Fitna the Movie: Geert Wilders' film about the Quran Englis
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Re : Fitna the Movie: Geert Wilders' film about the Quran En
http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article346
FITNA, un embarras pour le gouvernement, et des retombées positives pour les musulmans - Ayaan Hirsi Ali
Fitna est un embarras pour le gouvernement néerlandais. En débattant de censure, le cabinet a donné une publicité mondiale au film. Il a aussi démontré qu’il ne protège pas la liberté d’expression. Le cabinet témoigne d’un respect hypocrite envers les musulmans, présumant qu’ils agiront tous comme des demi-bêtes irresponsables dénuées de raison. Wilders ne fait pas d’amalgames ; il présume que la majorité des Musulmans sont raisonnables et il les invite à un débat difficile mais nécessaire sur leur religion. - Ayaan Hirsi Ali
Traduction de Fitna Is an Embarrassment for the Dutch Cabinet, par Ayaan Hirsi Ali, Front Page Magazine, le 1er avril 2008.
La thèse centrale de Fitna est la suivante : le Coran commande aux musulmans de propager leur foi dans le monde entier, au moyen du djihad et de l’endoctrinement. Pour montrer que certains musulmans prennent ces édits littéralement, le film présente des images des attentats terroristes à New York et à Madrid. Dans le film, vous entendrez des extraits de sermons remplis de haine et des foules musulmanes qui acclament les prédicateurs.
Dans une scène, une fillette de trois ans apprend par cœur le Coran qui révèle que les Juifs sont des singes et des porcs. À la fin du film, on entend tout à coup le bruit d’une page être arrachée d’un livre, suivi d’un message indiquant que c’est une page d’un annuaire téléphonique, et non pas le Coran, et que c’est aux Musulmans de faire face à l’intolérance de leur Livre Saint.
Fitna est poli, mais Fitna est un grave embarras pour le gouvernement néerlandais. D’abord, parce que la quasi-totalité de la publicité pour le film provient du cabinet. Si, l’année dernière, le premier ministre avait réagi en disant : « nous ne pouvons pas réagir à un film qui n’a pas encore été diffusé et d’ici là, le cabinet ne prendra pas position », il n’y aurait pas eu de controverse mondiale larvée.
Des bêtes sauvages
Une deuxième raison pour laquelle le cabinet a gravement perdu la face, c’est qu’il a démontré qu’il met en danger la liberté d’expression. En agissant comme si c’était utile d’enquêter pour savoir si le film devait être interdit (que ce soit avant ou après sa diffusion), le cabinet a indûment renversé sa position constitutionnelle à l’égard de la deuxième chambre du Parlement.
Aux Pays-Bas, le cabinet gouverne et le Parlement contrôle le cabinet. En relation avec le député Wilders, cependant, le cabinet s’est incorrectement érigé en contrôleur. Le gouvernement néerlandais a activement cherché à faire taire un membre élu du parlement. Que l’opposition parlementaire ne soit pas intervenue contre cette effroyable tentative de censure est toutefois plus affligeant que ne pourrait l’être tout film sur l’islam.
Fitna a révélé l’image de méfiance envers les musulmans qu’entretient le cabinet chrétien-démocrate. Il considère les musulmans comme des demi-bêtes féroces (un peu comme Bokito, le plus célèbre gorille des Pays-Bas) qui vont sauter par dessus la clôture de la raison à la moindre provocation et perturber la paix publique dans leur frénésie collective.
Pour le cabinet, les Musulmans ne peuvent être tenus en échec que si on évite de les traiter comme des adultes responsables, de les contredire, de leur poser des questions difficiles au sujet de leur religion, et si on parle d’eux positivement ; tout en créant en même temps une myriade de plans d’intervention d’urgence pour des scénarios de crise parce qu’un film se trouve à parler de leur Livre Saint.
C’est comme dans le cas du gorille Bokito, qui a été mis derrière des barres élevées dans un zoo mais était fébrilement cajolé. Cette attitude est appelée le « respect » envers les musulmans. Je me demande ce que les musulmans pensent d’être vus de cette manière ?
Respect hypocrite
Qui insulte les musulmans ici ? Le député démocratiquement élu qui leur pose de douloureuses mais très pertinentes questions sur leur religion, ou le gouvernement néerlandais qui se méfie d’eux tout en avouant être respectueux de leur religion ?
M. Wilders a promis de lancer une campagne nationale de débats avec les musulmans après le lancement de son film. C’est plus respectueux envers les musulmans que toutes les prédictions de catastrophes sur leur tête. On peut présumer que le Musulman hollandais est raisonnable. Il vit dans un pays libre où il peut choisir de ne pas lire, écouter ou afficher des textes, des sons et des images qui lui sont déplaisants ou pénibles.
Le fait qu’il existe des personnes aux Pays-Bas tels que Mohammed Bouyeri qui choisissent de réagir avec une dague ne signifie pas que tous les musulmans aux Pays-Bas vont naturellement réagir de la sorte. Le cabinet ne peut pas confondre prématurément les 6% de musulmans qui sont caractérisés comme dangereux avec les autres 94%.
Au contraire, le cabinet devrait présenter aux musulmans les paroles que le sous-ministre Ahmed Aboutaleb, un musulman, a énoncées clairement dans le programme de télévision Pauw & Witteman : « les musulmans doivent réfléchir à la crainte suscitée par leur religion. La majorité des musulmans restent muets et ce n’est pas bon. Nous avons choisi les Pays-Bas précisément à cause de la liberté qui y prévaut. Ceci doit être dit. Les voix des musulmans qui prennent leur distance de l’extrémisme me manquent ». Ceci est la réaction appropriée à la question centrale de Fitna.
Contre-film
La déclaration officielle du gouvernement que le film Fitna n’apporte aucune contribution au débat social est donc factuellement inexacte. Fitna a déjà prouvé son utilité. Et la valeur dépasse les sages paroles de Aboutaleb. D’autres groupes islamiques aux Pays-Bas sont déjà occupés avec la création d’un contre-film. Un contre-film, et non des bains de sang ! Des mots contre des mots, des images contre des images. La provocation contribue donc à engager un véritable dialogue.
Il y a six ans, Aboutaleb estimait que poser des questions critiques sur l’islam équivalait à « uriner dans son propre nid ». Et maintenant il est le seul dans ce cabinet qui a apporté une réponse sensée. Sans poser des questions provocatrices, nous n’aurions jamais atteint ce point.
La réaction officielle du gouvernement néerlandais à Fitna est un aveu de faiblesse. Il est étrange que le premier ministre ait dit « attendez, de très mauvaises choses vont arriver ». Il semblerait presque qu’il espère que c’est ce qui va arriver, pour lui sauver la face. C’est tout aussi bizarre que les gens qui disent que maintenant, ils sont déçus. La question pour eux : qu’espéraient-ils réellement ?
Espérons que l’ensemble du cabinet endossera l’élégant point de vue du vice-ministre Ahmed Aboutaleb.
FITNA, un embarras pour le gouvernement, et des retombées positives pour les musulmans - Ayaan Hirsi Ali
Fitna est un embarras pour le gouvernement néerlandais. En débattant de censure, le cabinet a donné une publicité mondiale au film. Il a aussi démontré qu’il ne protège pas la liberté d’expression. Le cabinet témoigne d’un respect hypocrite envers les musulmans, présumant qu’ils agiront tous comme des demi-bêtes irresponsables dénuées de raison. Wilders ne fait pas d’amalgames ; il présume que la majorité des Musulmans sont raisonnables et il les invite à un débat difficile mais nécessaire sur leur religion. - Ayaan Hirsi Ali
Traduction de Fitna Is an Embarrassment for the Dutch Cabinet, par Ayaan Hirsi Ali, Front Page Magazine, le 1er avril 2008.
La thèse centrale de Fitna est la suivante : le Coran commande aux musulmans de propager leur foi dans le monde entier, au moyen du djihad et de l’endoctrinement. Pour montrer que certains musulmans prennent ces édits littéralement, le film présente des images des attentats terroristes à New York et à Madrid. Dans le film, vous entendrez des extraits de sermons remplis de haine et des foules musulmanes qui acclament les prédicateurs.
Dans une scène, une fillette de trois ans apprend par cœur le Coran qui révèle que les Juifs sont des singes et des porcs. À la fin du film, on entend tout à coup le bruit d’une page être arrachée d’un livre, suivi d’un message indiquant que c’est une page d’un annuaire téléphonique, et non pas le Coran, et que c’est aux Musulmans de faire face à l’intolérance de leur Livre Saint.
Fitna est poli, mais Fitna est un grave embarras pour le gouvernement néerlandais. D’abord, parce que la quasi-totalité de la publicité pour le film provient du cabinet. Si, l’année dernière, le premier ministre avait réagi en disant : « nous ne pouvons pas réagir à un film qui n’a pas encore été diffusé et d’ici là, le cabinet ne prendra pas position », il n’y aurait pas eu de controverse mondiale larvée.
Des bêtes sauvages
Une deuxième raison pour laquelle le cabinet a gravement perdu la face, c’est qu’il a démontré qu’il met en danger la liberté d’expression. En agissant comme si c’était utile d’enquêter pour savoir si le film devait être interdit (que ce soit avant ou après sa diffusion), le cabinet a indûment renversé sa position constitutionnelle à l’égard de la deuxième chambre du Parlement.
Aux Pays-Bas, le cabinet gouverne et le Parlement contrôle le cabinet. En relation avec le député Wilders, cependant, le cabinet s’est incorrectement érigé en contrôleur. Le gouvernement néerlandais a activement cherché à faire taire un membre élu du parlement. Que l’opposition parlementaire ne soit pas intervenue contre cette effroyable tentative de censure est toutefois plus affligeant que ne pourrait l’être tout film sur l’islam.
Fitna a révélé l’image de méfiance envers les musulmans qu’entretient le cabinet chrétien-démocrate. Il considère les musulmans comme des demi-bêtes féroces (un peu comme Bokito, le plus célèbre gorille des Pays-Bas) qui vont sauter par dessus la clôture de la raison à la moindre provocation et perturber la paix publique dans leur frénésie collective.
Pour le cabinet, les Musulmans ne peuvent être tenus en échec que si on évite de les traiter comme des adultes responsables, de les contredire, de leur poser des questions difficiles au sujet de leur religion, et si on parle d’eux positivement ; tout en créant en même temps une myriade de plans d’intervention d’urgence pour des scénarios de crise parce qu’un film se trouve à parler de leur Livre Saint.
C’est comme dans le cas du gorille Bokito, qui a été mis derrière des barres élevées dans un zoo mais était fébrilement cajolé. Cette attitude est appelée le « respect » envers les musulmans. Je me demande ce que les musulmans pensent d’être vus de cette manière ?
Respect hypocrite
Qui insulte les musulmans ici ? Le député démocratiquement élu qui leur pose de douloureuses mais très pertinentes questions sur leur religion, ou le gouvernement néerlandais qui se méfie d’eux tout en avouant être respectueux de leur religion ?
M. Wilders a promis de lancer une campagne nationale de débats avec les musulmans après le lancement de son film. C’est plus respectueux envers les musulmans que toutes les prédictions de catastrophes sur leur tête. On peut présumer que le Musulman hollandais est raisonnable. Il vit dans un pays libre où il peut choisir de ne pas lire, écouter ou afficher des textes, des sons et des images qui lui sont déplaisants ou pénibles.
Le fait qu’il existe des personnes aux Pays-Bas tels que Mohammed Bouyeri qui choisissent de réagir avec une dague ne signifie pas que tous les musulmans aux Pays-Bas vont naturellement réagir de la sorte. Le cabinet ne peut pas confondre prématurément les 6% de musulmans qui sont caractérisés comme dangereux avec les autres 94%.
Au contraire, le cabinet devrait présenter aux musulmans les paroles que le sous-ministre Ahmed Aboutaleb, un musulman, a énoncées clairement dans le programme de télévision Pauw & Witteman : « les musulmans doivent réfléchir à la crainte suscitée par leur religion. La majorité des musulmans restent muets et ce n’est pas bon. Nous avons choisi les Pays-Bas précisément à cause de la liberté qui y prévaut. Ceci doit être dit. Les voix des musulmans qui prennent leur distance de l’extrémisme me manquent ». Ceci est la réaction appropriée à la question centrale de Fitna.
Contre-film
La déclaration officielle du gouvernement que le film Fitna n’apporte aucune contribution au débat social est donc factuellement inexacte. Fitna a déjà prouvé son utilité. Et la valeur dépasse les sages paroles de Aboutaleb. D’autres groupes islamiques aux Pays-Bas sont déjà occupés avec la création d’un contre-film. Un contre-film, et non des bains de sang ! Des mots contre des mots, des images contre des images. La provocation contribue donc à engager un véritable dialogue.
Il y a six ans, Aboutaleb estimait que poser des questions critiques sur l’islam équivalait à « uriner dans son propre nid ». Et maintenant il est le seul dans ce cabinet qui a apporté une réponse sensée. Sans poser des questions provocatrices, nous n’aurions jamais atteint ce point.
La réaction officielle du gouvernement néerlandais à Fitna est un aveu de faiblesse. Il est étrange que le premier ministre ait dit « attendez, de très mauvaises choses vont arriver ». Il semblerait presque qu’il espère que c’est ce qui va arriver, pour lui sauver la face. C’est tout aussi bizarre que les gens qui disent que maintenant, ils sont déçus. La question pour eux : qu’espéraient-ils réellement ?
Espérons que l’ensemble du cabinet endossera l’élégant point de vue du vice-ministre Ahmed Aboutaleb.
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botchan
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Re: Re : Fitna the Movie: Geert Wilders' film about the Qura
L’article le plus pertinent que j’ai lu à présent sur le sujet. A noter que la position du gouvernement des Pays-Bas dans son ensemble est en complet décalage par rapport à l’opinion de sa population. Selon un sondage, 70% des Néerlandais considèrent que le film de Wilders n’est pas insultant pour les musulmans, et 44% que « l’islam veut détruire la civilisation occidentale ». (sondage rapporté également par Point de bascule : http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?breve418)
Un coup d’œil sur la presse (française et belge francophone) m’a donné l’impression qu’il existe un décalage semblable entre les journalistes, qui presque tous condamnent Fitna sans la moindre analyse des problèmes en jeu (parce que le film serait « d’extrême droite », ou « un appel à la violence », etc.) et les lecteurs, qui dans leur large majorité expriment des points de vue beaucoup plus réfléchis et documentés, tendant à mettre le doigt sur les dangers intrinsèques de l’islam, et rejoignant dans une large mesure ce qu’exprime ici Ayaan Hirsi Ali.
Un coup d’œil sur la presse (française et belge francophone) m’a donné l’impression qu’il existe un décalage semblable entre les journalistes, qui presque tous condamnent Fitna sans la moindre analyse des problèmes en jeu (parce que le film serait « d’extrême droite », ou « un appel à la violence », etc.) et les lecteurs, qui dans leur large majorité expriment des points de vue beaucoup plus réfléchis et documentés, tendant à mettre le doigt sur les dangers intrinsèques de l’islam, et rejoignant dans une large mesure ce qu’exprime ici Ayaan Hirsi Ali.
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Re : Fitna the Movie: Geert Wilders' film about the Quran En
Islamophobie» contre «islamofolie»?
Par Abdennour Bidar
Créé 29/03/2008 - 21:05
En agitant une fois de plus ces deux spectres antagonistes, l'actualité médiatique nous donne l'exemple d'un vrai-faux débat autour de l'islam. Il a suffi cette fois qu'un agitateur politique hollandais d'extrême droite brandisse la menace fantôme d'un documentaire-brûlot sur l'islam puis qu'un journaliste italien d'origine musulmane se convertisse sous les auspices du Vatican et témoigne contre le « mal » de sa religion d'origine, dans la grande tradition des... repentis de la mafia, pour qu'aussitôt nous soient resservies les thématiques très insuffisantes, voire parfaitement illusoires, grâce auxquelles il s'agirait de « penser la présence de l'islam en Europe ».
Deux questions se précipitent en effet sur toutes les lèvres, comme si elles étaient fondamentales. Un, est-il décidément impossible de critiquer l'islam (le documentaire en question ayant été mystérieusement empêché de diffusion) ?
Deux, l'islam n'est-il pas « par nature » une religion de la violence (thèse du « repenti » italien) ? Mais sur ce que valent réellement ces questions, qui pour s'interroger ? Qui pour prendre un peu de recul face à leur bien-fondé apparent ?
J'ai conscience – je le précise d'emblée – qu'en m'interrogeant ainsi de façon critique sur ces deux questions, en suspectant leur prétention de pertinence, je m'expose à la réaction immédiate de ceux qui voudront y voir une nouvelle preuve qu'on ne peut rien dire contre l'islam... Bref, voilà comment par le simple effet de buzz de deux dépêches d'agence au contenu squelettique – mais qui excitent terriblement les imaginations - refont surface et florès deux théories qu'il faudrait pourtant examiner avec la plus grande circonspection.
Première théorie, il serait totalement impossible de critiquer librement l'islam en Europe à cause de la présence d'une pieuvre islamiste aux ramifications étendues imposant par le chantage de la violence une « loi du silence » à tous les esprits libres – image fantasmatique d'une Europe «tenue par l'islamisme», paralysée de peur par une islamofolie meurtrière, constituée de noyaux terroristes actifs, nombreux, organisés et fanatisés par l'idée que le sacré se protège par la violence et qui menaceraient en permanence, dans son fondement même, notre principe de liberté d'expression.
Voyez, nous dit cette théorie, ce qu'ils ont fait à Théo Van Gogh et ce qu'ils aimeraient faire aux caricaturistes danois. Il ne s'agit pas pour moi de nier qu'il y a effectivement en Europe de tels fous furieux qui se disent musulmans (le fou ne se prend-il pas toujours pour Napoléon ?) et qui, même s'ils ne sont que quelques poignées, suffisent hélas à tuer et à menacer, contraignant chez nous Robert Redeker à continuer de se cacher. Je ne relativise pas ce danger. Je n'excuse à aucun degré cette violence.
Mais, combien de fois faudra-t-il le rappeler, les musulmans européens dans leur ensemble la refusent avec horreur et consternation en demandant explicitement qu'on la considère comme une dégénérescence de l'islam ? Les musulmans sont les premiers critiques de ces dérives meurtrières perpétrées au nom de leur religion. Par conséquent, il ne me semble pas du tout impossible de critiquer la violence perpétrée au nom de l'islam. Ni même, ce que je fais personnellement depuis des années, en proposant une façon de vivre l'islam lui-même qui soit débarrassée de ses archaïsmes. Simplement, je le reconnais volontiers, c'est là un exercice difficile : même si les musulmans européens condamnent la violence, l'islam demeure chez la plupart une foi qui n'a pas encore assez l'habitude d'être remise en cause, qui n'a pas encore réellement intégré le principe du droit de la raison à discuter la révélation et les autorités religieuses.
Culturellement, les musulmans restent extrêmement sensibles à tout ce qui peut leur apparaître comme « blasphème » - une catégorie théologique dont l'Europe sécularisée a presque perdu la notion. Alors certes les plus fanatiques prêts à tuer pour « défendre l'islam » ne sont ici qu'une infime minorité, mais la masse même des musulmans conserve sur tout ce qui touche à la religion une réactivité exacerbée. Le problème de fond est là : au-delà de la violence meurtrière de quelques uns (qui représente le danger immédiat contre lequel l'Europe doit se prémunir), c'est le rapport général des musulmans à l'islam qui doit encore évoluer vers plus de capacité critique et de sérénité.
Dans cette direction, il faut que l'effort soit mutuel : que de leur côté les musulmans s'émancipent de la tutelle des traditions, des coutumes, des représentations et réflexes anachroniques; que de l'autre l'Europe comprenne la difficulté de cette tâche pour des populations dont le rapport à l'islam est souvent le seul pilier ou refuge d'une identité malmenée par les difficultés d'intégration (pas seulement culturelles mais aussi économiques).
Deuxième théorie – sur laquelle je passerai plus rapidement – une islamophobie rampante s'ourdirait à partir des caves du Vatican, inspirant le discours de Ratisbonne et instrumentalisant la conversion de ce journaliste – éminemment symbolique pour qui voudrait effectivement affirmer la supériorité du christianisme sur l'islam et sa plus grande compatibilité avec notre modernité. « Voyez », nous dit à son tour cette deuxième théorie, « à quel point l'Europe refuse de toutes les fibres de son histoire et de ses héritages l'implantation sur son territoire de cet islam si étranger, implantation qu'elle subit comme une colonisation à l'envers et une croisade qui aurait lieu cette fois sur le sol d'Occident ». « Voyez à quel point l'Europe déteste l'islam et les musulmans », « Voyez à quel point l'Europe continue de traiter ses immigrés comme des étrangers qu'elle discrimine de mille et une façons »... L'islam en Europe serait ainsi ostracisé, et les musulmans immigrés continueraient d'être persécutés ouvertement ou insidieusement comme s'ils étaient marqués à jamais du sceau de l'exclusion. Nous ne sommes pas loin ici du trouble paranoïaque.
Or là encore, relativisons. Oui, il y a vis-à-vis des populations et des individus d'origine immigrée, notamment africaine, turque et maghrébine, un problème de racisme qui bloque l'intégration. Mais combien de fois faudra-t-il souligner qu'à côté de ses racistes, l'Europe compte surtout des millions d'hommes et de femmes éduqués dans l'ouverture à l'autre, quel qu'il soit, et la conviction que la valeur d'un individu est dans ses qualités morales, dans ses compétences, dans ses idéaux, indépendamment de sa couleur de peau ou de sa religion ? Et combien de fois faudra-t-il encore rappeler contre le préjugé d'islamophobie que les peuples d'Europe dans leur majorité n'ont pas de position aussi extrême sur l'islam lui-même, et ont la lucidité de comprendre que les problèmes posés par les populations immigrées d'origine musulmane tiennent moins à leur religion qu'à l'addition de leurs difficultés économiques et culturelles en général ?
Tentons donc de redonner à la situation sa juste appréciation. Il y a certainement en Europe des cellules terroristes où nichent des individus psychiatriquement atteints par le fanatisme islamiste. Il y a également un scepticisme relativement répandu vis-à-vis de l'islam chez les autres européens, relatif à sa capacité réelle de s'acclimater à la modernité. Mais tous ceux qui tiennent des bords extrêmes – les fanatiques de l'islam contre ses ennemis – ne constituent qu'une frange d'intolérance et de haine au regard de l'ensemble de nos sociétés. La plupart des musulmans européens vivent leur foi et leur culture de façon pacifique.
La plupart des européens non musulmans n'ont pas vis-à-vis de l'islam davantage de préjugés qu'ils n'en ont sur « la religion » en général. Pourquoi faudrait-il donc entrer dans le jeu qui consiste à systématiquement mettre en avant les positions les plus extrêmes sur le sujet, et faire comme s'il y avait actuellement en Europe une guerre entre pro-islam et anti-islam ? Une guerre entre ceux qui voudraient « islamiser l'Europe » le sabre entre les dents, et ceux qui brandissent l'étendard de la « défense de l'Occident chrétien » ? A qui profite de faire ainsi régner la psychose et d'entretenir les fantasmes les plus irrationnels ? Certainement pas à nos sociétés désireuses d'inventer un vivre-ensemble qui réponde au défi du multiculturalisme.
En tant qu'intellectuel musulman, je me sens trop souvent pris au piège de ce type de débats. On me demande en effet de réagir à ces deux « informations » – le documentaire que personne n'a vu (!) et l'anecdote montée en épingle de cette conversion personnelle – comme s'il s'agissait là d'une actualité capitale, qui serait particulièrement révélatrice de ce qui fait problème autour de l'islam et qui comme telle mériterait d'être portée à l'attention du public à longueur d'antenne et d'écrans consacrés à cette soi-disant guerre de l'islamophobie contre l'islamofolie.
Je me retrouve alors face au dilemme suivant : soit je commente l'information, et je rentre alors dans ce jeu du vrai-faux débat de société tandis que les vraies questions sur l'islam sont ailleurs; soit je laisse tomber, je garde le silence (atterré qu'une fois de plus la question de l'islam soit traitée de façon aussi réductrice), mais alors je perds une occasion de ramener les choses à leur juste proportion. Intervenir et par là même accentuer le buzz autour de quelque chose qui n'en vaut pas la peine, mais intervenir quand même pour contribuer à approfondir le débat en allant voir au-delà de cette actualité. Ou bien ne pas intervenir et par là même rester en accord avec moi-même et mon appréciation personnelle de la chose, tout en ayant conscience qu'en n'intervenant pas je laisse un peu plus libre cours au règne des préjugés ambiants.
Je tranche cette alternative en choisissant d'intervenir ici, pour tenter de mettre en lumière deux choses : tout d'abord, le caractère extrêmement polémogène de ce type d'informations – pas innocentes et à considérer avec précaution – qui ont pour effet d'exciter les positions les plus extrêmes en persuadant un peu plus les partisans d'une défense de l'Occident chrétien que l'islam est le nouvel « péril rouge » et en ulcérant dans le camp d'en face les tenants d'un islam radical que la place de leur religion ne se fera ici que par l'invasion et la force; ensuite, le fait que ces mêmes informations masquent trop ce qui est la véritable interrogation concernant l'islam d'Occident : va-t-il réussir la révolution culturelle dans laquelle il est engagé ici, qui lui fait prendre un peu plus chaque jour la voie de la liberté personnelle (de croire ou de ne pas croire, de se voiler ou pas, etc.), ou bien va-t-il revenir en arrière en se laissant emporter par la révolution conservatrice qu'on observe un peu partout dans le monde musulman ?
L'islam d'Europe est à mes yeux dans une situation exceptionnelle, ou plus précisément dans une matrice culturelle d'une fécondité dont on mesure encore très mal les effets. Il peut ici profondément se régénérer – trouver même le lieu d'une Renaissance – parce qu'il bénéficie de la stimulation morale, sociale et politique de notre continent sécularisé, et aussi parce qu'il hérite en même temps que tous les autres européens de la question extraordinairement riche et complexe du devenir de l'humanisme, question la plus décisive pour le destin de notre continent et à laquelle l'islam est appelé comme toutes nos autres ressources spirituelles et philosophiques à apporter sa contribution.
On est loin ici de la question des caricatures ou du vrai-faux documentaire...
Ayons conscience qu'en donnant une importance excessive aux représentations les plus radicales qui ont cours sur l'islam européen, notamment en le caricaturant comme « menace pour la liberté d'expression », « présence rétrograde et hostile à notre modernité », nous ne faisons pas justice aux efforts de millions de musulmans européens qui n'ont aucun problème de fond avec des valeurs – de liberté, d'égalité des sexes, de tolérance – qui sont tout autant les leurs que celles de tous.
Ayons conscience aussi, du côté musulman cette fois, qu'il est temps que chacun prenne ses responsabilités, c'est-à-dire accentue autour de lui le travail d'explication nécessaire pour aider les non musulmans à mieux faire la différence entre islam et islamisme, c'est-à-dire entre la vie spirituelle sereine et paisible et le fanatisme d'une religion pervertie par la violence. Pour que la terre appartienne aux hommes de bonne volonté, encore faut-il qu'ils prennent la parole en lieu et place des prêcheurs de haine.
Par Abdennour Bidar
Créé 29/03/2008 - 21:05
En agitant une fois de plus ces deux spectres antagonistes, l'actualité médiatique nous donne l'exemple d'un vrai-faux débat autour de l'islam. Il a suffi cette fois qu'un agitateur politique hollandais d'extrême droite brandisse la menace fantôme d'un documentaire-brûlot sur l'islam puis qu'un journaliste italien d'origine musulmane se convertisse sous les auspices du Vatican et témoigne contre le « mal » de sa religion d'origine, dans la grande tradition des... repentis de la mafia, pour qu'aussitôt nous soient resservies les thématiques très insuffisantes, voire parfaitement illusoires, grâce auxquelles il s'agirait de « penser la présence de l'islam en Europe ».
Deux questions se précipitent en effet sur toutes les lèvres, comme si elles étaient fondamentales. Un, est-il décidément impossible de critiquer l'islam (le documentaire en question ayant été mystérieusement empêché de diffusion) ?
Deux, l'islam n'est-il pas « par nature » une religion de la violence (thèse du « repenti » italien) ? Mais sur ce que valent réellement ces questions, qui pour s'interroger ? Qui pour prendre un peu de recul face à leur bien-fondé apparent ?
J'ai conscience – je le précise d'emblée – qu'en m'interrogeant ainsi de façon critique sur ces deux questions, en suspectant leur prétention de pertinence, je m'expose à la réaction immédiate de ceux qui voudront y voir une nouvelle preuve qu'on ne peut rien dire contre l'islam... Bref, voilà comment par le simple effet de buzz de deux dépêches d'agence au contenu squelettique – mais qui excitent terriblement les imaginations - refont surface et florès deux théories qu'il faudrait pourtant examiner avec la plus grande circonspection.
Première théorie, il serait totalement impossible de critiquer librement l'islam en Europe à cause de la présence d'une pieuvre islamiste aux ramifications étendues imposant par le chantage de la violence une « loi du silence » à tous les esprits libres – image fantasmatique d'une Europe «tenue par l'islamisme», paralysée de peur par une islamofolie meurtrière, constituée de noyaux terroristes actifs, nombreux, organisés et fanatisés par l'idée que le sacré se protège par la violence et qui menaceraient en permanence, dans son fondement même, notre principe de liberté d'expression.
Voyez, nous dit cette théorie, ce qu'ils ont fait à Théo Van Gogh et ce qu'ils aimeraient faire aux caricaturistes danois. Il ne s'agit pas pour moi de nier qu'il y a effectivement en Europe de tels fous furieux qui se disent musulmans (le fou ne se prend-il pas toujours pour Napoléon ?) et qui, même s'ils ne sont que quelques poignées, suffisent hélas à tuer et à menacer, contraignant chez nous Robert Redeker à continuer de se cacher. Je ne relativise pas ce danger. Je n'excuse à aucun degré cette violence.
Mais, combien de fois faudra-t-il le rappeler, les musulmans européens dans leur ensemble la refusent avec horreur et consternation en demandant explicitement qu'on la considère comme une dégénérescence de l'islam ? Les musulmans sont les premiers critiques de ces dérives meurtrières perpétrées au nom de leur religion. Par conséquent, il ne me semble pas du tout impossible de critiquer la violence perpétrée au nom de l'islam. Ni même, ce que je fais personnellement depuis des années, en proposant une façon de vivre l'islam lui-même qui soit débarrassée de ses archaïsmes. Simplement, je le reconnais volontiers, c'est là un exercice difficile : même si les musulmans européens condamnent la violence, l'islam demeure chez la plupart une foi qui n'a pas encore assez l'habitude d'être remise en cause, qui n'a pas encore réellement intégré le principe du droit de la raison à discuter la révélation et les autorités religieuses.
Culturellement, les musulmans restent extrêmement sensibles à tout ce qui peut leur apparaître comme « blasphème » - une catégorie théologique dont l'Europe sécularisée a presque perdu la notion. Alors certes les plus fanatiques prêts à tuer pour « défendre l'islam » ne sont ici qu'une infime minorité, mais la masse même des musulmans conserve sur tout ce qui touche à la religion une réactivité exacerbée. Le problème de fond est là : au-delà de la violence meurtrière de quelques uns (qui représente le danger immédiat contre lequel l'Europe doit se prémunir), c'est le rapport général des musulmans à l'islam qui doit encore évoluer vers plus de capacité critique et de sérénité.
Dans cette direction, il faut que l'effort soit mutuel : que de leur côté les musulmans s'émancipent de la tutelle des traditions, des coutumes, des représentations et réflexes anachroniques; que de l'autre l'Europe comprenne la difficulté de cette tâche pour des populations dont le rapport à l'islam est souvent le seul pilier ou refuge d'une identité malmenée par les difficultés d'intégration (pas seulement culturelles mais aussi économiques).
Deuxième théorie – sur laquelle je passerai plus rapidement – une islamophobie rampante s'ourdirait à partir des caves du Vatican, inspirant le discours de Ratisbonne et instrumentalisant la conversion de ce journaliste – éminemment symbolique pour qui voudrait effectivement affirmer la supériorité du christianisme sur l'islam et sa plus grande compatibilité avec notre modernité. « Voyez », nous dit à son tour cette deuxième théorie, « à quel point l'Europe refuse de toutes les fibres de son histoire et de ses héritages l'implantation sur son territoire de cet islam si étranger, implantation qu'elle subit comme une colonisation à l'envers et une croisade qui aurait lieu cette fois sur le sol d'Occident ». « Voyez à quel point l'Europe déteste l'islam et les musulmans », « Voyez à quel point l'Europe continue de traiter ses immigrés comme des étrangers qu'elle discrimine de mille et une façons »... L'islam en Europe serait ainsi ostracisé, et les musulmans immigrés continueraient d'être persécutés ouvertement ou insidieusement comme s'ils étaient marqués à jamais du sceau de l'exclusion. Nous ne sommes pas loin ici du trouble paranoïaque.
Or là encore, relativisons. Oui, il y a vis-à-vis des populations et des individus d'origine immigrée, notamment africaine, turque et maghrébine, un problème de racisme qui bloque l'intégration. Mais combien de fois faudra-t-il souligner qu'à côté de ses racistes, l'Europe compte surtout des millions d'hommes et de femmes éduqués dans l'ouverture à l'autre, quel qu'il soit, et la conviction que la valeur d'un individu est dans ses qualités morales, dans ses compétences, dans ses idéaux, indépendamment de sa couleur de peau ou de sa religion ? Et combien de fois faudra-t-il encore rappeler contre le préjugé d'islamophobie que les peuples d'Europe dans leur majorité n'ont pas de position aussi extrême sur l'islam lui-même, et ont la lucidité de comprendre que les problèmes posés par les populations immigrées d'origine musulmane tiennent moins à leur religion qu'à l'addition de leurs difficultés économiques et culturelles en général ?
Tentons donc de redonner à la situation sa juste appréciation. Il y a certainement en Europe des cellules terroristes où nichent des individus psychiatriquement atteints par le fanatisme islamiste. Il y a également un scepticisme relativement répandu vis-à-vis de l'islam chez les autres européens, relatif à sa capacité réelle de s'acclimater à la modernité. Mais tous ceux qui tiennent des bords extrêmes – les fanatiques de l'islam contre ses ennemis – ne constituent qu'une frange d'intolérance et de haine au regard de l'ensemble de nos sociétés. La plupart des musulmans européens vivent leur foi et leur culture de façon pacifique.
La plupart des européens non musulmans n'ont pas vis-à-vis de l'islam davantage de préjugés qu'ils n'en ont sur « la religion » en général. Pourquoi faudrait-il donc entrer dans le jeu qui consiste à systématiquement mettre en avant les positions les plus extrêmes sur le sujet, et faire comme s'il y avait actuellement en Europe une guerre entre pro-islam et anti-islam ? Une guerre entre ceux qui voudraient « islamiser l'Europe » le sabre entre les dents, et ceux qui brandissent l'étendard de la « défense de l'Occident chrétien » ? A qui profite de faire ainsi régner la psychose et d'entretenir les fantasmes les plus irrationnels ? Certainement pas à nos sociétés désireuses d'inventer un vivre-ensemble qui réponde au défi du multiculturalisme.
En tant qu'intellectuel musulman, je me sens trop souvent pris au piège de ce type de débats. On me demande en effet de réagir à ces deux « informations » – le documentaire que personne n'a vu (!) et l'anecdote montée en épingle de cette conversion personnelle – comme s'il s'agissait là d'une actualité capitale, qui serait particulièrement révélatrice de ce qui fait problème autour de l'islam et qui comme telle mériterait d'être portée à l'attention du public à longueur d'antenne et d'écrans consacrés à cette soi-disant guerre de l'islamophobie contre l'islamofolie.
Je me retrouve alors face au dilemme suivant : soit je commente l'information, et je rentre alors dans ce jeu du vrai-faux débat de société tandis que les vraies questions sur l'islam sont ailleurs; soit je laisse tomber, je garde le silence (atterré qu'une fois de plus la question de l'islam soit traitée de façon aussi réductrice), mais alors je perds une occasion de ramener les choses à leur juste proportion. Intervenir et par là même accentuer le buzz autour de quelque chose qui n'en vaut pas la peine, mais intervenir quand même pour contribuer à approfondir le débat en allant voir au-delà de cette actualité. Ou bien ne pas intervenir et par là même rester en accord avec moi-même et mon appréciation personnelle de la chose, tout en ayant conscience qu'en n'intervenant pas je laisse un peu plus libre cours au règne des préjugés ambiants.
Je tranche cette alternative en choisissant d'intervenir ici, pour tenter de mettre en lumière deux choses : tout d'abord, le caractère extrêmement polémogène de ce type d'informations – pas innocentes et à considérer avec précaution – qui ont pour effet d'exciter les positions les plus extrêmes en persuadant un peu plus les partisans d'une défense de l'Occident chrétien que l'islam est le nouvel « péril rouge » et en ulcérant dans le camp d'en face les tenants d'un islam radical que la place de leur religion ne se fera ici que par l'invasion et la force; ensuite, le fait que ces mêmes informations masquent trop ce qui est la véritable interrogation concernant l'islam d'Occident : va-t-il réussir la révolution culturelle dans laquelle il est engagé ici, qui lui fait prendre un peu plus chaque jour la voie de la liberté personnelle (de croire ou de ne pas croire, de se voiler ou pas, etc.), ou bien va-t-il revenir en arrière en se laissant emporter par la révolution conservatrice qu'on observe un peu partout dans le monde musulman ?
L'islam d'Europe est à mes yeux dans une situation exceptionnelle, ou plus précisément dans une matrice culturelle d'une fécondité dont on mesure encore très mal les effets. Il peut ici profondément se régénérer – trouver même le lieu d'une Renaissance – parce qu'il bénéficie de la stimulation morale, sociale et politique de notre continent sécularisé, et aussi parce qu'il hérite en même temps que tous les autres européens de la question extraordinairement riche et complexe du devenir de l'humanisme, question la plus décisive pour le destin de notre continent et à laquelle l'islam est appelé comme toutes nos autres ressources spirituelles et philosophiques à apporter sa contribution.
On est loin ici de la question des caricatures ou du vrai-faux documentaire...
Ayons conscience qu'en donnant une importance excessive aux représentations les plus radicales qui ont cours sur l'islam européen, notamment en le caricaturant comme « menace pour la liberté d'expression », « présence rétrograde et hostile à notre modernité », nous ne faisons pas justice aux efforts de millions de musulmans européens qui n'ont aucun problème de fond avec des valeurs – de liberté, d'égalité des sexes, de tolérance – qui sont tout autant les leurs que celles de tous.
Ayons conscience aussi, du côté musulman cette fois, qu'il est temps que chacun prenne ses responsabilités, c'est-à-dire accentue autour de lui le travail d'explication nécessaire pour aider les non musulmans à mieux faire la différence entre islam et islamisme, c'est-à-dire entre la vie spirituelle sereine et paisible et le fanatisme d'une religion pervertie par la violence. Pour que la terre appartienne aux hommes de bonne volonté, encore faut-il qu'ils prennent la parole en lieu et place des prêcheurs de haine.
"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928
https://www.facebook.com/georges.hulot.18
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Re : Fitna the Movie: Geert Wilders' film about the Quran En
@ Latino95
Mohamed Sifaoui, dans la citation reproduite, pense sans doute à lui-même et à une poignée de ses semblables. Et puis je ne sais pas ce qu’est un "mauvais" amalgame. En est-il de bons ?
Il n’y a pas à être désolé, qui ne dit rien consent. C’est une évidence. Wafa Sultan n’a cessé de dénoncer les muzz qui acquiescent par leur silence. Ils sont complices.
Victorien
Mohamed Sifaoui, dans la citation reproduite, pense sans doute à lui-même et à une poignée de ses semblables. Et puis je ne sais pas ce qu’est un "mauvais" amalgame. En est-il de bons ?
Il n’y a pas à être désolé, qui ne dit rien consent. C’est une évidence. Wafa Sultan n’a cessé de dénoncer les muzz qui acquiescent par leur silence. Ils sont complices.
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Re : Fitna the Movie: Geert Wilders' film about the Quran En
A Ben Laden, e.v., par Régis Debray
LE MONDE | 10.04.08 | 13h49 • Mis à jour le 10.04.08 | 13h49
Monsieur,
Vous avez adressé le 19 mars dernier une missive aux "êtres d'intelligence" de l'Union européenne, leur demandant des comptes pour la publication des caricatures danoises de Mahomet. Toute lettre mérite réponse. Votre boîte courriel est saturée, et le temps me manque pour faire un saut au Nord-Waziristan afin de vous remettre la mienne en mains propres. Le Monde fera pigeon voyageur.
Pourquoi vous en prendre aux Européens ? En se rangeant sous la houlette américaine, à la rescousse d'un gouvernement parachuté par Washington, ces braves gens se sont, en Afghanistan, mis à votre service.
Cette coalition chrétienne (avec un appoint turc), ignorant tout des langues, des moeurs et de l'histoire de ce pays, ne fait pas qu'abonder ainsi dans le sens du choc des civilisations qu'elle dénonce à domicile. Elle produira, comme toute occupation étrangère, avec ses exactions et ses victimes civiles, un sursaut national et tribal, qui remet déjà en selle vos amis, les talibans, auxquels nous remettons bêtement le drapeau de l'indépendance. Les Afghans ont toujours fini par expulser leurs envahisseurs, Britanniques, Soviétiques et demain Otaniens. L'Algérie et le Vietnam n'ont rien appris à nos élites, dont les repentances ont toujours cinquante ans de retard. Cette guerre coloniale, contre-productive, idiote et perdue d'avance, devrait combler vos voeux, voire les craintes de M. Huntington. Telle est la noire ironie de l'histoire. Si l'humour n'est pas votre fort, ni la mansuétude, un artiste démolisseur devrait au moins goûter les paradoxes stratégiques du choc en retour.
Venons-en aux caricatures. Vous y voyez "une insulte et un crime pire que de tuer femmes et enfants dans les villages musulmans". Je ne sache pas qu'on puisse comparer une violence visuelle avec une violence physique. Un dessin bête et méchant avec l'égorgement d'un prisonnier face caméra. Complétez votre information juridique.
Si tuer des êtres désarmés est partout un crime (alors qu'un dessin ne fait pas mort d'homme), le blasphème (paroles, écrits ou images insultant Dieu) comme le sacrilège (profanation en actes de lieux, d'objets ou de personnes) restent des crimes ou des délits dans la législation de maints pays européens, mais non pas en Belgique et en France (sauf en Alsace-Lorraine).
L'Union européenne est là-dessus heureusement désunie. Ne demandez pas aux Français d'expier un crime qu'ils méconnaissent, dans un pays où, depuis 1789, "nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses", et, ajouterons-nous, même antireligieuses.
Que de vertus vous leur faites haïr, à vos sicaires, en jouant sur la sensibilité des musulmans. Quant au chefd' "injure envers un groupe de personnes en raison de leur religion", ou encore de diffamation, il est de fait retenu par notre loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse (art. 29, alinéa 2). Nos tribunaux ont statué que ces dessins, certes irrévérencieux, voire outrageants, ne visaient que les obscurantistes et les auteurs terroristes d'attentats-suicides abusant du nom du Prophète. Vous ne pouvez tenir cela pour une diffamation, puisque ces attentats, vous les revendiquez.
Venons-en au fond. Il y a plus d'une civilisation sur notre planète, et c'est heureux. Dans la nôtre, et même si ces dessins danois sont d'une navrante platitude, la caricature est un art ancestral, issu des grotesques, des gargouilles et des masques médiévaux, et un art du peuple, conquis, comme le journal, de haute lutte. Venez donc voir l'exposition Daumier. Dans la vôtre, la tradition, sinon le Coran, muet sur le sujet, interdit les images, et de Dieu plus encore (le Décalogue aussi). C'est un fait. Respectons cette liberté. Et les décalages chronologiques entre nos cultures respectives et toutes respectables. Le mot de caricature date chez nous du XVIe siècle, avec Annibal Carrache, et il faut du temps pour décoller la création artistique de l'édification morale. En tout cas, personne ne force un croyant à acheter un journal ou un livre, mais si Mahomet était caricaturé en grand sur la place de la Concorde, vous seriez en droit de protester : il y aurait alors viol des consciences.
La liberté d'expression n'est nulle part sans rivages. Le dessinateur israélien exclut de ses caricatures la Shoah ; le marocain, le roi ; et le français, maints sujets tabous. Toute culture a ses points de sacralité. Raison de plus pour éviter le sacré unique. Vous ne voulez pas d'un Occident universel ? Soit, et nous non plus, d'un Islam universel. Internet aidant, nous voilà tous, droits-de-l'hommistes et islamistes, colocataires de la maison humaine. Entre voisins de palier, le tact s'impose. Une certaine retenue, comme celle de notre Plantu national, qui ne s'occupe pas de ce qui se passe au Ciel et ne brocarde jamais les Prophètes, mais seulement les barbus. Et gardons-nous d'une police internationale des images, qui installerait une dictature de l'euphémisme.
Je doute qu'un simple pacte de courtoisie inter-civilisations, qui éviterait qu'on ne jette, de part et d'autre, de l'huile sur le feu sacré, rencontre votre agrément, mais pour la régie des espaces communs, un candide pas très malin ne voit pas meilleure maxime que le "ne faisons pas à autrui ce qu'on ne voudrait pas qu'il nous fasse".
C'est un cliché, mais rassurez-vous, Confucius l'avait dit avant Jésus-Christ. Les fous de Dieu, voyez-vous, ont un calmant à portée de main : la sagesse des nations. Pensez-y. Elle l'emporte toujours, en fin de compte, sur nos folies.
--------------------------------------------------------------------------------
Régis Debray, écrivain, est directeur de la revue "MediuM".
Article paru dans l'édition du 11.04.08
LE MONDE | 10.04.08 | 13h49 • Mis à jour le 10.04.08 | 13h49
Monsieur,
Vous avez adressé le 19 mars dernier une missive aux "êtres d'intelligence" de l'Union européenne, leur demandant des comptes pour la publication des caricatures danoises de Mahomet. Toute lettre mérite réponse. Votre boîte courriel est saturée, et le temps me manque pour faire un saut au Nord-Waziristan afin de vous remettre la mienne en mains propres. Le Monde fera pigeon voyageur.
Pourquoi vous en prendre aux Européens ? En se rangeant sous la houlette américaine, à la rescousse d'un gouvernement parachuté par Washington, ces braves gens se sont, en Afghanistan, mis à votre service.
Cette coalition chrétienne (avec un appoint turc), ignorant tout des langues, des moeurs et de l'histoire de ce pays, ne fait pas qu'abonder ainsi dans le sens du choc des civilisations qu'elle dénonce à domicile. Elle produira, comme toute occupation étrangère, avec ses exactions et ses victimes civiles, un sursaut national et tribal, qui remet déjà en selle vos amis, les talibans, auxquels nous remettons bêtement le drapeau de l'indépendance. Les Afghans ont toujours fini par expulser leurs envahisseurs, Britanniques, Soviétiques et demain Otaniens. L'Algérie et le Vietnam n'ont rien appris à nos élites, dont les repentances ont toujours cinquante ans de retard. Cette guerre coloniale, contre-productive, idiote et perdue d'avance, devrait combler vos voeux, voire les craintes de M. Huntington. Telle est la noire ironie de l'histoire. Si l'humour n'est pas votre fort, ni la mansuétude, un artiste démolisseur devrait au moins goûter les paradoxes stratégiques du choc en retour.
Venons-en aux caricatures. Vous y voyez "une insulte et un crime pire que de tuer femmes et enfants dans les villages musulmans". Je ne sache pas qu'on puisse comparer une violence visuelle avec une violence physique. Un dessin bête et méchant avec l'égorgement d'un prisonnier face caméra. Complétez votre information juridique.
Si tuer des êtres désarmés est partout un crime (alors qu'un dessin ne fait pas mort d'homme), le blasphème (paroles, écrits ou images insultant Dieu) comme le sacrilège (profanation en actes de lieux, d'objets ou de personnes) restent des crimes ou des délits dans la législation de maints pays européens, mais non pas en Belgique et en France (sauf en Alsace-Lorraine).
L'Union européenne est là-dessus heureusement désunie. Ne demandez pas aux Français d'expier un crime qu'ils méconnaissent, dans un pays où, depuis 1789, "nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses", et, ajouterons-nous, même antireligieuses.
Que de vertus vous leur faites haïr, à vos sicaires, en jouant sur la sensibilité des musulmans. Quant au chefd' "injure envers un groupe de personnes en raison de leur religion", ou encore de diffamation, il est de fait retenu par notre loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse (art. 29, alinéa 2). Nos tribunaux ont statué que ces dessins, certes irrévérencieux, voire outrageants, ne visaient que les obscurantistes et les auteurs terroristes d'attentats-suicides abusant du nom du Prophète. Vous ne pouvez tenir cela pour une diffamation, puisque ces attentats, vous les revendiquez.
Venons-en au fond. Il y a plus d'une civilisation sur notre planète, et c'est heureux. Dans la nôtre, et même si ces dessins danois sont d'une navrante platitude, la caricature est un art ancestral, issu des grotesques, des gargouilles et des masques médiévaux, et un art du peuple, conquis, comme le journal, de haute lutte. Venez donc voir l'exposition Daumier. Dans la vôtre, la tradition, sinon le Coran, muet sur le sujet, interdit les images, et de Dieu plus encore (le Décalogue aussi). C'est un fait. Respectons cette liberté. Et les décalages chronologiques entre nos cultures respectives et toutes respectables. Le mot de caricature date chez nous du XVIe siècle, avec Annibal Carrache, et il faut du temps pour décoller la création artistique de l'édification morale. En tout cas, personne ne force un croyant à acheter un journal ou un livre, mais si Mahomet était caricaturé en grand sur la place de la Concorde, vous seriez en droit de protester : il y aurait alors viol des consciences.
La liberté d'expression n'est nulle part sans rivages. Le dessinateur israélien exclut de ses caricatures la Shoah ; le marocain, le roi ; et le français, maints sujets tabous. Toute culture a ses points de sacralité. Raison de plus pour éviter le sacré unique. Vous ne voulez pas d'un Occident universel ? Soit, et nous non plus, d'un Islam universel. Internet aidant, nous voilà tous, droits-de-l'hommistes et islamistes, colocataires de la maison humaine. Entre voisins de palier, le tact s'impose. Une certaine retenue, comme celle de notre Plantu national, qui ne s'occupe pas de ce qui se passe au Ciel et ne brocarde jamais les Prophètes, mais seulement les barbus. Et gardons-nous d'une police internationale des images, qui installerait une dictature de l'euphémisme.
Je doute qu'un simple pacte de courtoisie inter-civilisations, qui éviterait qu'on ne jette, de part et d'autre, de l'huile sur le feu sacré, rencontre votre agrément, mais pour la régie des espaces communs, un candide pas très malin ne voit pas meilleure maxime que le "ne faisons pas à autrui ce qu'on ne voudrait pas qu'il nous fasse".
C'est un cliché, mais rassurez-vous, Confucius l'avait dit avant Jésus-Christ. Les fous de Dieu, voyez-vous, ont un calmant à portée de main : la sagesse des nations. Pensez-y. Elle l'emporte toujours, en fin de compte, sur nos folies.
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Régis Debray, écrivain, est directeur de la revue "MediuM".
Article paru dans l'édition du 11.04.08
"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
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"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
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Re : Fitna the Movie: Geert Wilders' film about the Quran En
Geert Wilders est libre de dire que le Coran est « un livre fasciste » et de traiter Mahomet de « barbare ». C'est ce qu'a statué un juge de La Haye, aux Pays-Bas, lundi 7 avril. Il a estimé que le député n'avait pas enfreint la loi qui interdit d'encourager la haine ou la violence dans son film intitulé Fitna.
Dans son jugement, la cour a invoqué le principe fondamental de la liberté d'expression. Elle reconnaît que les formulations choisies par le député sont provocantes, mais refuse d'admettre qu'il a lancé un appel à la haine ou à la violence.
La Fédération islamique des Pays-Bas avait porté plainte contre Geert Wilders et son film mis sur Internet le 28 mars. Elle voulait obliger le député à s'excuser pour ses déclarations, notamment pour avoir comparé le Coran à Mein Kampf d'Adolf Hitler.
Elle demandait en outre au tribunal de l'empêcher d'insulter les musulmans par écrit, dans un film ou de vive voix.
Mais le juge a refusé. Il a écrit, dans son jugement, qu'une interdiction générale de faire des déclarations dans le futur portait atteinte à la liberté d'expression du défendeur et se comparaît à une censure préventive. Selon le juge, un député comme Geert Wilders doit pouvoir exprimer ses opinions, parfois dans des termes crus.
Dans son jugement, la cour a invoqué le principe fondamental de la liberté d'expression. Elle reconnaît que les formulations choisies par le député sont provocantes, mais refuse d'admettre qu'il a lancé un appel à la haine ou à la violence.
La Fédération islamique des Pays-Bas avait porté plainte contre Geert Wilders et son film mis sur Internet le 28 mars. Elle voulait obliger le député à s'excuser pour ses déclarations, notamment pour avoir comparé le Coran à Mein Kampf d'Adolf Hitler.
Elle demandait en outre au tribunal de l'empêcher d'insulter les musulmans par écrit, dans un film ou de vive voix.
Mais le juge a refusé. Il a écrit, dans son jugement, qu'une interdiction générale de faire des déclarations dans le futur portait atteinte à la liberté d'expression du défendeur et se comparaît à une censure préventive. Selon le juge, un député comme Geert Wilders doit pouvoir exprimer ses opinions, parfois dans des termes crus.
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Re : Fitna the Movie: Geert Wilders' film about the Quran En
UE - De tout coeur avec l’islam contre Geert Wilders
samedi 29 mars 2008
Leur Europe de tout cœur avec l’islam contre Geert Wilders
Yves Daoudal (http://yvesdaoudal.hautetfort.com)
La présidence slovène de l’Union européenne dénonce dans un communiqué le film Fitna de Geert Wilders. La présidence de l’UE « soutient pleinement » le gouvernement néerlandais. Ce film ne fait qu’« inciter à la haine », dit-elle, ajoutant : « Ce n’est pas par la violence mais par un dialogue ouvert protégé par la liberté d’expression que la compréhension mutuelle peut être approfondie et le respect mutuel établi. »
[On notera une fois de plus le renversement de la réalité : c’est Geert Wilders qui incite à la haine et qui fait preuve de violence quand il donne les preuves de la haine et de la violence que contient le Coran
Le Conseil de l’Europe, y est allé lui aussi de son couplet, inversant lui aussi sans vergogne la réalité. Le communiqué signé par Terry Davis et Maud de Boer-Buquicchio mérite d’être lu in extenso :
Le film du responsable politique néerlandais Geert Wilders est une déplaisante manipulation qui exploite l’ignorance, les préjugés et la peur. Ce film est purement et simplement de la propagande politique et fait le jeu des extrémistes auxquels il donne un rôle de premier plan. Il indignera la vaste majorité des personnes de confession islamique en Europe qui rejettent la violence et acceptent nos valeurs communes.
En tant que Secrétaire Général et Secrétaire Générale Adjointe du Conseil de l’Europe, qui est le garant de la Convention européenne des Droits de l’Homme, nous défendons la liberté d’expression mais, en l’occurrence, nous le faisons en éprouvant beaucoup de déception et d’inquiétude. C’est un triste jour pour la démocratie européenne lorsque les principes absolument fondamentaux sur lesquels elle repose servent à propager l’intolérance et des stéréotypes profondément offensants.
Dans toutes les communautés, la grande majorité des citoyens européens, qu’ils soient croyants ou non, ont foi dans le dialogue, le respect mutuel et les valeurs de l’Europe. Nous appelons tous nos concitoyens européens à se joindre à nous pour rejeter cette image offensante et déformée de l’Islam. » On reconnaît ici les procédés habituels qui ont tant servi, par exemple contre Le Pen (« une manipulation qui exploite l’ignorance, les préjugés et la peur »).
Mais c’est surtout une sorte d’hymne pathétique à la dhimmitude. On connaissait ce genre de prose en Orient : c’est le ton habituel des déclarations des responsables chrétiens quand il y a un problème. Parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce qu’ils n’ont pas la liberté de faire autrement. Parce qu’ils doivent prévenir les représailles sur leurs coreligionnaires. On fait profil bas, on courbe l’échine et on dénonce le provocateur…
Le fait que des responsables européens en soient à utiliser le même langage est une terrible illustration de leur soumission à l’islam : une soumission préventive, qui est une preuve terrifiante de la pertinence du film de Geert Wilders.
samedi 29 mars 2008
Leur Europe de tout cœur avec l’islam contre Geert Wilders
Yves Daoudal (http://yvesdaoudal.hautetfort.com)
La présidence slovène de l’Union européenne dénonce dans un communiqué le film Fitna de Geert Wilders. La présidence de l’UE « soutient pleinement » le gouvernement néerlandais. Ce film ne fait qu’« inciter à la haine », dit-elle, ajoutant : « Ce n’est pas par la violence mais par un dialogue ouvert protégé par la liberté d’expression que la compréhension mutuelle peut être approfondie et le respect mutuel établi. »
[On notera une fois de plus le renversement de la réalité : c’est Geert Wilders qui incite à la haine et qui fait preuve de violence quand il donne les preuves de la haine et de la violence que contient le Coran
Le Conseil de l’Europe, y est allé lui aussi de son couplet, inversant lui aussi sans vergogne la réalité. Le communiqué signé par Terry Davis et Maud de Boer-Buquicchio mérite d’être lu in extenso :
Le film du responsable politique néerlandais Geert Wilders est une déplaisante manipulation qui exploite l’ignorance, les préjugés et la peur. Ce film est purement et simplement de la propagande politique et fait le jeu des extrémistes auxquels il donne un rôle de premier plan. Il indignera la vaste majorité des personnes de confession islamique en Europe qui rejettent la violence et acceptent nos valeurs communes.
En tant que Secrétaire Général et Secrétaire Générale Adjointe du Conseil de l’Europe, qui est le garant de la Convention européenne des Droits de l’Homme, nous défendons la liberté d’expression mais, en l’occurrence, nous le faisons en éprouvant beaucoup de déception et d’inquiétude. C’est un triste jour pour la démocratie européenne lorsque les principes absolument fondamentaux sur lesquels elle repose servent à propager l’intolérance et des stéréotypes profondément offensants.
Dans toutes les communautés, la grande majorité des citoyens européens, qu’ils soient croyants ou non, ont foi dans le dialogue, le respect mutuel et les valeurs de l’Europe. Nous appelons tous nos concitoyens européens à se joindre à nous pour rejeter cette image offensante et déformée de l’Islam. » On reconnaît ici les procédés habituels qui ont tant servi, par exemple contre Le Pen (« une manipulation qui exploite l’ignorance, les préjugés et la peur »).
Mais c’est surtout une sorte d’hymne pathétique à la dhimmitude. On connaissait ce genre de prose en Orient : c’est le ton habituel des déclarations des responsables chrétiens quand il y a un problème. Parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce qu’ils n’ont pas la liberté de faire autrement. Parce qu’ils doivent prévenir les représailles sur leurs coreligionnaires. On fait profil bas, on courbe l’échine et on dénonce le provocateur…
Le fait que des responsables européens en soient à utiliser le même langage est une terrible illustration de leur soumission à l’islam : une soumission préventive, qui est une preuve terrifiante de la pertinence du film de Geert Wilders.

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Re : Fitna the Movie: Geert Wilders' film about the Quran En
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1731/Islam/a ... dais.dhtml
Le procureur général d'Amman a retenu mardi cinq chefs d'accusations à l'encontre du député néerlandais Geert Wilders pour son film anti-islam mis en ligne en mars sur internet et émis un ordre à comparaître à son encontre.
Il est notamment accusé d'"insultes au prophète, de publications de documents et dessins qui blessent les sentiments religieux et de violations de lois sur l'internet". Par ailleurs le procureur a émis à destination du député néerlandais un ordre à comparaître devant le tribunal.
Jordanie
Selon la procédure, le ministère jordanien des Affaires étrangères informera l'ambassade de Jordanie à Amsterdam de l'ordre à comparaître. Celle-ci l'adressera à son tour au député qui a 15 jours pour se présenter devant un tribunal en Jordanie, le cas échéant un ordre d'amener sera issu via Interpol. Le député est passible de trois ans de prison en Jordanie.
Plus de trente médias ont constitué un groupe intitulé "Campagne pour le Prophète", dans le but d'attaquer en justice le député néerlandais. Ce député d'extrême-droite a mis en ligne en mars son film de 17 minutes intitulé Fitna (discorde, en arabe), dans lequel il associe des images violentes d'attaques terroristes à Madrid ou à New York à des versets coraniques.
Le gouvernement néerlandais a pris ses distances vis-à-vis du film qui, selon le Premier Ministre Jan Peter Balkenende, "amalgame islam et violence" et "n'a d'autre but que d'offenser". Le parquet national des Pays-Bas avait estimé lundi que ce film, comme les déclarations du député à la presse en marge de sa diffusion, ne sont pas de nature à justifier des poursuites.
De nombreux pays musulmans ont condamné le court-métrage, diffusé un mois après une nouvelle publication par des journaux danois d'une des caricatures du prophète Mahomet qui avaient déclenché de violentes manifestations dans le monde musulman en 2006.
01/07/08 16h42
Le procureur général d'Amman a retenu mardi cinq chefs d'accusations à l'encontre du député néerlandais Geert Wilders pour son film anti-islam mis en ligne en mars sur internet et émis un ordre à comparaître à son encontre.
Il est notamment accusé d'"insultes au prophète, de publications de documents et dessins qui blessent les sentiments religieux et de violations de lois sur l'internet". Par ailleurs le procureur a émis à destination du député néerlandais un ordre à comparaître devant le tribunal.
Jordanie
Selon la procédure, le ministère jordanien des Affaires étrangères informera l'ambassade de Jordanie à Amsterdam de l'ordre à comparaître. Celle-ci l'adressera à son tour au député qui a 15 jours pour se présenter devant un tribunal en Jordanie, le cas échéant un ordre d'amener sera issu via Interpol. Le député est passible de trois ans de prison en Jordanie.
Plus de trente médias ont constitué un groupe intitulé "Campagne pour le Prophète", dans le but d'attaquer en justice le député néerlandais. Ce député d'extrême-droite a mis en ligne en mars son film de 17 minutes intitulé Fitna (discorde, en arabe), dans lequel il associe des images violentes d'attaques terroristes à Madrid ou à New York à des versets coraniques.
Le gouvernement néerlandais a pris ses distances vis-à-vis du film qui, selon le Premier Ministre Jan Peter Balkenende, "amalgame islam et violence" et "n'a d'autre but que d'offenser". Le parquet national des Pays-Bas avait estimé lundi que ce film, comme les déclarations du député à la presse en marge de sa diffusion, ne sont pas de nature à justifier des poursuites.
De nombreux pays musulmans ont condamné le court-métrage, diffusé un mois après une nouvelle publication par des journaux danois d'une des caricatures du prophète Mahomet qui avaient déclenché de violentes manifestations dans le monde musulman en 2006.
01/07/08 16h42
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Re : Fitna the Movie: Geert Wilders' film about the Quran En
Les journalistes sont allés voir Fitna
Anne Holtkamp et Fatima Ibrahim : Sharjah (EAU) /Amsterdam – Le film néerlandais Fitna, qui décrit l'islam comme étant fondamentalement violent, a suscité la controverse et un débat intense, avant et juste après sa sortie. L'émotion étant aujourd'hui retombée, il est utile d'analyser le rôle éventuel des médias dans cette affaire et son incidence sur les relations entre les musulmans et l'Occident.
Le 23 mars, Fitna (la Discorde), film réalisé par le député néerlandais Geert Wilders, est sorti sur les écrans. Dans cette œuvre hautement politique sur le Coran et l'islam, Wilders superpose des passages du Coran à des images d'agressions extrémistes et terroristes. Son but : prouver que le Coran inspire la haine du non musulman.
Des mois avant sa sortie, le monde entier bruissait du contenu de ce film et de son message anti-islamique. Certains craignaient qu'il ne nuise aux relations entre sociétés occidentales et musulmanes. On craignait qu'il ne déchaîne les mêmes réactions et les mêmes émeutes que les caricatures danoises du prophète Mahomet et l'assassinat du réalisateur néerlandais Theo van Gogh, dont le film Soumission était lui aussi porteur d'un message anti-islamique.
Les critiques néerlandaises et arabes, tout en traitant de cette œuvre sous des angles différents, se recoupaient sur des analogies intéressantes.
Aux Pays-Bas, la sortie de ce film d'un quart d'heure a été accompagnée de mesures sécuritaires. La presse rapportait que les milieux politiques craignaient d'éventuels attaques terroristes sur des cibles néerlandaises, comme par exemple les militaires des armées d'Afghanistan et d'Irak, d'autres évoquaient la possibilité d'un boycott économique et politique de la part des pays musulmans, non sans raison, puisque la publication des caricatures avait été suivie d'un efficace boycott des produits danois. Dans le même temps, la presse néerlandaise insistait sur le nécessaire respect de la liberté d'expression et de culte aux Pays-Bas.
Fitna ayant été diffusé sur le site LiveLeak, les médias néerlandais se sont dit soulagés que Wilders, contrairement à ce qu'on pouvait attendre, n'ait pas inclus les scènes dans lesquelles il arrache et brûle les pages du Coran. Citant fréquemment l'expression "coexistence pacifique", la presse a souvent dénoncé le message agressif du film. De nombreux articles ont également souligné que le gouvernement néerlandais, de même que les Nations Unies et l'UE, avaient condamné le film et rejeté les opinions de Wilders sur l'islam.
De leur côté, les médias arabes ont aussi abondamment commenté l'événement. Al Jazeera English lui a consacré deux articles. Loin d'être inflammatoires, ces articles commentaient une lettre de Wilders, publiée dans un journal allemand, et dans laquelle il comparait le Coran à Mein Kampf. Ces articles faisaient aussi savoir au monde arabe que les chaînes de télévision néerlandaises refusaient de diffuser le film.
Gulf News, quotidien émirati, écrivait que certains dirigeants religieux musulmans égyptiens appelaient les musulmans du monde entier à ne pas réagir agressivement à ce film et à saisir cette occasion d'informer l'Occident sur l'islam et les musulmans.
Un autre article signalait qu'un émissaire néerlandais avait été envoyé dans les pays arabes pour y expliquer que le gouvernement néerlandais ne pouvait interdire le film en raison de ses lois sur la liberté d'expression. Dans un autre article de Gulf News intitulé "Hypocrisie et liberté de parole", Linda S. Heard préconisait une limitation de la liberté d'expression dans la mesure où "nous vivons ensemble, et la libre expression de chacun est très souvent insultante et nuisible à d'autres".
Au vu de ces articles, nous voyons que les médias néerlandais et arabes ont joué un rôle positif, empêchant l'escalade des tensions. De part et d'autre, ils ont insisté sur le fait que le gouvernement néerlandais avait condamné le film et que celui-ci n'exprimait que l'opinion d'une seule personne et non d'une nation entière. Dans les deux régions, la presse a soutenu que la violence n'est pas la bonne réponse à la rhétorique anti-islamique.
Là où la presse néerlandaise et la presse arabe ont divergé, c'est sur leur appréciation de la liberté d'expression. Si ce principe est sacré et à l'abri de toute contrainte aux Pays-Bas, dans le monde arabe la presse estime qu'il faut le limiter lorsqu'il vise à blesser et à insulter autrui.
On voit, à partir de cet exemple de la diffusion de Fitna, que des sociétés différentes réagissent différemment à des valeurs comme la liberté d'expression. Malgré ces différences, les points communs existent aussi : tant en Occident que dans le monde arabe, la violence a été et est condamnée. Même si nous ne sommes pas d'accord sur des questions importantes, voire des valeurs, nous devons nous efforcer d'accepter les convictions des autres sans pour autant minimiser l'importance des nôtres. A l'occasion de la sortie de Fitna, nos sociétés ont prouvé, par leur comportement constructif, que cela est possible.
* Fatima Ibrahim, étudiante à l'Université Américaine de Sharjah, prépare un diplôme d'études internationales, option relations internationales. Anne Holtkamp, à l'Université d'Amsterdam, prépare elle aussi un diplôme en relations internationales.
Anne Holtkamp et Fatima Ibrahim - CGNEWS - eMarrakech
Samedi 16 Août 2008
Anne Holtkamp et Fatima Ibrahim : Sharjah (EAU) /Amsterdam – Le film néerlandais Fitna, qui décrit l'islam comme étant fondamentalement violent, a suscité la controverse et un débat intense, avant et juste après sa sortie. L'émotion étant aujourd'hui retombée, il est utile d'analyser le rôle éventuel des médias dans cette affaire et son incidence sur les relations entre les musulmans et l'Occident.
Le 23 mars, Fitna (la Discorde), film réalisé par le député néerlandais Geert Wilders, est sorti sur les écrans. Dans cette œuvre hautement politique sur le Coran et l'islam, Wilders superpose des passages du Coran à des images d'agressions extrémistes et terroristes. Son but : prouver que le Coran inspire la haine du non musulman.
Des mois avant sa sortie, le monde entier bruissait du contenu de ce film et de son message anti-islamique. Certains craignaient qu'il ne nuise aux relations entre sociétés occidentales et musulmanes. On craignait qu'il ne déchaîne les mêmes réactions et les mêmes émeutes que les caricatures danoises du prophète Mahomet et l'assassinat du réalisateur néerlandais Theo van Gogh, dont le film Soumission était lui aussi porteur d'un message anti-islamique.
Les critiques néerlandaises et arabes, tout en traitant de cette œuvre sous des angles différents, se recoupaient sur des analogies intéressantes.
Aux Pays-Bas, la sortie de ce film d'un quart d'heure a été accompagnée de mesures sécuritaires. La presse rapportait que les milieux politiques craignaient d'éventuels attaques terroristes sur des cibles néerlandaises, comme par exemple les militaires des armées d'Afghanistan et d'Irak, d'autres évoquaient la possibilité d'un boycott économique et politique de la part des pays musulmans, non sans raison, puisque la publication des caricatures avait été suivie d'un efficace boycott des produits danois. Dans le même temps, la presse néerlandaise insistait sur le nécessaire respect de la liberté d'expression et de culte aux Pays-Bas.
Fitna ayant été diffusé sur le site LiveLeak, les médias néerlandais se sont dit soulagés que Wilders, contrairement à ce qu'on pouvait attendre, n'ait pas inclus les scènes dans lesquelles il arrache et brûle les pages du Coran. Citant fréquemment l'expression "coexistence pacifique", la presse a souvent dénoncé le message agressif du film. De nombreux articles ont également souligné que le gouvernement néerlandais, de même que les Nations Unies et l'UE, avaient condamné le film et rejeté les opinions de Wilders sur l'islam.
De leur côté, les médias arabes ont aussi abondamment commenté l'événement. Al Jazeera English lui a consacré deux articles. Loin d'être inflammatoires, ces articles commentaient une lettre de Wilders, publiée dans un journal allemand, et dans laquelle il comparait le Coran à Mein Kampf. Ces articles faisaient aussi savoir au monde arabe que les chaînes de télévision néerlandaises refusaient de diffuser le film.
Gulf News, quotidien émirati, écrivait que certains dirigeants religieux musulmans égyptiens appelaient les musulmans du monde entier à ne pas réagir agressivement à ce film et à saisir cette occasion d'informer l'Occident sur l'islam et les musulmans.
Un autre article signalait qu'un émissaire néerlandais avait été envoyé dans les pays arabes pour y expliquer que le gouvernement néerlandais ne pouvait interdire le film en raison de ses lois sur la liberté d'expression. Dans un autre article de Gulf News intitulé "Hypocrisie et liberté de parole", Linda S. Heard préconisait une limitation de la liberté d'expression dans la mesure où "nous vivons ensemble, et la libre expression de chacun est très souvent insultante et nuisible à d'autres".
Au vu de ces articles, nous voyons que les médias néerlandais et arabes ont joué un rôle positif, empêchant l'escalade des tensions. De part et d'autre, ils ont insisté sur le fait que le gouvernement néerlandais avait condamné le film et que celui-ci n'exprimait que l'opinion d'une seule personne et non d'une nation entière. Dans les deux régions, la presse a soutenu que la violence n'est pas la bonne réponse à la rhétorique anti-islamique.
Là où la presse néerlandaise et la presse arabe ont divergé, c'est sur leur appréciation de la liberté d'expression. Si ce principe est sacré et à l'abri de toute contrainte aux Pays-Bas, dans le monde arabe la presse estime qu'il faut le limiter lorsqu'il vise à blesser et à insulter autrui.
On voit, à partir de cet exemple de la diffusion de Fitna, que des sociétés différentes réagissent différemment à des valeurs comme la liberté d'expression. Malgré ces différences, les points communs existent aussi : tant en Occident que dans le monde arabe, la violence a été et est condamnée. Même si nous ne sommes pas d'accord sur des questions importantes, voire des valeurs, nous devons nous efforcer d'accepter les convictions des autres sans pour autant minimiser l'importance des nôtres. A l'occasion de la sortie de Fitna, nos sociétés ont prouvé, par leur comportement constructif, que cela est possible.
* Fatima Ibrahim, étudiante à l'Université Américaine de Sharjah, prépare un diplôme d'études internationales, option relations internationales. Anne Holtkamp, à l'Université d'Amsterdam, prépare elle aussi un diplôme en relations internationales.
Anne Holtkamp et Fatima Ibrahim - CGNEWS - eMarrakech
Samedi 16 Août 2008
