Les commentaires ci dessous sur la création de la statue me semblent assez justes d’après ce que j'avais entendu sur la réalisation de cette oeuvre.
Voici les David de 2 autres sculpteurs (Donatello et Verrocchio) de la renaissance italienne (florentine) connus aussi pour leur talent mais n'ayant pas égalé dans la maîtrise technique celui de Michelangelo
Sur un plan purement technique, et même si nous sortons là du domaine artistique, il faut signaler que le bloc de marbre dans lequel Michel-Ange a sculpté son David avait déjà été largement ébauché par un sculpteur qui, voyant que l’oeuvre venait mal, avait finalement abandonné son projet, ce qui rendait la tâche de réaliser une statue complète dans ce bloc presque impossible. Michel-Ange réussit à caler son modèle d’une manière si parfaite que les bords du blocs affleurent au sommet de la tête, à l’épaule et le long de la base.
On pense que c’est un marbrier de Carrare qui fut le modèle de Michel-Ange : il ne faut pas passer à côté de l’évidente jouissance de l’artiste à représenter cet homme, et le traitement des détails – poils, tétons, peau, muscles, sexe – tout témoigne du désir qui l’animait. Mais, contrairement à ses prédécesseurs, Michel-Ange n’a pas joué sur ambiguité, évidente dans les David de Donatello et de Verrocchio, le corps n’est rien moins qu’androgyne. Il s’agit d’un homme fait, éclatant de jeunesse et de virilité.
Par cette oeuvre, Michel-Ange a égalé le génie des grands sculpteurs de la Grèce Antique, tout en créant un nouvel archétype. Comme Phidias, il introduisit dans son travail, parfois, des écarts par rapport aux canons anatomiques, en fonction de l’emplacement que devraient occuper ses sculptures (grossissement des têtes pour les statues placées en hauteur… ici, on peut constater une évidence :
la jambe gauche est plus longue que la jambe droite). Peu de sculpteurs ont eu de telles audaces.
Nous sommes donc ici dans un domaine qui est au delà de l’exactitude anatomique, dans une anatomie au service de l’expression. Nous sommes dans l’illusion du réalisme, et non dans le réalisme. Les beaux-arts, par essence, ne sont jamais des copies de la réalité, mais visent à créer une illusion de réalité idéelle. L’artiste recrée le monde à l’image de son imagination.
La statue exposée sur la place de la Signoria à Florence, devant le Palazzo Vecchio, est une copie. L’original se trouve à l’Accademia.
Source : Kulturica