@ Georges,
De mon point de vue,
l'identité européenne obéit à un triple définition : géographique, culturelle et historique.
- Géographique bien sûr puisque rattachée territorialement et principalement à
l'Europe continentale (dont, je l'admets, on peut discuter de la constance des frontières...mais pas trop).
- Historique puisque née d'échanges (violents ou pacifiques) entre nations qui ont porté entre elles l'essentiel de leur regard.
- Culturelle puisque partageant un ensemble de valeurs
nées sur son substrat géographique et historique, substrat dont le religieux est un des éléments qui régna sans partage pendant à peu près 1000 ans.
Faire abstraction de cette dimension est un non-sens historique.
La nier obéit à ce qu'on appelle la peur du racisme intellectuel.
Mitterrand disait : "Voyez où sont les cathédrales, là vous verrez l'Europe."
Vous aurez compris, au fil des posts que j'envoie, que je défends cet héritage historique à partir duquel je ne cherche pourtant pas à m'arc-bouter.
L'identité européenne est en construction permanente, encore et toujours, notamment en s'adaptant à la nouvelle sociologie proposée par le monde moderne : hétérogénéité culturelle, hétérogénéité des moeurs, hétérogénéité cultuelle, hétérogénéité sociale, tous codes nouveaux et récents qui sont à la fois à l'intérieur de ses frontières, comme présents à l'extérieur.
Donc, l'identité européenne a déjà pas mal de défis à relever sur son substrat géographique actuel pour rester
cohérente (très importante cette notion de cohérence) et n'a pas besoin qu'on lui impose en plus l'arrivée d'une population loin d'être négligeable en nombre et étrangère à l'identité dont je parle.
Encore une fois, vous me dites que la Turquie veut la modernité, je n'ai aucune raison de ne pas vous croire et la vie médiatique et intellectuelle vous donnent raison.
Alors, je lui souhaite bonne chance et je ferai tout ce qui est en mon ressort pour lui permettre d'accéder aux nouveaux espaces de libertés qu'elle vise.
Mais l'intégration n'est pas la seule réponse.
Encore une fois, la Turquie peut se développer en propre : Il s'agit d'une population nombreuse, éduquée, jeune, géographiquement en lien avec ses pays voisins, c'est une opportunité pour elle.
Si vous me dites qu'elle n'est pas en lien avec ses pays voisins, je vous répondrai que ça ne va pas mieux avec ceux qui se trouvent en Europe !
Mais qui a eu cette idée folle de proposer à la Turquie d'entrer en Europe ??
J'ai entendu dire que c'étaient les américains (encore eux) qui pensaient s'attacher ainsi les services de ce puissant vassal régional.
Nawak !