie mondiale. Sa gestion fit de son pays, un état très prospère qui commerçait avec la Grèce et Rome. Dans son œuvre d’unification, il empiéta sur le domaine de Carthage, qui lui déclara la guerre. Massinissa en sortit vainqueur.

    La puissance grandissante de Massinissa en Afrique inquiétait Rome, à tel point qu’elle déclara la guerre à Carthage en 149. En détruisant la ville, ils fondèrent la première colonie romaine en Afrique. Rome tenu à maintenir une limite à l’extension territoriale de la Numidie et au renforcement de son pouvoir économique et politique.

    L’occupation romaine de l’Afrique du Nord se divisa en trois axes principaux : Le premier, part de la côte tunisienne du nord au sud et s’étend vers l’est en passant par la Libye.

    Le second, qui va d’Est en Ouest, suit la ligne du plateau intérieur, nettement en arrière des massifs côtiers.

    Le troisième, en traverse le nord-est et le sud-ouest, en direction de la frontière sud et vers l’Aurès par Ammaedara (Haïdra, Tunisie).

    Plusieurs villes furent les bases de la légion romaine, qui occupa Ammaedara sous le règne d’Auguste. En 75, elle s’installa à Thevesti, en 81 à Lambaesis, qui devint par la suite son siège définitif avant d’être la capitale de la Numidie. La Numidie demeura un territoire militaire, dont le commandement était installé à Lambèse ; elle deviendra une province indépendante de la Proconsulaire en 198. A partir de 126, des voies de pénétration l’aideront à progresser par les pistes du Sud, mais elle se rétrécit vers le nord : Hippo Régius (Hippone) est en Proconsullaire, Igilgili (Jijel) et en Maurétanie Sétifienne. La côte de Numidie a deux ports : Rusicade (Skikda) et Chullu (Collo). Le reste de l’Algérie forme la Maurétanie Césarienne. La Maurétanie était gouvernée à partir de Césarée (Cherchell).

    Sa frontière est plus méridionale, loin des monts du Hondna. Au-delà de cette bande côtière, les populations numides ont pu maintenir leur mode de vie, et ont continué à se battre contre l’occupation romaine. Si la sédentarisation s’est faite au temps des phéniciens et des Royaumes numides, c’est l’urbanisation qui constituera la base de l’Empire Romain. La grandeur et la splendeur des cités romaines que révèlent les imposantes ruines de Timgad, Lambèse, Djemila-Cuicul, Tiddis, Tipaza témoignent de l’influence jouée par les Cités africaines.

    Dans le monde, seules deux villes, demeurent intactes et témoignent de la perfection urbanistique des cités romaines : Pompéi, en Italie et Timgad en Algérie, toutes deux ensevelies et sauvegardée par les cendres et le sable. Les Berbères, christianisés par les romains résistèrent à la chute de Rome, puis à l’invasion des Vandales et l’instabilité durant la période byzantine. Certains s’enfuirent en Sicile. D’autres, notamment dans les Aurès vont résister à l’arrivée des musulmans entre 670 et 702. Cette période a entrainé la reconstitution de plusieurs principautés berbères. De nombreux Berbères se convertirent ensuite en masse à la religion musulmane. La conquête musulmane de l’Espagne et du sud de la France qui s’ensuivit fut menée par un contingent arabo-berbère comptant beaucoup de convertis.

    Myriama Mokdahi


    Comprendre l’histoire millénaire de l’Algérie 2/5 : du Kharidjisme à la dynastie des Almohades


    Deuxième partie

    Le Kharidjisme Amazigh s’étend de 736 à 947. Durant cette période les péripéties historiques vont se succéder; dont la révolte des Imazighen contre l’autorité du calife d’Orient. Les raisons furent autant financières que politiques et permit à plusieurs royaumes Amazigh autonomes de faire leur apparition. Dans le Maghreb central, la principauté de Tahert se développera pendant près 140 ans.

    À la suite du grand schisme, l’ Islam va se diviser en deux branches principales : les adeptes de la branche dominante prirent le nom de sunnites et ceux qui se réclamaient proches d’Ali devinrent les chiites.

    La branche qui prédomina en Afrique du Nord est le sunnisme. Quant au kharidjisme, il disparut entièrement de l’Afrique du Nord où il n’a subsisté que dans le Sud algérien, au Mzab. Le peuple de cette région exerçait dans le reste de l’Algérie des activités pacifiques, notamment le commerce contrastant avec le goût pour le combat hérité de leurs ancêtres.

    S’ensuivit la dynastie Rostémide de 776 à 909. Ibn Rustom fonda en 761 un royaume ibadite dans le nord du Maghreb avec Tabert pour capitale. Celui-ci, conservera son indépendance du califat malgré les pressions diplomatiques et militaires ainsi que les pertes de territoires. En 909, en proie à des crises intérieures, le chef chiite et fondateur de la dynastie des Fatimides, Obeid Allah, mit fin au royaume Rostémide.

    Durant la dynastie Idrisside de 788 à 985, Idris eu un enfant qui deviendra Idriss II. Deux versions des faits existent : selon la première, en 790, Abou Ourra invita Idriss à séjourner à Tlemcen. Selon la deuxième, Idriss regroupa ses alliés et fit une incursion à Tlemcen. Le chef des Maghraouas Mohamed Ibn Khazer a fait allégeance à Idris vers 790. Idris va combattre les kharidjites et les Aghlabides pour prendre le pouvoir au Maghreb .

    La dynastie Ifrenide ayant régné de 790 à 1066 est anciennement établie dans leur royaume de Tlemcen. Les Banou Ifren sont des opposants à tous les régimes idéologiques. Ils choisissent d’être sufrites berbères au début viiie siècle. Au xe siècle, Abu Yazid vers 942 est le chef de la révolte contre les Fatimides. Mais, vers 947, il est tué et les Banou Ifren organisent une lutte contre les Fatimides. Les Banou Ifrens reprennent leurs territoires et contrôlent tout l’ouest du pays. Yala Ibn Mohamed détruit complètement Oran et choisit Ifgan comme capitale militaire. Les Fatimides font ensuite alliance avec les Banou Ifren.. Des luttes acharnées entre les trois dynasties (Maghraouas, Ifreides et Zirides) débutent pour le pouvoir du Maghreb. Il en ressort que les Banou Ifren ne cédent pas face aux deux dynasties et Tlemcen reste leur capitale. La dynastie Banou Ifren s’achève dès l’arrivée des Hilaliens et des Almoravides au Maghreb.

    Au début du X siècle, une nouvelle dynastie supplante les Aghabides, les Rostémides et les Fatimides de 909 à 972. De tendance chiite, ils considèrent les khalifes Abbassides comme des usurpateurs. Ainsi, dès sa prise de pouvoir en 909 à Raqqada, le premier représentant de cette dynastie, Ubayd Allah revêt le titre de Mahdi et celui de » Commandeur des croyants » . Il constitue une armée parmi les Kutamas et s’attaque aux Aghlabites dont il conquiert l’émirat en quinze ans (de 893 à 909).Cependant, les tribus berbères zénètes d’Abu Yazid vont s’emparer de Kairouan en 944. Le chef berbère Ziri Ibn Manad, ayant réuni sous son autorité les tribus Sanhadja, met en déroute les tribus Zénètes et sauve l’empire Fatimide. Il y gagne le poste de gouverneur du Maghreb central comme récompense de sa fidélité. Peu à peu, l’armée affaiblie des Fatimides va se recomposer, puisant ses forces chez les Kutamas, mais également en Perse et en Syrie. Ils parviennent finalement à se réimposer en maîtres du Maghreb occidental, avant de concentrer leurs efforts armés vers l’Orient. Cela aboutira à la conquête de l’Egypte en 969. Dès lors, les Fatimides commencent à se désintéresser de leurs terres d’origine, les laissant tomber aux mains des Zirides. En 1060, la dynastie n’a plus pour territoire que l’Égypte.

    Le Maghreb a connu également la domination de la dynastie Maghraoua de 970 à 1068 et celle des Ziride de 972 à 1152. Les Maghraouas sont une tribu Zénète dont le royaume se situe dans l’actuel Chlef. Les Maghraouas vont s’allier aux Fatimides puis aux Omeyades puis finissent par former une dynastie indépendante avec pour capitale Oujda.Les Maghraouas, grâce à Ziri Ibn Attia, prennent les principales villes de l’ouest : Tlemcen et les Zibans. Les Maghraouas envahissent la partie nord, le Maghreb el Aqsa (actuel Maroc), et choisiront Fès comme capitale. Les deux dynasties Zénètes se font la guerre. Plusieurs chefs des Maghraouas prendront la tête de cette dynastie jusqu’à sa chute vers 1068. Quant à la dynastie Ziride fondée par Bologhine Ibn Ziri originaire de ces tribus berbères Sanhadjas, elle règnera sur l’Ifriqiya et une partie d’Al Andalus pendant environ deux siècles avec Achir Kairouan puis Mahdia pour capitales. En 1046, alors vassaux des Fatimides, les Zirides rompent totalement leurs relations : en reconnaissant les Abbassides comme califes légitimes, les Zirides montrent ouvertement aux Fatimides qu’ils abandonnent le chiisme. Pour réprimer les Zirides, les Fatimides envoient les Hilaliens qui détruisent Kairouan en 1057. Mahdia devient alors la nouvelle capitale de l’empire.

    De 1014 à 1152, la dynastie Hammadite va lui succéder. C’est une branche des Zirides dont le fondateur est Hammad Ibn Bologhine, fils de Bologhine Ibn Ziri. Il gouverna un territoire dont la superficie s’apparente à celle de l’actuelle Algérie. Hammad Ibn Bologhine fonda la dynastie en se déclarant indépendant des Zirideset et en reconnaissant la légitimité des califes Abbassides de Baghdad. Mais c’est seulement en 1018 que les Zirides reconnaissent l’autorité des Hammadides. Leur capitale est dans un premier temps Al-Qala, puis, menacée par les Hilaliens, elle deviendra Bejaia Les incursions des Hilaliens, à partir de 1052 affaiblissent grandement la dynastie jusqu’à ce qu’elle soit définitivement vaincue à l’arrivée des Almohades. À la suite de la rupture avec les Zirides et dans le but de les punir, les Fatimides vont envoyer les Hilaliens, confédération de tribus venues en majorité d’Egypte. Ils étaient alliés avec les Hammadides ce qui permit la destruction des Ifrenides. En 1152, un siècle après l’arrivée des premiers contingents bédouins, les Béni Hilal se regroupent pour faire face à la puissance grandissante des Almohades, maîtres du Maghreb el-Aqsa et de la plus grande partie du Maghreb central. Mais ils sont vaincus lors de la bataille de Sétif. Paradoxalement, cette défaite n’aura aucune répercussion sur leur expansion. En effet, elle en modifie seulement le processus. Les Almoha­des n’hésitent pas à utiliser leurs contingents et ordonnent la déportation de nombreuses fractions Ryâh, Athbej et Djochem dans diverses provinces du Maghreb El-Aqsa, dans le Haouz ainsi que dans les plaines atlantiques qui deviendront arabisés.

    Il convient également de retenir l’importance particulière de la dynastie Almoravid berbère qui régna sur le Sahara et sur une grande partie de la péninsule Ibérique de la fin du XI au début du XIIème siècle. C’est Yahya Ibn Brahim qui, en islamisant sa tribu berbère, donna naissance à une communauté religieuse militaire qui sera à l’origine de la dynastie Almoravide. Mais, c’est souvent Abdallah Ibn Yassin qui est considéré comme le père spirituel de ce mouvement. À la tête d’une armée de plus en plus puissante, il convertit par la force ses voisins, profitant de ce contexte pour agrandir son influence territoriale. Dès 1054, il partit à la conquête de l’empire du Ghana.Abu Bakr Ibn Omar est considéré comme le premier souverain Almoravide. C’est lui qui fondera la ville de Marrakech aux alentours de 1070, avant de repartir au Ghana prendre sa capitale en 1076. Marrakech était la capitale d’un empire immense, du Niger au Tage. C’est l’apogée des Almoravides qui entrainera l’émergence d’une des plus grandes puissances méditerranéenne mais aussi africaine. La prise de Marrakech par les Almohades en 1147 marque la fin de l’empire des Almoravides. Le mouvement almohade composé des Masmoudas et des Zénites, est né en réaction à l’autorité makeliste en place. La guerre éclate, et Tlemcen, Fès puis Marrakech tombent, annonçant la disparition des Almoravides en 1147. Au fur et à mesure des années et des différents règnes, les Almohades vont agrandir leur royaume, et finir par unifier tout le Maghreb et le sud de l’Al Andulus pendant un demi-siècle.La dynastie Hafside, d’abord alliée et vassale des Almohades se proclame indépendante en 1230. Elle est alors divisée entre deux capitales Bejaia et Tunis. C’est au XVe siècle, sous Muhammad IV al Mutansir que la dynastie connaît son apogée. Les hafsides contrôlent alors un territoire qui s’étend de l’Est de l’Algérie jusqu’au nord-ouest de la Libye. Au XVIe siècle, l’empire à nouveau affaibli par des luttes internes, subit les attaques des Espagnols qui débarquent sur les villes côtières comme Bejaia.

    La dynastie des Zianides ,aussi appelés Abdalwalides, est une dynastie berbère zénète ayant régné de 1235 à 1556 et fondée par Yaghmoracen Ibn Zyan. Une parcelle de ce royaume préfigurait une partie de l’actuelle Algérie. Les Abdalwadides, furent refoulés vers les hautes plaines d’Oranie par l’invasion des Hilaliens en 105. Les Zianides ont été vaincus par les Ottomans en 1556. Selon Ibn Khaldoun, la dynastie Mérinide aurait régné de 1258 à 1465. Elle serait d’origine zénète, donc issue de la tribu des Wassin. Établis dans le sud des Aurès (Biskra en Algérie), les Banu Marin furent poussés vers l’Ouest par l’arrivée des tribus arabes des Banu Hilal, au XIe siècle.

    Les Mérinides dominèrent, diverses régions de l’actuel Maroc et réussirent à imposer leur pouvoir sur une partie du Maghreb. Le centre de leur royaume se situait entre Taza et Fès. En 1358, la mort d’Abu Inan Faris, tué par l’un de ses vizirs marque le début de la décadence de la dynastie. Elle ne parvint pas à refouler les Portugais et les Espagnols qui finirent par s’installer sur la côte. La résistance s’organisa autour des confréries et des marabouts. Rappelons que les musulmans, composés en en partie de berbères islamisés, ont régné de 711 à 1492, en Andalousie. Une hégémonie musulmane s’est maintenue durant une période significative, notamment en Provence dans le massif des Maures et à Ramatuelle dans le sud de la France jusqu’à la fin du Xe siècle. La Sicile fut également sous domination musulmane pendant près de 250 ans, et la majeure partie de ses habitants durent se convertir à l’islam jusqu’à l’arrivée des armées chrétiennes et normandes. Ils fondèrent le royaume de Sicile. A la suite d’un décret d’expulsion, les Morisques s’installeront dans certaines régions d’ Europe et plusieurs se convertiront au christianisme. Une autre partie se réfugiera en Afrique du Nord.

    Myriama Mokdahi
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  • Après le spectaculaire raid terroriste de vendredi soir : La population des Ouacifs traumatisée


    Vendredi soir, la ville des Ouacifs (40 km au sud-est de Tizi Ouzou) a été attaquée par une soixantaine de terroristes lourdement armés. L’alimentation en eau et en électricité a été rétablie hier, mais la population est totalement traumatisée.

    Un climat de psychose et de suspicion régnait, hier, aux Ouacifs (40 km au sud-est de Tizi Ouzou) où un important groupe terroriste – plus de 50 éléments, selon des riverains – a assiégé, vendredi, toute la ville pendant plus d’une heure. Les assaillants ont ciblé le siège de la sûreté de daïra et la brigade de gendarmerie.
    Cette attaque, perpétrée vendredi vers 20h30, a fait deux morts et deux blessés parmi les policiers ; deux citoyens ont été également touchés par balle lors des échanges de tirs qui ont duré plus de 40 minutes.
    «C’est juste après le début du match de l’équipe nationale que les crépitements des balles ont commencé à résonner pratiquement aux quatre coins de la ville. Un important groupe de terroristes est monté du côté de l’oued», nous ont affirmé deux citoyens en évoquant de l’attentat. «On a vécu des moments apocalyptiques, de frayeur. C’était la panique générale au centre-ville durant l’accrochage. C’était l’enfer», ajouteront-ils.

    Les villageois sont encore sous le choc, il est difficile de leur soustraire la moindre information. Tout le monde est sur le qui-vive, la ville étant quadrillée par un important dispositif sécuritaire. Des militaires sillonnent la ville, en position de tir. Sur le mur d’enceinte du siège de la sûreté de daïra, des impacts de balles sont visibles. Les individus armés, qui se sont scindés en plusieurs groupes, ont fait usage d’armes automatiques et d’un mortier artisanal (hebhab) pour tirer sur le siège de la sûreté de daïra.
    Des citoyens précisent que quelques minutes avant l’attaque, les assaillants ont procédé au sabotage du réseau électrique ; l’alimentation n’a été rétablie qu’hier en fin de journée. La ville semble morte. Beaucoup de commerçants ont baissé rideau. Au moindre mouvement, les citoyens se ruent pour voir ce qui se passe. «Le nombre de terroristes qui ont perpétré cette attaque était vraiment important, environ une cinquantaine. Les répliques incessantes des policiers et des gendarmes n’ont pu les repousser qu’après plus d’une heure de temps», nous explique un père de famille. A la polyclinique Arab Guemaz, le personnel médical et paramédical est mobilisé depuis la soirée fatidique de vendredi.

    L’attentat meurtrier des Ouacifs semble avoir été préparé minutieusement par les terroristes qui ont carrément assiégé la ville. Au moment de l’attaque, un autre groupe avait dressé un faux barrage au lieudit Tlata, à l’intersection qui mène vers la ville des Ouacifs. «Il était environ 22h quand je suis arrivé sur le lieu du faux barrage. Des individus armés, barbus, portant des tenues afghanes, avaient coupé la route. Ils commencèrent par nous confisquer les clefs de nos véhicules. On ne savait pas encore qu’il y avait eu un accrochage avec les militaires qui étaient venus de Takhoukht en renfort», nous a raconté un jeune qui était parmi les automobilistes arrêtés au faux barrage. «Après une heure d’attente, ils nous ont rendu les clefs, mais ont gardé quelques véhicules à bord desquels ils ont pris la fuite», nous a-t-il dit, toujours sous le choc.

    Hier vers midi, des citoyens nous ont appris qu’une bombe de fabrication artisanale venait d’être désamorcée par les artificiers de la police scientifique. Elle était, selon nos interlocuteurs, enfouie sous la terre sur le chemin communal reliant Tlata à la ville des Ouacifs. A 14h, la ville était toujours quadrillée par les éléments des forces de sécurité, qui ont entrepris une vaste opération de recherche dans les forêts environnantes. Aucune information n’a filtré sur le bilan de ce ratissage. Nous avons quitté les Ouacifs à 15h. Un climat de psychose était toujours perceptible dans toute la ville
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Dominique Jamet fait une bonne critique des gouvernants algériens

Il n y a aucun lobby en Algérie.

http://www.youtube.com/watch?v=qBhBOd8aSc8
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  • Algérie: trois éléments armés et un militaire tués dans un accrochage à Ain Defla




    Trois éléments armés et un militaire algérien ont été tués lundi en milieu de matinée dans un accrochage entre un groupe armé et les forces de sécurité algériennes près d'Ain Defla (146 km à l'ouest d'Alger), rapporte mardi la presse locale.

    A l'issue de l'accrochage, des armes, dont des fusils semi-automatiques, des AK 47 kalachnikovs, ont été récupérées par les militaires algériens qui déplorent également deux blessés dans cette opération, précise la même source.

    Selon les journaux, les militaires algériens, exploitant des renseignements faisant état de mouvements d'un groupe armé dans la région, lui ont tendu une embuscade.
    Mardi 19 Juin 2012 - 15:57
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  • AUGMENTATION DE LA CONSOMMATION DE DROGUE EN ALGÉRIE
    Ksentini accuse ouvertement le Maroc


    Pointant un doigt accusateur en direction du Maroc, M.Ksentini est convaincu que la drogue est un moyen politique par lequel ce pays frère essaie de détruire notre peuple.

    «La drogue ramollit le cerveau et démolit les facultés mentales des personnes qui en sont devenues dépendantes.» C'est par cette sévère mise en garde que le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'homme, Farouk Ksentini, a donné hier les trois coups du lancement de la campagne contre l'usage de la drogue dans les établissements scolaires et à l'université.
    Intervenant devant un parterre de maîtres du barreau et de journalistes, l'orateur a indiqué que la drogue est devenue un véritable problème de santé publique et que sa consommation n'a jamais atteint un seuil aussi alarmant chez nous. Pointant un doigt accusateur en direction du Maroc, M.Ksentini est convaincu que «le mal émane de ce pays qui n'a jamais caché sa haine envers l'Algérie, et que pour la punir, il n'a pas hésité d'utiliser la drogue comme moyen politique pour détruire son peuple, en visant particulièrement les adolescents».
    Dans son réquisitoire, le président de la Cncppdh, s'en est pris, violemment, à ces commerçants de la mort qui, en échange de denrées alimentaires introduites frauduleusement chez eux, nous inondent en drogues dures et produits interdits par la loi. Tout en clamant qu'il était fermement opposé à la réouverture des frontières terrestres entre les deux pays, du moins tant que le Maroc ne cessera pas son chantage morbide à l'égard de l'Algérie, Farouk Ksentini interpelle les hautes autorités du pays afin qu'elles réagissent et fassent pression sur ce voisin devenu, selon lui, très encombrant.
    Revenant, ensuite, sur la campagne nationale de sensibilisation contre l'usage de la drogue en milieu scolaire et universitaire, et sur ses principaux axes, le conférencier est persuadé que les textes de lois en vigueur ont montré leurs limites et qu'il fallait les actualiser afin de mettre un terme au vide juridique existant. Citant l'exemple de ces jeunes qui ont été condamnés sur de simples dénonciations, M.Ksentini veut en finir avec ces procès expéditifs et ces jugements à sens unique qui discréditent la justice. «Des gens se sont retrouvés derrière les barreaux sur une simple dénonciation.
    La loi est pourtant très claire, on ne peut pas condamner quelqu'un sans fournir de preuves.» Selon lui, priver quelqu'un de sa liberté pendant 8 ou 10 ans, pour une histoire de drogue, c'est énorme. La peine prononcée ne doit pas être disproportionnée par rapport au délit commis. Prenant la parole, à son tour, Maître Benbraham a insisté, particulièrement, sur la dangerosité de ce fléau qui affecte la société et l'empêche de dormir. Pour elle, l'Algérie est face à un très grave danger qui menace surtout les écoliers. «Nos écoles sont devenues des marchés où l'on s'adonne en toute impunité à la vente de ce produit mortel.»
    Evoquant les techniques employées, elle n'a pu s'empêcher de citer cette astuce qui consiste à vendre aux enfants des bonbons enrobés de drogue. Pour transporter la drogue d'un endroit à l'autre, les dealers ont trouvé, à l'en croire, une autre astuce, c'est-à-dire glisser le produit interdit dans le cartable d'un écolier sans qu'il ne s'en rende compte et le récupèrent des centaines de mètres après pour déjouer la vigilance des agents de l'ordre.
    Une expérience pilote a été menée à Constantine. Selon Me Kricout, cette expérience a été très utile parce qu'elle a permis à de nombreux écoliers de s'exprimer sur ce phénomène ravageur et de proposer des solutions pour tenter de le juguler
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comme d'habitude, c'est toujours la faute aux autres...
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Re: Pleure oh pays bien aimé !

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Caroline Fourest interviewe le leader amazighe Saïd Sadi, ex chef du RCD

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=422799

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Re: Pleure oh pays bien aimé !

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Re: Pleure oh pays bien aimé !

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Gros plan sur les «Pieds-Rouges» qui ont tenté de contribuer, dans un esprit fraternel, à la création d'un pays nouveau. Le 5 juillet 1962, l'Algérie devient indépendante. Alors que les Pieds-Noirs fuient vers la Métropole, des dizaines de milliers de Français traversent la Méditerranée

Histoire des pieds-rouges
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Mort du président Chadli arrivé au pouvoir en 1979 si bien que le canard enchaîné a titré:
Le shah d'Iran part, le shah d'Oran arrive.

Désigné par l'armée pour remplacer le dictateur colonel Boumediene qui avait mis Alger à l'heure de la Mecque et de Moscou, il procéda à une déboumédianisation de l'état.

Il commença par supprimer l'autorisation de sortie du territoire national qui était une mesure d'humiliation bureaucratique.

Sa seule erreur grave est d'avoir considéré le FIS, front islamique du salut, comme un parti démocratique et non pas fasciste, il a été contraint à la démission.

Déces de Chadli

http://www.youtube.com/watch?v=U3LZgNvjuiw
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