Commentaire général. C'est intéressant de chercher les points communs entre le bouddhisme et l'islam (je vois quelques points communs avec le soufisme, mais aussi des différences). Malgré tout, comme j'ai expliqué dans mon post précédent, j'estime qu'essayer de voir si bouddha est un prophète de l'islam est une tentative qui n'est pas très fructifiant (car, au fond, qu'est-ce que ça apporte au musulman de savoir si bouddha est prophète mentionné dans le Coran ou pas?), surtout à cause des différences de fond entre les deux systèmes de pensées. Mieux vaut voir les similitudes et divergences entre ces deux courants. Cela permet pour toi, par exemple, de mieux connaître ta religion.
Pour cette partie, j'ajoute un détail : l’idée d’un Dieu omnipotent est quasiment absente dans le bouddhisme. On doit comparer l'attitude au divin de bouddha avec celui des Épicuriens de la Grèce antique : il ne nie pas l'existence de dieux (hindous ici, mais ne l'affirme pas non plus). Il dit que ces dieux sont inutiles pour pouvoir atteindre l'éveil. De plus eux (les dieux selon bouddha), ne peuvent pas atteindre l'éveil, chose qui n'est accessible qu'à l'être humain. Donc, les trucs de prières à bouddha en fait ne sont que des adaptations aux croyances locales (car le bouddhiste de base, ne comprenant pas vraiment les enseignements de bouddha, y accède par les moyens les plus simples).Introduction au bouddhisme d’un point de vue islamique
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Bouddha n’est pas un Dieu omnipotent
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J'avais expliqué au post précédent qu'appeler bouddha prophète est un véritable abus de langage, car bouddha n'a rien d'un prophète tel que les religions révélées le conçoivent. Il est beaucoup plus similaire au gurû (sens neutre et non péjoratif du terme, voir le lien wiki), un maître spirituel qu'à un prophète : plus précisément, il est un gurû.Références au Bouddha dans le Coran
Au milieu du XXe siècle, l’érudit Hamid Abdul Qadir, dans son œuvre Bouddha le Grand : Sa vie et Sa philosophie (en arabe : Budha al-Akbar Hayatoh wa Falsaftoh) postule que le prophète Dhu’l-Kifl, signifiant « Celui de Kifl », dont il est fait mention deux fois dans le Coran (21.85 et 38.48) comme étant patient et bon, se réfère au Bouddha Shakyamouni. Bien que la plupart des érudits identifient Dhu’l-Kifl comme étant le prophète Ezéchiel, Qadir explique que « Kifl » est la forme arabisée de Kapila, Kapila étant la forme abrégée de Kapilavastu. Il suggère également que la mention coranique du figuier (96.1-5) se réfère aussi au Bouddha, car celui-ci atteignit l’illumination au pied d’un figuier. Certains érudits acceptent cette théorie et, pour étoffer cette position, attirent l’attention sur le fait qu’au onzième siècle, l’historien musulman indien, al-Biruni, se réfère au Bouddha comme à un prophète. D’autres, écartant ce dernier argument, expliquent qu’al-Biruni voulait tout simplement dire que les gens en Inde considéraient le Bouddha comme un prophète.
Certains érudits associent le futur Bouddha Maitreya, L’Aimant ou Le Miséricordieux dont la venue est prophétisée, avec le Prophète Mohamed (Mohammed) comme serviteur du Miséricordieux. Quoique les vérités dont le Bouddha a pris conscience sous le figuier ne soient pas décrites comme des révélations, de grands maîtres bouddhistes ont par la suite reçu des révélations de textes sacrés, comme ce fut le cas pour Asanga en Inde au IVe siècle, qui reçut des révélations directement de Maitreya, au Ciel de Tushita, le Ciel Empli de Joie.
Et notons que les figuiers mentionnés dans l'Ancien Testament, ou le Coran ne sont pas de la même espèce que le figuier qui se trouve en Inde, que l'on appelle l'arbre bodhi. Le premier figuier (figuier commun) prospère dans le bassin méditerranéen jusqu'en Asie Centrale (dont en terre d'Israël) et est connu pour ses fruits (j'adore manger des figues séchés
Sinon, pour comparer les deux figuiers dont les feuilles sont très différentes :
Figuier commun :
Figuier des pagodes ou arbre bodhi ou pipal :

Enfin, j'avais mentionné l'aspect eschatologique du bouddhisme comme une possible déformation ultérieure de sa doctrine. Donc, tous les trucs avec Maitreya et cie, je n'y crois pas. Je ne pourrais pas t'en dire plus ces points donc. Et en aucun cas, l'enseignement de bouddha doit se comprendre comme des révélations divines.
Cfr mes commentaires sur le dharma dans le premier postLes bouddhistes en tant que peuple du Livre
Les accomplissements du Bouddha et ses enseignements de techniques permettant aux autres d’atteindre les mêmes accomplissements spirituels, sont connus sous le nom de dharma, ce qui signifie littéralement en sanskrit « mesures préventives ». Ce sont des mesures à prendre et des méthodes à suivre afin d’éviter de causer de la souffrance à soi-même et aux autres. À partir du IIe s. av. J.-C., les exposés du Bouddha sur ce sujet, qui avaient été transmis oralement jusqu’alors, ont été mis par écrit sous la forme de textes scripturaux. Dans l’actuel Ouzbékistan et au nord de l’Aghanistan, là où les Arabes rencontrèrent pour la première fois des bouddhistes, les versions de ces textes les plus largement diffusées étaient des traductions en turc ancien et en sogdien. Dans ces langues, le mot dharma était traduit par nom, un mot emprunté au grec et qui signifie « loi ».
J'adhère plus ou moins au point de vue de spin pour le bouddhisme en Inde (pour les autres pays, je ne sais pas, mais les seuls pays où le bouddhisme coexiste avec l’islam sont ceux où l’islam s’est introduit de manière pacifique, sans l’intervention de guerriers conquérants). Dans les autres pays, il a été totalement éradiqué (par je ne sais quel moyen). Dans le texte, ils ont probablement confondu le bouddhisme avec l’hindouisme. Quant à savoir s'ils ont accordé au bouddhisme le statut de religion du Livre, je ne sais pas, mais cela ne l'a pas aidé si c'était le cas. Dans le cas indien, d'après tous les liens wiki que j'ai lu, il semblerait que les musulmans aient donné le coup de grâce au bouddhisme indien (qui est déjà en régression depuis les réformes de l'hindouisme par les brahmanes), notamment par la destruction de stupas.Le Coran enseignait la tolérance des religions du « peuple du Livre » – ce qui se référait au christianisme et au judaïsme. Mais quand les Arabes rencontrèrent le bouddhisme, et quoique ses adeptes n’aient pas été à strictement parler un « peuple du Livre », ils leur octroyèrent le même statut et les mêmes droits qu’aux chrétiens et juifs qui étaient sous leur domination. Les adeptes du bouddhisme étaient autorisés à suivre leur religion du moment que ses membres laïcs s’acquittaient d’un impôt par tête. Ainsi, le concept juridique de « peuple du Livre » semble avoir été élargi à ceux qui suivaient un ensemble de principes éthiques d’une plus haute autorité.
Liens en anglais (l'article en anglais est plus complet) :
Histoire du bouddhisme en Inde
Déclin du bouddhisme en Inde
Quelques rapides commentaires (désolée, pas le temps de détailler). Si tu veux plus de détails, va dans les posts des quatres vérités que j’ai mis dans le sujet du bouddhisme. En gros, ce qui est écrit ici est très vague, et donne des interprétations qui semblent un peu partiales (traduire, c’est trahir, comme on le dit). Au moins, c’est moins mal interprété que les autres interprétations que j’ai lu de la part des érudits non bouddhistes.Les fondamentaux de base du bouddhisme
Les Quatre Nobles Vérités
Je ne m’étend plus là-dessus. Si tu veux, on en discutera dans les sujets sur les quatre nobles vérités. Idem pour vacuité et interdépendance.
Je tique sur le mot « scientifique ». La doctrine de bouddha n’a rien de scientifique, bien qu’il explique selon des principes relativement rationnels le karma bouddhiste (qui est très différent du karma indien). Enfin, concernant le karma et la renaissance, je les expliquerai dans un autre post.Éthique et karma
Le Bouddha a tout particulièrement souligné l’importance d’avoir une éthique de vie ou de suivre des principes stricts de moralité. Il a dit qu’il faut essayer d’aider les autres et que, si ce n’est pas possible, il faut au moins essayer de ne pas leur faire de mal. Il a expliqué la base de l’éthique en termes de principes scientifiques de karma ou de causes et effets comportementaux. Le mot « karma » ne désigne pas le destin, mais se réfère aux impulsions qui motivent et accompagnent les actes physiques, verbaux et mentaux. Les impulsions d’agir positivement ou négativement surviennent à cause d’un conditionnement antérieur et conduisent à des situations où l’on fait l’expérience d’un certain niveau de bonheur ou de souffrance. Ces situations se manifesteront, soit dans cette vie, soit dans des vies futures.
Renaissance
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Fin du deuxième post (je commenterai la suite de l'article, ensuite je parlerai de karma et de renaissance).






