Trêves de plaisanteries, après tout je suis ici pour me présenter ! Comme mon pseudo l'indique, je m'appelle Sarah ( avec un " h", précisons ) j'ai 26 ans, bientôt 27 et je vis à Paris. Je suis algérienne, née en Algérie et j'y ai vécu jusqu'en 2010 . J'ai également vécu 5 années en Tunisie car ma mère est à moitié tunisienne ( jusque là , j'espère que vous me suivez) . Concrètement ma relation à l'Islam n'a jamais été totalement fusionnelle, mais plutôt craintive. Je me rappelle encore de mes années primaires où je faisais des cauchemars car j'étais convaincue que j'irai brûler en enfer et qu'il en serait de même pour mes parents et mon frère. Ma mère me rassurait et me disait qu'il n y avait aucune raison que Dieu me punisse, mais malgré tout , j'avais peur. Le coran m'a donc pendant très longtemps traumatisée ( je n'exagère en rien ) et je ne voulais pas le lire sauf dans le cadre des mes cours d'éducation islamique où j'étais de plus en plus estomaquée face à tant d'injustices et de barbarie ! D'ailleurs, je suis toujours autant traumatisée par le coran, j'ai relu des pages ces derniers temps et brrr, ça me refroidit.
J'ai pu voir que certains d'entre-vous avaient renoncé à leur foi islamique suite à des questions existentielles du type " si tout est écrit et donc " mektoub" alors pourquoi dieu peut-il nous punir de nos fautes ou nous rendre responsables de nos actes ?" . Me concernant les question étaient bien plus " simples". Très tôt, je me suis sentie concernée par le sort des femmes et par ce désir insatiable de liberté, d'autonomie et d'émancipation. Or que lire dans le coran ? Que les hommes sont naturellement supérieurs aux femmes, que la femme doit s'habiller décemment pour ne pas tenter l'homme - d'ailleurs à ce propos, voile ou pas, pour moi ce n'est pas le fond de la question mais plutôt la forme. Quel que soit le vêtement que l'on porte, on a l'obligation de pas tenter l'homme car lui ne se maîtrise pas et nous sommes responsables du désir masculin, pauvres hommes qu'ils sont ! - l'obligation de baisser les yeux et le comble est que dieu aime et récompense les femmes obéissantes et soumises. Alors là, ça été une première rupture entre le coran et moi ! Et je peux vous affirmer que même une procédure à l'amiable ne nous a pas réconciliées. A partir de là, j'ai cessé de considérer ce livre comme contenant la vérité universelle et me suis même mis en tête d'en apprendre plus. Mais le coran n'est pas amour et paix, il ne nous promet que enfer, bûcher , punition et nous incite à tuer les infidèles où qu'ils soient. Si l'on est un tant soi peu humaniste, comment peut-on cautionner ça ? En ne le cautionnant pas, je me suis mise à ne plus pratiquer du tout ( ce que je faisais déjà si peu) . Pour moi pratiquer signifiait cautionner et être d'accord avec tout ce qui était dit. Je ne pouvais pas prélever ce qui me convenait et rejeter le reste. D'ailleurs, aujourd'hui, je ne comprends pas très bien comment on peut être féministe et défendre le coran, comment on peut être pour les droits de l'homme et en même temps faire la prière 5 fois par jour.
J'aborderai également aussi le problème de la contrainte. Prier 5 fois par jour est tout bonnement impossible pour moi et je ne comprends pas pour quelle raison il faille se prosterner devant dieu et l’idolâtrer. Pour moi si Dieu il y a, ce dernier ne doit pas nous contraindre à l'adorer mais davantage à se montrer digne de lui au quotidien par nos actions. Au lieu de ça, les religions sont remplis de contraintes et d'obligations. Je ne forcerai jamais personne à renoncer à sa foi dès lors qu'il ne sente pas obligé de faire preuve de prosélitysme et chercher à imposer sa vision des choses aux autres.
Enfin et la raison de ma présence ici est que ces derniers temps, j'ai séjourné en Algérie pour des raisons familiales et la religion ne m'a jamais été aussi insupportable. Un de mes parents proches s'est retrouvé dans le coma. Cette épreuve très difficile à vivre au quotidien l'est d'autant plus que régulièrement je reçois des invitations à lire le coran pour ce parent ( c'est censé être une preuve d'amour) , prier pour lui et me remette même à prier tout court. N'est-ce pas l'occasion m'a-t-on dit de te mettre à la prière et d'implorer dieu que ton parent s'en sorte ? Sauf que je n'ai pas prié et qu'au contraire, cette douloureuse épreuve m'a encore plus éloignée de la foi..Et au quotidien ces " inchallah", ou autres " Allah est grand et miséricordieux" ont commencé à me taper sur le système,
Enfin, je conclurai mon long monologue ( désolé pour la longueur ) par le fait que même en France, certains comportements me hérissent le poil. Je ne suis pas immigrée, je n'ai pas grandi dans le 9-3 ( si c'est votre cas, sachez que je n'ai rien contre vous et que loin de moi l'idée de vous stigmatiser ) et je viens d'un pays musulman et pourtant je vois des quartiers entiers infestés( j'emploi ce terme ) . De même que je constate que certains apostats , même en France ( ou en Europe, je connais des belges aussi) ne peuvent déclarer librement leur apostasie. Moi même, lorsque je dis que je ne pratique pas l'islam ( dans le sens , ne fait pas ses 5 prières quotidiennes) on me répond choquée " ah mais comment ça se fait ? Tu devrais pourtant" et voilà une autre des mes réactions
Depuis que j'ai divorcé de l'Islam, je me sens beaucoup mieux dans ma tête et dans mon esprit ( si tentée qu il y en ait un ) . J'ai l'impression de revivre à nouveau. Peut-être, est-ce le point positif, s'en détacher pour mieux vivre par la suite.
Dans mes dernières lignes, j'en profiterai pour vous dire que désormais mon dieu s'appelle " chocolat" et que je lui dois allégeance 5 à 10 fois par jour mais que je abstient tout de même. C'est une religion basée sur le plaisir et la liberté, rejoignez-moi si vous voulez. Elle est ouverte à tous les amoureux du sucre : chocolat, gâteau ou autre même si c'est le mal de santan








