L’Arabie saoudite élue au conseil de l’ONU pour l’égalité de

Actualités dans le monde, Débats politiques et économiques intérieurs et internationaux - Opposition - Partis politiques - Leaders politique - Pouvoirs économiques.
Avatar de l’utilisateur
nexus
Colonel Virtuel
Colonel Virtuel
Messages : 5387
Inscription : dim. 4 sept. 2011 23:34
Twitter : france
Status : Hors-ligne

Re: Enseignement en arabie saoudite

Message non lu par nexus »

maried a écrit ::lollol
Il faudrait renoncer au 3/4 du coran
A mon avis tout, car il ne fait qu'empirer le message délivrer par les 2 autres livres dits saints.
L'islam n'est pas la révélation de dieu a l'homme mais celle de l'homme sur dieu.
La religion en tant que source de consolation est un obstacle à la véritable foi, et en ce sens l'athéisme est une purification
L'athéisme est une négation de Dieu, et par cette négation, il pose l'existence de l'homme.
Avatar de l’utilisateur
spin
Major Virtuel
Major Virtuel
Messages : 2036
Inscription : jeu. 7 janv. 2010 13:51
Twitter : France, sud-est
Contact :
Status : Hors-ligne

Re: Enseignement en arabie saoudite

Message non lu par spin »

nexus a écrit :Les saoudiens vont parait t'il soit disant promouvoir dans leurs programmes scolaires un islam moins rigoriste et raciste.
http://blog.sami-aldeeb.com/2012/01/25/ ... rigoriste/
Il semble bien qu'il y ait un groupe de pression, comprenant même le Roi dit-on, qui cherche à desserrer un peu tout ça. Mais ce n'est pas gagné...

à+
De quel droit refuserions-nous de faire usage du plus grand don de Dieu ? N'est-ce pas un formidable blasphème que de croire contre la raison ? (Vivekananda)
https://daruc.fr/divers/islamp.htm
https://bouquinsblog.blog4ever.com/blog ... ique_.html
Avatar de l’utilisateur
nexus
Colonel Virtuel
Colonel Virtuel
Messages : 5387
Inscription : dim. 4 sept. 2011 23:34
Twitter : france
Status : Hors-ligne

Re: Enseignement en arabie saoudite

Message non lu par nexus »

spin a écrit :
nexus a écrit :Les saoudiens vont parait t'il soit disant promouvoir dans leurs programmes scolaires un islam moins rigoriste et raciste.
http://blog.sami-aldeeb.com/2012/01/25/ ... rigoriste/
Il semble bien qu'il y ait un groupe de pression, comprenant même le Roi dit-on, qui cherche à desserrer un peu tout ça. Mais ce n'est pas gagné...

à+
Les américains ont'ils enfin compris que ce sont les saoudiens avec d'autres qui financent en grande partie l'islamisme intégriste à travers le monde ,ça c'est moins sur
Quand au reste reste c'est pas gagné c'est sur.
A voir
L'islam n'est pas la révélation de dieu a l'homme mais celle de l'homme sur dieu.
La religion en tant que source de consolation est un obstacle à la véritable foi, et en ce sens l'athéisme est une purification
L'athéisme est une négation de Dieu, et par cette négation, il pose l'existence de l'homme.
caius
Caporal-chef Virtuel
Caporal-chef Virtuel
Messages : 253
Inscription : ven. 1 août 2008 08:00
Status : Hors-ligne

Esclavage moderne en Arabie Saoudite

Message non lu par caius »

Des millions de travailleurs étrangers qui se rendent en Arabie saoudite et d'autres pays arabes riches en pétrole pour trouver du travail se retrouvent traités comme des esclaves, battus, maltraités, sans possibilité de fuir. Beaucoup se suicident.

Jay Johnson est un globe-trotter et un militant des droits de l’homme si profondément indigné par l'exploitation des travailleurs immigrés dont il a été témoin lors de ses visites des états membre du Conseil de Coopération du Golfe (Gulf Cooperation Council : GCC) qu'il a mis en place un site web pour dénoncer ce qui se passe là-bas.

Il croit que la seule façon de mettre fin à ces abus est de les faire connaître au monde. Il a donc créé un blog documentant ces atteintes aux droits de l’homme avec des photos et des vidéos. S'il vous plaît visitez le blog. www.gcchumanrights.org/~~V

Faithfreedom a eu le plaisir d'interviewer Jay.. (…).

Il faut un certain courage pour faire ce qu’il fait car les auteurs des crimes contre l'humanité que M. Johnson décrit tiennent clairement à ce que le monde les ignore.

Cher Jay, pouvez-vous s'il vous plaît parler de vous et comment vous vous êtes consacré à la défense des immigrés victimes de violence dans ces pays?

(...)

Jay Johnson: Merci de cette opportunité d'être sur Faithfreedom. C’est un honneur pour moi. Je suis originaire de Bowling Green, Kentucky. En tant que consultant en informatique dans l'industrie des soins de santé, j'ai eu l'occasion de visiter l'Europe, le Pakistan, l'Inde, le Sri Lanka, le Bangladesh, et les six nations du Conseil de coopération du Golfe. Dans le cadre de mon travail, j'ai aussi rencontré des Iraniens, des Turcs, des Indonésiens et des Philippins.

Lors de mes séjours en Asie du Sud, j'ai trouvé les Indiens, les Pakistanais, les Bangladais, les Sri Lankais tout à fait accueillants. Ces gens se sont battus pendant des années (le Pakistan contre l'Inde, les conflits politiques internes au Sri Lanka et au Bangladesh) mais ils sont généralement très aimables, serviables et honnêtes avec les visiteurs étrangers.

Certains de mes déplacements en Asie du Sud incluaient également des visites dans les États membres du CCG de la péninsule arabique, le plus souvent à Dubaï dans les Emirats arabes unis (EAU), mais aussi au Bahreïn, au Koweït, à Oman, au Qatar et en Arabie Saoudite. J'y ai été choqué par la façon dont inhumaine dont les immigrés d’Asie du Sud et d'ailleurs sont traités dans ces pays.

Avec toute la richesse que les nations du CCG amassent grâce aux ventes de pétrole et de gaz naturel vers l'Europe occidentale et les États-Unis, il n'y a vraiment aucune excuse aux mauvais traitements que subissent les millions d'immigrants qu'ils emploient comme domestiques et pour travailler sur les champs de pétrole, construire des autoroutes et moderniser leurs villes avec certains des bâtiments les plus beaux et les plus impressionnants du monde.

Les moyens de communication modernes, en particulier l'Internet, nous ont vraiment fait prendre conscience que nous formons un seul monde. Les nations ne peuvent plus cacher leurs mauvaises actions comme auparavant. Le but de mon site ( www.GCCHumanRights.org ) est d’exposer au monde la situation intolérable de ces travailleurs immigrés afin que les citoyens poussent leurs gouvernements à faire pression sur les États membres du Conseil de coopération du Golfe pour qu’ils corrigent cette situation.

Je n'avais jamais prévu d'être politiquement actif, mais je ne peux ignorer ce que j'ai vu. Dès que j'en ai eu les moyens, j’ai mis le site en place. S’il peut pousser des hommes de bonne volonté à agir cela peut faire bouger les choses.

FFI: Vous avez dit "des millions d'immigrants." Y en a-t-il vraiment tellement ?

Johnson: Oui : officiellement 11.000.000 selon les chiffres du recensement de 2008 (autant que le nombre de réfugiés palestiniens dispersés au Moyen-Orient et partout dans le monde). Étant donné le rythme rapide de l'accélération de la construction dans les pays du CCG, le nombre de travailleurs immigrés y est aujourd'hui probablement bien plus élevé. Et trois millions de ces travailleurs immigrés du CCG sont des femmes travaillant comme domestiques, en particulier au Koweït.

Comme la plupart des arabes natifs des pays du CCG méprisent toute forme de travail manuel, ils importent des travailleurs étrangers pour la construction, l’entretien de leurs infrastructures ainsi que pour faire les tâches ménagères. C’est absolument vital pour à la fois leurs économies nationales et leurs vies quotidiennes puisque les hommes ne tiennent jamais un outil en main et que la plupart de leurs épouses n’ont jamais appris à cuisiner ou à nettoyer la maison. C’est pourquoi les immigrés représentent les deux tiers de la population active totale des six nations du CCG : 51% en Arabie saoudite, 83% au Koweït, 85% aux Émirats arabes unis et 94% au Qatar (en 2008). Vous pouvez lire un article à ce sujet sur mon site et trouver un lien vers la source des données.

La plupart de ces immigrés sont des musulmans originaires de pays islamiques ou ayant de fortes communautés musulmanes. Même la majorité des immigrés indiens (principale source de main-d'œuvre étrangère du CCG) sont des musulmans, car il y a plus de musulmans en Inde que dans tout autre pays. Il y a aussi des immigrés indiens hindous et chrétiens et des immigrés asiatiques musulmans et chrétiens en provenance d'Indonésie et des Philippines ainsi que des africains d’Égypte, du Kenya et d’Éthiopie ; des musulmans du Pakistan et de Palestine et divers groupes en provenance du Sri Lanka, du Bangladesh et du Népal. Tous ces travailleurs immigrés sont traités dans les États membres du CCG d'une manière abjecte que personne ne devrait endurer.

La grande richesse des États membres du CCG est connue dans le monde entier. Les travailleurs étrangers s’y rendent dans l'espoir d’y trouver l’emploi qu’ils n’ont pas chez eux pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. Beaucoup d'entre eux sont peu éduqués, voire analphabètes, ce qui explique pourquoi ils ne trouvent pas de travail dans leur pays et la péninsule arabique n'est pas très loin de chez eux. De plus, pour les femmes qui veulent de travailler comme domestiques, l’instruction ou tout simplement savoir lire n'est pas une exigence dans les pays du CCG, même si cela augmente la probabilité d'être maltraitée ou même gravement abusée car elles ne connaissent pas leurs droits, en général bien peu de femmes les connaissent dans ces pays.

En outre, les États du CCG recrutent activement des travailleurs étrangers partout en Asie du Sud et de l'Est, souvent en faisant des promesses de salaires et d’avantages qui se concrétisent rarement.

Malgré les récits terribles qu’ils peuvent entendre des travailleurs qui reviennent, il y a toujours des nouveaux prêts à prendre le risque.

Périodiquement, lorsque les meurtres et autres tortures atteignent des niveaux qui ne peuvent pas être ignorés, un pays (comme l'Indonésie en ce moment) peut temporairement interdire aux femmes de se rendre dans les pays du CCG pour y travailler comme domestiques. La réponse de l'Arabie saoudite à ce moyen de pression est de commencer à recruter au Vietnam et au Cambodge où personne n'a entendu parler des conditions qu’ils trouveront à l'arrivée. De toute évidence, attaquer le problème à la racine n’est pas leur priorité.

Se rendre dans un pays du CCG pour y travailler n'est pas comme émigrer aux États-Unis. En Amérique, peu importe d'où vous venez (même un pays qui était autrefois notre ennemi) et même si vous n’avez rien d'autre que les vêtements que vous portez, si vous êtes entré légalement, avec de la patience et en travaillant dur vous pouvez trouver un emploi ou lancer votre entreprise et améliorer votre statut jusqu'à ce qu'il corresponde ou dépasse le rêve que vous aviez à l'arrivée.

Par contre, les travailleurs asiatiques, palestiniens et africains noirs des États arabes du CCG ne peuvent échapper à leur statut inférieur, à leur assignation à résidence et à leurs conditions de travail ni accéder aux soins de santé et au système juridique pour obtenir réparation des torts qu'ils endurent. Ils sont en pratique les esclaves de leurs employeurs qui ne les considèrent pas comme des êtres humains et les traitent comme s’ils étaient totalement interchangeables et jetables. Quelle que soit la façon dont vous le décrivez, c'est clairement la pire forme de discrimination.

FFI: Avez-vous des exemples concrets?

Johnson: Oui, certainement et il y en a beaucoup plus sur mon site (y compris des photos). Ces cas proviennent d’articles de presse parus dans les médias de la région et la liste ne cesse de s’allonger chaque jour.

Comme même les femmes du Moyen-Orient ont généralement un statut inférieur à celui des hommes, les femmes étrangères sont encore moins bien loties : ce sont les femmes travailleuses immigrées (dont la plupart sont employées de maison) qui souffrent des pires traitements. Leurs maigres droits sont systématiquement bafoués. Mais les immigrants de sexe masculin souffrent aussi et un symptôme flagrant est le taux de suicide scandaleusement élevé dans les deux groupes (même si les média locaux s’y intéressent peu et que le sujet est totalement passé sous silence par les médias en dehors de la région).

Le problème commence avec le kafala, le système recrutement de travailleur étranger, qui fait de ces travailleurs immigrés les "invités " temporaires de leur sponsor qui peuvent être ou non leur employeur. Le futur travailleur doit payer des frais de recrutement à ce commanditaire et ces frais sont généralement si élevés que cela peut prendre des années pour les rembourser. En conséquence, l'employeur ou le commanditaire du recrutement confisque systématiquement le passeport du travailleur, le piégeant ainsi quel que soit le sort qui l’attend puisque sans ce document les déplacements à l'intérieur du pays ou quitter le pays sont interdits.

Si pour une raison quelconque un travailleur perd son emploi, il peut se retrouver sans aucun moyen de rembourser ses frais de recrutement pour récupérer son passeport et même s’il le récupère il n'a pas d'argent pour rentrer dans son pays. Sans un passeport ou une pièce d'identité émise par un employeur, il lui est interdit de se déplacer dans le pays pour trouver un autre emploi et il n'a nulle part où aller. En outre, sans argent il n'a aucun moyen de payer un loyer ni même d’acheter de la nourriture. La plupart des suicides parmi les immigrés, hommes et femmes, sont causés par le désespoir de ces travailleurs qui se sentent piégés. Même lorsque ces cas sont mentionnés dans les médias locaux, cela suscite peu ou pas du tout de compassion et le public ne réclame pas de mesures.

Récemment, le Bahreïn et le Koweït ont entamé (séparément) un processus en vue d'abolir le système de kafala : pas parce qu'il est mauvais mais «inefficace», c'est une maigre consolation pour les familles des travailleurs qui en sont morts ou restent pris au piège sans passeport dans les autres pays du CCG.

Maintenant, passons à des exemples spécifiques. Consultez mon site pour plus de détails sur ceux-ci et d'autres que les médias régionaux rapportent tous les jours.

Comme je l'ai mentionné plus tôt, toutes les nations du CCG mènent une politique de modernisation agressive de leurs villes et de leurs autoroutes. Ce processus est particulièrement évident à Dubaï aux Émirats Arabes Unis, où l'expansion urbaine grignote rapidement le désert, des îles artificielles sont en cours de création pour faire des station balnéaires et des résidences huppées.

La plus spectaculaire tour de Dubaï, le Burj Khalifa, achevée en 2009 pour 1,5 milliard de dollars, est maintenant non seulement la plus haute structure créée par l’homme sur Terre mais aussi l'une des plus luxueuses. Conçue par un cabinet d'architecte américain comme une vitrine de bureaux et d’hôtels de prestige, elle contient également des restaurants luxe, le point de vue le plus élevé du monde et des appartements que seuls les plus riches des riches peuvent se permettre.

Pour ériger ce monument au fric, il a fallu 7500 travailleurs immigrés originaires pour la plupart d'Asie du Sud travaillant dans les pires conditions de travail : de forte chaleur le jour, un éclairage insuffisant la nuit, sans outils adaptés ni équipements de sécurité, de 80 à 100 heures de travail ou plus par semaine, constamment harcelés par leurs patrons indigènes, entassés dans des logements insalubres, avec peu ou pas de soins de santé et des salaires payés scandaleusement en retard ou même pas du tout. Cela en plus d'être souvent pendant des mois ou des années loins de leurs familles qu'ils essaient de nourrir. La magnifique attraction touristique de Dubaï est aussi un symbole flagrant de l'esclavage moderne.

Bien que les médias régionaux parlent le moins possible de ce sujet, les chutes et autres accidents de travail ainsi que les maladies non traitées causées par la promiscuité dans les camps de travailleurs insalubres ont fait perdre la vie à beaucoup trop de ces hommes qui travaillent dur. Et même si la plupart d'entre eux sont musulmans, s'ils meurent dans un pays du CCG, ils n’ont pas le droit d’y être enterrés. Ils doivent être renvoyés chez eux et, s'il n'y a pas d'argent pour cela, ils se retrouvent oubliés quelque part dans une morgue ou sont laissés à pourrir dans le désert.

A Bahreïn, une vieille maison qui était censé abriter des chambres d’étudiants à brûlé. Les équipes de pompiers ont traîné et à leur arrivée, dix immigrés entassés dans une des chambres étaient morts asphyxiés. La maison n'avait jamais été légalement enregistrée comme un camp de travail. L’incendie à été mis sur le compte d’un câblage défectueux. Ces hommes sont morts parce que seuls les immeubles les plus récents que ces travailleurs construisent ont des détecteurs de fumée.

Même dans un camp de travail légal vous ne voudriez pas vivre. Beaucoup d'entre eux n'ont pas de cuisine de sorte que vous devez vous faire à manger en faisant du feu dehors. Et qu'est-ce que vous brûlez ? Des détritus car il n'y a pas de ramassage des ordures. Vous avez besoin d'utiliser une salle de bains? Débrouillez-vous dehors et faites aussi attention où vous marchez parce qu’il n’y a pas non plus de toilettes.

Ces hommes ne se sont pas amusés à faire de leur camp un bidonville. Il a été conçu pour le devenir avant même leur arrivée. Et rappelez-vous que leurs employeurs ont confisqué les passeports de ces travailleurs et peuvent leur dire où ils doivent loger.

Cette année, une entreprise saoudienne a laissé 78 travailleurs indiens, contraints de vivre dans un de ces camps immondes, sans eau ni nourriture pendant six mois ! La société a gardé leurs passeports, négligé de leur fournir les cartes d'identité nécessaires pour juste pouvoir circuler librement dans la localité et les cartes d'assistance médicale obligatoires et ne leur a payé aucun salaire pendant cette période alors qu’ils travaillaient pour l'entreprise depuis 2010. Sans leurs passeports ces hommes ne pouvaient pas retourner en Inde et sans cartes d'identité obligatoires ils ne pouvaient aller nulle part ailleurs en Arabie saoudite.

L'histoire n’a été révélée qu’à la mi-2012 quand ils ont finalement réussi à contacter le consulat indien à Djeddah, à 1000 km de leur camp. Grâce à la pression du consulat, la société a depuis payé quatre des six mois de salaires qu'elle leur devait mais il semble qu’une bataille judiciaire sera nécessaire pour obtenir le reste.

Ce n'est pas un cas isolé ce qui explique pourquoi, comme je l'ai dit précédemment, le taux de suicide parmi les travailleurs étrangers, homme ou femme, est si élevé dans les pays du CCG.

La suite sur : http://www.gcchumanrights.org/
Avatar de l’utilisateur
Proust
Major Virtuel
Major Virtuel
Messages : 2073
Inscription : lun. 2 juil. 2012 14:06
Status : Hors-ligne

Re: Esclavage moderne en Arabie Saoudite

Message non lu par Proust »

Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n'est pas victime ! Il est complice.
George Orwell.
caius
Caporal-chef Virtuel
Caporal-chef Virtuel
Messages : 253
Inscription : ven. 1 août 2008 08:00
Status : Hors-ligne

Re: Esclavage moderne en Arabie Saoudite

Message non lu par caius »

FFI:. Hier vous nous avez parlé de la situation déplorable des travailleurs de la construction dans les pays du CCG. Vous avez dit que les femmes sont encore plus mal loties. C'est difficile à imaginer. Dites-nous en plus.

Johnson: les femmes arabes riches considèrent comme en dessous de leur dignité de faire le ménage et s'occuper de leurs enfants. A la place elles embauchent des domestiques étrangères venant pour la plupart d'Indonésie du Sri Lanka, du Kenya et du Népal. La majorité d'entre elles sont musulmanes mais cela ne fait pas grand différence dans la façon dont elles sont traitées.

Ces ménages pourraient se permettre de payer un salaire décent à leurs femmes de ménage et de leur laisser des conditions de travail raisonnables mais peu le font. Les femmes de ménage travaillent pendant des heures jusqu’à épuisement. Quand elles ont fini leurs services, leurs employeurs les louent souvent à un voisin et empoche les bénéfices tout en leurs laissant à peine le temps de dormir.

Les employeurs arabes des pays du CCG torturent leurs servantes à la fois verbalement et physiquement; retardent délibérément le paiement de leurs gages, les diminuent arbitrairement ou refusent purement et simplement de les payer et souvent les battent, les violent ou même les tuent. Les coupables, dans l’hypothèse où ils sont poursuivis, s'en tirent généralement avec une petite amende ou une courte peine d’emprisonnement susceptible d'être encore raccourcie plus tard. Avec Ce n’est pas cela qui dissuadera le moindre abus.

Les travailleurs des États membres du CCG ne disposent pas de syndicats ni d'autres organisations susceptibles de les protéger. Les syndicats sont illégaux.

Une femme de ménage est restée enfermée dans la maison de son employeur pendant dix-sept ans sans toucher un sous. On lui permettait de dormir quelques heures par jour dans un placard.

Un avocat enquêtant sur les plaintes des travailleurs a estimé que dans ces pays «la défenestration" est la cause la plus fréquente de décès chez les femmes de ménage étrangères. Certaines de ces femmes peuvent avoir été poussées au suicide, mais beaucoup d'autres ont sans doute ont été assassinées. Il n'y a aucun respect pour leur vie.

Une bonne indonésienne a été défenestrée du troisième étage par son employeur. Elle est restée dans le coma pendant une semaine et a finalement été renvoyée à Jakarta sans avoir touché un sous.

Voici d'autres cas comme ils s’en passent tous les jours, vous trouverez plus de détails sur mon site.

A Abu Dhabi, une émiratie et son voisin ont été condamnés à respectivement 16 et 13 ans de prison pour avoir forcé la femme de ménage asiatique de la femme à se mettre nue et l’avoir battue à mort avec une poêle à frire puis menacé de mort la collègue de la bonne si elle les dénonçait aux autorités. Justice a-t-elle été faite ? La femme aurait pu être lapidée à mort et l'homme décapité s’ils avaient été surpris en train de « forniquer » mais tuer une femme de chambre est apparemment considéré comme une infraction moins grave.

Trois koweïtiens ont suivi une femme de ménage sri-lankaise jusqu'à ce qu'elle termine de faire les courses et rentre. Ils se sont alors jetés sur elle, l’ont poussée dans leur voiture, l’ont emmenée dans un terrain vague derrière un bâtiment et se sont relayés pour la violer. Les agresseurs sont toujours introuvables.

En 2008, aux Émirats arabes unis une femme violée par plusieurs hommes a été emprisonnée pendant huit mois sous l’inculpation d'adultère après avoir signalé le crime à la police. De toute évidence, la charia est appliquée selon le bon vouloir des tribunaux là-bas.

Les employeurs et les sponsors aussi violent souvent les femmes de ménage. Si elle tombe enceinte, ils la battent jusqu’à ce qu’elle fasse une fausse-couche, la font expulser ou la tuent. Si son enfant arrive à terme, il n'aura droit à aucune protection, ni nourriture ni abri.

En Arabie, un couple a été arrêté à Riyad pour torture de leur femme de ménage sri-lankaise : ils lui avaient plantés 18 clous dans les bras, les jambes et le front. Les clous faisaient trois pouces de long et ont dû être enlevés chirurgicalement. Cette affaire n'a pas encore été jugée
Avatar de l’utilisateur
sofasurfer
Sous-lieutenant Virtuel
Sous-lieutenant Virtuel
Messages : 2871
Inscription : dim. 14 sept. 2008 19:41
Twitter : France
Status : Hors-ligne

Re: Esclavage moderne en Arabie Saoudite

Message non lu par sofasurfer »

Cette mentalité est assez similaire a celle de Momo, violence, abus sexuels, esclavage, soumission...

Mais ce n'est pas grave, toux ces braves gens ont les moyens de se rendre à la Mecque pour laver leurs péchés et recommencer de plus belle...
Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles

W. Shakespeare
caius
Caporal-chef Virtuel
Caporal-chef Virtuel
Messages : 253
Inscription : ven. 1 août 2008 08:00
Status : Hors-ligne

Re: Esclavage moderne en Arabie Saoudite

Message non lu par caius »

Une video remarquée par M. Johnson sur youtube: un Saoudien s'est amusé à se filmer en train de menacer et de frapper un chauffeur de taxi bangladais

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=sm5mGGJ_jXE
Avatar de l’utilisateur
Papayou
Major Virtuel
Major Virtuel
Messages : 2320
Inscription : ven. 10 févr. 2012 17:47
Status : Hors-ligne

Re: Esclavage moderne en Arabie Saoudite

Message non lu par Papayou »

c'est ce qu'on appelle l'élégance à la saoudienne : respect pour son prochain (surtout plus faible), discrétion, humilité, savoir-vivre, c'est vraiment ze big classe !
et si Dieu était un sous-chef et qu'il n'ait rien dit à son patron ? Gustave Parking

la liberté de culte c'est le droit qu'a chacun de prendre des décisions pour lui-même mais ça ne lui donne pas le droit d'utiliser son dogme pour contrôler les autres. Barry Lynn

Offended you are ? A shit I don't give !

tu as peur de notre savoir avoue le. Titine. 2013
Avatar de l’utilisateur
yacoub
Être-soi-meme
Être-soi-meme
Messages : 21935
Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
Contact :
Status : Hors-ligne

Re: Esclavage moderne en Arabie Saoudite

Message non lu par yacoub »

:ghee:
Ce sont des pires voyous de la planète.
Dire que des milliers de musulmans lèchent leur cul.
Avatar de l’utilisateur
Papayou
Major Virtuel
Major Virtuel
Messages : 2320
Inscription : ven. 10 févr. 2012 17:47
Status : Hors-ligne

Re: Esclavage moderne en Arabie Saoudite

Message non lu par Papayou »

J'ai cherché un peu ce qui se disait en ce mooment chez les chercheurs en Sciences Humaines j'ai trouvé cet article qui est intéressant

De l' esclavage à la servitude
Le cas des Noirs de Tunisie

Auteur Inès Mrad Dali


Aujourd'hui en Tunisie, une relation de mésestime plus ou moins franche constitue l'essentiel des relations entre « Blancs » et « Noirs . Des représentations stéréotypées de la part des premiers alimentent une forme de racisme ordinaire envers les seconds en général, maintenant ainsi cette frange de la population dans une position d'infériorité sociale. En effet, les Noirs doivent supporter une double tare : la première, liée à leur phénotype, provoque une discrimination raciale quasi-inévitable car elle renvoie immédiatement à ce qu'elle est supposée indiquer : un passé servile ; l'autre handicap réside dans le fait tout aussi important que, dans cette société lignagère, ils ne puissent pas remonter très loin dans leurs origines, peu connues, peu certaines et, en même temps, peu valorisantes.

2 La première abolition de l' esclavage , en mai 1846, ne suffira pas à éradiquer l'achat d'esclaves noirs que le commerce transsaharien importait du Soudan, puisqu'elle sera suivie, en 1890, d'un second décret d'abolition. À partir de cette période, l'esclave affranchi verra son statut évoluer très progressivement. Il connaîtra une période ambiguë de marche vers la liberté, liberté qui ne cessera d'être marquée du sceau de la dépendance. L'affranchi restera un exclu, tout en se voyant concéder à titre précaire certains droits : droits sur les produits de son travail et droits familiaux. En effet, en Tunisie où l'affranchissement ne supposera que rarement liberté totale, l'affranchi — ainsi que ses descendants — partagera bien souvent le même statut que l'esclave « établi » : ne vivant plus chez son maître en tant que domestique, il lui devra cependant une part des fruits de son travail et une partie de son temps pour la réalisation de certains travaux.

3 Au cours du XXe siècle, l' esclavage sous sa forme traditionnelle a fini par disparaître et, avec les indépendances et la mise en place de l'État-nation, toute différence de statut ou d'origine est juridiquement effacée, faisant de ces personnes des citoyens tunisiens à part entière.
Malgré cela, la vision du Noir, comme originairement esclave, n'a ni vraiment disparu ni positivement évolué. Ces personnes appartiennent en général aujourd'hui aux couches sociales les plus défavorisées, et la pratique de l'isogamie apparaît de manière flagrante dans toutes les régions du pays. C'est pourquoi cette minorité parce qu'on le lui impose, garde les traces indélébiles d'un passé servile ; ce passé ne lui est, bien souvent, épargné ni dans les discours, ni dans les pratiques quotidiennes, comme pour perpétuer malgré tout une forme de domination. Nostalgie d'un temps révolu.

4 Parmi les formes de résistance et de séquelles de ce temps passé, on évoquera ici le cas du khamessat et celui des mrubbin. Le khamessat, pratique préislamique de métayage, est devenu au fil du temps le propre des descendants d'esclaves. Le cas des enfants mrubbin, mis au service de familles blanches, nous paraît également pertinent pour traiter des formes nouvelles d'asservissement apparues pour esquiver les interdits des abolitions et combler les besoins en main-d'œuvre. Enfin, en étudiant le caractère particulier des relations qu'entretiennent aujourd'hui certaines familles du sud du pays avec les descendants de leurs anciens esclaves — relation imprégnée par la mémoire encore très vive du temps de l' esclavage —, nous évoquerons une tradition pré-islamique, étrangement semblable : le wala' ou « patronat », recommandée au demeurant par les textes du fikh. Ces phénomènes qui ne nous paraissent pas tout à fait identiques aux formes d' esclavage dit « classique », parce qu'on n'y est plus la « propriété » mais l'« obligé » d'une autre personne, nous semblent, a priori, correspondre parfaitement aux formes d'asservissement qualifiées par le Bureau international du travail (BIT) d'« esclavage moderne ».

5 C'est donc à partir de ces considérations se référant à un contexte arabo-musulman, ayant en outre la particularité d'avoir connu un esclavage domestique, que l'on tentera de saisir en quoi il est pertinent, ou non, d'appeler communément « esclavage » ces différentes formes d'asservissement.

L'esclave tunisien, les abolitions et leurs lendemains

6 L'exemple tunisien nous permet de constater que des esclaves pouvaient, dans une même société, remplir des rôles extrêmement différents, voire opposés. Dans la régence de Tunis, la différence de traitement et surtout de destinée entre « esclaves chrétiens » et « esclaves noirs » fut importante. Les mamelouks captifs d'origine européenne avaient, bien que de petite naissance selon l'opinion commune, de fortes chances d'être investis d'une khutta, ou fonction honorifique, d'un mansib, ou rang, dignité, place, d'une rutba, ou rang, grade, puisqu'ils étaient le plus souvent destinés à des postes de ministres : aghas[5] [5] Le terme correspond à un grade militaire. ...
suite, trésoriers, et bien d'autre dignité de Cour. Parallèlement, les ‘abid ou esclaves noirs, étaient soumis à des travaux manuels parfois assez rudes.
Ils avaient néanmoins la particularité de ne pas être soumis à des travaux de force nécessitant de grands rassemblements de population servile, mais étaient généralement destinés aux travaux domestiques, avec peut-être cette particularité d'occuper des fonctions polyvalentes. Ils étaient donc principalement présents dans les grandes villes, où ils servaient comme domestiques dans les familles les plus fortunées (Valensi 1967 : 1286). Leur présence, bien que faible dans le monde rural, est cependant incontestable. Là, ils devaient entretenir à la fois l'espace domestique et travailler les terres agricoles du maître.

7 Au cours de la première moitié du XIXe siècle, les tentatives de mettre fin à la pratique de la Course et de dissoudre l' esclavage des mamelouks finiront par aboutir. Ces derniers continueront longtemps cependant à être visibles dans les champs social, politique et militaire, puisque même affranchis ils resteront des fonctionnaires encore fortement dépendants. Aussi, faut-il rappeler qu'à partir de la fin des années 1850, lorsqu'on associera les mamelouks à leurs fils âgés de plus de 15 ans, on instaurera en fait l'hérédité du statut de mamelouk, perpétuant ainsi non plus la condition de dépendance mais un statut de serviteur (Oualdi 2005).

8 Différemment, nous constatons à propos des esclaves noirs, dans ce cadre maghrébin, que ni les abolitions officielles et les affranchissements qui suivirent, ni les lois de l'islam (el fikh) ne constituent un indicateur révélateur de la réalité. Ainsi, la première abolition de l' esclavage des Noirs en Tunisie ne représente pas une date déterminante pour l'acquisition d'une liberté sociale, voire morale. Il en va de même pour l'abolition de 1890. Les documents d'archives mettent en évidence un fait manifeste : l'émancipation des esclaves sera longue à s'effectuer, d'une part pour des raisons liées à la structure de la société, à son imaginaire, d'autre part, et surtout, pour des raisons d'ordre politique et historique.

9 La traite des ‘abid ou « esclaves noirs » est officiellement abolie une première fois, le 23 janvier 1846, à la suite d'une multitude d'autres décisions tendant à limiter l' esclavage, sera suivi, en 1890, environ un demi-siècle plus tard, lors du protectorat français d'une autre abolition.
Entre ces deux grands décrets, quelques circulaires et arrêtés beylicaux contribuèrent également à la lutte contre l' esclavage. Cependant, on trouve encore dans les documents d'archives, après 1890, des traces de pratiques esclavagistes tout à fait similaires à celles qui existaient avant l'abolition, provoquant ainsi de nouvelles mesures gouvernementales.

10 De fait, les habitudes et les occupations de l'esclave tunisien à partir du moment où il fut affranchi ne connurent pas d'importants changements. Dans la majorité des cas, et ceci surtout en ce qui concerne les femmes, les affranchis restèrent, par choix ou par contrainte, chez leurs maîtres. Il leur était en effet difficile de trouver une situation matérielle préférable à celle dont ils jouissaient en tant qu'esclaves, alors nourris et logés. Les documents d'archives abondent, montrant des cas d'affranchies revenues au foyer du maître après s'être échappées et réfugiées auprès des autorités anglaises ou françaises. Ces femmes se retrouvaient en effet sans ressources et dans un cadre hostile. Dans nombre de cas d'ailleurs, les maîtres ne remettaient pas la lettre de manumission à leurs esclaves ; cela leur permettait de les garder en servitude malgré l'interdiction, tout en pouvant affirmer en cas de contrôle ou de dénonciation que ces esclaves avaient bien été affranchis mais qu'ils désiraient rester auprès de leur « ancien maître ». Au demeurant, beaucoup de ces documents révèlent que certains esclaves ignoraient même leur affranchissement

11 Par ailleurs, d'autres textes exposent comment des esclaves affranchis ont dû abandonner tout espoir de récupérer leur enfant resté, lui, chez « l'affranchisseur ». Ce dernier refusait de rendre l'enfant aux parents si ceux-ci ne remboursaient pas la totalité de la somme qu'il prétendait avoir dépensée pour le nourrir depuis sa naissance. Autant dire qu'il fut dans la plupart des cas impossible pour les affranchis de rembourser cette somme.

12 Ces données démontrent une fois encore, contrairement à ce que l'on a pu souvent penser, que les décisions politiques et les décrets visant à faire cesser l' esclavage n'impliquaient aucunement une évolution dans le même sens des mentalités et des mœurs.

Situation du Noir et séquelles aujourd'hui

13 En raison de ce contexte historique relativement récent, on imagine aisément les conséquences et les séquelles qu'il a dû engendrer. À partir des abolitions jusqu'à aujourd'hui, l'ambigu ïté en ce qui concerne l'état de l'individu noir, entre statut d'esclave et statut d'homme libre, s'est perpétuée de manière évidente et notamment dans la façon de (se) nommer et de (s'auto-)désigner. Ainsi, la difficulté à s'adapter aux nouvelles conditions provoquées par les abolitions n'était pas seulement le propre de la population blanche, mais touchait également les anciens esclaves eux-mêmes. On a constaté, parmi d'autres faits, que certains des Noirs affranchis continuaient à signer leurs lettres du terme « esclave » ou « serviteur ». Et en effet, dès la période qui suit le second décret d'abolition, la différenciation entre l'esclave et l'affranchi pose problème. Le changement de statut reste peu visible et la limite entre libre et esclave est si peu claire qu'elle ne permet pas de faire une véritable distinction entre les deux. On peut même avancer que la différence a été pendant longtemps uniquement nominale. Tel homme est désormais déclaré « libre » (horr en arabe )et en possède la preuve : sa lettre de manumission ; mais dans la réalité sociale rien ne vient confirmer cette liberté.

14 Car, en effet, même libre, l'affranchi ne l'est pas de naissance : il restera donc jusqu'à aujourd'hui l'‘abid (l'esclave), le mouch horr (le non-libre) et sa descendance sera désignée sous le terme générique de ouled ‘abid (enfants d'esclaves) ou ‘abid de telle ou telle fraction. C'est ainsi qu'il existe encore en Tunisie des fractions de tribus dont le nom même sous-entend la « possession » et exprime encore explicitement la référence à une condition servile passée. De ce fait, même libre, l'affranchi ne l'est que dans une sous-catégorie, celle qui le maintient dans une certaine misère et qui perpétue toujours la trace de ses origines serviles.

15 Le phénomène se trouve encore accentué du fait qu'au sortir de l' esclavage , l'affranchi n'hérite le plus souvent que d'un prénom suivi du nom de l'ancien maître. Même libre, on reste « l'affranchi d'un tel ». Une telle dénomination met ainsi l'accent sur l'absence de nasab, de patronyme, l'absence d'ascendance et, par conséquent, sur le défaut d'appartenance réelle et légitime à la société dans laquelle on vit. Or, il n'est pas nécessaire de rappeler ici l'importance de l'affiliation et de la parenté dans le Maghreb et donc en Tunisie. Se voir infligé du nom du maître, n'est-ce pas se voir accabler de ce que l'on a été, se voir condamné à être son obligé et le rester aussi longtemps que la mémoire du groupe nous fera, ainsi qu'à nos descendants, porter son nom ?

Les Mrubbin

16 Autre phénomène apparu à la suite de l'abolition de l' esclavage , celui des enfants mrubbin ou « adoptés ». Il ne touchera certes pas uniquement les Noirs, mais nous pensons qu'il a concerné un pourcentage important d'entre eux. Ainsi, il n'est pas exceptionnel de rencontrer aujourd'hui des personnes, principalement des femmes, qui, très jeunes, ont été « confiées » en échange d'une modique somme d'argent à des familles plus aisées. Ces enfants dits mrubbin (« élevés », « adoptés », pour marquer la différence avec l'enfant naturel) sont, malgré les discours qui cherchent à adoucir une certaine réalité, souvent destinés à la domesticité, car leur vécu, et ce qu'on leur impose au sein de la famille « adoptive », est beaucoup plus proche de ce qu'on exigerait d'un domestique que de l'enfant biologique. C'est ainsi qu'ils restaient dans la famille jusqu'à leur mariage sans recevoir aucun salaire. En contrepartie, ils étaient nourris, logés et aidés, dans le meilleur des cas, pour la préparation d'un trousseau convenable. Ce phénomène a connu une forte augmentation à partir de la dernière décennie du XIXe siècle, « période particulière où le marché de la domesticité n'était pas favorable, l'abolition de l' esclavage en ayant tari la principale source » (Blili 1999 : 168) ; or, il semble subsister encore aujourd'hui bien que de manière exceptionnelle.
En effet, alors qu'il était courant d'« adopter » de jeunes enfants pour les destiner à la servitude, il est plus fréquent aujourd'hui d'engager comme « bonne » des jeunes filles un peu plus âgées (à partir de 13 ans), ou bien encore des femmes de ménage qui ont déjà une certaine expérience. Celles-ci reçoivent un salaire, mais dans le premier cas il est directement remis aux parents.

17 Il est vrai que ce phénomène des mrubbin n'est pas sans nous rappeler ce que le BIT (1995) nomme aujourd'hui « esclavage d'enfants ». On peut se demander s'il y a en définitive une grande différence entre la condition matérielle de ces mrubbin et celle des esclaves, puisqu'il semble que dans le cas tunisien l'asservi joue les mêmes rôles, exécute les mêmes tâches que dans le cadre d'un esclavage de type domestique. Est-ce un jeu de mots qui brouille à sa façon ces jeux de rôles ? Le terme « mrubiya » fait-il réellement référence à une nouvelle condition ou bien vient-t-il tout simplement se substituer sous forme d'« abolition sémantique » à celui devenu politiquement incorrect d'‘abid, « esclave » ?

Le Khamessat

18 Un autre phénomène permet de rendre compte des séquelles de l' esclavage et de son évolution vers d'autres formes non moins intéressantes d'un point de vue anthropologique : c'est le cas du khamessat. Qu'en est-il ? Et pourquoi l'associe-t-on parfois à l' esclavage ? (Bedoucha 1984 ; Valensi 1977, 1986). Qu'est-ce qui permet d'identifier dans cette pratique une forme d'asservissement alors que, par définition, le khamessat est un procédé de culture des terres par l'intermédiaire d'individus associés, ce qui n'implique logiquement ni patrons ni maîtres ?

19 Le khammès (pl. khamessa) est le plus souvent un homme qui a besoin de se procurer dans l'immédiat une certaine somme d'argent pour rembourser une dette ou effectuer un achat urgent. Il contacte alors un propriétaire terrien et, selon un engagement réciproque qui demeure le plus souvent verbal et qui est réglé par la coutume du lieu dans le détail de son fonctionnement, demande cette somme. En échange, il s'engage à travailler pour ce propriétaire terrien. À partir de ce moment, le khammès ne peut plus quitter ce travail sans s'être acquitté de sa dette.

20 Le propriétaire lui fournit un terrain déterminé et lui avance des semences, les animaux de labour et du numéraire. Ces avances constituent la « sarmia » et grossissent d'autant la dette du khammès. Pour s'en acquitter il est tenu d'effectuer tous les travaux de culture sur le terrain qui lui a été concédé, sauf la moisson, pour laquelle le maître doit lui fournir des auxiliaires. Le propriétaire prélève sur la récolte le montant de la sarmia, dette privilégiée payable avant toute autre contractée par le khammès. Une fois le prélèvement opéré, le khammès perçoit à son tour, une partie de la récolte, à titre de rémunération de son travail (généralement un cinquième). Ces deux parts attribuées, le fellah reste propriétaire du surplus de la récolte.

21 Le métayer recevait parfois une sarmia importante, supérieure les mauvaises années à la récolte elle-même. Cela pouvait le pousser à abandonner les travaux agricoles qu'il devait accomplir pour s'engager chez un autre fellah, et annuler ainsi, sans la rembourser, la première dette. Il arrivait parfois que le second fellah remboursât au premier le montant de la sarmia ; mais, le plus souvent, le khammès prenait la précaution de s'engager chez un propriétaire habitant une autre région, sans l'avertir de l'existence d'une dette contractée auparavant. Il recevait alors du second propriétaire une nouvelle sarmia qu'il essaiera encore, en cas de mauvaise année, de ne pas rembourser en usant du même procédé.

22 Pour remédier à ces agissements, il était permis aux propriétaires d'emprisonner le khammès afin de le contraindre à finir le travail commencé et ainsi se solder. Cela s'appelle la « contrainte par corps.
À cet égard, jusqu'au début du XXe siècle, le khammès préférait, lorsqu'il en avait la possibilité, se mettre au service d'un propriétaire européen auquel la coutume musulmane n'était pas opposable. La « contrainte par corps » impliquait qu'à partir du moment où le khammès s'engageait en recevant une somme d'argent et la sarmia, il se retrouvait à la merci du propriétaire, parfois pour un certain nombre d'années. Sur ce sujet, les lettres de plainte de ces travailleurs abondent dans les documents d'archives de la première partie du XXe siècle : elles réclament que cesse l'abus de pouvoir qu'exercent sur eux les propriétaires terriens, qui les menacent de prison et les traitent « comme l'esclave que l'on possède » (« mithl al ‘abd al mamlouk »)

23 Souvent également, propriétaires terriens, cheikhs et ca ïds faisaient montre d'abus à l'égard des khamessa en les assignant à des tâches autres, comme les travaux gratuits d'amélioration des routes, sous peine de prison ou d'amendes élevées. En effet, alors que légalement le khammès ne devait effectuer que les travaux de culture pour lesquels il était payé, il apparaît selon les documents d'archives qu'ils étaient assignés à « des travaux obligatoires sur les routes publiques ».

24 On constate à lire ces textes, concernant les khamessa — par définition des sortes de colons partiaires, des associés des propriétaires terriens —, que le vocabulaire utilisé pour exposer leur situation est tout à fait similaire à celui qui décrirait un rapport maître-esclave. On parle ainsi de « maître » « entré en possession » d'un khammès pour mentionner l'engagement avec le propriétaire terrien ; on évoque ces métayers en termes de « prix de leur achat » pour faire référence à la somme avancée (sarmia) ; lorsqu'il s'agit de décrire l'acte par lequel le khammès change de lieu de travail en s'engageant avec un autre agriculteur, il est mentionné qu'untel « a été acheté par X » et donc n'« appartient plus à Y », « son ancien maître », alors qu'il est dans l'illégalité s'il quitte la terre, « avant sa complète libération », etc.

25 Tout cela laisse perplexe quant à une éventuelle différence de statut avec les esclaves pour dettes ou ceux soumis à un travail forcé, et a fortiori vis-à-vis de certaines pratiques que l'ONU et le BIT (1993) tendent à englober aujourd'hui sous l'appellation d'« esclavage moderne ». Au fil du temps, et jusque récemment, le khamessat semble être devenu le propre des descendants d'esclaves. C'est ainsi que ce mode de production est devenu une source de subsistance pour une frange non négligeable de la population des oasis. Cependant, à partir des années 1970, et ce suite aux grandes vagues d'émigration vers les grandes villes du pays et vers l'Europe, des changements importants ont bousculé certains faits liés à cette pratique. Non seulement l'émigration a contribué à diminuer la main-d'œuvre agricole — ce qui permet à celle-ci, devenue rare, d'être plus exigeante quant aux conditions de travail — mais elle a également permis à cette frange de la population d'accumuler des capitaux et donc des biens fonciers et immobiliers. Ainsi, devenus propriétaires, un nouveau rapport économique s'est instauré entre certains shuashines et ahrar, engendrant d'une certaine manière une sorte d'équilibre hiérarchique. C'est pourquoi aujourd'hui la tendance consiste bien plus à émigrer lorsque cela est possible, plutôt que de quémander une place de khammès et de subir l'humiliation de la soumission, et la perpétuation d'une histoire déjà bien lourde à porter.

26 Néanmoins, dans les oasis du Sud, ceux parmi les Noirs qui œuvrent encore aujourd'hui comme khamessa semblent représenter les éléments non affiliés au groupe pour lequel ils travaillent. Par exemple, chez les Hmerna, une grande tribu maraboutique, ce ne sont pas les Noirs « Hmerna » affiliés à la tribu (parce que descendants des esclaves de ce lignage) qui exercent cette fonction, mais d'autres n'appartenant pas au groupe lignager. Les Noirs Hmerna ou shuashin possèdent leur propre terre (cependant, toujours en proportion inférieure à celle des Hmerna blancs) et travaillent pour leur compte. Ainsi, c'est l'étranger, l'élément non tribal, qui est soumis à ce type de servitude et non les Noirs du groupe. Cette affiliation des Noirs Hmerna, même si elle est marquée par le sceau de l' esclavage passé, leur donne une place relativement privilégiée dans la hiérarchie sociale, du moins par rapport aux autres Noirs de la région.

27 Pourtant, ces mêmes éléments tribaux noirs ne sont pas épargnés par la stigmatisation puisque dans les cas des Hmerna, par exemple, ce sont les shuashin qui sont les musiciens de la tribu, les ghannaya ou sorte de « griots », auxquels les habitants du gouvernorat de Gabès font appel lors des cérémonies importantes. Aux alentours de Médenine, autre ville du Sud du pays, ce sont cette fois les ‘Abid Ghbonton qui remplissent cette fonction de musiciens. Dans une étude portant sur cette fraction du lignage Ghbonton, Ben Abdeljelil (2003 : 107-108) explique pourquoi ce sont les Noirs qui remplissent cette fonction : ils « n'ont pas d'autorité sociale et morale qui les empêche d'exécuter toute pratique musicale ; par contre les [autres] se sentent et se montrent au-dessus de la pratique de la musique "populaire" qui contient, d'une part des valeurs de serviteur et, d'autre part, elle est selon certains, interdite par l'Islam [...] ». Cela situe parfaitement la place allouée aux Noirs tunisiens sur l'échelle sociale.

Clientélisme

28 Considérons à présent le caractère particulier de la relation qu'entretiennent aujourd'hui certaines familles blanches avec les descendants de leurs esclaves — reconnaissables notamment au fait qu'ils portent le même patronyme[32] [32] L'esclave affranchi portait comme nom celui de son ancien...
suite —, relation extrêmement révélatrice d'une mémoire encore vive du temps de l' esclavage .

29 Le cas de familles ou de fractions composées de deux groupes, « noirs » et « blancs », portant le même nom, s'observe dans la quasi-totalité de la région sud du pays, y compris dans l'île de Jerba. Tant à Mareth (40 km de Gabès), qu'à Douz ou Jerba, quasiment toutes les grandes familles sont scindées en deux : un groupe de Blancs (ahrar) et un groupe de Noirs (shuashin) qui lui est rattaché ; le maintien d'une scission au sein de ces « familles » rappelle à ceux qui l'ignoreraient, qui est descendant de maîtres et qui est descendant d'esclaves. Par exemple, les ‘Abid Ghbonton, « esclaves » des « Ghbonton », forment une sous-fraction d'une tribu du sud-est tunisien : ils ne constituent pas une fraction indépendante mais un sous-groupe de l'une de ses branches puisque, après 1890, ils furent annexés à la fratrie de leurs anciens maîtres. À leur sujet, Mahfoudh ben Abdeljelil (2003 : 101-102) explique que « le rapport avec l'autre continue aussi à déterminer l'univers des ‘Abid Ghbonton. En effet, les Ghbonton, qui étaient dans le passé leurs maîtres et qui habitent aujourd'hui au village de Sidi Makhlouf et ses alentours, portent encore beaucoup de préjugés sur les ‘Abid (serviteurs ou esclaves) d'El Gosba [...] », la bourgade où habitent les ‘Abid Ghbonton, et qui « est essentiellement une bourgade pauvre ». Certaines familles jerbiennes — pas nécessairement les plus aisées, mais celles qui avaient une importante activité agricole — sont également réputées pour avoir conservé jusqu'à aujourd'hui des liens très solides avec les descendants de leurs anciens esclaves qui, dans certains cas, les ont suivis lors de leur exode vers la capitale. Ainsi, il est possible d'observer dans certains commerces appartenant à des personnes originaires de Jerba, la présence d'une main-d'œuvre composée des descendants noirs de la « famille ».

30 Par ailleurs, en étudiant la composition de ces groupes et les liens « familiaux » qui les caractérisent, on constate qu'ils continuent d'être marqués, à des degrés plus ou moins importants, par la dépendance originelle. Les Noirs continuent à offrir leurs services dès que la famille blanche en éprouve le besoin, sans qu'il y ait nécessité de réciprocité, perpétuant de cette façon l'inégalité du rang, voire du statut. Ainsi, aujourd'hui encore, on fait appel à ses « parents » noirs pour leur déléguer toutes sortes de tâches nécessaires à l'organisation, par exemple, d'une fête de mariage ou d'un deuil.
Dans certaines régions, c'est encore souvent une shushana, engagée moyennant une rétribution, que l'on désigne comme responsable de tout ce qui se rapporte à la mariée. Ainsi, plus qu'une mère, elle seule peut pendant toute la période des fêtes prendre des décisions concernant la mariée. À Mareth, on lui donne le nom de « dhahara ». C'est aussi elle qui, lors des cérémonies, procède au rituel du « rachqan » : moment pendant lequel elle doit chanter les louanges de la future épouse, et de tous les invités qui font offrande d'une somme d'argent.

31 Bien entendu, le mariage entre ces deux groupes demeure formellement prohibé et est perçu comme scandaleux, car malgré leur longue cohabitation d'énormes préjugés continuent à régler les rapports entre Blancs et Noirs. C'est ainsi que la manière et le vocabulaire qui permettent aux membres des deux groupes de s'interpeller ne semblent pas s'être modifiés depuis l'abolition de l' esclavage . Dans certaines familles, le Blanc appelle encore le Noir « bac » — nomination particulièrement dépréciative — ou « baba », et la Noire « déda » ; tandis que le Noir appelle les Blancs — parfois même quel que soit leur âge — « sidi » ou « sac » (dans la région de Gabès) et « lella » ou « lelleti » (c'est-à-dire « ma dame » ou, plus justement, « ma maîtresse »), termes de révérence qui marquent bien la supériorité de l'élément blanc de la « famille ». On observe actuellement cependant une atténuation de cette ségrégation verbale grâce au nouveau statut de propriétaire de certains shuashin. Ainsi, même s'ils continuent d'être rattachés et « fidèles » au groupe blanc de la « famille », certains acceptent de moins en moins ces dénominations empreintes de mépris. Il reste que cette relation de « clientèle », et non moins de « paternalisme », constitue l'un des phénomènes, aujourd'hui observable, le plus caractéristique de la relation entre descendants d'esclaves et descendants de maîtres.

Al-wala' ou le « patronat »

32 Le « patronat » exprime bien une perception des Noirs tunisiens marquée de l'empreinte de l' esclavage . Le lien (eqtiran) qui reliait le destin de l'esclave à son maître se maintient même après l'affranchissement, créant ainsi une dépendance qui se perpétue au fil des générations. Lorsque l'on examine les liens ambigus qui se sont tissés dans le contexte tunisien, et donc arabo-musulman, entre descendants d'esclaves et descendants de maîtres, il convient de s'interroger sur la nature de cette évolution : est-elle le produit du hasard (naturelle) ou s'agit-il en fin de compte d'une application, non reconnue à ce jour, des textes du fikh, antérieurs aux abolitions

33 En effet, toutes les Écoles de l'islam s'accordent pour dire — et en font d'ailleurs une recommandation — que même une fois acquise la liberté, l'affranchi (‘atik, mu'tak) demeure, ainsi que ses descendants par les mâles à perpétuité, lié à l'affranchisseur (mu'tik), soit homme ou femme, et à la famille de celui-ci par un lien de « clientèle » ou wala, terme qui désigne également un autre aspect de l'institution : le « patronat ».

34 Le fikh assimile le patronat à la parenté naturelle : le nasab. En effet, les manuels de droit affirment que le wala' doit être considéré comme un lien de parenté fictif (al-wala' luhma ka lihmat al-nasab), et cette opinion sous-entend un certain nombre de règles généralement admises, notamment par les sunnites.
Ainsi, le patron et ses propres « agnats » (‘asaba) tiennent lieu d'agnats à l'affranchi(e) qui, lui/elle, n'a pas d'agnats naturels, notamment « en matière de tutelle matrimoniale et de solidarité pénale ». En réalité, cette pratique du wala', notamment pendant la période des Umayyades, ne concernait pas uniquement les esclaves affranchis : tous les non- Arabes qui aspiraient à devenir membres de la société arabe devaient se trouver un patron (un mawla « supérieur » dans la terminologie des juristes). Aussi wala' al muwalat constitue le lien de clientèle qui naît d'un accord distinct de l'acte de conversion aux mains d'un autre. Le wala' semble donc avoir été une solution au problème de l'affiliation à une société tribale d'individus qui n'en faisaient point partie, puisqu'il a concerné tout autant l'homme affranchi que l'homme étranger au groupe, tous les deux étant dans la même position sociale, celle d'hommes vulnérables, fragiles, dépendants pour « survivre » dans la cité, des « locaux », ces hommes libres dont l'ascendance, le nasab, n'est plus à prouver.

35 Du point de vue du client, le principal rôle du patron consistait à lui fournir un accès à une société privilégiée, mais parallèlement le patron pouvait « accompagner la liberté qu'il octroyait de stipulations exigeant de l'affranchi le paiement régulier de certaines sommes, la remise de cadeaux ou l'accomplissement de travaux à son profit ou à celui d'un tiers pendant une période donnée [...] ». En réalité, la nature juridique du wala' se différencie tout à fait d'une relation agnatique puisque seul le patron hérite de son affranchi, rendant ainsi la relation non réciproque. Le wala' est donc un lien de dépendance qui tire son effet du fait que le client est détaché de son groupe natal, sans acquérir pleinement la qualité de membre d'un autre groupe.

36 La similitude entre ces règles et coutumes anciennes et la situation de la minorité noire nous apparaît si frappante, que l'on peut affirmer que le poids des mœurs locales ou des traditions religieuses a été tel, au regard des théories abolitionnistes alors imposées, qu'il a pesé de manière considérable sur l'histoire des Noirs de Tunisie, contrairement à ce que l'on croyait jusqu'à présent. Lorsque l'on examine l'évolution du statut d'esclave à affranchi, on constate, en définitive, qu'il a été fait abstraction des théories tendant à abolir définitivement toute forme de servitude, pour n'appliquer — consciemment ou non — les seules lois que la culture arabo-musulmane pratiquait depuis des temps très anciens

De l' esclavage à la servitude : limites et ambigu ïtés

37 Les différents cas évoqués, celui des enfants mrubbin, des khamessa et celui plus général de la persistance de rapports de clientélisme entre « Noirs » et « Blancs », montrent que l'on n'est plus dans ces situations « propriété » d'un homme, au sens juridique du terme, mais son obligé, son serviteur pendant un temps plus au moins long de notre existence. Dans de telles configurations, on n'a plus affaire à des esclaves achetés, donc constituant un bien, mais à des individus qui, pour des raisons principalement matérielles, subissent au cours d'une période déterminée une forte dépendance vis-à-vis d'autres personnes.

38 Nos interrogations portent ici sur la différence et les limites entre ces deux conditions : celle d'esclave et celle d'asservi, et ce particulièrement dans le contexte tunisien. Quel changement, en définitive, a-t-il pu avoir lieu dans un contexte où l'on était déjà en présence d'un esclavage principalement de type domestique ? Parallèlement, est-il légitime de penser, concernant des phénomènes apparus après les abolitions, qu'il s'agit bien d'une forme d' esclavage à laquelle puisse être rajouté le qualificatif de « moderne » ? Il faut se demander, en effet, si le phénomène de l' esclavage a effectivement disparu dès lors que l'abolition lui a retiré un de ses attributs, la propriété. Selon la conception classique de la notion d' esclavage (cf. ...
suite, en interdisant l'achat et la vente d'individus. Enfin, s'agit-il ici de l'évolution d'une institution ancienne et dépassée parce que prohibée (laquelle cependant pour s'adapter au contexte contemporain aurait donné lieu à de nouvelles formes d'asservissement), ou bien l'abolition n'a-t-elle été en définitive que sémantique ?

39 Nous ne pouvons aborder cette réflexion sans insister sur le fait que l' esclavage en Tunisie avait pour particularité d'être essentiellement de type domestique, ce qui accentue l'ambigu ïté déjà existante entre esclavage et servitude. Ainsi, il faut rappeler que bien avant les abolitions les critères permettant, tant pour les Tunisiens de l'époque que pour les autorités coloniales, d'établir une distinction entre esclave et domestique étaient, dans certains cas, inexistants. Il ne s'agit pas de cas isolés car de nombreux documents d'archives montrent qu'après les abolitions des esclaves affranchis sont restés chez leur (ancien) maître, parfois même à vie, uniquement en contrepartie de l'habillement et de la nourriture. Autant dire que, pour un grand nombre d'entre eux, il n'y a pas eu de véritables changements.

40 C'est ainsi que depuis le XIXe siècle au moins, il existe une confusion entre l' esclavage dit « classique » et des formes identiques à ce que certains appellent aujourd'hui l'« esclavage moderne ». Est-il pour autant légitime de parler d' esclavage à la fois dans le premier cas, celui qui précède les abolitions, et dans le second, celui qui a servi à les contourner ? Le constat qu'un type d'asservissement d'hommes juridiquement libres existait déjà depuis des temps anciens — nous avons vu que le wala', exigeant de l'affranchi un certain nombre de devoirs et de travaux pour un patron, était une pratique pré-islamique —, mais aussi depuis des temps plus proches (aux XIXe et XXe siècles, suite aux abolitions) permet d'affirmer qu'il n'est pas approprié de le qualifier d' esclavage « moderne ». Et, de fait, il ne s'agit pas d'une forme nouvelle, « innovatrice » d'asservissement, mais bien d'une pratique qui, sous de multiples avatars, a existé de tout temps soit parce que l' esclavage en lui-même n'était pas nécessaire pour parvenir à ses fins (économiques ou politiques), soit pour contourner les lois venant à l'encontre d'une certaine « nature » humaine. Ainsi, comme le remarque Moses Finley (1981b : 56-57) : « Dans le contexte de l'histoire universelle, ce n'est en effet pas l' esclavage , mais le travail libre, le travail salarié, qui constitue la singularité [...]. La force de travail n'a pas été une marchandise qui put se vendre et s'acheter à part, abstraction faite de la personne du travailleur. Le travail au profit d'autrui s'est ordinairement accompli sous la contrainte, au sens strict du mot par suite d'une force ou d'un statut supérieurs, ou de conditions particulières comme l'endettement. » En effet : « Pour nous, le système du travail salarié libre va tellement de soi que nous tendons à oublier à quel point, en tant que système, il est un phénomène exceptionnel et récent [...]. Même dans le monde contemporain, des hommes qui en avaient le pouvoir n'ont ni hésité, ni répugné à en revenir à un système de travail forcé lorsque les circonstances l'exigeaient et le permettaient ; ils ont pour ce faire tout un éventail de moyens — le péonage, la mobilisation dans l'armée, les camps pénitentiaires, etc. [...]. » On voit donc ici à quel point il peut être douteux de parler d'« esclavage moderne » pour décrire des pratiques dont le type est peut-être même antérieur à l' esclavage en tant que phénomène historique (Bormans 1995 ; Finley 1984 : 172-194 ; Benveniste 1969 : 123-147 ; Althusser 1993 : 85-87).

Le phénomène du khamessat pourrait être décrit, si l'on applique la définition du BIT[Le rapport du BIT de 1993, comme un cas d'« esclavage pour dettes », plus généralement, comme une forme d'« esclavage moderne ». Le khamessat a cependant pour caractéristique tout comme le phénomène des mrubbin — qui pourrait être qualifié selon les mêmes critères de « travail forcé obligatoire » ou d'« esclavage d'enfants » —, de ne pas être une condition servile confirmée et reconnue juridiquement. Une autre caractéristique, et non des moindres, de ce phénomène est qu'il ne se transmet pas nécessairement par voie héréditaire au fil des générations, puisque le khammès en s'acquittant de sa dette peut se « libérer » du travail pour un propriétaire, et que le mrubbin à partir du moment où il se marie quitte définitivement la maison de sa famille adoptive. Ainsi, comme le remarque Roger Botte (2000 : 17), « [...] dans "l' esclavage moderne" qui n'est pas un système social spécifique mais un sous-produit du capitalisme, la condition reste purement individuelle [...] ». Et cela, contrairement à l' esclavage « classique » où le statut se transmet de façon héréditaire[55] [55] En droit musulman, l'esclave nouveau-né, est le « fruit »...
suite, institution qui implique également que le statut de l'esclave soit juridiquement reconnu et réglementé.



43 Ces quelques constats historiques et anthropologiques à propos du parcours des Noirs tunisiens permettent en partie d'éclairer certains questionnements quant à la nature réelle de ce que l'on nomme aujourd'hui « esclavage moderne ». En procédant à un va-et-vient entre ce que fut l' esclavage sous sa forme institutionnalisée et des figures de la dépendance antérieures à ce phénomène puis observables encore après les abolitions, il semble difficile de réunir toutes ces manifestations de l'exploitation de l'Homme sous une même appellation, sans distinction aucune. Aussi, le constat que certains phénomènes d'asservissement — tout à fait similaires à ceux dénoncés aujourd'hui par les organismes internationaux comme étant des pratiques « nouvelles » et récentes d' esclavage — sont parfois historiquement antérieurs à l' esclavage en tant qu'institution, permet d'avancer que le qualificatif de « moderne », usité pour opérer une distinction avec l' esclavage dit « classique », s'avère inapproprié d'un point de vue historique.

44 Autant il est nécessaire de dénoncer et de condamner les conditions de vie extrêmement dégradantes de milliers de personnes aujourd'hui dans le monde, caractérisées par la terreur, l'humiliation et les menaces, autant il paraît impératif de contrecarrer la tendance médiatique qui consiste à brandir en toute occasion la notion d'« esclavage » pour décrire, sans aucun fondement scientifique et sans mémoire historique, les phénomènes les plus divers.

45 École des hautes études en sciences sociales, Paris.
et si Dieu était un sous-chef et qu'il n'ait rien dit à son patron ? Gustave Parking

la liberté de culte c'est le droit qu'a chacun de prendre des décisions pour lui-même mais ça ne lui donne pas le droit d'utiliser son dogme pour contrôler les autres. Barry Lynn

Offended you are ? A shit I don't give !

tu as peur de notre savoir avoue le. Titine. 2013
Avatar de l’utilisateur
yacoub
Être-soi-meme
Être-soi-meme
Messages : 21935
Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
Contact :
Status : Hors-ligne

Re: Esclavage moderne en Arabie Saoudite

Message non lu par yacoub »

L'islam est une secte esclavagiste, Mahomet n'a jamais désiré ou voulu l'abolition de l’esclavage.

Certes les sociétés chrétiennes et juives étaient aussi esclavagistes mais au fil du temps elles sont devenues contre l'esclavagisme alors que l'abolition de l'esclavage a toujours été considéré comme une contrainte occidentales et le rêve de l'islam c'est sa restauration car la règle est:
Allah permet l'esclavage, il est donc haram de l'interdire.
caius
Caporal-chef Virtuel
Caporal-chef Virtuel
Messages : 253
Inscription : ven. 1 août 2008 08:00
Status : Hors-ligne

Re: Esclavage moderne en Arabie Saoudite

Message non lu par caius »

FFI: Ces histoires semblent sortir de films d'horreur. Cela me fait bouillir. Comment ces choses peuvent-elles se produire à notre époque et rester dans l‘ombre?

Johnson: Vous bouillez ? Que diriez-vous alors des deux prochains cas?

Un jolie jeune femme indonésienne de 23 ans a été si sauvagement torturée, mutilée et brûlée par son employeuse saoudienne qu'il est difficile de croire que les photos prises avant et après représentent la même personne. Bien que son employeuse ait été condamnée à trois ans de prison pour ce crime, elle a par la suite été libérée. Pendant ce temps, la femme de chambre ne sera jamais plus la même, quel que soit le nombre de pénible opérations qu’elle devra endurer.

La cour d'appel du Koweït a confirmé la condamnation à mort d’une femme au foyer pour le meurtre de sa bonne philippine mais a commué celle de son mari handicapé. Le couple battait régulièrement leur femme de chambre jusqu’à ce qu’elle perde la santé, ils l’ont emmenée dans le désert où ils l’ont jetée hors de la voiture et lui ont roulé dessus encore et encore jusqu'à ce qu'elle meure.

Nous ne sommes pas face à un dictateur cruel qui persécute une partie de la population de son pays, ni même face à une élite (indigène) hautaine abusant de son pouvoir sur un prolétariat (d'origine immigrée).

Ce n'est même pas de l'intolérance ou de la persécution religieuse puisque la plupart de ces travailleurs immigrés sont musulmans comme les indigènes.

Donc, le problème ne peut être imputé à l'Islam lui-même, pas même l'islam wahhabite "fondamentaliste" dominant en Arabie Saoudite, ni à un islam «radical» et «militant» comme celui d’Al-Qaïda.

Nous avons affaire à un racisme généralisé, sans complexe et violent dirigé contre quiconque n'est pas d'origine arabe.
Avatar de l’utilisateur
yacoub
Être-soi-meme
Être-soi-meme
Messages : 21935
Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
Contact :
Status : Hors-ligne

Re: Esclavage moderne en Arabie Saoudite

Message non lu par yacoub »

C'est vrai qu'il y a un snobisme arabe qui fait que même des Amazighs s'ils sont musulmans se cherchent des ancêtres arabes ainsi la Ministre de la culture Khalida Toumi qui est amazighe se prétend chérifa, c'est à dire descendante de Ali et de Fatima, la fille du gourou fou.

:shock:
Maried
Colonel Virtuel
Colonel Virtuel
Messages : 5882
Inscription : mer. 2 sept. 2009 15:19
Status : Hors-ligne

Re: Esclavage moderne en Arabie Saoudite

Message non lu par Maried »

"Qui n'empêche pas le mal le favorise"
Cicéron
_________________________________________________
ImageImageImage
ImageImage
Répondre