liza a écrit :Salut Alia,
Je reviens sur ce sujet mais pour poser quelques questions qu'appelles-tu "mérite personnel" ? Est-ce par rapport à l'intelligence, au QI, aux talents artistiques à la faculter d'être bon en affaire ?
En fait sur quels critères l'évalue-t-on ? Et aussi dans quel registre de la société s'exercera-t-il ? Politique ? Economie ? Sciences ?
Concernant l'amour universel, je continue à pense qu'il existe mais il relève de la mystique. Il n'est pas applicable au plus grand nombre. Il fait exception mais il existe, peut-être même qu'il est latent et qu'il est le seul peut-être à exister vraiment... Enfin c'est une sensation.
Sinon pour moi l'égalité est une création artificielle sociale, elle n'existe pas dans la nature, c'est la moins mauvaise possible, au moins devant la loi. Peut-on imaginer une démocratie sans égalité ? Je ne comprend pas trop pourquoi elle serait dangereuse par rapport à la liberté ? Liberté-Egalité-Fraternité, il semblerait que tu ne sois pas tout à fait d'accord avec la trilogie républicaine à moins que je sois à côté de ce que tu dis

.........même si je vois vaguement ce que tu veux dire dans le fond...
Voilà quelques réflexions et questions si tu as le coeur d'y répondre...
Bonjour liza,
Toutes mes excuses pour ma réponse très très très tardive.

Je n'ai pas plus accéder au forum depuis plus d'un mois, et le comble c'est que mon ordi a buggé il n'y a pas longtemps et que j'avais sauvé ma réponse à ton post sur un dossier que je n'ai pas backupé (dans le mauvais disque, quelle idée

!).
Alors, je me contenterai d'une petite réponse rapide et fort brouillonne. Et elle risque d'être fort différente de celle que j'avais sauvé (il y a presque deux mois).
Premièrement, quand on parle d'égalité, ou d'inégalité, on se réfère toujours à une échelle de mesure. Et c'est à partir de cette échelle de mesure (ou mesure tout court) qu'on peut dire si les hommes sont ou non égaux entre eux. Le problème c'est quand cette échelle de mesure est fort restreint, on ne peut que constater que les hommes sont alors inégaux par rapport à cette échelle de mesure. Par exemple, si on choisit comme échelle de mesure, la taille, et comme échelle de valeur la grandeur (plus t'es grand, plus tu as de ^
mérite), alors, on voit que tous les hommes ne sont pas égaux en taille, et que pas mal d'entre eux ne sont pas des Michael Jordan.
Mais c'est sur une échelle arbitraire de mesure et de hiérarchie de valeur que l'on détermine si une personne a plus de mérite ou non. C'est très arbitraire comme échelle, et c'est pourquoi une méritocratie (ici comme le mandarinat chinois) appliqué à l'absolu peut avoir des effets fort pervers (et n'élimine pas le principe de Peter malheureusement).
Finalement, j'ignore vraiment sur quoi on peut se baser pour déterminer si une personne est plus ou moins apte à occuper une fonction qu'un autre. Mais ce qui est sûr, c'est que, par exemple, il faut quand même avoir des bases en math pour être astronome, ou savoir courir des deux pieds si on veut pratiquer la course à pieds classique (pas les jeux paralympiques ici). Comme certitude, on peut dire que c'est assez maigre. Mais comme piste, on doit admettre que les échelles de mérite sont tous relatif à un certain domaine (on n'a pas besoin d'être un athlète pour être bon en sciences), et à une certaine échelle de valeur (si on pense que l'économie est plus importante que l'art, on misera plus sur le premier que sur le second : une société, un peuple ne peut pas admettre que toutes les valeurs se valent, sinon, il n'a plus aucune direction de croissance).
Le point pour lequel la majorité de la société occidentale est d'accord est que les hommes sont égaux en droits. Mais qu'est-ce que c'est d'être égaux en droits? Est-ce qu'on ne doit pas plutôt mériter nos droits au lieu de les acquérir arbitrairement ainsi à notre naissance? Je pose ces questions ainsi, mais souvent, on considère ces choses comme tellement évidentes qu'on oublie que ces choses ont été créé dans un certain contexte socio-culturel, et les Droits de l'Homme le sont dans une société qui valorise un certain type d'individu, concept dont une partie est hérité de valeurs chrétiennes d'égalité (notons que l'égalité chrétienne est par rapport à une entité transcendante qui, selon moi, n'existe pas : une grosse illusion).
Ainsi, l'entité transcendante dans nos sociétés laïcisées sont les Droits de l'Homme (de la charte de 1948, précisons), avec toutes les limites qu'une charte écrite peut avoir, même si les principes qui y sont stipulées sont assez bonnes pour permettre une certaine paix entre les hommes si appliquées.
Enfin, je ne dis nullement que l'égalité est opposée à la liberté que du contraire, je parle surtout d'un certain excès d'égalité, qui advient quand la passion de l'égalité dépasse tout désir de liberté (et c'est un danger réel dans nos sociétés d'aujourd'hui). Je ne suis pas Française, alors je ne connais pas ce dogme des timbres de Marianne

et je sais que ces principes ne sont pas vraiment appliquées dans la réalité (pour la Belgique, c'était sensé être "L'union fait la force", et je me marre en pensant au climat politique actuel de mon pays). Donc, si je serais opposées à ces principes, je ne penserai pas subir une excommunication ou autre truc de ce genre
Pour le reste, liza, je te conseille plutôt de lire
"De la démocratie en Amérique" d'Alexis de Tocqueville. Là tu peux trouver quelques pistes qui montrerait comment un excès (j'insiste sur excès) d'égalité peut nous amener à réduire nos libertés (je ne parle pas ici d'un excès de désir de sécurité, qui est d'un autre domaine).
Désolée pour ma réponse brouillone.
