Liza2 a écrit :Evidemment, mais entre voir installer dans un pays une démocratie avec de vraies règles démocratiques (c-à-d qui n'a pas de démocratie que le nom) ou une dictaure militarie héréditaire ou même un califat qui applique la sharia, le choix n'est pas très difficile selon ce qu'on a pu apprécier de part le monde où ces 3 régimes ont existé.
Le choix est extrêmement difficile, pour plusieurs raisons, que je vais développer puisque tu insistes étrangement sur ce point au milieu d'un thread sur le zen.
1°) Tout d'abord et pour remettre les choses dans leur contexte, je ne parlais que de politique extérieure. N'étant ni saoudien, par exemple, ni citoyen israelien, la conduite intérieure de ces deux pays ne me concerne pas. Je n'ai donc rien à "choisir". Du point de vue de la politique extérieure, il est aisé de démontrer que les pays les plus agressifs internationalement sont bel et bien des démocraties (démocraties avec des vraies règles démocratiques, qui n'ont pas de démocratie que le nom, et patati et patata). Ce qui montre bien qu'il n'existe aucun lien entre la politique extérieure (en particulier du point de vue des ambitions géostratégiques) et le mode de gouvernance intérieure. Les conquérants les plus exaltés et sanguinaires de l'Histoire du monde étaient largement plébiscités quand, pour des raisons de contingences historiques, ils n'étaient pas élus. Quant aux "tyrans domestiques" de petite envergure comme Papa Doc, on ne peut pas dire que leur règne ait été si cruel pour la population internationale que je représente. La raison en est simple et banalement sordide : les gens aiment le sang. C'est pourquoi Napoléon le sulfureux a toujours été plus populaire que n'importe quel Roi de France un peu pépère.
2°) Ensuite, je conteste l'idée d'un "mieux" ou d'un "pire" fondamental en matière de mode de gouvernement, et ce même du point de vue de l'intérieur. Je pense que l'on vit plus heureux dans un pays qui serre la vis que dans un pays à tendance soft power incapable de résoudre les troubles intérieurs qui peuvent le secouer. Je pense que les califats étaient dans leur contexte historique, à maint égard, des modèles d'équilibre du point de vue de l'art du gouvernement, ce qui explique leur solidité remarquable dans l'Histoire. Qu'on songe un instant pour reprendre ton exemple des califats, que la République Romaine a duré 5 petits siècles chaotiques quand les califats se sont étalés, avec quelques interruptions négligeables, sur un Empire grand comme 2 fois l'Empire Romain et 4 fois l'Empire Grec, pendant 9 siècles et demi. C'est bien simple, dans la région du pourtour méditerranéen (Europe incluse), aucune administration ne fut si pérenne que le système des califats. Je n'y vois pas un hasard, quoique je laisse chacun libre de ses propres conclusions.
Liza2 a écrit :A moins qu'il y ait un idéal dans la gouvernance d'un pays dont tu voudrais nous faire part.
Ainsi que je l'ai dit plusieurs fois déjà, il m'apparaît que l'art du gouvernement n'est pas un idéal philosophique figé dans le temps. Autrement dit, je pense qu'il existe autant de modes de gouvernement optimaux qu'il existe de situations. Soit une infinité. Je pense que Machiavel avait à peu près tout dit avec le Prince, et que tant qu'on imagine qu'il existe "un bon style de gouvernance" pour tous les pays, de toute composition ethno-culturelle, de toutes les tailles, dans tous les contextes socio-historiques qu'ils peuvent connaître, on rate le point essentiel qui est la capacité d'adaptation. L'idée qu'il existe un gouvernement fondamentalement meilleur que d'autres me semble aussi absurde que de comparer l'efficacité de médicaments qui combattent des maladies différentes. Qui peut défendre sérieusement que la trithérapie marche mieux dans l'absolu que le tercian ? Et bien voilà, la tendance naturelle des hommes au chaos et à la violence donne une foultitude de maladies, et pour la canaliser et la combattre efficacement, il faut employer le bon médoc au bon moment. Je ne crois pas en certaines formes de gouvernement, pas plus que je ne crois en certains médocs. Mais pour le reste ... tout dépend.
Liza2 a écrit :Mais si une femme veut devenir un homme il y a moyen aujourd'hui d'avoir recours à la chirurgie. Ne t'inquiète pas personne ne veux t'émarculer, même pas symboliquement.
Je ne crois pas que le monde "émascule" symboliquement qui que ce soit sans son consentement. Je pense simplement que notre société encourage les hommes à renoncer à leur virilité, c'est-à-dire à l'un des aspects les plus sains et structurants de leur être, celui-là même qui leur permet de désirer, satisfaire, et construire sainement et heureusement avec une femme. La fragilité des mariages, le mal-être général du point de vue de la libido et des interactions sociales homme/femme me semblent symptomatiques, et je suis convaincu que la majorité de mes congénères sont victimes d'une aliénation collective à laquelle ils participent activement eux-mêmes. Je ne vois pas une destruction de l'Homme orchestrée par la main invisible de la Femme, mais l'anéantissement de l'Homme ET de la Femme tels que je les connais et les aime, orchestré par tout le monde, pour le bénéfice de personne, et dans l'obsession morbide et creuse d'un progressisme vague pour meubler les jours mornes et tranquilles que notre Europe vieillissante nous offre.
Liza2 a écrit :Jusqu'à il n'y a pas très longtemps on a sacrifié la moité de la population pour que l'autre n'ait pas à se taper certaines tâches pas très interessantes et plutôt chiantes, pourquoi faudrait-il que ça continue ? Si une femme a la passion de l'aviation pourquoi ne deviendrait-elle pas pilote de ligne plutôt que simple hôtesse de l'air ?
J'ai dit quelque part que les femmes ne devaient pas faire pilotes de ligne ?
Liza2 a écrit :Parce que ça t'éloigne de tes nostalgies de "bon vieux temps" ou chacun était à sa place ?
Je suis relativement jeune et n'ai pas de nostalgie particulière. Ce que je peux dire en revanche, puisque j'aime les femmes et ne suis pas aveugle, c'est que le temps présent est un sale temps, en tout cas.
Liza2 a écrit :Et tu crois que tu arrives à mieux te tenir en faisant bien senrtir aux autres que tu es plus fort, plus futé, plus cultivé et plus puissant...
Je crois que les deux éléments sont transversaux. Par ailleurs, ma franchise naturelle et le dégoût de la fausse modestie qui m'empêchent de faire des rond-de-jambes aux dégénérés que je croise ont sans doute quelque chose à voir avec ma volonté de me comporter en honnête homme.
Liza2 a écrit :Je te répondrai quand j'aurai essayé mais je ne voyais zazen comme ça.
Chacun le voit comme il peut et comme il veut ... s'il le voit. Je ne peux que t'encourager à te faire ta propre idée ; voici la mienne.
Liza2 a écrit :Ma question était mal posée mais au moins la réponse était elle intéressante. Même si je n'aimerais pas l'avoir en tête si d'aventure j'essaie de m'assoir, respirer et marcher à la japonnaise...
Si cela ne t'intéresse pas, ne le fais pas : le Zen n'est pas de ces choses qui peuvent être "payantes" malgré nous ou par accident.