Une élève d'un lycée à Bordj-Menaiel, à 60 kilomètres à l'est d'Alger, n'a pas voulu accepter d'ôter son niqab (voile intégral) pour assister à ses cours, a-t-on appris mercredi auprès de responsables syndicaux.
Depuis une semaine la directrice du lycée technique Saïd Khoudi à Bordj Ménaïel, près de Boumerdès, s'est vue cofrontée à un probléme de nouveau genre: "Une élève refuse d'oter son voile pour accéder à la salle de classe", a déclaré le secrétaire général du Conseil des lycées d'Algérie (CLA) Achour Idir.
« Cette affaire a donné lieu à une enquête de la direction de l'éducation de Boumerdès qui a donné gain de cause à la directrice de l'établissement et l'élève a dû se dévoiler », a-t-il précisé.
« Cette élève n'a jamais été empêchée d'assister à ses cours au motif qu'elle portait le voile », a toutefois indiqué le secrétaire général de la direction de l'éducation de Boumerdes, Arezki Slimani
Selon lui, «la directrice a signalé à sa hiérarchie le cas de cette lycéenne qui l'a aussitôt informée que la loi algérienne n'interdisait pas le port du voile dans les établissements scolaires ». « Nous l'avons alors invitée à résoudre à l'amiable ce différend », a-t-il souligné.
«Les parents de l'élève se sont montrés compréhensifs et ont demandé à leur fille de se dévoiler le visage à l'intérieur du lycée pour des raison de sécurité », a précisé M. Slimani.
Cette affaire a soulevé l'ire de l'organisation salafiste des « enfants des mosquées » qui a réclamé le «licenciement de la directrice qui n'a pas peur d'Allah » dans une lettre adressée au ministère de l'Education.
Un de ses représentants, le cheikh Abdelfatah Ziraoui, a appelé le «peuple algérien musulman à soutenir cette élève opprimée et toutes les Algériennes qui pâtissent de leur attachement à la religion musulmane ».
L'Algérie connaît depuis deux décennies un regain de ferveur religieuse marqué notamment par l'adoption par les femmes du foulard, puis pour quelques unes du niqab.
Aucune loi ne régit le port du voile en Algérie, où l'islam est religion d'Etat. Toutefois, la police et l'armée notamment n'intègrent pas de femmes le portant.