LA FAMILLE ROYALE DE L’ISLAM

Critique du Coran et ses versets - Chronologie - Histoire - Versets abrogés, Critique constructive des hadiths - quel apport dans la vie d'un musulman ? La réalité de la charia et de ses horreurs un peu partout dans le monde. Comment l'islam règle la vie des gens - comment les religieux oppressent le peuple
caius
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EN RÉSUMÉ

A travers l’empire islamique, le mécontentement gronde contre Othman. Plusieurs factions s’allient et marchent sur Médine. Othman appelle ses gouverneurs à la rescousse mais aucun ne bronche. A plusieurs reprises Othman jure aux mécontents qu’il se repent de ses mauvaises actions, qu’il va s’amender et promet tout ce que l’on veut, mais dés qu’ils se sont éloignés il ordonne de les faire liquider dés leur retour dans leurs fiefs. Mal lui en prend car ils interceptent son courrier et retournent fous furieux à Médine. terrorisé, Othman obtient un ultime délai de grâce pour réparer ses torts mais, loin de tenir parole, il prend des dispositions en vue de lever une armée et livrer bataille à ses opposants. Les rebelles ne lui en laisseront pas le temps...
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LA FIN

Muhammad b. Abi Bakr (fils d’Abu Bakr), entra avec treize hommes et se rua sur Othman. Il le saisit par la barbe et le secoua jusqu'à ce que j’entende ses dents s’entrechoquer. Muhammad b. Abi Bakr a dit : “Muawiyah ne t’a été d’aucun secours, ni Ibn Amir, ni tes lettres.” Othman a dit : “Lache ma barbe, fils de mon frère ! Lache ma barbe!” J’ai alors vu Ibn Abi Bakr faire signe de l’œil à l’un des rebelles. Il s’est approché de lui avec une flèche à grande pointe et l’en a frappé à la tête. Ils se sont rassemblés autour de lui et l’ont tué.” (Tabari pages 190, 191).

Muhammad b. Abi Bakr s’approcha et attrapa sa barbe, disant : “Tu t’es comporté envers nous comme Abu Bakr ne l’aurait jamais fait.” Puis il sortit et l’abandonna. Un autre homme entra en la présence d’Othman et l’étrangla et le gifla. Puis il sortit et s‘écria : “Par Allah, je n’avais jamais rien vu de plus doux que sa gorge. Par Allah, je l’ai étranglé jusquà ce que je voie son âme s’agiter dans son corps comme l’âme d’un djinn.” Puis il sortit. (Tabari page 205).

Un homme s’approcha d’Othman en face de qui le Coran était posé et a dit : “Le Livre de Dieu est entre toi et moi.” L’intrus le frappa de son épée ; Othman se protégea avec sa main et elle fut tranchée. Je ne sais pas si la main a été complètement tranchée ou coupée sans se détacher. Puis il a dit, “Oui, par Allah, c’est la première paume qui ait tenu le Coran.” (Tabari page 205).

Quant à Amr b. al-Hamiq, il sauta sur Uthman, s’assit sur sa poitrine – il lui restait un soufflé de vie – et le poignarda neuf fois. Amr a dit : “Je l’ai frappé trois fois pour Dieu et six fois pour la colère que j’avais contre lui en ma poitrine.” (Tabari page 220).

Dans le palais, ils (les rebelles) hurlaient, “Prenez le Trésor ! Personne ne doit se mettre sur votre chemin !” Les gardiens du Trésor – dans lequel il n’y avait que deux sacs – les entendirent et s’écrièrent : “Fuyons! Ces gens n’en ont qu’après les biens de ce monde” Ils s’enfuirent pendant que les rebelles s’emparaient du Trésor et le pillaient. (Tabari page 216).
caius
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QUESTIONS

Plus nous progressons dans l’histoire de l’Islam plus le tableau s’assombrit. La fascination de l’islam pour la violence commence à se retourner contre ses chefs.

En moins d’une génération la communauté islamique s’était transformée en une meute d’hyènes se dévorant mutuellement. La corruption s’est propagée du sommet à la base du Califat. L’islam s'est épanoui en somme.

Le sang des meilleurs des musulmans est allègrement répandu par d’autres musulmans ! Les pires ennemis de l’islam sont bien les musulmans ! Les plus proches compagnons de Mahomet, des hommes qui combattaient ensembles à ses côtés, en sont maintenant à s’entretuer!

Le fils d’un des plus proches compagnons de Mahomet massacre l’un des premiers convertis à l’islam – le calife Othman ! Et ce n’est pas le geste d’un homme isolé : plusieurs autres Compagnons de Mahomet se sont dressés contre leur ancien ami et l’ont littéralement mis en pièces. Le chef suprême de l’empire islamique (qui soit dit en passant ment comme un arracheur de dents) est injurié, giflé, roué de coups et finalement poignardé par ses agresseurs pendant qu’il lit le coran et, à part l’une de ses épouses, il n’y a personne pour tenter de le défendre ! Que s’est-il donc passé ? Ce n’était que cela les meilleurs des musulmans ?

Remettons ces faits en perspective... Que penseriez-vous du christianisme si les apôtres s’étaient entretués ?

Et la sourate 8:63 dans tout ça ? Il semble bien qu’Allah confonde l’unité et la fraternité avec la discorde et la haine !
caius
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QUATRIÈME PARTIE — AICHA ET ALI

PROTAGONISTES

ALI — Voir précédent


AISHA — Elle avait 9 ans quand Mahomet consomma son mariage avec elle et en avait 18 à sa mort. Jalouse et intriguante, elle était néanmoins la favorite de Mahomet— il la préfèrait à toutes ses autres épouses ce qui lui donna un immense prestige. En tant qu’épouse de Mahomet, elle porte le titre de “Mère des Croyants.” Du vivant de Mahomet, Aisha avait été accusée d’adultère et Ali avait conseillé à Mahomet de la répudier. Une « révélation divine » avait opportunément innocenté Aisha mais depuis lors elle haissait Ali. Après la mort de Mahomet, elle fut régulièrement consultée sur toute une série de sujets liés à la pratique islamique et est à l’origine de milliers de hadiths. Elle est morte vers l’âge de 68 ans.

AL-ZUBAYR — Gendre d’Abu Bakr. Lui aussi fait partie des compagnons auxquels Mahomet a garanti le paradis. Abdullâh, un de ses fils, avait été adopté par Aïcha.

TALHA BEN UBAYD ALLAH — Talha, cousin et gendre d’Abou Bakr, il aurait été le huitième homme à se convertir à l’islam. Au début de la prédication de Mahomet, Talha était l'un des rares musulmans sachant lire et écrire. Au cours de la bataile de Uhud, il servit littéralement de bouclier humain à Mahomet : ce qui lui valu de Mahomet en personne le surnom de Martyr vivant. Lui aussi fait partie des dix compagnons al-Ashara al-Mubashshara auxquels Mahomet avait garanti le Paradis.
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LE CONTEXTE



A Médine, Othman venait donc d'être liquidé. Là où les choses se corsent c’est que les soudards qui s’étaient alliés pour le renverser étaient toujours sur place, complètement surexcités et que chacune des factions avait en vue un “Compagnon” différent pour remplacer Othman. Ceux d'Égypte étaient pour Alî, ceux de Bassora et Koufa pour Talha et Zubayr. De toute évidence, ils n’allaient pas pouvoir s’entendre ! Pendant ce temps, la terreur règnait. Le pouvoir ne pouvait pas rester vacant si l’on ne voulait pas que les choses empirent encore.

Les Egyptiens, la troupe la plus forte, étaient pour Ali et Talha et Zubayr n’avaient pas le prestige du gendre du prophète aux yeux des musulmans.


Les Egyptiens dirent alors : “Décidez-vous, gens de Médine. Nous vous avons donné deux jours et par Allah! Si vous ne choisissez pas, demain nous tuerons Ali, Talhah et al-Zubayr et bien d’autres.” Les gens vinrent alors auprès d’Ali et lui dirent : “Nous te faisons allégeance car tu vois ce qui est arrivé à l’islam et combien nous avons souffert des mains des parents .” ["parents" fait référence aux Omeyyades, le clan d’Othman]. (Tabari page 13).

Terrorisés des groupes de notables se précipitèrent donc chez Ali pour lui faire allégeance mais certains, plus courageux ou plus entêtés, n’étaient pas disposés à prêter serment le couteau sur la gorge…..

Nous lisons encore dans L’Histoire de Tabari, Volume 16,

Ensuite, ils amenèrent Sa’d et Ali a dit : “Fait allégeance !” Mais il a répondu : “Je ne le ferai pas tant que le peuple ne l’aura pas fait, mais crois-moi, tu n’as rien à craindre de moi.” Ali a dit, “Laissez-le.” Ensuite, ils amenèrent Ibn Omar et Ali a dit : “Fais allégeance !” Et il a répondu : “Je ne le ferai pas tant que le peuple ne l’aura pas fait.” “Donne-moi un garant”, lui-a-dit Ali. “Je ne vois pas pourquoi je le devrais,” a répondu Ibn Umar. “Laisse-moi lui couper la tête !” a dit al-Ashtar à qui Ali a répondu : “Non laisse-le ! Je serai son garant. Je le savais ; tu es aussi impoli adulte que tu l’étais enfant.” (page 4).


NB: Ibn Omar était l’un des fils d’Omar, le second calife.

Le peuple avait fait allégeance à Ali et il fit amener al-Zubayr et Talhah. Il les invita à faire allégeance mais Talhah esquivait. Dégainant son épée Malik al-Ashtar a alors dit : “Par Allah ! Tu ferais mieux de faire allégeance ou sinon je vais te fendre le front.” “Il n’y a pas d’issue à cela” a dit Talhah et il fait allégeance, suivi par al-Zubayr et tous les autres…… Un peu plus tard ils ont expliqué : “Nous l’avons fait par crainte pour nos vies car nous savions qu’il (Ali) ne nous ferait jamais allégeance.” Quatre mois après le meurtre d’Othman, ils retournèrent à La Mecque. (page 5).

Talhah a dit : “J’ai fait allégeance avec une épée sur mon cou.” …. (page 9).



L’intérêt de ces passages est qu’ils nous apprennent que certains des plus anciens et des plus respectés des musulmans étaient plus que réservés à l’égard d’Ali. Certains évitèrent de lui faire allégeance par antipathie, d’autres parce qu’ils ne lui faisaient pas confiance et enfin certains lui firent allégeance parce qu’ils n’avaient pas le choix.

Ali était donc enfin calife à la place du calife mais …


Des compagnons et des anonymes commencèrent rapidement à exiger que les assassins d’Othman soient châtiés. Le problème c’est qu’Ali leur devait son accession au pouvoir...

Puis quand Ali fut renté chez lui, Talhah et al-Zubayr accompagnés d’un certain nombre de Compagnons se présentèrent ensembles et dirent : “Ali ! Nous avions stipulé que le châtiment (prescrit par) Allah devait être appliqué. Ceux qui ont participé à la mort de cet homme ont de ce fait renoncé à la vie.” “Mes amis”, répondit-il : “Je n’ignore pas ce que vous savez, mais comment pourrais-je agir contre ces gens qui règnent sur nous et non nous sur eux ? Vos propres esclaves se sont rebellés à leurs côtés et vos bédouins se sont joints à eux. Ils vivent avec vous et vous imposent leurs volontés. Alors, voyez-vous un moyen de parvenir à votre but ?” “Non,” dirent-ils, “Non, en effet” répondit Ali. ... jusqu’a ce que le peuple se calme et reprenne ses esprits et que les sujets de plaintes soient réparés. Aussi cessez de vous plaindre à moi et attendez de voir ce qui arrivera. Alors seulement revenez me voir.” (page 18).

Tous les compagnons ne furent pas convaincus par l’apparente prudence d’Ali. Certains en virent vite à penser que l’attitude d’Ali à l’égard des meurtriers n’était que de la faiblesse voire de la connivence. Quoi qu’il en soit, il est indubitable qu’Ali n’était pas pressé de poursuivre les assassins d’Othman.

Son cousin Ibn Abbas, (le fils de Al-Abbas), allait se charger de lui faire comprendre la gravité de la situation. Abbas avait compris que les choses allaient mal tourner pour Othman et conseillé à Ali de faire comme Aïcha et de quitter la ville avant qu’Othman soit assassiné. Ali n’avait pas tenu compte de son conseil...

Ibn Abbas a dit : “Ce que tu aurais du faire, c’est partir pour La Mecque quand cet homme (Othman) à été tué ou même avant, rentrer chez toi et fermer la porte derrière toi. Si les Arabes s’étaient ameutés et soulevés après ton départ alors ils n’auraient pu que se tourner vers toi. Mais maintenant parmi les Omeyyades [le clan d’Uthman], certain d’entre ceux qui veulent que l’on venge Othman disent que tu as trempé dans cette affaire. Ils égareront le peuple et poseront les mêmes exigences que les Médinois … (page 21).

Eh oui ! Muawiyah le chef des Omeyyades était en embuscade ! Jusque là il s’était soigneusement tenu à l’écart. Son appui aurait fait pencher la balance d’un côté ou de l’autre mais il avait préféré garder ses atouts dans sa manche jusqu’au moment ou il serait assez fort pour imposer son jeu et prendre le pouvoir. Ibn Abbas mit Ali en garde...

“Parce que tu sais que Muawiyah et ses alliés aiment ce monde,” a répondu Ibn Abbas, “et si tu les confirmais à leurs postes ils ne se soucieraient pas de qui commande. ... Mais Ali ignora son conseil et dit à Ibn Abbas, “Va en Syrie ! Je te nomme gouverneur.” “Ce n’est pas une bonne décision,” a répondu Ibn Abbas. “Muawiyah est des Banu Umayyah. Il est le fils du frère du père d’Othman et le gouverneur de la Syrie. Je ne pourrai pas l’empêcher de me briser le cou pour venger Othman. Ou alors il me fera au moins jeter en prison et condamner.” “Pourquoi ?” a demandé Ali. Il a répondu : “Parce que toi et moi nous sommes parents,” et “parce que tout ce qui t’est imputé m’est aussi imputé.” ...(page 22).

Ali comprenait enfin que ceux qui ne digéraient pas qu’il soit devenu calife allaient l’accuser d’être le vrai responsable du meurtre d’Othman. Sa réaction fut de tout imputer aux autres pour se disculper.

“Ali a alors dit : “Je suis certain qu’ils ne s’abstiendront jamais de crier partout : “Nous voulons la rétribution du sang d’Othman.” Par Allah! Nous savons que ce sont eux [Talha et al-Zubayr] qui ont tué Othman.” (page 23).

Instinctivement Ali comprenait que tôt ou tard Muawiyah se rebellerait contre lui et qu’il était inutile de chercher à traiter. Il répondit donc à Ibn Abbas,

“Par Allah! Non ! Je ne lui donnerai [Muawiyah] rien d’autre que l’épée.” (page 24).

Ali écrivit quand même à Mu'awiyah pour le prier de faire allégeance. La réponse fut :

«Cinquante mille hommes sont rassemblés autour des vêtements de 'Othmân. Leurs joues et leurs barbes n'ont jamais cessé d'être mouillées par leurs larmes, et leurs yeux n'ont jamais cessé de verser des larmes de sang depuis l'heure de ce meurtre atroce. Ils ont dégainé leurs sabres en faisant le serment solennel de ne jamais les rengainer ni de ne cesser de se lamenter avant d'avoir exterminé tous ceux qui ont été impliqués dans cette détestable affaire. Ils ont transmis ce sentiment à leurs descendants, comme un legs solennel, et le tout premier principe que les mères inculquent à leurs enfants est celui de venger jusqu'au bout le sang de 'Othmân».("History of the Saracens" de S. Ockley, p. 295)

Et ce n’était pas tout ! Ibn Umar, (un des fils d’Omar) s’était joint à Muawiyah!

Ali commença donc la préparation d’une expédition vers la Syrie quand la guerre vint frapper directement à sa porte !
caius
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Entretemps, Talha et al-Zubayr avaient été autorisés à quitter Médine et à se rendre à La Mecque. Dés qu’ils arrivèrent à La Mecque ils retrouvèrent Aïcha …

Peu avant la mort d’Othman, elle avait, on s’en souvient, ostensiblement quitté Médine, officiellement pour accomplir le pèlerinage. En réalité elle savait que les choses allaient mal tourner et s’était ainsi arrangée pour avoir l’air d'être étrangère aux événements qui allaient coûter la vie à Othman. Le revers de la médaille, c’est qu’en raison de son absence de Médine, elle n’avait pas pu s’opposer à l’accession d’Ali au Califat alors qu’elle le haïssait depuis qu’il s’était rangé du côté de ceux qui l’avaient autrefois accusée d’avoir commis l’adultère et qu’elle espérait qu’une fois Othman liquidé ce soit Talha ou Zubayr qui lui succéderaient.

Elle s’était donc mise à ameuter les foules par des discours enflammés, appelant les musulmans à venger Othman et avait implicitement désigné Ali comme l’assassin d’Othman, pour ses partisans combattre pour la justice revenait à combattre Ali.

Aicha avait eu des paroles littéralement assassine à l’égard d’Othman mais en calculatrice opportuniste, elle récupérait le meurtre de cet homme pour en faire l’instrument de la perte d’Ali.

Umm Kilab lui a dit [à Aicha], ‘Qu’est-ce que cela signifie ? Par Allah ! Tu étais la première à incliner la lame vers Othman et tu disais “Tuez Na’thal, car il est devenu un incroyant.” (pages 52, 53). [Na’thal était un sobriquet insultant donné à Othman et qui signifie “hyene”].

«'Âyechah, Talhah et Zubayr, qui avaient été toujours des ennemis de 'Othmân et qui s'étaient affirmés, en fait, comme les organisateurs de sa mort et de sa destruction, lorsqu'ils virent 'Alî, qu'ils détestaient autant sinon plus que 'Othmân, investi de la fonction de Calife, se servirent des amis réels et sincères de 'Othmân comme d'un instrument de leurs complots contre le nouveau Calife. Ainsi c'est pour des motifs très divers qu'ils se rassemblèrent tous sous le slogan de la vengeance du sang de 'Othmân». ("History of the Saracens" de Simon Ockley, p. 294).

Les appels à la révolte d’Aisha payèrent : La Mecque se souleva contre Ali. Avec Talha, Zubayr et Aïcha à la tête de la rebellion. Toutefois, ils étaient encore trop peu nombreux pour pouvoir attaquer directement Ali...

“Mère des Croyants, laisse donc Médine. Ceux qui sont de notre côté ne sont pas assez pour cette bande là-bas [Ali et ses partisans à Médine]. Accompagne-nous à Basrah. Nous parviendrons à une cité qui est perdue pour nous. Ils invoqueront contre nous leur allégeance à Ali mais tu les soulèveras comme tu l’as fait avec les Mecquois... (page 41).

Ils ont dit “Marchons sur Ali et combattons-le”. L’un d’entre eux a répondu “Nous n’avons pas une force suffisante pour combattre les gens de Médine”. “Entrons plutôt à Basrah et à Koufah. Talha a un parti et de la popularité à Koufah et Zubayr a un parti et de la popularité à Basrah.” (page 43).


Toutes les pieces étaient enfin en place sur l’échiquier de l’histoire islamique. Ali marchait sur Bassorah tandis qu’Aicha et ses partisans se préparaient à l’affronter. Leurs armées respectives comprenaient maintenant plusieurs milliers de guerriers. La mère des croyants faisait la guerre au successeur du prophète.
caius
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LA BATAILLE DU CHAMEAU

Il y a de très nombreux récits couvrant le déroulement de la bataille. Selon certains Ali, Talha et Zubayr tentèrent de négocier mais se seraient fait déborder par les éléments les plus excités de leurs armées qui auraient commencé à en découdre sans attendre les ordres. Selon d’autres, les négociations se seraient résumées à une rencontre pendant laquelle ils se seraient mutuellement accusés de l’assassinat d’Othman et autres gracieusetés.

Quoi qu’il en soit, les combats furent féroces. Aucun combattant ne voulait céder un pouce de terrain. Aicha se déplaçait constamment au milieu de ses troupes pour les encourager. Des deux côtés les hommes étaient des guerriers expérimentés et ils se battirent comme des lions. La bataille se concentra bientôt autour d’Aicha. Visible d’un bout à l’autre du champ de bataille, elle était dans sa howdah (litière) sur son chameau, encourageant ses troupes. Les hommes d’Ali cherchaient à s’en emparer et ses hommes la protégeaient. Petit à petit les soldats d’Ali se rapprochèrent, le combat devenait de plus en plus meurtrier. La howdah d’Aicha était criblée de flèches, “La Mère des Croyants” aurait bien pu mourir ce jour là ! Finalement, il parvinrent jusqu'à elle, tranchèrent les jarrets de son chameau et tuèrent ses gardes. Zubayr et Talha avaient été tués pendant la bataille.


« La litière de 'Âyechah étant maintenant à terre, 'Alî ordonna à Mohammad, fils d'Abû Bakr, de se charger de sa soeur et de la protéger des flèches qui continuaient à tomber de partout. Mohammad s'exécuta, s'approcha de la litière, et y introduisant sa main qui toucha par hasard celle de 'Âyechah, il entendit cette dernière l'accabler d'insultes et crier, interrogative, quel vaurien osait toucher sa main que personne d'autre que le Prophète n'avait l'autorisation de toucher. Mohammad répondit que bien que cette main fût celle de la personne la plus proche d'elle par le sang, elle était aussi celle de son pire ennemi. Reconnaissant alors la voix bien connue de son frère, 'Âyechah se défit rapidement de ses appréhensions». ("Mohammadan History" de M. Price, cité par S. Ockley, op. cit., p. 310).


Les récits rapportent que le nombre de tués fut très élevé…

Ceux tués autour du chameau pendant la Bataille du Chameau s’élèvent à 10.000, une moitié de partisans d’Ali et une moitié de partisans d’Aicha …. Il fut dit que pendant la première bataille 5.000 Bassorans furent tués et 5.000 autres dans la seconde bataille [il y avait eu une pause au cours des combats], totalisant 10.000 morts Bassorans et 5.000 Koufans. (Tabari page 164).

Il faut bien sûr faire la part de la tendance à l’exagération des orientaux: les chiffres varient d’un récit à l’autre mais la bataille aurait fait de 6.000 à 30 000 morts. Ces chiffres peuvent sembler bien abstraits mais si l’on sait que quelques années auparavant la fameuse « grande bataille de Badr » ne fit « que » 14 morts chez les musulmans et 70 chez leurs adversaires Mecquois, on réalise alors quel extraordinaire massacre cette bataille du Chameau constitua pour l’époque. Et pourtant d’autres allaient suivre.


Humiliée et vaincue, Aisha fut amenée devant Ali. Il l’accueillit respectueusement et après l’avoir sermonnée se contenta de la renvoyer à Médine où elle devrait rester dans sa maison avec interdiction d’en sortir. Il fit même punir les hommes qui l’avaient insultée.



Anecdote significative. Ali nomma peu après Muhammad b. Abi Bakr gouverneur de l’Egypte. Or, on s’en souvient, Muhammad b. Abi Bakr était l’un des assassins d’Othman. Décidément, punir les meurtriers n’était vraiment pas la priorité pour Ali. Certains auteurs en déduisent d’ailleurs qu’Ali était vraiment directement impliqué dans la mort d’Othman. En tout cas, ce meurtre fut le prétexte d’un déchaînement de violence entre musulmans.
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Re : LA FAMILLE ROYALE DE L’ISLAM

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EPILOGUE

La Bataille du Chameau était finie mais d’autres tueries attendaient Ali...

Jarir Abdallah vint auprès d’Ali et lui raconta ce que Muawiyah faisait et que les Syriens s’étaient mis d’accord avec lui pour combattre Ali. Il lui dit qu’ils pleuraient Othman et disaient qu’Ali l’avait tué et protégeait les meurtriers d’Othman et qu’ils ne s’arrêteraient pas avant qu’il les ait tués ou qu’ils l’aient tué. (Tabari page 197).


EN RÉSUMÉ

Une fois Othman assassiné, les chefs de l’islam, les dévoués compagnons de Mahomet, s’empressèrent de se servir de sa mort comme prétexte pour conquérir le pouvoir ou régler de vieux comptes. Ces meilleurs des musulmans, la famille royale de l’islam, se mentent, se dénigrent, se trahissent et finalement s’entretuent. .Le jour de la bataille du chameau, Ali fut le plus fort et assura son emprise sur une partie de l’empire islamique. Deux des plus éminents, des plus anciens et des plus aimés compagnons de Mahomet, Talha et Zubayr, avaient été tués. Tout comme Othman, ils étaient tombés sous les coups d’autres musulmans. En un seul jour, au moins 10.000 et peut être même 20.000 musulmans périrent au nom d’Allah pour satisfaire la soif de pouvoir d’une poignée d’hommes.
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Re : LA FAMILLE ROYALE DE L’ISLAM

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DISCUSSION

Les chefs musulmans se souciaient bien peu que leur ambition et leur rancune personnelles puissent coûter la vie à des milliers de leurs coreligionnaires. Ils se fichaient totalement qu’Othman soit mort assassiné, tous avaient intérêt à sa disparition. Comme les autres, Ali voulait le pouvoir. Leurs alliances n’étaient basées que sur l’intérêt personnel et non sur une quelconque éthique ou sur la fidélité aux préceptes du coran.

Considérons les fruits de l’Islam. Le sang des musulmans avait coulé à flots dans le désert et les responsables de cette horreur étaient les chefs de la communauté islamique, la famille et les plus proches collaborateurs de Mahomet. Au lieu diriger les musulmans avec sagesse, ils les avaient sacrifiés sans hésitation sur l’autel de leur orgueil. La “Mère des Croyants” elle-même avait envoyé ses « enfants » à la mort.

Ibn ABBAS, "l’interprète du Coran ", le docte de la communauté, le cousin du Prophète, le parfait modèle de piété reproche à Ali de ne pas avoir suivi ses conseils et de ne pas s’être éloigné de Médine avant qu’Othman se fasse zigouiller. On n’est pas plus machiavélique ni cynique, non ?

La “famille Royale” avait-elle jamais cru un seul instant aux vantardises de Mahomet sur l’unité des croyants ? Ils connaissaient le Coran et Mahomet mieux que personne sur cette terre et pourtant... Les bergers égorgeaient leur propre troupeau.

Deux des hommes à qui Mahomet avait garanti le paradis venaient d’être tués par un autre de ces supers musulmans et bien d’autres “compagnons” de moindre importance étaient morts à leurs côtés.

Si l’islam avait réellement apporté une quelconque élévation morale à ces bêtes féroces, ces meilleurs des musulmans, les compagnons de « l’Envoyé d’Allah » dont aucun musulman n’égalera jamais les mérites, alors comment expliquer leur comportement ?
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Re : LA FAMILLE ROYALE DE L’ISLAM

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L’union et la fraternité ne sont qu’illusion ! L’homme cherche n’a pou but qu’assouvir sa soif de pouvoir :idea:

Les musulmans n’ont fait que ce que tout le monde fait… Ils se sont battus pour le pouvoir… :?

Le paradis, l’enfer, les messagers et les religions n’existent que pour soumettre les faibles donnant ainsi plus de pouvoir aux forts… :evil:

Merci Caius, cette analyse me semble vraiment bénéfique, on ne la trouve pas dans les livres islamistes qui prétendent que les compagnons sont des saints…

Cela dit, j’ai noté qu’Ali est tout de même peint comme étant un homme bon et pacifiste, même si on mentionne qu’il n’a pas puni les meurtriers d’Othman et qu’il avait aussi envie de tenir le pouvoir, je trouve qu’il a été relativement décri bon… :?:

Amicalement,

:)
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Re : LA FAMILLE ROYALE DE L’ISLAM

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Bonsoir Lellou,
Le pouvoir en lui-même n'a pas d'intérêt s'il n'est accompagné de l'avoir. Pouvoir égal avoir.
Si on se replonge dans le contexte de l'époque, quel sera alors l'avoir ? Dans un empire naissant où l'immense mojorité de la pupulation n'était pas muzz, la principale source de revenus était constituée des impôts qui frappaient les dhimmis : le kharaj ou capitation et la jizia, que ces malheureux payaient après s'être humiliés, pour l'air qu'ils respiraient. A ces impôts s'ajoute le butin, rapines licites, et le produit de l'esclavage. Songez aussi que le calife prélèvait pour lui même le quint, soit le cinquième des ces revenus, selon l'uage instauré par Mahomet et labellisé par le coran.
Les conquérants muzz vivaient comme des parasites et ne payaient que la zakat, impôt coranique qui ne va pas chercher bien loin et qui, en théorie, était destinée au Trésor, lequel était censé le redistrubuer aux nécessiteux. Autant dire que cette zakat ne pesait pas lourd, surtout si on la rapporte au nombre, forcément faible, des muzz qui s'en acquittaient.
La principale raison qui a fait que la "famille royale" se soit entredéchirée est là. Les haines recuites que ses membres vouaient les uns aux autres trouve sont origine dans leur instinct bédouin de rapines, de razzia et de pillage. C'est de cet avoir convoité qu'il s'agit.
A la mort de mahomet, ses veuves furent pensionnées par Abou-Bekr. Chacune touchait dix milles dinars annuels, sauf Aïcha, qui en recevait douze. Une des premières mesures prises par Othman à son élection au califat, fut de ramener sa pension à dix mille dinars, au même titre que les autres "mères des croyants". Aïcha, qui tenait table ouverte et qui menait grand train, en fut ulcérée. Cela vous explique beaucoup de choses. Elle était pourtant à l'abri du besoin : les visiteurs qu'elle recevait se montraient généreux envers elle, en échange des hadiths qu'elle leur débitait. Outre sa cupidité, sa vanité ne pouvait supporter un traitement qui la faisait rétrograder au rang des épouses ordinaires de Mahomet.

Vous dites que ces premiers musulmans n'ont fait que ce que tout le monde fait. Sans doute. Les rois de France, d'Angleterre et même les papes qui s'étaient succédés au Vatican firent certes des choses abominables et somme toute assez comparables, mais ils avaient le sens de l'Etat et, ma foi, dans l'horreur, il y avait tout de même un souci de la Couronne et une certaine hauteur de vue.
Rien de tel chez les successeurs de Mahomet. Allah gratifie de la terre qui il veut et la retire à qui il veut, n'est-ce pas ? Avez-vous observé que dans l'histoire islamique les notions d'Etat et de territorialité sont inconnues ? On ne parle (et n'étudie) que des dynasties au territoire élastique, selon les guerres que souverains et califes se livraient perpétuellement. Pour les mêmes raisons.

Victorien
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lellou
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Re : LA FAMILLE ROYALE DE L’ISLAM

Message non lu par lellou »

Victorien,

Evidemment c’est relatif !
Si un Pape a dû piétiner des pauvres pour des palais, des couronnes et du confort, un Calife bédouin qui existe quelques parts dans le désert de l’Arabie primitive piétine ses coreligionnaires pour l’argent escroqué aux mécréants ainsi qu’aux croyants « zakat »…

Comme disent les musulmans « il faut voir contexte ! » :D

Le but est toujours le même asservir sa soif de pouvoir « selon l’avoir que l’on a »…

Quant à l’Etat islamique et les dynasties, comme je dis toujours, l’islam et les musulmans manquent de maturité par rapport aux autres monothéiques… En occident, nous avons bien entendu parler des dynasties lors des guerres de succession en Europe…
L’os c’est que les occidentaux se sont rendu compte de l’importance qu’a l’union, le peuple, ils ont commencé à considérer comme priorité l’intérêt général, d’où le nationalisme des occidentaux et d’où l’union européenne par exemple…
Les musulmans continuent encore aujourd’hui à faire passer l’intérêt individuel avant celui général, d’où le désir de faire hériter le pouvoir, d’où la haine et la honte d’un citoyen d’appartenir à un tel ou tel pays, (les algériens par exemple majoritairement ne sont nullement fiers d’être algériens, ils insultent à toutes occasion le pays rêvant de partir ailleurs ‘en occident bien entendu’)…

Comment expliquer que jusqu’à maintenant un individu n’a aucune valeur socialement parlant en tant que tel ? Comment expliquer que la considération d’un membre de la société commence par la famille… Une femme n’est pas considérée femme si elle n’a pas d’époux, un homme n’a aucune valeur non plus s’il n’appartient pas à une famille…

Les musulmans ont encore du chemin à faire pour comprendre… :roll:

Ce que je pense c’est que l’islam ainsi que les musulmans sont en train de toucher le fond, j’espère qu’ils rebondissent pour redémarrer sur de bonnes bases… Des bases plus laïques et plus libérales…
Que nous puissions en fin hurler fort qui nous sommes, que nous puissions manger le ramadhan, enlever le voile « celles qui le désirent », que nous sortions enfin de la prison où allah nous a mis au 7ème siècle…

Qui sait ? Nous n’avons certes pas de Leonardo Da Vinci, pas de Denis Diderot non plus, mais nous pourrions peut-être songer à une ère d’illuminisme « bien sûr avec ce que nous avons comme ‘avoir’ »…

Cela semble un rêve impossible, mais « impossible is nothing ». :idea:

Amicalement,


:)
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Re: Re : LA FAMILLE ROYALE DE L’ISLAM

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lellou a écrit :...
Cela dit, j’ai noté qu’Ali est tout de même peint comme étant un homme bon et pacifiste, même si on mentionne qu’il n’a pas puni les meurtriers d’Othman et qu’il avait aussi envie de tenir le pouvoir, je trouve qu’il a été relativement décri bon… :?:

Amicalement,

:)
Ali était un combattant aussi féroce qu'il était un politicien médiocre ; son portrait sera approfondi plus loin :wink:
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Re : LA FAMILLE ROYALE DE L’ISLAM

Message non lu par caius »

CINQUIEME PARTIE : ALI ET MU'AWIYAH


Jean 13:34, 35
" Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres."

Le Coran — 8:63 Al Anfal (Le Butin)
Il a uni leurs coeurs (par la foi). Aurais-tu dépensé tout ce qui est sur terre, tu n'aurais pu unir leurs coeurs; mais c'est Allah qui les a unis, car Il est Puissant et Sage ..


LE CONTEXTE

Nous sommes en l’an 35 de l’hégire (722). Le Chapitre un de l’histoire de la “fitnah” (rébellion) islamique était clos et le chapitre deux commençait. Le long conflit qui avait opposé Mahomet à Abu Sufyan resurgissait. Les premiers rôles y seraient tenus par Ali, le beau-fils de Mahomet, et Mu'awiyah, le fils d’Abu Sufyan.

Ali était enfin calife à la place du calife. Depuis la disparition de Mahomet, la vie d’Ali n’avait été qu’une suite d’humiliations. A la mort de Mahomet, Ali avait cru qu’on lui offrirait le Califat sur un plateau d’argent mais avait été évincé par Abu Bakr et son complice Omar. Il avait réclamé sa part d’héritage de Mahomet à Abu Bakr mais ce dernier se l’était approprié. Plus tard Omar avait accédé aux exigences d’Ali, bafouant ainsi les dernières volontés de Mahomet. Ali se considérait plus capable sur le plan islamique que les autres soi-disant Califes “bien guidés” mais il avait encore été évincé par Omar puis Othman. Il n’avait pu enfin devenir calife que par le meurtre d’Othman. Instantanément d’autres musulmans de premier plan se soulevèrent contre lui. Ali avait mis hors de combat les partisans d’Aicha mais un nouvel adversaire encore plus redoutable se dressait maintenant entre le gendre du prophète et le pouvoir suprême : Mu'awiyah le puissant gouverneur de la Syrie. Mu'awiyah qui était lui-même le fils de l’un des plus grand ennemi de Mahomet, Abu Sufyan. L’ironie de la situation n’avait pas échappé à Ali.

Mu'awiyah n’était pas un novice. Son père était un vieux renard et il avait bien fait la leçon à ses fils. Contraint le couteau littéralement sur la gorge de se convertir à l’islam, Abu Sufyan s’était souvenu du vieil adage: “Si tu ne peux pas les battre, joins-toi à eux” et était devenu musulman. Cela lui avait valu de nombreuses faveurs de la part de Mahomet et il avait consolidé sa position politique et celle de ses enfants. Quand Abu Bakr s’était fait désigner Calife, Sufyan avait prophétisé que ce coup d’état serait un jour la cause d’un bain de sang.

Mu'awiyah avait su s’entourer de gens capables. Son commandant en chef, Amr al-As, avait conquis l’Egypte et était devenu le premier gouverneur (wali) d’une région (l’Égypte) de l’histoire de l’Islam. Amr était lui-même l’un des proches Compagnons de Mahomet. C’était un chef et un stratège né. Ali ne l’impressionnait pas du tout.
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Re: Re : LA FAMILLE ROYALE DE L’ISLAM

Message non lu par Victorien2 »

lellou a écrit : Si un Pape a dû piétiner des pauvres pour des palais, des couronnes et du confort, un Calife bédouin qui existe quelques parts dans le désert de l’Arabie primitive piétine ses coreligionnaires pour l’argent escroqué aux mécréants ainsi qu’aux croyants « zakat
Bonjour Lellou,
J'ai employé Couronne, avec initiale majuscule, pour désigner l'Etat, auquel correspond un territoire donné. Ainsi parle-t-on en histoire de Couronne de France, d'Angleterre, de Danemark, etc. Les rois et les dynasties passent, mais la Couronne reste.
Précision qui me donne l'occasion d'en ajouter une autre à la dernière phrase de mon poste :
Avez-vous observé que dans l'histoire islamique les notions d'Etat et de territorialité sont inconnues ? On ne parle (et n'étudie) que des dynasties au territoire élastique, qui s'agrandit ou s'amenuise selon les guerres que souverains et califes se livraient perpétuellement. Pour les mêmes raisons.

Victorien
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