Je me suis souvent demandé pourquoi ces femmes acceptaient une telle violence, mais je comparais ma situation à la leur.
J'ai la chance, car oui, c'est une chance, d'être française, d'être libre de penser, d'aller et venir à ma guise, de voter (même si je ne le fais pas

), de travailler si je le désire (même si je ne le peux pas).
En France, il y a encore quelques ajustements à faire pour que les femmes soient réellement les égales des hommes, mais bon, dans l'ensemble, je n'ai pas trop à me plaindre.
Mon compagnon me respecte, me comprends, il participe aux tâches ménagères (si c'est vrai !).
Je sais que cela n'arrivera jamais, mais si demain pour une raison ou une autre, mon compagnon changeait, qu'il se mettait à me battre, à m'obliger à rester à la maison, bref, à ne plus me respecter, je sais que je pourrais toujours porter plainte, que je serais aidée, parce qu'il y a des structures pour aider les femmes battues.
Mais dans ces pays, quels sont les recours pour ces femmes ? Vers qui peuvent-elles se tourner ?
Il y a aussi le contexte culturel, on leur a tellement répété que leur rôle était d'obéir qu'elles ont fini par le croire, par l'intégrer comme une vérité absolue. Souvent, et c'est ce qui est le plus terrible, cette "vérité" est inculquée de mère en fille : "Sois une bonne épouse ma fille !", sous-entendu : "sois soumise à ton mari".
Les femmes sont maintenues dans l'ignorance, on ne leur donne pas le droit d'étudier, d'aller à l'école, comment se battre contre l'injustice des hommes dans ces conditions ? Elles sont résignées à leur sort par habitude et par peur.