Re: Isaac Asimov, Elie Wiesel et l’antisémitisme
Publié : dim. 28 févr. 2010 01:11
C'est énervant que je perds mes posts rien que pour un problème de connection. Il n'y a que dans ce forum que cela m'arrive.
- d'abord, une attaque ad hominem "il n'a jamais souffert de l'antisémitisme", comme tu le dis. D'abord, cela n'est pas fixé, surtout qu'une personne qui a un ego comme Asimov ne s'afficherait presque jamais en tant que victime (ce qui peut être une qualité, pas l'ego bien sûr). Et le point dont débattent Elie Wiesel et Asimov ne concerne nullement ce point là. Asimov n'a jamais dit que les atrocités qu'ont subies les juifs n'étaient rien comparé à d'autres crimes de guerres ou persécutions. Et c'est ta partialité qui te fait lire de travers cela. Si je résume sa position, c'est que si les nazis étaient juifs et pro-juifs, et que les victimes des persécutions seraient les indigènes des colonies européennes, alors cela ne changerait pas grand chose. On aurait simplement changé les rôles. Et ça tu viens de le dire. Ce qui prouve que tu manque d'impartialité (c'est normal, car pour les sujets qui me concernaient, ou qui concernaient ma famille, mon clan, mes idéaux, il m'arrive souvent d'avoir les mêmes genres de réactions, choses que j'essaie d'éviter le plus possible).
- d'autre part, tu semble confondre Juifs et juifs. C'est bien des Juifs dont on parle (j'ai peut-être fait une faute d'ortho dans mes posts précédents sur ce point). Il est vrai que les références historiques sur l'Israël d'avant la diaspora sont floues (une d'entre elles reste l'Ancien Testament) et c'est pourquoi Asimov a parlé des Macchabées, ou de David et Salomon vu que lui et Elie Wiesel n'avaient que ça comme exemple. D'ailleurs, dans l'extrait que tu cites, je trouve qu'il a entièrement raison, et ce placé dans le contexte (que tu persiste à ignorer et à interpréter de travers en faisant implicitement dire à Asimov qu'il minimiserait la Shoah, ce qui n'est pas le cas). Depuis 2000 ans, les juifs n'avaient pas le pouvoir politique, et ne pouvaient alors jouer le rôle d'oppresseurs.
D'ailleurs, je ne me situe pas dans la dualité bien/mal pour dire que les oppresseurs sont méchants et les opprimés gentils, même si je n'aime pas les oppresseurs.
Enfin, souvent ceux qui ont vécu personnellement un traumatisme ont plus de difficultés de prendre du recul pour adopter un point de vue plus clair et impartial. Il est vrai qu'inversément, une personne non impliquée n'aura pas assez d'infos pour adopter un point de vue plus ou moins étendue, même s'il pourrait avoir plus de clarté étant non impliquée. Je ne reproche point Elie Wiesel et les témoins de la Shoah de nous faire connaître ce qui s'était passé à cette époque, chose nécessaire pour éclaircir l'histoire. Mais il semblerait qu'ici, ce soit Elie Wiesel qui semblerait perdre sa maîtrise de soi.
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Mais comme tu refuse de mettre dans le contexte, je vais le faire ici.
Moi même, étant non juive, je pourrais sortir de mes gonds face à une telle affirmation (en gras) :
Asimov était lui-même scientifique, et si Albert Einstein était là (chose impossible), ou d'autres savants juifs Américains (comme Richard Feynman) avaient été là, je me demanderais comment ils auraient réagi eux, face à une affirmation aussi péremptoire, réductrice, et mensonger (et pleins de préjugés). Une telle réaction est une preuve d'un manque de recul et d'impartialité sublime de la part d'Elie Wiesel.
Et Asimov réplique :
Alors, je ne vois vraiment pas où dans ce qu'il dit est injustifiable.
Bien sûr, si on trouverait un jour des sources historiques plus fiables sur les Juifs on aurait peut-être un discours différent, mais la situation actuelle me fait dire que la disposition oppresseurs Israéliens, opprimés habitants de Canaans ne devrait pas être faux (à moins que les Juifs avaient toujours été opprimés, ce qui me semble faux).
Lorie, je vois deux choses dans ton argument:lorie a écrit :Asimov n'a jamais souffert de l'antisémitisme .. il le précise dans ton lien .. alors comment peut il prendre position alors qu'il ne sait pas ce que certains ont pu endurer ?AliadArrakis a écrit :Ben, c'est le point de vue d'Asimov. Faut lire...lorie a écrit : Les juifs ne font pas exception à cette règle ma chère .. comme les bouddhistes ou les musulmans
C'est pour ça que j'étais à chaud avec ta réaction, qui est somme toute très peu constructive, car j'ai fort l'impression que tu n'a même pas lu le lien....et c'est ainsi que tu interprète tout de travers (Georges a par contre très bien compris).
(Je suis un peu fâchée car j'aime bien Asimov, même avec son grand ego)
Et j'aurais du faire quoi Alia ?? .. faire semblant de découvrir les propos d'Asimov et de les boire comme du petit lait parce que cela fait bien ?
Il parle d'antisémitisme alors qu'il n'a jamais vécu les persécutions .. J'ai juste réagi sur une seule phrase ..
Et je reste sur mes positions .. que cela te plaise ou pas .. car il ne faut pas confondre religion et sentiment humain .. et c'est ce que fait Asimov pour "justifier" l'injustifiable aux yeux de certains ..Asimov a écrit :— C’est qu’il n’y a pas d’autre période dans l’histoire où les Juifs aient exercé le pouvoir, ai-je répondu. La seule fois où ils l’ont eu, ils ont fait comme les autres. »
- d'abord, une attaque ad hominem "il n'a jamais souffert de l'antisémitisme", comme tu le dis. D'abord, cela n'est pas fixé, surtout qu'une personne qui a un ego comme Asimov ne s'afficherait presque jamais en tant que victime (ce qui peut être une qualité, pas l'ego bien sûr). Et le point dont débattent Elie Wiesel et Asimov ne concerne nullement ce point là. Asimov n'a jamais dit que les atrocités qu'ont subies les juifs n'étaient rien comparé à d'autres crimes de guerres ou persécutions. Et c'est ta partialité qui te fait lire de travers cela. Si je résume sa position, c'est que si les nazis étaient juifs et pro-juifs, et que les victimes des persécutions seraient les indigènes des colonies européennes, alors cela ne changerait pas grand chose. On aurait simplement changé les rôles. Et ça tu viens de le dire. Ce qui prouve que tu manque d'impartialité (c'est normal, car pour les sujets qui me concernaient, ou qui concernaient ma famille, mon clan, mes idéaux, il m'arrive souvent d'avoir les mêmes genres de réactions, choses que j'essaie d'éviter le plus possible).
- d'autre part, tu semble confondre Juifs et juifs. C'est bien des Juifs dont on parle (j'ai peut-être fait une faute d'ortho dans mes posts précédents sur ce point). Il est vrai que les références historiques sur l'Israël d'avant la diaspora sont floues (une d'entre elles reste l'Ancien Testament) et c'est pourquoi Asimov a parlé des Macchabées, ou de David et Salomon vu que lui et Elie Wiesel n'avaient que ça comme exemple. D'ailleurs, dans l'extrait que tu cites, je trouve qu'il a entièrement raison, et ce placé dans le contexte (que tu persiste à ignorer et à interpréter de travers en faisant implicitement dire à Asimov qu'il minimiserait la Shoah, ce qui n'est pas le cas). Depuis 2000 ans, les juifs n'avaient pas le pouvoir politique, et ne pouvaient alors jouer le rôle d'oppresseurs.
D'ailleurs, je ne me situe pas dans la dualité bien/mal pour dire que les oppresseurs sont méchants et les opprimés gentils, même si je n'aime pas les oppresseurs.
Enfin, souvent ceux qui ont vécu personnellement un traumatisme ont plus de difficultés de prendre du recul pour adopter un point de vue plus clair et impartial. Il est vrai qu'inversément, une personne non impliquée n'aura pas assez d'infos pour adopter un point de vue plus ou moins étendue, même s'il pourrait avoir plus de clarté étant non impliquée. Je ne reproche point Elie Wiesel et les témoins de la Shoah de nous faire connaître ce qui s'était passé à cette époque, chose nécessaire pour éclaircir l'histoire. Mais il semblerait qu'ici, ce soit Elie Wiesel qui semblerait perdre sa maîtrise de soi.
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Mais comme tu refuse de mettre dans le contexte, je vais le faire ici.
Moi même, étant non juive, je pourrais sortir de mes gonds face à une telle affirmation (en gras) :
Qu'on soit impliqué par l'Holocauste ou pas n'est pas la question. Ce qu'Elie Wiesel a dit était inexcusable (ou sinon, on fait le "victimiste").Je me suis publiquement exprimé là-dessus une seule fois, dans des circonstances délicates. C’était en mai 1977. J’étais convié à une table ronde en compagnie notamment d’Elie Wiesel, qui a survécu à l’Holocauste et, depuis, ne sait plus parler d’autre chose. Ce jour-là, il m’a agacé en prétendant qu’on ne pouvait pas faire confiance aux savants, aux techniciens, parce qu’ils avaient contribué à rendre possible l’Holocauste. Voilà bien une généralisation abusive ! Et précisément le genre de propos que tiennent les antisémites : « Je me méfie des Juifs, parce que jadis, des Juifs ont crucifié mon Sauveur. »
Asimov était lui-même scientifique, et si Albert Einstein était là (chose impossible), ou d'autres savants juifs Américains (comme Richard Feynman) avaient été là, je me demanderais comment ils auraient réagi eux, face à une affirmation aussi péremptoire, réductrice, et mensonger (et pleins de préjugés). Une telle réaction est une preuve d'un manque de recul et d'impartialité sublime de la part d'Elie Wiesel.
Et Asimov réplique :
Là, rien à dire, ce qu'il dit est totalement vrai.J’ai laissé les autres débattre un moment en remâchant ma rancœur puis, incapable de me contenir plus longtemps, je suis intervenu : « Monsieur Wiesel, vous faites erreur ; ce n’est pas parce qu’un groupe humain a subi d’atroces persécutions qu’il est par essence bon et innocent. Tout ce que montrent les persécutions, c’est que ce groupe était en position de faiblesse. Si les Juifs avaient été en position de force, qui sait s’ils n’auraient pas pris la place des persécuteurs ? »
Il était très emporté. Sinon, il aurait été plus calme et aurait peut-être accepté l'argumentaire d'Asimov. Mais perdre sa maîtrise de soi est inexcusable, quelle que soit les circonstances.A quoi Wiesel m’a répliqué, très emporté : « Citez-moi un seul cas où des Juifs auraient persécuté qui que ce soit ! »
"Ils ont fait comme les autres", c'est--à-dire comme tout peuple qui dispose de son propre royaume : ni bon, ni mauvais, mais où il arrive dans l'histoire d'endosser le rôle de persécuteurs de boucs émissaires. Triste constante dans l'histoire humaine.Naturellement, je m’y attendais. « Au temps des Macchabées, au IIe siècle av. J.-C., Jean Hyrcan de Judée a conquis Edom et donné à choisir aux Edomites entre la conversion au judaïsme et l’épée. N’étant pas idiots, les Edomites se sont convertis, mais par la suite, on les a quand même traités en inférieurs, car s’ils étaient devenus des Juifs, ils n’en restaient pas moins des Edomites. »
Et Wiesel, encore plus énervé : « Il n’y a pas d’autre exemple. »
— C’est qu’il n’y a pas d’autre période dans l’histoire où les Juifs aient exercé le pouvoir, ai-je répondu. La seule fois où ils l’ont eu, ils ont fait comme les autres. »
Alors, je ne vois vraiment pas où dans ce qu'il dit est injustifiable.
Bien sûr, si on trouverait un jour des sources historiques plus fiables sur les Juifs on aurait peut-être un discours différent, mais la situation actuelle me fait dire que la disposition oppresseurs Israéliens, opprimés habitants de Canaans ne devrait pas être faux (à moins que les Juifs avaient toujours été opprimés, ce qui me semble faux).
Non, juste un peu plus d'impartialité (au lieu de réagir à chaud sur une phrase hors contexte), et une meilleure argumentation que de dire que le raisonnement est débile ou idiot.Et j'aurais du faire quoi Alia ?? .. faire semblant de découvrir les propos d'Asimov et de les boire comme du petit lait parce que cela fait bien ?




