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Re: Durban II ou le grand show de l'Iran

Publié : sam. 2 mai 2009 14:20
par Georges
Critiques iraniennes contre Ahmadinejad

Qu’a fait jusqu’à maintenant Ahmadinejad de positif qui pourrait amener la communauté internationale à laisser entrevoir un dialogue avec l’Iran et lui tendre la main ?
C’est la question que pose aujourd’hui certains nombres d’Iraniens, en l’occurrence, les milieux réformateurs à l’instar de Mohammad Khatami, qui a ouvertement critiqué l’actuel président Mahmoud Ahmadinejad et parlant de l’isolement du pays sur le plan international.



Depuis son élection, le président iranien n’a jamais été invité dans un pays occidental. Il n’a pu se rendre qu’à quelques réunions internationales : une session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, une réunion de la FAO à Rome… et récemment à la Conférence sur le racisme à Genève. Cette personne s’est de nouveau discréditée elle-même par l’incitation à la haine.

Le président iranien Ahmadinejad, qui a été autorisé à parler à la Conférence Mondiale contre le Racisme, n’a pas échappé aux critiques de ses propres compatriotes.

Le 20 avril 2009, le Conseil National de la Résistance iranienne a fermement condamné la présence à la conférence contre le Racisme, d’Ahmadinejad, le président du régime fasciste religieux au pouvoir en Iran. « Ceci est une insulte au combat du peuple iranien pour la démocratie, un affront à l’ONU et à tous ceux qui luttent contre la ségrégation raciale » a affirmé le Conseil National de la Résistance iranienne.

Mme Farideh Karimi, membre du CNRI a déclaré lors de cette conférence : "il est ridicule et écœurant qu’un des seuls "présidents" hôtes de la conférence contre le racisme soit Ahmadinejad. C’est désolant de voir qu’une dictature terrible qui impose à une nation un apartheid religieux et sexuel instrumentalise l’ONU et ses instances. Pourtant ce régime a été condamné plus de 55 fois par les instances de l’ONU pour ses pratiques systématiques de la torture et ses châtiments cruels".

M. Farideh a expliqué qu’Ahmadinejad a été lui-même un tortionnaire et un interrogateur à la prison d’Evine pendant les années 80 sous la fausse identité de Mirzaï.

Il a déclaré qu’Ahmadinejad venait constamment dans la section d’Evine, pour emmener des prisonniers sous la torture. M. Naderi qui a passé cinq années et demi en isolement a déclaré qu’ Ahmadinejad, son guide suprême, Ali Khameneï et les autres dirigeants du régime devraient être jugés par un tribunal international pour crime contre l’humanité pour avoir participé au massacre des dizaines de milliers de prisonniers politiques en Iran, au lieu d’être reçu à une tribune à l’ONU pour justifier les graves violations des droits de l’Homme et l’exportation du terrorisme et de l’intégrisme. "En continuant la complaisance avec ce régime intégriste, on lui permet de transformer la conférence contre le racisme à l’ONU en un instrument de propagande aux mains d’une des dictatures les plus terribles" a-t-il ajouté.

A propos du discours très controversé, aux tonalités violemment antis-émites et anti-israéliennes, du président iranien Ahmadinejad lors d’une conférence de l’ONU à Genève, L’avocate iranienne et Prix Nobel de la paix Shirin Ebadi a elle aussi commenté : "J’aimerais qu’ils s’occupent des problèmes de leurs concitoyens, plutôt que de prêcher la haine." Maître Ebadi a raison puisque l’Iran est considérablement plus faible qu’il y a six mois à cause de la crise économique et de la chute du prix du pétrole.

Selon la presse modérée de Téhéran, un rival modéré de Mahmoud Ahmadinejad à l’élection présidentielle de juin prochain en Iran, Mirahossein Moussavi, s’est élevé contre la participation du chef de l’Etat sortant à "Durban II". Moussavi est partisan d’une ligne plus conciliante en matière de politique étrangère, y compris envers les Occidentaux, contrairement à Mahmoud Ahmadinejad.

Mehdi Karroubi, qui est un autre candidat aux prochaines élections présidentielles, a accusé lui aussi Ahmadinejad d’avoir causé une grave détérioration aux relations de l’Iran avec la communauté internationale, suite à ses propos extrémistes.

Ce soir nous pensons à tous les opposants du régime iranien, hommes et femmes courageux, qui veulent changer les choses dans leur pays et qui méritent notre respect. Un jour viendra où les Iraniens, eux mêmes, balayeront les ayatollahs sectaires et racistes.

Re: Durban II ou le grand show de l'Iran

Publié : sam. 2 mai 2009 14:23
par MUSLIMAFRIQUE

Re: Durban II ou le grand show de l'Iran

Publié : sam. 2 mai 2009 15:53
par Georges
Le judaïsme est sa matrice. :)

Il en adopte les prophètes, les histoires, les rituels, comme la circoncision ou les interdits alimentaires, qu'il adapte.
Les hadiths, les « dits du Prophète », texte le plus sacré pour les musulmans après le Coran, ressemblent par leur construction au Talmud des juifs.
Il s'inspire aussi des chrétiens. Il reprend, notamment, à son compte une thèse en vigueur chez les premiers chrétiens du Proche-Orient selon laquelle Jésus, fils de Dieu, ne pouvait être crucifié et aurait donc été remplacé par un sosie.

Mais les emprunts ne signifient pas reconnaissance ou dialogue. Le Coran récrit le scénario de la révélation. Certes, il reconnaît les VIP de la Bible et des Evangiles, et d'abord Abraham. Mais, de Noé à Jésus en passant par Moïse et Marie, ces personnalités n'ont plus la même mission, ni la même biographie. Abraham, le fondateur des trois monothéismes, tient sa foi de... Mahomet, et non le contraire. « Il ne fut ni juif ni chrétien, mais fut musulman et soumis à Allah », dit le Coran. Quant à Jésus, il refuse la Trinité : « Ne dites pas trois », prévient-il. Sa mission : prêcher l'unicité de Dieu.

Ce complexe de supériorité porte-t-il en lui l'intolérance ?
En théorie, non, puisque le Coran prône tout à la fois la guerre sainte contre les hérétiques mais refuse aussi la conversion forcée : « Nulle contrainte en la religion ! » dit-il. Mais alors, au nom de qui, aujourd'hui, persécute-t-on les chrétiens au Soudan, au Pakistan ou en Irak ?
A quoi se réfèrent les dirigeants syriens en proférant en public des propos antisémites ?
Le message spirituel, comme c'est souvent le cas, est brouillé par la politique.

Pourtant, l'histoire le prouve : l'islam ne s'est pas montré plus intolérant que d'autres religions, au premier chef le christianisme.
Dès le début de la conquête islamique, au VIIe siècle, la propagande byzantine dépeint les musulmans en barbares sanguinaires. Or les califes de cette époque, installés à Damas, en Syrie, ont la réputation d'être respectueux des peuples qu'ils soumettent. Redoutables combattants mais nomades sans culture administrative, ils utilisent les compétences locales, juives et chrétiennes. Nombreux sont les nestoriens et autres hérétiques chrétiens du Proche-Orient qui vont donc préférer la domination musulmane aux impôts des Byzantins et des Perses, les puissances dominantes du moment.

Léon Poliakov, dans sa célèbre « Histoire de l'antisémitisme » (Calmann-Lévy, 1956), rappelle aussi qu'au XIe siècle les califes fatimides d'Egypte subventionnaient l'académie rabbinique de Jérusalem. Le plus bel exemple de la tolérance musulmane reste cependant l'Andalousie médiévale, où, du IXe au XIe siècle, juifs et chrétiens, bien que dhimmis, vont participer pleinement à la vie politique et culturelle. Souvent, les postes de commandement sont détenus par des juifs, comme Samuel ibn Nagrela, qui, au Xe siècle, dirigea les armées du roi musulman de Grenade et publia en arabe une dissertation sur les diverses contradictions du Coran... C'est dans cette Espagne qui traduit les textes de la philosophie grecque que s'épanouit Moïse Maïmonide, juif écrivant en arabe, philosophe et théologien majeur. C'est aussi cette Espagne de la coexistence pacifique qui va devenir, dans l'imaginaire des musulmans et des juifs, chassés de la péninsule en 1492 par les chrétiens, le mythe d'El-Andalous, synonyme de tolérance. « Il y eut dans l'Histoire et pendant plusieurs siècles un temps de dialogue », souligne aujourd'hui Mgr Olivier de Berranger, président du comité épiscopal pour les relations interreligieuses. Autre exemple, plus proche de nous : des juifs de France ont été cachés dans la Mosquée de Paris pendant la Seconde Guerre mondiale. L'intolérance n'est donc pas consubstantielle à l'islam...

La question de la liberté

La notion de libre arbitre, en revanche, lui serait-elle étrangère ? Dès le début du VIIIe siècle, le moine Jean Damascène soulève ce problème dans sa « Controverse entre un musulman et un chrétien » : si, comme le veut l'islam, Dieu impose une soumission absolue à l'homme, comment celui-ci peut-il être libre ? L'interrogation reste actuelle. « La question de la liberté est l'un des principaux obstacles qui nous séparent des musulmans, rappelle aujourd'hui encore Armand Abécassis, professeur de philosophie et spécialiste de la mystique juive.
Abraham discute avec Dieu la destruction de Sodome et Gomorrhe ; il ne se soumet pas.
Jésus sur la Croix reproche à son père de l'avoir abandonné. Lui non plus ne se soumet pas.

Ce dialogue est difficile pour le Coran : le musulman est par définition "soumis ". »

Paradoxe : le fidèle de Mahomet, lui, est convaincu d'être le seul homme libre.
Pourquoi ? Parce que le péché originel n'existe pas dans le Coran. « L'homme dans l'islam est entièrement responsable de ses actes, explique Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, dans une interview au Point (n° 1631). Il ne peut pas se réfugier derrière une espèce de prédestination. » Et il a le droit, lui aussi, de discuter l'enseignement de Dieu : Mahomet, encouragé par Moïse, a ainsi négocié avec Allah le nombre de prières journalières imposées au croyant. Dieu en voulait cinquante, son prophète a obtenu qu'elles se limitent à cinq...

Certes. Mais alors que penser des mariages forcés et du voile ? La femme musulmane n'aurait-elle pas le droit au libre arbitre ? Question fondamentale en Europe, où le combat du sexe féminin pour l'égalité est un enjeu majeur et où la soumission de la femme est considérée comme le principal scandale du monde musulman. Or ce statut n'est pas le fruit d'une injonction sacrée mais le résultat d'un archaïsme culturel...

Cette question du libre arbitre est au coeur du débat qui oppose l'islam et les autres religions du Livre. La réponse passerait-elle par la laïcité, gage de tolérance, comme le pensent beaucoup d'observateurs ? C'est en tout cas le passage obligé pour l'avenir en Europe d'une religion qui, rappelons-le, ne conçoit pas la séparation du temporel et du spirituel. Mais il faudrait pour cela que l'islam opère sa « révolution » culturelle. Or il est actuellement dominé par sa version la plus rétrograde, celle de la lecture littérale des textes et du retour au passé, le wahhabisme saoudien. Celle à laquelle adhèrent le plus souvent les jeunes paumés de banlieue, à la recherche d'une identité nouvelle. Celle que retiennent aujourd'hui les contempteurs de l'islam. Impasse.

Comment rapprocher les trois religions ?

Comment en sortir ? Une des clés serait le rapprochement des trois mono- théismes. Avec les juifs ? Pas facile. « Je reste à certains égards sceptique, confie le rabbin Michel Serfaty, pourtant à l'origine des Amitiés judéo-musulmanes de France. L'islam en France est, d'abord, celui des caves et des banlieues. Ces musulmans ne sont pas dangereux, mais ils portent en eux un antisémitisme latent. »

Avec les chrétiens ? L'Eglise a déjà fait un bout du chemin. En 1965, dans sa déclaration Nostra Aetate, elle reconnaissait l'islam en même temps que le judaïsme. Jean-Paul II a été le premier pape à se rendre à la mosquée des Omeyyades de Damas pour prêcher le pardon mutuel entre chrétiens et musulmans. « Nous en sommes encore à purifier la mémoire, reconnaît Mgr de Berranger. On ne peut pas dire que les croisades représentent une gloire de l'Eglise... Mais les musulmans ont aussi un effort de mémoire à fournir. Les uns et les autres, nous ne pouvons nous contenter de stéréotypes qui conduisent à la barbarie. » Problème : les deux religions sont concurrentes, particulièrement en Afrique. « Il est dans leur nature de se confronter, constate le père Christian Delorme, acteur engagé du dialogue interreligieux. Chacune rassemble une population énorme et prétend être dépositaire de la totalité de la Révélation et gouverner l'universel. » Surtout, côté musulman, les frustrations restent vives. Alors que les jeunes se sentent souvent rejetés, les anciens n'ont oublié ni les vexations du décret Crémieux, qui, dans l'Algérie française, imposait une discrimination entre citoyens musulmans et juifs, ni les atrocités de la décolonisation.

L'ouverture est pourtant possible, même si elle ne relève souvent que d'initiatives individuelles. Ainsi, c'est grâce à l'action de personnalités comme l'orientaliste Louis Massignon, le philosophe Henri Corbin ou l'historien Jules Isaac que l'Eglise catholique s'est ouverte au judaïsme et à l'islam. Ce sera peut-être grâce à des musulmans modérés à la recherche des vrais textes que l'islam retrouvera le sens du débat. Faudra-t-il attendre encore une génération

Re: Durban II ou le grand show de l'Iran

Publié : dim. 3 mai 2009 15:28
par Georges
Comment les droits de l'homme et l'antiracisme sont revendiqués par des faussaires, au nom du despotisme, du fanatisme et du sectarisme

Pour Marcel Gauchet, rédacteur en chef de la revue « Le Débat », le dilemme politique, posé par les droits de l'Homme est tout entier inscrit dans cette question : « comment concilier l'émancipation de l'individu, donc le renforcement de ses droits, avec les contraintes et obligations de la vie en société ? » Selon ce point de vue, la sacralisation des libertés nuit à la démocratie, au sens ou elle oppose l'individu à la société, en renvoyant celle-ci au « mal radical », en en faisant « l'ennemi de l'individu ». Je cite un extrait de son blog : « Il y a une crise de la démocratie, une crise profonde. Mais, je ne parlerais pas d’une crise des fondements de la démocratie que sont les droits de l’homme. Tout au contraire, ceux-ci se portent si bien qu’ils sont en train de mettre en péril, ce dont ils sont supposés être le socle. C’est la poussée ininterrompue et généralisée des droits individuels qui déstabilisent l’édifice. La crise actuelle a ceci d’extraordinaire qu’elle résulte d’une prise de pouvoir par les fondements : à être invoqués sans cesse, les droits de l’homme finissent par paralyser la démocratie. Si la démocratie peut être définie comme le pouvoir d’une collectivité de se gouverner elle-même, la sacralisation des libertés des membres de la dite collectivité a pour effet de vider ce pouvoir de sa substance. »

Nous savons également que, lorsque le collectif se sent menacé (terrorisme ou état de guerre), les droits de l'homme sont mis de côté et la démocratie recule en promulguant des lois d'exception, en réduisant les libertés, en autorisant l'usage de la torture, etc...

Les droits de l'homme ne sont donc pas une politique, mais ils sont au fondement de la démocratie, et ils s'inscrivent au cœur d'une contradiction entre l'individu et le collectif, dans une situation jamais stabilisée.

Les droits de l'homme et la tension différenciation/universalisation au cœur de la guerre entre les nations

La fragilité de la démocratie, découlant de ses rapports avec ses fondements, semble ouvrir la voie à tous les faussaires en devenant une arme de guerre entre les nations. Telles sont les conclusions que nous pouvons tirer des conférences sur les droits de l'homme, organisées par l'ONU, Durban I et II.

La déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, fruit de la victoire des démocraties sur les fascismes, devient ici une arme de propagande redoutable aux mains des despotes, des sectaires et des fanatiques de tous poils. Pour cela, il suffit de faire glisser les droits reconnus aux individus, en droits attribués aux communautés, en identifiant l'universalisme humaniste au colonialisme occidental, et en instituant ces droits, non sur le fond commun de l'humanité, mais sur les différences entre les individus, les peuples, les groupes d'appartenance. Une rhétorique se déploie alors fondée, non sur l'universel, mais sur la différence, liée à l'ethnologie ou à la culture...

Cette approche a un écho en occident, notamment dans la mouvance altermondialiste et la gauche radicale, mais pas seulement. Et elle vient complexifier la réflexion sur le racisme. Comme le souligne Albert Memmi, le racisme a pour but la légitimation d'une agression à partir de la valorisation de la différence qui tend à être maximalisée, pour enfoncer sa victime, et se grandir d'autant. Cette idéologie, portée aujourd'hui par la gauche radicale, est liée au travail du GRECE et de la nouvelle droite depuis les années 1970. Alain de Benoist dans son intervention de 2002 au colloque du GRECE, désignait « l’idéologie du Même » comme l’ennemi principal dénonçant la massification des cultures, et l’idée selon laquelle l’homme serait une entité abstraite, sans racines ni héritage culturel, voire même un simple citoyen du monde .

Jean-Yves Camus, expose cette connivence entre la gauche radicale et la nouvelle droite dans son intervention au colloque intitulé la République face aux communautarismes, organisé au Sénat le 24 novembre 2006 :

« Les thèmes des droits des minorités ethniques et linguistiques, du droit à la différence, et des formes que doit prendre l’intégration, auraient du soulever une question de fond face à ce qu’on nomme le différentialisme, c'est-à-dire le projet idéologique qui consiste à promouvoir une société dans laquelle l’unicité du genre humain, l’égalité juridique entre les individus et la citoyenneté disparaissent au profit de la valorisation de ce qui sépare, c'est-à-dire les aptitudes intellectuelles et physiques données comme innées, et aussi l’appartenance ethnique, raciale ou religieuse. Dans le projet différentialiste, les individus ne sont pas des acteurs de leur propre devenir : toute leur vie est déterminée par leur patrimoine génétique, leur hérédité. C’est une vision qu’on trouve évidemment de manière courante à l’extrême-droite, par exemple dans l’idée nazie du « Sang et du Sol » et qui a été théorisée de nouveau, dans les années 70, par la « nouvelle droite », mais qui me semble avoir fait son chemin bien au-delà de cette sphère. »

Aux États-Unis, la demande de reconnaissance particulière de droits, pour différentes catégories, a débouché sur ce que l'on a appelé la discrimination positive. Mais tant qu'il s'agissait de communautés universelles, celles que l'on retrouvent dans toutes les cultures et sous toutes les latitudes, comme les femmes, les homosexuels, et les handicapés, la discrimination positive pouvait s'entendre comme une réintroduction de l'humanisme universaliste et de l'exigence des droits de l'homme, dans la prise en compte de la différence. Les cartes, aujourd'hui, semblent suffisamment brouillées pour que les ennemis de la démocratie, au nom du différentialisme, puissent utiliser les droits de l'homme, comme une arme contre l'universel, la démocratie et l'occident. Ainsi, on se prévaut de l'antiracisme, pour constituer un délit de diffamation des religions qui est, comme le souligne Jacques Julliard dans « le nouvel observateur », « l'un des monuments les plus stupéfiants que la tartufferie moderne est élevé à l'esprit d'oppression. » Destiné en principe à protéger les croyants, ce délit vise en réalité à criminaliser toute critique de la religion, y compris dans les pays où la charia est appliquée, en l'opposant ainsi légitimement, à l'universalisme des droits de l'homme. Nous apercevons ici l'enjeu de Durban II : détruire la déclaration universelle des droits de l'homme, en opposant le particularisme et le différentialisme à l'universalisme, tenu alors pour une théorie colonialiste, propre à l'occident et à sa volonté de dominer le monde.

Les droits de l'homme et les valeurs universalisables

La dialectique entre particularisme et universel nous pousse à nous poser cette question : « devons-nous appréhender l'autre comme un semblable ou prendre en compte sa culture différente » ? Pourquoi devrions-nous obligatoirement opposer l'un et l'autre ? J'ai envie de répondre avec Sigmund Freud que l'autre est toujours l'inquiétante étrangeté ou le semblable différent...semblable au sens ou il est un sujet et un homme, comme je le suis moi-même, mais différent, puisque par définition, il n'est pas moi et qu'il a forcément une autre histoire, une autre manière de donner du sens à ce qu'il vit, et une autre manière de développer ses systèmes de défenses. Cet écart renvoie toujours à la blessure narcissique liée à la castration : je suis obligé de prendre en compte l'autre, qui m'interdit, par sa présence même, cette toute-puissance, dont le désir enfoui dans l'inconscient ne cherche qu'à faire retour. C'est pourquoi la prise de conscience de l'altérité se fait toujours dans l'ambivalence (amour/haine). Et la loi se justifie, dans toutes les sociétés humaines, de cette contenance du désir de toute puissance, qui ne demandent qu'à faire retour en chacun. Sans loi, il n'y aurait que la loi du plus fort... Nous avons donc une base commune, justifiant l'existence d'éléments universalisables, ne serait-ce que la loi, et sa fonction de protectrice du plus faible... les « droits de l'Homme », s'inscrivent ici, comme étant au fondement de cette protection. Ils ne sont pas gravés dans le marbre, par je ne sais quelle divinité...ils sont sans cesse menacés par les tensions (individu/société et particularisme/universalisme) et résultent d'un long combat de l'homme contre son propre désir de toute puissance, et contre l'oppression qui en résulte. Ce combat traverse les cultures et les civilisations. Certains « particularismes culturels » heurtent de plein fouet les valeurs universalisables, dans n'importe quelle culture humaine.

L'enjeu de Durban II et l'aveuglement de l'ultra-gauche occidentale

La conférence de l'ONU, qui s'est tenue à Genève, sur le thème du racisme avaient pour enjeux l'exaltation du différentialisme, la destruction de la dimension universelle de la déclaration de l'homme, sa relativisation, et son rejet absolu en tant qu'idéologie coloniale de l'occident. Tous les despotes, tous les tenants du « choc des civilisations » de Samuel Huntington, des libéraux aux nationalistes d'extrême droite, ne pouvaient que s'en réjouir, d'autant que l'ultra-gauche, ici, prêtait la main à l'idéologie, en faisant de la conférence sur le racisme, l'exclusive condamnation d'Israël et en minimisant, pour ce faire, l'antisémitisme de l'auto-proclamé docteur es antiracisme Ahmedinejad.

Prenons l'article d'Alain Gresh paru dans le monde diplomatique du mercredi 22 avril. Selon l'auteur, l'antisémitisme de l'orateur n'est pas avéré, puisqu'il n'a dit « que ce qu'il a dit ». Tant pis si la version écrite du discours fait allusion à « la question ambigüe et douteuse de l'holocauste »... tant pis si le langage, tout en sous-entendus et ambigüités, se précise afin de nommer les maux (le sionisme, les USA, l'impérialisme, le racisme juif, etc...), tant pis enfin si l'orateur a déjà organisé, à Téhéran, du 14 aout au 13 septembre 2006, en réponse aux caricatures de Mahomet et afin de sanctionner l'occident du « délit de diffamation des religions », une exposition concours de dessins suivi de conférence, pour remettre en cause la réalité de la Shoah, en invitant avec tous les honneurs, des négationnistes tel que Robert Faurisson condamné à maintes reprises par la justice française pour négation de crimes contre l’humanité, Georges Thiel, ancien conseiller du front national et, David Duke, le dirigeant du Ku Klux Klan. Pour Alain Gresh, l'essentiel est ailleurs. L'antisémitisme est tellement minimisé, que le seul fait d'en parler relève « du délire et de la désinformation ». Seule compte la critique de la politique d'Israël...

Or, précisément, l'enjeu de la conférence résidait dans cette caricature : la dénonciation du racisme, présenté comme un qualificatif intrinsèque du sionisme et des juifs, est prononcée par un antisémite qui, au nom de l'antiracisme, défend le délit de diffamation des religions en revendiquant le différentialisme contre l'universel. Les « droits de l'homme » et « l'antiracisme » sont ainsi revendiqués par des faussaires, au nom du despotisme, du fanatisme et du sectarisme

Rappelons que la politique d'Israël est certes à critiquer, mais elle ne peut l'être qu'au nom de valeurs universalisables, inscrites dans la déclaration des droits de l'Homme, susceptibles de s'opposer à tout pouvoir.

Re: Durban II ou le grand show de l'Iran

Publié : lun. 4 mai 2009 11:30
par Inssman
lorie a écrit :Ou comment les nations se sont faits prendre au jeu de l'Iran .. !!!

En acceptant de refaire Durban I les nations savaient qu'elles s'exposaient une fois de plus à des dérives antisémites .. et encore une fois elles sont retombées dans le piège ..

Pourquoi la France a accepté de faire parti de cette mascarade ? A croire qu'ils découvraient le caractère antisémite de l'Iran ..

Bref .. un article signé à toute vitesse .. et les caricatures .. ben maintenant c'est officiel on peut en faire .. !!!!!! :tongue:
Il n'y a rien de mal à dire que les sionistes sont des criminels ce qui vrai. Vous n'êtes pas le peuple élu et aucune terre ne vous a été promise !

Tout ce qu'à dit le président Iranien était vrai et il n'y avais aucun antisémitisme dedans, mais nos hommes politiques son les léches culs des sionistes et agissent sous leur ordre.

Re: Durban II ou le grand show de l'Iran

Publié : lun. 4 mai 2009 11:49
par lorie
Inssman a écrit :
Il n'y a rien de mal à dire que les sionistes sont des criminels ce qui vrai. Vous n'êtes pas le peuple élu et aucune terre ne vous a été promise !

Tout ce qu'à dit le président Iranien était vrai et il n'y avais aucun antisémitisme dedans, mais nos hommes politiques son les léches culs des sionistes et agissent sous leur ordre.

Tu racontes n'importe quoi .. mais il est vrai que tu n'es pas anti juif .. juste anti sioniste .. que tu dis .. mais dis moi quelle est la différence entre :

Avant la seconde guerre mondiale :

"Les juifs sont le malheur du monde"

Après la seconde guerre mondiale

"Les sionistes sont le malheur du monde"

Il n'y en a aucune .. les sionistes seraient le malheur de ce monde comme les juifs l'ont été avant eux .. mais ce qui est marrant c'est que les juifs sont pratiquement tous sionistes .. une pierre deux coups - on se débarrasserait des sionistes et du même coup des juifs ..

Et puis moi "peuple élu" ??? tu veux rire ou quoi ??? je n'y crois pas plus que je crois que momo fut un prophète .. mais si c'est le seul argument que tu as à dire pour attaquer tout azimuts les juifs .. autant dire ouvertement que tu n'aimes pas les juifs et au moins tu auras le cœur un peu plus léger ..

Re: Durban II ou le grand show de l'Iran

Publié : jeu. 21 mai 2009 16:32
par MUSLIMAFRIQUE
Il y a un monde de différence

Re: Durban II ou le grand show de l'Iran

Publié : jeu. 21 mai 2009 16:40
par Georges
Quelle pensée profonde

il y a un monde de différence

Hélas l' islam comme les USA sont pour l' uniformisation de la planète/

C'est pourquoi on parle de l'Islamerique à l' assaut de l' Europe.

[dmotion]x3joxz_dieudonne-la-bete-noire-2-sur-3_news[/dmotion]

Re: Durban II ou le grand show de l'Iran

Publié : jeu. 21 mai 2009 16:47
par MUSLIMAFRIQUE
Il faudrait faire la différence entre la paranoia irréaliste et les vrais projets .

Les américains ont les moyens de mener ce projet pas nous ....

Et le projet des musulmans ne concerne pas l'europe ou les états-unis mais le monde musulman, ça fait un sacré différence tout de même.

Il font comparer ce qui est comparable et arrêter de jouer sur les peurs des gens .

Re: Durban II ou le grand show de l'Iran

Publié : jeu. 21 mai 2009 16:56
par Georges
Sais tu que l' Eurabie a déjè sa capitale ?

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Re: Durban II ou le grand show de l'Iran

Publié : jeu. 21 mai 2009 17:26
par Inssman
Georges a écrit :Quelle pensée profonde

il y a un monde de différence

Hélas l' islam comme les USA sont pour l' uniformisation de la planète/

C'est pourquoi on parle de l'Islamerique à l' assaut de l' Europe.

[dmotion]x3joxz_dieudonne-la-bete-noire-2-sur-3_news[/dmotion]
Nommé islam ce qui n'est qu'une interprétation extrémiste du kital, c'est la preuve que tu ne sais pas de quoi tu parles :

Le Dr. Youssef al-Qardawi dit : « Le Jihad sur le sentier d'Allah sert uniquement à la défense de la terre, de l'honneur et des choses sacrées… Ici, nous adoptons ce qu'ont adopté les savants musulmans de cette époque : cheikh Abu Zuhra, cheikh Rachîd Ridâ, cheikh Chaltut, cheikh Abdallah Darâz, cheikh Al-Ghazâli : tous sont d'avis que le Jihad en Islam sert uniquement à la défense de la religion, de l'Etat, des choses sacrées, de la terre, de l'honneur…et ne sert pas à la conquête du monde comme le décrivent certains[27] ».

Il y a aussi certains allumé qui pensent que le kital est aussi offensif pour imposer l'islam comme religion d'état au pays voisin, c'est vrai mais de là à faire croire que c'est le vrai Islam, c'est faux et dangereux.

Re: Durban II ou le grand show de l'Iran

Publié : jeu. 21 mai 2009 18:28
par yacoub
Le djihad est l' obligaztion absente de la secte :evil:
quand à l'aspect défensif de la guerre en islam comment expliquer la colonisation de l' Afrique du Nord
de l' Espagne de l' Inde par une religion lovcalisée en Arabie?

Re: Durban II ou le grand show de l'Iran

Publié : sam. 23 mai 2009 00:41
par MUSLIMAFRIQUE
Palestinian minors killed by Israeli

http://www.dailymotion.com/user/abou_na ... srael_news

Re: Durban II ou le grand show de l'Iran

Publié : sam. 30 mai 2009 20:20
par yacoub
Il ne reste plus que huit jours pour empêcher l'élection au poste de directeur général de l'UNESCO de Farouk Hosni. C'est l'un des postes de responsabilité culturelle les plus importants du monde. Pour l'instant, à part, hier, une petite colonne en page Débats du Monde, intitulée « Unesco : la honte d'un naufrage annoncé », et signé de trois personnalités qui seraient plus crédibles si, plutôt que de défendre inconditionnellement la politique de "Bibi", ils se faisaient le porte-parôle d'une politique plus équilibrée entre Palestiniens et Israéliens, Elie Wiesel, Jacques Lanzmann et Bernard-Henry Levy, le silence est total. Or, sur le fond ils ont raison. Pire, Hosni a reçu le soutien de pays arabes et européens, dont l'Italie, l'Espagne et... la France. Or cet homme si sa candidature n'est pas bloquée devrait diriger une grande organisation internationale dont la mission est de promouvoir le dialogue interculturel pour établir «la paix dans l'esprit des hommes».



Qui est donc Farouk Hosni ?


Or qui est cet homme amené à promouvoir? Lorsqu'en juillet 2007, il annonce sa candidature, la presse égyptienne révèle l'implication de deux de ses plus proches collaborateurs dans des affaires de corruption. Mais ce n'est pas tout. Farouk Hosni a déclaré en avril 2001 : "Israël n'a jamais contribué à la civilisation à quelque époque que ce soit car il n'a jamais fait que s'approprier le bien des autres" , réitérant deux mois plus tard : "La culture israélienne est une culture inhumaine ; c'est une culture agressive, raciste, prétentieuse, qui se base sur un principe tout simple : voler ce qui ne lui appartient pas pour prétendre ensuite se l'approprier".


"Brûlons ces livres (israéliens) ; s'il s'en trouve, je les brûlerai moi-même devant vous"


Non seulement, il s'est déclaré contre la normalisation culturelle avec Israël, toujours absente trente ans après les accords de Camp David, mais il a prononcé des phrases odieuses : Répondant à un député du Parlement égyptien qui s'alarmait que des livres israéliens puissent être introduits à la bibliothèque d'Alexandrie, il a déclaré : "Brûlons ces livres ; s'il s'en trouve, je les brûlerai moi-même devant vous" ? L'homme qui règne sur la culture égyptienne depuis vingt ans, n'en est pas à son coup d'essai : le quotidien Haaretz rappelle qu'il a interdit la présentation au festival de cinéma du Caire du film israélien plébiscité d'Eran Kolirins, la Visite de la fanfare.



C'est lui qui aurait invité le négationniste, ex communiste, converti à l'Islam Roger Garaudy à venir mettre en doute la Shoah


Le Centre Wiesenthal tient l'homme pour un «antisémite», qui a «personnellement» invité l'islamo-communiste négationniste Roger Garaudy à venir mettre en doute la Shoah à la télé égyptienne, il y a sept ans, et qui aurait bloqué l'ouverture d'un musée juif au Caire. Et cet homme que la France va soutenir pour promouvoir le dialogue interculturel ? Il faut dire qu'après Durban I et le récent Durban II où l'on pu entendre le président iranien provoquer un tollé occidental, en se lançant dans une violente diatribe contre Israël qui a conduit les pays européens à quitter la salle, un sommet où le marchandage final plutôt honteux a abouti à échanger le refus du blasphème contre toute mention de l'homosexualité.


2003 : La Libye à la présidence de la commission des droits de l'homme de l'ONU !


Mais l'UNESCO n'en est pas non plus à son premier scandale : en 2003, la crédibilité de la Commission des droits de l'homme (CDH) de l'ONU avait pris un nouveau coup avec l'élection de l'ambassadrice libyenne auprès des Nations unies à sa présidence ! Lors de Durban II, Ashraf Ahmed El-Hojouj, le médecin palestinien détenu avec les infirmières bulgares est intervenu contre la Libye, rapidement interrompu par la représentante libyenne dont le pays, « l'une des pires dictatures du monde, aux mains tachées de sang » a présidé le comité préparatoire de Durban ! Le Président de la République qui se vante d'être sur

les fronts, ferait bien de ne pas salir la réputation de notre pays en votant pour Farouk Hosni


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Re: Durban II ou le grand show de l'Iran

Publié : sam. 13 juin 2009 14:38
par Georges
BHL qui n'est pas religieux reste quand même sioniste. :shock:

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