A la croisée des mondes:un conte philosophique

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AliadArrakis
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Re: A la croisée des mondes:un conte philosophique

Message non lu par AliadArrakis »

phil29 a écrit :Bonjour Alia;
Alia a éxrit:
Disons, que c'est aussi un peu ma conception de la mort. On disparaît dans le néant, ce qui est équivalent que de se joindre à la totalité. Mais pour que nos gènes puissent se transmettre, il faut d'abord qu'on fasse des enfants ;)
Moi, pour les enfants c'est déjà fait :lol: mais je suis déjà presque trentenaire...
:lol:

J'ai bien dit "on" (c'est donc pas moi :P :lol: :D). Mais je suis mon unique exemplaire :lol: :lol: :lol:

Et dire que je n'ai même pas dépassé la moitié de la troisième décennie de ma vie. Encore du temps :P
"L'esprit est comme le bois et la pierre. C'est comme si quelqu'un peignait de sa propre main des dragons et des tigres, et s'effrayait à leur vue."
Traité de Bodhidharma, Mélanges I, L'esprit créateur
phil29
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Re: A la croisée des mondes:un conte philosophique

Message non lu par phil29 »

Alia à écrit:
J'ai bien dit "on" (c'est donc pas moi :P :lol: :D). Mais je suis mon unique exemplaire :lol: :lol: :lol:

Et dire que je n'ai même pas dépassé la moitié de la troisième décennie de ma vie. Encore du temps :P
Bonjour,
Chacun de nous est un exemplaire unique, heureusement d'ailleurs quand on voit certains... :lol:
Je n'ai pas voulu dire qu'il fallait avoir moins de 30 ans pour faire des gosses, il faut attendre la bonne occasion, c'est tout. Et puis, avoir des enfants ou pas est un choix intime ceux qui n'en veulent pas sont aussi respectable que les autres. Heureusement, dans nos société on a abandonné "Le croissez et multipliez" biblique. D'ailleurs les ressources de la Terre ne sont pas infinis et puis je ne me vois pas comme je l'ai vu à la télé récemment avec la bonne famille évangéliste ricaine et ses 18(!!!!!) marmots. Crois moi 2 c'est déjà bien remuant à la maison.

Bonne journée.
Tout ce qu'il y a d'atroce, de nauséabond, de fétide en l'homme se trouve résumé en un mot:DIEU. Fernando Arrabal
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AliadArrakis
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Re: A la croisée des mondes:un conte philosophique

Message non lu par AliadArrakis »

C'est vrai.
Personnellement, je ne sais pas si je veux un enfant, même si je les aime bien. C'est aussi une grande responsabilité, et c'est vrai qu'avec deux déjà... :P
En tout cas, je dois d'abord terminer ce que je suis en train de faire. Ce serait moins stressant ensuite. ;)
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AliadArrakis
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Re: A la croisée des mondes:un conte philosophique

Message non lu par AliadArrakis »

Je viens de terminer un essai.

Le titre c'est

David Colbert, "Les mondes magiques de La Croisée des mondes", Le Pré aux Clercs, coll.Fantasy, 2008

http://www.amazon.fr/mondes-magiques-cr ... 2842283244

C'est un guide non-officiel de A la Croisée des Mondes. C'est un livre très intéressant qui développe pas mal de thèmes abordés dans le livre, qui discute de certains personnages (dont Mme Coulter ou Lord Asriel) et qui pointe les influences d'autres oeuvres que Pullman a puisé pour rédiger sa trilogie, comme Le Paradis Perdu de Milton ou le poète William Blake, ou l'influence du gnosticisme et de l'hermétisme, anciennes religions réprouvées par le christianisme établi.

La question de "tuer la mort" a aussi été abordée.

Je présente ici deux extraits qui m'ont marquée ;)

Dans l'intro (p 13-14):
À la croisée des mondes peut être lu comme une mine de révélations sur les questions que se pose Pullman lui-même. Que se passe-t-il après la mort? Dieu est-il réellement tel que la Bible le décrit? Pourquoi certaines personnes affirment-elles avoir une relation privilégié avec Dieu? Pourquoi les meilleures intentions entraînent-elles parfois les pires conséquences, alors que les projets les plus répréhensibles peuvent se révéler en fin de compte bénéfiques pour l'humanité? Il est dans la nature de Pullman de se pencher sur ces questions avec un mélange d'honnêteté intellectuelle et de rigueur morale. Et, ce qui est encore plus rare, il s'efforce de garder l'esprit ouvert à toutes les réponses possibles à ces questions, qu'elles conviennent ou s'opposent à ses croyances personnelles.
Les questionnements de Pullman l'ont mené à des conclusions que bien des gens ont du mal à accepter. Il voit un monde sans Dieu, sans paradis et sans vie éternelle après la vie terrestre. Souvent, il n'établit pas de frontière définie entre le Bien et le Mal. C'est un monde complexe et plein d'incertitudes, un monde d'adultes. Dans le même temps, il regorge de choix moraux et de conséquencezs sérieuses.
C'est aussi un monde centré sur le sens spirituel. Nicholas Hinter, qui a dirigé une adaptation théâtrale de À la croisée des mondes pour le National Theatre de Londres, donne son point de vue : "L'important, dans ces livres, c'est qu'ils prennent très au sérieux nos besoins métaphysiques. Ils ne se laissent pas impressionner par certains aspects de la religion établie, mais sont imprégnés du besoin de trouver des histoires et des symboles qui nous expliquent ce qui est au-delà de notre compréhension. En d'autres termes, il me semble que ce qui sous-tend ces livres est très proche d'un élan religieux" (1)
Je suis d'accord. Pullman se proclame athée, et il affirme que nous devons tirer le meilleur de la vie dans notre monde matériel. Mais dans À la croisée des mondes, le moyen d'atteindre l'accomplissement spirituel est toujours au centre de ses préoccupations.

(1) Robert Butler, Darkness Illuminated : Platform Discussions on His Dark Materials at the National Theatre. Conversation entre Philp Pullman, Nicholas Hynter, le Dr Rowan Williams, Nicholas Wright et d'autres avec Robert Butler, National Theatre & Oberon Books, Londres, 2004, p 29-30.
Notons que plus loin, Pullman se catégorise lui-même comme un athée chrétien (athée imprégné de l'éthique judéo-chrétienne).

Un autre extrait, sur la mort selon Pullman, qui explique que lorsqu'on meurt l'on se désagrège en Poussière (p 157-158). Donc, il n'y a pas de Paradis ni d'enfer après la mort :
Ce n'est pas une croyance en rien, comme le prétendent certains critiques religieux. Par bien des côtés, c'est une croyance courageuse. Pour faire de nouveau l'expérience de la vie, nous devons renoncer à l'au-delà. Nous devons nous débarrasser de notre désir de rester tels que nous sommes maintenant. Nous devons laisser se déliter cet agencement spécifique de la Poussière. À défaut de quoi nous resterons à jamais des fantômes. "Nous pouvons repartir, dit Pullman, mais à la condition de reconnaître que nous ne durerons pas éternellement. Si nous insistons pour vivre éternellement, le prix à payer est horrible."
De façon assez ironique, il y a dans croyance de Pullman un aspect très chrétien. S'aimer et se faire passer en premier sont des péchés pour le christianisme. Ne pas commettre ces péchés est considéré comme la plus haute forme de dévotion. Pourtant, l'au-delà chrétien promet que nos personnalités individuelles existeront pour l'éternité. Comment ne pas voir dans cette croyance une forme évidente de narcissisme? C'est Pullman qui dit que nous ne sommes pas si importants pour l'univers, et que nous sommes destinés à être recréés sous une nouvelle forme. Sa vision de l'au-delà implique de se détourner de l'amour de soi-même.
L'au-delà chrétien est une récompense. Pullman, en comparaison, dit que nous devrions cesser de penser à obtenir une récompense. Nous devrions cesser d'être vertueux afin d'obtenir quelque chose en retour. Il y a assez de bonnes raisons d'être vertueux, de bien traiter autrui, sans qu'on ai besoin d'une règle édictée par Dieu ou d'un moyen de s'attirer ses faveurs.
C'est un peu ma manière de penser à la mort.
Déjà, ça me fait penser une fois quand on avait abordé l'épicurisme à l'école. Selon ce courant de philosophie, il semblerait que la mort se terminait par le néant (j'ai failli dire "chouette, c'est génial", mais le prof a dit que c'est quand même une pensée désespérante :P). La "vie" après la mort (ou plutôt ce qui se passe après la mort) a toujours été un point de désaccord que j'ai avec le christianisme, plus précisément le catholicisme, et ce depuis que je suis tout petite.
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