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Il faut rappeler que ce sont des hommes épris de justice qui ont forcé les portes pour que les femmes puissent s'exprimer politiquement. Sans eux on en serait encore à hurler dans le désert.Les mentalités changent très lentement : on ne sort pas de plusieurs milliers d’années d’inégalités, d’asservissement, de discriminations à l’encontre du genre féminin, en quelques années de lutte. Le 20 ème siècle a sans doute été le siècle des femmes en Occident. Nous avons obtenu un rôle de citoyennes, une meilleure accessibilité à l’enseignement, une autonomie matérielle et surtout la maîtrise de notre fécondité. Mais il reste un long travail d’éducation à accomplir pour que nous obtenions une réelle égalité de fait et une vraie parité politique et décisionnelle dans la société, non pas « contre les hommes », ni en devenant « comme des hommes », mais en travaillant ensemble à trouver une juste harmonie qui satisfasse le genre humain dans son ensemble. Il faut bien commencer par des actions politiques, et poser les interdits du sexisme, du machisme et des inégalités sociales subsistant entre les deux genres. C’est la raison pour laquelle nous nous battons pour obtenir une loi qui stipulera que le sexisme ( propos, insultes et comportements discriminants et toute infériorisation du genre féminin) sera un délit puni par la loi, au même titre que le racisme et l’antisémitisme.
Traiter publiquement une femme de "pétasse", "poufiasse" ou "pute" , faire état de ses règles ou de sa ménopause pour critiquer ses décisions, la traiter d’hystérique quand elle élève la voix, tout cela est injurier une femme en fonction de son genre, en faisant état de considérations physiologiques prétendument handicapantes et infériorisantes et d’une sexualité féminine réprouvée et infamante ; et ces insultes visent uniquement les femmes, c’est à dire la moitié de l’humanité, pas une minorité sociale comme les gays par exemple.
Les jeunes générations, nos enfants ou petits enfants semblent tenir pour acquises les formidables avancées que nous avons obtenues ces soixante dernières années en matière d’égalité homme-femme. Ils ne font pas grande différence entre le temps des dinosaures, le temps des suffragettes ou du MLF : il serait bon de leur rappeler, à l’école, que ce sont des féministes qui sont à l’origine des progrès sociaux en faveur des femmes et que sans leurs combats, pas de droit de vote, point de contraception, point de droit à l’IVG, pas de loi contre le harcèlement, pas de loi pour la parité. Rappeler aussi que le féminisme n’est pas l’apanage d’une classe sociale favorisée, mais sensibilise tous les milieux et profite à tous-tes ! Rendre hommage, pour une fois, à la responsabilité des femmes dans les progrès sociaux me paraît très important, puisque historiquement nous sommes le genre oublié, et passé sous silence, dans la plupart des domaines. Il faut rappeler que ce sont des féministes qui ont réhabilité la mémoire de femmes artistes, auteures, scientifiques, historiennes, politiques etc.
Veillons à ce que les lois existantes soient réellement et drastiquement appliquées (ce qui n’est pas toujours le cas !)
Loi contre le viol (On estime que seul UN viol sur cent aboutit a une condamnation et il est souvent déqualifié en « agression sexuelle »). La victime est parfois traitée en coupable : " a-t-elle provoqué ?" Pour cette raison, bien des femmes n’en parlent JAMAIS, notamment quand il s’agit d’inceste !
Loi contre les harcèlements : quand la victime devient l’accusée !
Loi contre les discriminations sexistes à l’embauche : "une femme va faire des enfants" !
Loi contre les violences conjugales : dénoncer son conjoint c’est souvent se mettre en danger et mettre en danger ses enfants.
Loi en faveur de la parité : les grands partis préfèrent payer des pénalités que de risquer de présenter des femmes peu éligibles !
Luttons contre les inégalités de fait dues au genre :
Salaires féminins inférieurs de 25% à poste équivalent
Précarité de l’emploi, emplois sous payés, mi temps, tiers temps, touchant essentiellement les femmes
La violence conjugale touche essentiellement les femmes (6 femmes en meurent chaque mois)
Le harcèlement sexuel et moral : touche majoritairement les femmes
Le viol : Une française sur dix l’a subi, enfant ou adulte,
Le sexisme dans les média, dans le porno et dans la pub : touche essentiellement les femmes ; les cdg travaillent sur le langage véhiculant des propos discriminants liée au genre .
La prostitution, la traite des esclaves sexuelles, touchent en majorité les femmes
Les tâches ménagères et les soins aux enfants : occupent essentiellement les femmes, y compris les femmes actives !
La Très faible représentation des femmes dans les instances politiques et à la tête des postes de haute responsabilité. (verrouillage masculin des partis et plafond de verre à la tête des grandes entreprises)







