Alice ... réponse 2

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lorie
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Alice ... réponse 2

Message non lu par lorie »

Alice a écrit :
moez a écrit :ton poto michel ah on avance on a le prenom (qui sait dans la journée on aura peut etre le certif :D ) il est pas marié merci ça j'avais capté deja ni civilement ni religieusement car comme tu es stupide tu es bien tombé dans mon piege ,le texte évoquait un couple marié religieusement et non pas une simple vie libre :lol: et si par contre il vit avec une juive du moment que sa femme est bien née de mere juive qui elle aussi est née de mere juive etc :lol: et les enfants sont juifs a 100 % que les parents fassent ce qu'ils veulent cela ne change absolument rien a l'affaire ,la loi est la loi dralnar je sais que toi tu t'en fous des lois mais on est pas tous comme toi !!!! il a le libre arbitre ton poto michel au fait t'as oublié de preciser si il etait circonci ou pas ? sauf que si sa judeité le derange a ce point alors qu'il evite de se dire athée juif ,il se dit athée tout court !!!!! je connais des juifs athées jamais ils ne vont renier leur identitée juive ,ils savent qu'ils appartiennent au peuple juif et ne vont jamais tenir de discours anti juif ou anti Israel !!!!! :twisted:
Je voudrais réagir sur ça, ce libre-arbitre si souvent convoqué comme indice du caractère "civilisé*" des juifs (par rapport à d'autres, musulmans au hasard). Or plus je te lis, plus j'ai l'impression qu'il est surtout synonyme de "tolérance envers les juifs négligeants". Si on donne vraiment le libre-arbitre, il devrait également s'étendre au sentiment d'appartenance audit peuple juif. Pour moi un juif athée qui se sent une dette morale envers Israël actuel ou ses compères en éthnie n'est pas athée. Un athée réfute tout ce qui a trait à la Torah, toutes ses directives et son poids, donc également l'idée qu'il appartient à un peuple particulier.

Je suis assez incommodée par le ton un peu méprisant que tu emploies pour parler des "juifs assimilés" (je parle de ceux qui sentent qu'ils n'auraient aucune dette morale envers la judaïté), car c'est exactement le même ton qu'utilisent certains musulmans que je cotoies quand ils me traitent de "françaoui assimilée". Je ne me sens en aucun cas redevable envers le "peuple musulman", je n'ai aucune dette morale envers l'oumma, et je n'en éprouve aucun remords. Je ne pense pas être exceptionnelle, et je suis prête à parier que dans toutes les civilisations, il y en a, athée ou agnostique, qui se sentent affranchis de toute dette morale.

La transmission de la judaïté par les gènes de la mère est totalement arbitraire et fondée uniquement sur un postulat religieux. Les gènes d'une mère juive, en dehors des caractères comme couleur de cheveux ou autres, ne transmettent rien de plus ou en particulier, que les miens. Je suis d'ailleurs prête à faire l'expérience de comparaison génétique ou chromosomique pour tenter de détecter une quelconque différence irrémédiable. Il n'existe aucun gène spécifique juif transmissble uniquement par la mère (le père participe autant à la "fondation génétique" de ses enfants que la mère). C'est sur ce point que vous êtes tous en litige (raf/dral VS toi/lorie), après c'est parti en cacahuètes.

Bref, je me permets cette mise au point car tu ne devrais pas mépriser les "juifs assimilés" qui se sentent affranchis (comme je le suis), ils ont justement le libre arbitre. Si tu le conspues juste parce que c'est un pote à dral, c'est pas grave (les amis de mes ennemis sont mes ennemis), mais si c'est parce qu'il est un assimilé, là non.

Alice

* l'adjectif civilisé je l'emprunte à lkm


PS: Je fais ma jacqueline mais pitié, ce language kevin-moins-de-12-ans :shock:

Pour une fois qu'il y a un sujet auquel on peut partager et en discuter .. je ne tiens pas à le laisser dans le zoo ...

Alice ...

Tu parles de TON expérience .. mais tu ne peux pas généraliser ce que tu penses avec la réalité du terrain ...

Je ne suis pas du tout .. mais alors pas du tout religieuse .. et je ne crois plus que la Torah soit exacte vérité .. ou même un début de vérité ..

Par contre je reste croyante ..

J'ai pas mal de copains juifs AT .. assimilés ou faxés comme tu voudras qui ne se sentent pas juifs en tant que RELIGION mais qui reste attaché à ce qu'il sont ..

Une expression toute con ... " un cochon tu lui coupe la tête .. ça reste du cochon ... "

Un juif c pareil ...

C'est vrai que sur des personnes comme toi ou moi avons notre "personnalité" visible ... surtout moi d'ailleurs ..

Mais être juif ce n'est pas uniquement être lié à cette religion .. et c cela qui est différent des autres religions ...

Etre juif c appartenir à un peuple qui a connu les pire holocaustes et les pires pogroms de l'histoire ..

Alors rejeter la religion oui .. les origines non ..

Je ne pourrais jamais me faire passer pour une suédoise ou une norvégienne .. malgré mes noeils verts ...

Crois tu qu'il suffise de renier le coran ou la torah pour ne plus appartenir à un peuple ??? moi je ne le crois pas ...

En ce qui concerne le copain de dral il est évident et tu connais le problème que dès qu'une personne veut argumenter et veut faire croire qu'elle a-raison elle sort l'argument bateau "Mon meilleur ami bla bla bla ... "

Et c pour cela que moez a répondu à dral ... et c pour cela que cela a viré à un pugilat antijuif (ça tu ne peux le nier ...) ...

Savoir et ressentir ce que l'on est .. il me semble .. est une décision unique et personnelle .. et il faut laisser le libre arbitre à chacun de décider ce qu'il a envie d'être .. ou ne pas être ...

Ya pas de "bonne manière à suivre ..."
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rawbrol
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Message non lu par rawbrol »

Dans le même post, on trouve :
Lorie a écrit :J'ai pas mal de copains juifs AT .. assimilés ou faxés comme tu voudras qui ne se sentent pas juifs en tant que RELIGION mais qui reste attaché à ce qu'il sont ..

Une expression toute con ... " un cochon tu lui coupe la tête .. ça reste du cochon ... "

Un juif c pareil ...
et à peine quelques lignes plus loin :
Lorie a écrit :Savoir et ressentir ce que l'on est .. il me semble .. est une décision unique et personnelle .. et il faut laisser le libre arbitre à chacun de décider ce qu'il a envie d'être .. ou ne pas être ...

Cherchez l'erreur….

Lorie, pourquoi t'évertuer à parler du libre arbitre, puisque tu ne seras jamais en mesure de comprendre ce que ces mots signifient ?
Si un juif reste un juif, comment peux-tu parler de libre arbitre et dire que c'est à chacun de décider ce qu'il a envie d'être ou ne pas être, puisque selon toi, il n'a pas le choix d'être autre chose que juif ?

Non, non, ne me réponds pas sur ce point, c'est pas la peine, la vraie question étant que je n'arrive vraiment pas à comprendre comment tu peux à ce point écrire des choses aussi insensées.
Tu te relis desfois ?
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lorie
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Message non lu par lorie »

rawbrol a écrit : Tu te relis desfois ?
Tu t'appele Alice ??? je ne savais pas ...

Nous ne serons jamais d'accord puisque de toute évidence tu cherches la bagarre ... donc .. continues tout seul ... et amuse toi bien ...
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moez
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Message non lu par moez »

salut marie,

excellent Marie, j'ecris vite suis limite énervé la france a gagné :twisted:

merci d'avoir mis ce post ici j'avais pas envi de répondre au zoo ya trop de mauvaises odeurs avec les titulaires du zoo :lol:


salut Alice,

tu peux appartenir a la france sans aimer les lois française, un juif = appartenir au peuple juif donc meme un juif athée ou converti a l'islam reste juif tu es née juif tu mourras juif !!!!

la notion de religion a la limite on s'en moque ,celui qui veut pratiquer il le peut celui qui veut pas il est libre ,personne va frapper a ta porte pour te dire faut pratiquer la religion Alice,maintenant moi je ne suis pas athée et chacun a la possibilité dans sa vie de faire techouva (repentir)...

un juif athée c'est quoi ben quelqu'un qui ne pratique pas et qui ne reconnait pas qu'il y est un D ça empeche pas qu'il reste juif et son identitée juive est pleine et entiere....

Alice ,un juif assimilé est quelqu'un qui va se prostituer (c'est une image) renier devant ces proches sa judeité uniquement dans le but de se faire accepter,si le non juif accepte pas que david soit juif cela s'appel de l'antismitisme ... :twisted:

quoi que tu fasses et l'histoire l'a prouvé exemple l'affaire dreyfus en france :mad: ,meme un juif assimilé sera toujours un juif aux yeux des goym !!!! et exact je les deteste ceux la car au lieu de s'affirmer et faire front devant les ennemis ceux la sont capable de s'allier avec nos ennemis et chez moi j'ai un principe ne pas ceder devant un ennemi qui que ce soit !!!! :twisted:

autre exemple ,en Allemagne beaucoup s'etait assimilé justement , le judaisme liberale a changer justement cette montée d'assimilation grace a la philosophie juive allemande de l'epoque et a la reforme de certaine lois, mais cela n'a pas empeché hitler de massacrer plus de 6 millions de juifs avec l'aide de vichy et du mufti de jerusalem (en europe et un peu en afrique du nord ) et meme les juifs assimilés sont mort aussi ,tu crois qu' hitler faisait la distinction entre juif religieux,athée liberal,louba etc et assimilé ? non t'etait juif = le camp de la mort :twisted:

quelqu'un qui ne pratique pas le judaisme mange du porc mange a kippour c'est un juif non pratiquant ou soit athée meme si il ne reconnait pas la torah,soit non pratiquant c'est sa life je m'en fou il fait ce qu'il veut car si tu lui demande si il est juif il va te repondre je suis juif mais pas pratiquant ou je suis juif athée ,

quelqu'un qui est juif et va cacher son identitée exemple au bureau tu t'appel levy (je donne levy comme exemple) un collegue de travail va lui dire t'es juif toi ? et qu'il repond non absolument pas je sais que je porte un nom juif mais je jure que je ne suis pas juif voila ce que c'est un juif assimilé ,ça c'est mauvais alice car ce levy est capable de s'allier avec les ennemis du peuple juif :twisted:
Il se haïssait, non pas d’être juif,

mais de ne l’être pas assez "

E.Pawel

UNE LECTURE JUIVE DE KAFKA

Si nous pouvons lire aujourd’hui l’œuvre de Kafka c’est grâce à son ami le plus proche, Max Brod. En effet, celui-ci, a sauvé cette œuvre par deux fois. Kafka n’avait publié que peu de choses de son vivant, et dans ses derniers moments, se sachant atteint d’une tuberculose incurable il avait demandé à Brod, son exécuteur testamentaire, de brûler tout ce qui n’avait pas été édité.

Max Brod, conscient de la valeur des textes de Kafka a transgressé ses dernières volontés.

De plus, pendant la seconde guerre mondiale, Brod est parti en Palestine en prenant soin d’emporter avec lui tous les manuscrits de Kafka, qui ont donc séjourné à Jérusalem pendant quelques années.

Là ne s’arrêtent pas les péripéties que connut l’œuvre de Kafka ; après sa publication elle donna lieu à bien des malentendus, elle fut souvent mal comprise, interprétée de façon réductrice ou même totalement défigurée.

En France, en particulier, on fit de Kafka, une sorte de philosophe de l’absurde, sous l’influence de Camus (cf. Le mythe de Sisyphe). En effet, on a traduit, tardivement en français son journal et sa correspondance, qui permettent de mieux comprendre ce que Kafka a voulu dire.

Il est vrai que Kafka a voulu faire de ses romans et de ses nouvelles des textes polysémiques, des textes dans lesquels se superposent de multiples couches de sens.

Ces textes sont souvent des sortes de fables, de contes symboliques. Kafka adorait les contes et en particulier, comme il le dit souvent dans sa correspondance, les contes hassidiques. " Ce sont les seules choses juives dans lesquelles […] je me sente aussitôt chez moi "(lettre à Max Brod)

Cette polysémie a aussi brouillé les pistes : on a voulu faire de Kafka un existentialiste un crypto-chrétien, un marxiste, un anti-communiste, et bien d’autres choses encore. (Il existe des milliers de commentaires des textes de Kafka, ce qui constitue un phénomène unique dans le domaine des Lettres)

Mon but ici est donc de tenter de rendre à Kafka son vrai visage : Kafka est avant tout un auteur juif même si le mot " juif " n’apparaît pas dans son œuvre ; (on y reviendra. Si son projet le plus visible, dans une première approche, est la volonté de faire une caricature de l’administration et de la bureaucratie, Kafka se place à l’intérieur d’une problématique juive.


Pour clore ce préambule je voudrais souligner que les questions qu’il pose, à propos de l’existence juive, sont aujourd’hui encore d’une remarquable actualité.

L’enfant de l’assimilation

Kafka est né en 1883 dans une famille juive en voie d’assimilation. Dans sa prime jeunesse, cela ne lui pose aucun problème, puis, peu à peu, il va se sentir en exil dans cette assimilation et la vivre comme une douloureuse perte d’identité. Ce thème de la perte d’identité hante une très grande partie de son œuvre, comme nous allons tenter de le voir dans un second temps. Mais en premier lieu voyons qui est cet enfant de l’assimilation.


Il vit le jour à Prague, dans une Bohème qui fait alors partie de l’Empire Austro-Hongrois .

L’émancipation des Juifs est là toute récente, elle date de 1848, durant le règne de François-Joseph. La révolution de 1848 concède aux Juifs les mêmes libertés que celles qui ont été accordées aux Juifs français par la Révolution française. D’où la grande reconnaissance que les Juifs de L’Empire vouaient à François-Joseph, et l’utilisation fréquente du prénom Franz pour nommer leurs fils.

Kafka va donc assister à une mutation radicale de l’existence juive, et cela à l’intérieur même de sa propre famille : les Juifs qui viennent d’accéder à la citoyenneté s’engouffrent dans l’occidentalisation et l’assimilation, délaissant leur propre culture leur propre tradition. Certains changent de nom, d’autres se convertissent au christianisme.

Le tournant de 1848, est en effet, vécu comme une grande libération pour ces Juifs qui avaient été soumis à une réelle discrimination. Depuis longtemps, ils vivaient dans des zones de résidence (comme c’était aussi le cas dans l’empire des tsars) pour " ralentir " la croissance démographique des Juifs, seul le premier né des enfants d’une famille juive pouvait obtenir une licence de mariage (sans le changement de 1848 le grand-père de Kafka n’aurait pas pu se marier.)

Les parents de Kafka sont donc originaires de zone plus ou moins rurales, de shtetlech où l’on parlait le yiddish, le tchèque et parfois un peu l’allemand.

Dans ces zones de résidence, l’étude des textes traditionnels et la pratique des mitzvoth restaient le cœur de la vie juive.


Le grand- père paternel de Kafka avait une boucherie cacher, Hermann le père de Kafka quitta l’école très jeune (dans les écoles juives la scolarité n’était obligatoire que durant six années), pour livrer de la viande, puis il devint colporteur. Dans l’une de ses nouvelles : Joséphine la cantatrice ou le peuple des souris, Kafka évoque l’enfance de son père, les Juifs sont présentés sous la forme de petites souris persécutées dont les enfants n’ont pas le temps d’être des enfants ; mais Hermann Kafka, le pauvre colporteur, va bientôt changer de situation. Les colporteurs correspondaient à un besoin du capitalisme naissant. Ils deviennent des commerçants et parfois même de riches industriels qui peuvent désormais partir pour la ville. Hermann s’installe à Prague, où peu à peu il se retrouve à la tête d’une entreprise prospère de bonneterie. A Prague, il va rencontrer Julie Löwy, dont la famille a aussi quitté la zone de résidence, c’est une famille aisée de brasseurs.

Julie Löwy, la mère de Kafka vient d’une famille qui comptait un certain nombre d’érudits juifs. Kafka avoua souvent qu’il se sentait très proche de la lignée maternelle. Il note dans son journal : " Je m’appelle Amschel en hébreu, comme le grand-père de ma mère […] Un homme très pieux et très savant. "1911

Chez les Kafka, le magasin, la volonté de réussite sociale, ne laisse que peu de place à la pratique du judaïsme. On se contente d’aller à la synagogue pour les grandes fêtes. La famille va à la fois s’assimiler et se germaniser.

En effet la ville de Prague est faite de trois communautés : la plus importante est la communauté tchèque, mais c’est aussi la plus modeste sur le plan économique ; il y a une communauté allemande plus puissante, et les Juifs, troisième communauté, veulent s’identifier aux allemands et idéalisent la langue allemande qui est la langue du pouvoir.

Hermann Kafka veut pour son fils une éducation qui lui ouvre les portes de la réussite sociale. Franz fera donc un cursus primaire et secondaire dans des écoles allemandes (il y a tant de Juifs dans le lycée que fréquente Kafka que l’institution admet dans ses murs la présence d’un rabbin chargé de l’éducation religieuse.) Par la suite,

Kafka, entreprend des études de droit : les étudiants juifs choisissent souvent des professions libérales (avocat ou médecin) dans lesquelles ils risquent moins de se heurter à l’antisémitisme virulent qui continue à exister dans l’empire Austro-Hongrois, en particulier dans les administrations. On retrouve dans bien des textes de Kafka l’empreinte laissée par ses études de droit. Cependant, Kafka décide de ne pas devenir avocat. Il veut un emploi qui lui laisse du temps pour écrire. Finalement il travaillera dans une compagnie d’assurance semi-étatisée (Il pourra y entrer grâce au soutien d’amis, car, en principe, cette administration n’emploie pas de Juifs)

A l’époque de ses études, Kafka ne s’intéresse pas au judaïsme : comme il l’écrira plus tard dans la lettre au père il n’aime pas accompagner ses parents à la synagogue car il ne comprend pas les prières en hébreu. Il voit là, de plus, une sorte de judaïsme mondain.

Une affaire grave d’antisémitisme se déroule en 1901 : une rumeur de meurtre rituel provoque dans les rues de Prague de violentes manifestations antisémites, dont Kafka ne semble avoir rien dit. Kafka se sent attiré par les courants libertaires de Prague et même l’athéisme

Mais l’attitude de Kafka vis à vis du judaïsme va se transformer radicalement,

peut-être sous l’influence de ses amis les plus proches, (ils sont tous juifs), mais

surtout, grâce à une rencontre : celle d’une troupe de théâtre yiddish venue de Lemberg (1911.) La découverte de cette troupe tient une très grande place dans le journal de Kafka. Le responsable de la troupe, Löwy devient pour Kafka un ami.

Ainsi, il fait connaissance avec des Juifs beaucoup moins assimilés que ceux qu’il voit autour de lui, des Juifs qu’il trouve " authentiques ", car ils ne sont pas encore vraiment éloignés de la Tradition. Grâce à ces comédiens Kafka renoue plus ou moins consciemment des liens avec ses ancêtres maternels.

Dans les Recherches d’un chien (Pléiade t. II) il raconte sa rencontre avec les hassidim de la troupe de façon très imagée. Tout cela le conduit à remettre en question l’éducation qu’il a reçue. Dans La lettre au père (texte fondamental pour comprendre Kafka) il reproche violemment à son père de ne lui avoir transmis qu’un " fantôme de Judaïsme "

Désormais Kafka oppose les Juifs de l’Est, si mal perçus par les Juifs germanisés, et en particulier par son père, aux Juifs de l’Ouest. Les premiers sont à ses yeux des Juifs " authentiques " conscients de leur culture et de leur histoire ; alors que les autres veulent oublier leur identité.


A partir de 1911, Kafka regarde tout autrement l’assimilation. Et la critique de l’assimilation prend une place centrale dans son œuvre.

II L’assimilation comme perte d’identité

A partir de la rencontre avec la troupe des comédiens de Lemberg ,Kafka s’engage dans un cheminement opposé à celui de ses parents On peut parler d’une sorte de " désassimilation " ou selon l’expression de Stéphane Moses, de " dissimilation ".

L’assimilation est désormais vécue par Kafka comme une souffrance. Il se sent à la fois dans et hors du Judaïsme.

Dans son cheminement, la première étape est une analyse de ce qu’est l’assimilation et cela, à l’aide de ses romans et de ses nouvelles.

Quatre thèmes sont au centre de cette analyse :

le thème de l’oubli
le thème de l’hybridation
le thème de l’identité
le thème de la culpabilité
L’oubli

L’assimilation est d’abord un oubli. Alors que le " Zahor ! " Souviens toi ! est au cœur du Judaïsme, l’assimilé veut oublier ses racines, oublier la Tradition, C’est à dire l’Etude des textes sacrés, et la pratique des " mitzvoth ", des commandements. Il veut oublier les langues juives ; il veut parfois oublier jusqu’à son nom. Il dévalorise sa culture d’origine, il la considère comme périmée et survalorise la culture du pays d’accueil.

Kafka nous a laissé un certain nombre de portraits féroces de l’assimilé.

Par exemple dans une nouvelle intitulée : Communication à une Académie (Kafka, Œuvres complètes, la Pléiade T II) l’assimilé est présenté sous l’apparence d’un singe ( une fois encore Kafka écrit un conte). Ce singe ne veut plus rien savoir de ses origines, il les a oubliées : " Mes exploits n’auraient pas été possibles, si j’avais voulu m’opiniâtrer à songer à mes origines […] mes souvenirs s’effacèrent de plus en plus "

Il se souvient seulement de s’être retrouvé (ou senti ?) dans une cage (le Judaïsme), cage dont il voulait sortir au plus vite.

Alors il invente une solution : il imite les humains, il se met à parler, bref il devient un singe savant. On le sort, bien sûr, de sa cage et on l’emploie dans des cabarets. Kafka fait dire au singe : " J’ai acquis la culture moyenne d’un Européen […] cela m’a aidé à sortir de la cage "

L’hybridation

L’assimilé ne peut tout effacer, il reste en lui quelque chose de ses origines : il est donc un mixte, un hybride. Le thème de l’hybride tint une grande place dans l’œuvre de Kafka.

Le singe-homme est un hybride, on a déjà rencontré des souris qui sont humanisées,.

un chien qui s’interroge sur son histoire (cf Les recherches d’un chien in O. Complètes Pléiade T II ).

Autres exemples très intéressants : le chat-agneau qui apparaît dans " un croisement "

La bobine de fil en forme d’étoile, évoquée dans : " Le souci du père de famille " (Pléiade t II)

" Un croisement " (Pléiade t II)

Le héros de l’histoire a reçu, en héritage de son père, un étrange animal " moitié chaton, moitié agneau " qui vit en symbiose avec lui ; comment ne pas voir dans cet hybride le " fantôme de Judaïsme" transmis à Kafka par son père ?

Cette bête n’est pas un véritable chat, elle ne sait pas miauler ; elle n’est pas un véritable agneau, elle attaque les agneaux.

Elle est un mixte, en plus elle voudrait être un chien, et souffre tant de sa condition qu’elle souhaite mourir sous le couteau du boucher.

Ainsi dans ce conte il y un agneau, un chat, une allusion au chien et au couteau du boucher.

On retrouve ici bien des éléments de " had gadia " le chant qui est chanté à la fin du Séder (le repas pascal ). ( voir M. A. Ouaknin : Et c’est pourquoi on aime les libellules)

Les enfants Kafka percevaient le rituel du Seder, déformé par leur père, comme une caricature comique.

Par delà ce conte , Kafka évoque donc ce qu’était devenu le judaïsme dans sa famille, et plus précisément cette " mixture " qui tenait lieu de Séder

Le souci

du père de famille



Un père de famille abrite chez lui un curieux hybride : qui se nomme Odradek. C’est un objet et un être humain. Son nom lui même est étrange, c’est peut–être un mélange de slave et d’ allemand ; en réalité on ne sait pas d’où vient ce nom.. Odradek est une bobine de fil qui parle, mais surtout c’est une étoile ; les fils qu’elle porte sont cassés et embrouillés. Cette bobine se déplace avec une béquille, si on lui demande " où habites-tu ? " Elle répond : " Pas de domicile fixe ". Le père de famille s’inquiète : que va devenir Odradek ? " Peut-il donc mourir ? "

La nouvelle se termine ainsi.

L’étoile : c’est bien sûr, le peuple juif ; les fils sont cassés : au fil des génération quelque chose s’est brisé : la transmission ne fonctionne plus comme avant. L’Etat juif n’existe pas à l’époque : Odradek n’a pas de domicile fixe. Le peuple juif perd sa culture, il marche avec une béquille ; est-il en voie de disparition ? S’inquiète Kafka.

L’identité

L’assimilé est donc un hybride, enfoncé dans l’oubli. Il devient ainsi un homme sans qualités. Un homme qui, s’il s’interroge vraiment sur lui –même, comme le fait Kafka

ne sait plus très bien qui il est. Dans une lettre à sa première fiancée : Félice Bauer

Kafka écrit : les uns font de moi un écrivain allemand, les autres un écrivain juif ; "qui suis-je ? "


Kafka se sent lui même un hybride et en souffre. La question : qui suis-je ? traverse toute son œuvre. Dans son journal il note qu’il manque " de sol, d’air et de loi "

A mesure qu’il avance dans sa réflexion sur l’assimilation, il transforme ses personnages : il perdent leur identité, ce qui se traduit par l’effacement de leur nom.

Les héros des deux grands romans inachevés et posthumes, Le Procès et Le Château,

sont respectivement Joseph K et K- ( Il existe de nombreuses interprétations de cette disparition des noms-… K/Kafka K/le nom juif qu’on cache , à l’époque etc…)

Pour Marthe Robert le défaut de nom renvoie à un défaut d’être du Juif qui perd son identité.

La culpabilité

Le thème de la culpabilité apparaît dans bien des textes de Kafka : dans La lettre au père, dans bien des nouvelles, mais surtout dans Le Procès.

Rappel des grandes lignes de ce roman posthume et inachevé : Joseph K. " sans avoir rien fait de mal " est arrêté un matin. De quoi l’accuse -t-on ? Les deux hommes qui viennent l’arrêter ne lui donnent pas la raison de cette arrestation. Commence alors pour ce modeste employé de banque un long périple à travers les méandres de l’administration judiciaire, logée dans des lieux glauques. Joseph K. voudrait savoir de quoi on l’accuse. Il voudrait rencontrer le tribunal suprême, organiser une défense ; mais toutes ses démarches restent vaines. Finalement, il se laisse dévorer par la machine judiciaire, qui le condamne à mort.

Ce roman contient une superposition de sens : il peut être une critique de la justice, il peut avoir un sens métaphysique (on y reviendra), mais il s’agit aussi là d’une auto-accusation : Kafka s’est toujours senti culpabilisé par son père, il se sens coupable de décevoir Félice Bauer, sa fiancée (il vient de rompre ses fiançailles). Mais il y a aussi et surtout la culpabilité de qui rêve parfois d’avoir grandi comme un petit juif du shtetel.

La culpabilité de celui qui ne se sent pas un " Juif authentique "


Pour terminer l’exploration de la méditation de Kafka sur l’assimilation il est indispensable de faire le détour d’un autre roman posthume et inachevé : Le Château.

Là aussi il s’agit d’un texte polysémique : Brod lui-même propose au moins deux interprétations de ce roman. Dans l’une de ces deux interprétations il fait du Château le récit d’un voyage juif en terre hostile ; ou encore la quête d’une impossible assimilation. Rappel :K. un étranger a été appelé pour exercer le métier d’arpenteur, dans le domaine du comte west-west. Il arrive dans un étrange village surmonté d’un château. K. veut s’intégrer au village mais n’y parvient pas, il est rejeté. Il voudrait exercer la tâche pour laquelle il a été appelé mais son dossier s’est perdu dans les rouages de l’ administration qui siège au château. Il voudrait donc parvenir jusqu’au château, mais c’est pour lui impossible. Il a une liaison avec Frieda, une femme du village ; il pense l’épouser et ainsi s’intégrer plus facilement, mais le projet de mariage échoue. Au contraire de Joseph K. dans le Procès, qui baisse les bras devant l’administration , K. se bat pour son droit à être considéré comme les autres, mais en vain. Dans une des fins possibles (Kafka n’a laissé que des ébauches de fins) K. meurt d’épuisement.

Kafka semble décrire ici le périple de l’assimilé qui cherche vainement à être totalement intégré (à l’époque de Kafka c’est encore particulièrement difficile). A souligner que le Comte, invisible, qui règne au château s’appelle West-west ou Ouest-ouest, son nom symbolise à lui tout seul l’occidentalisation dont rêve le Juif de l’ouest. La tentative de mariage avec Frieda rappelle que le mariage mixte a été parfois vu par les Juifs d’alors comme une sorte de porte ouverte vers l’assimilation. A l’époque où il écrit Le Château, Kafka est déjà sioniste.

Ce roman fait d’ailleurs penser à un des premiers textes littéraires de T. Herzl :Le nouveau ghetto où il est dit que l’assimilé se heurte à des murs, comme dans le ghetto, mais cette fois les murs sont des murs invisibles.

Ainsi une bonne partie de l’œuvre Kafka peut être interprétée comme l’expression de la souffrance d’un écrivain qui se sent à distance de ce qu’il voudrait être, qui se sent dans un " entre-deux " difficile à vivre ; mais il faut aussitôt ajouter que Kafka a trouvé, à sa façon, le chemin du retour vers le Judaïsme .

III Le chemin du retour

Intérêt pour la culture juive

Depuis sa rencontre avec la troupe de théâtre yiddish Kafka lit des ouvrages concernant l’histoire et la culture juive. Il lit la Bible en allemand, mais il va bientôt la lire en hébreu.

En effet, à partir de 1917 Kafka apprend l’hébreu .



Etude de l’hébreu

Au moment de sa Bar-Mitzvah, Kafka n’a pas étudié l’hébreu ; il a simplement appris un texte par cœur .

Il commence l’hébreu moderne en autodidacte, puis il prend des leçons avec le fils d’un rabbin de Prague. Par la suite, il travaille avec Jiri Langer, un ami, qui a passé un certain temps en Galicie pour étudier avec le rabbi de Belz ; Langer lui enseigne l’hébreu et lui parle aussi beaucoup du Hassidisme. Son dernier professeur d’hébreu sera une étudiante venue de Jérusalem : Puah Ben, la fille d’un intellectuel, ami de Ben-Yehuda. A noter que Félice, sa fiancée berlinoise, lui avait parlé des conférences de G. Scholem qui donnait une grande importance au retour à l’hébreu.

L’étude de l’hébreu permet à Kafka de lire des passages de la Torah avec les commentaires de Rachi.

sionisme

Une autre raison explique l’intérêt de Kafka pour l’hébreu : il adhère en effet, à l’idéal sioniste en 1917 ; Brod avait tenté, en vain, de le convaincre auparavant ; mais 1917 c’est la date de la déclaration Balfour. Le sionisme ne semble plus une pure utopie

Kafka voit certains de ses amis partir pour la Palestine. Ces départs lui semblent un vrai miracle ; il écrit à sa sœur Valli : " C’est déjà quelque chose d’énorme de prendre sa famille sur son dos, et de la transporter en Palestine. Que tant d’hommes le fassent ce n’est pas moins un miracle que celui de la mer rouge. "

Il a une vision plus ou moins mystique du sionisme : la " montée " en Palestine devrait permettre au peuple juif de reconstruire son identité.


Dora

A propos du retour de Kafka vers le judaïsme, il faut aussi évoquer sa rencontre avec Dora Dymant, qui sera sa dernière compagne.

Kafka, qui a rompu à plusieurs reprise des fiançailles, rencontre, peu de temps avant sa mort, une jeune femme avec laquelle il s’installe à Berlin. Dora vient de Pologne, c’est une très bonne hébraïsante, elle a grandi dans un milieu hassidique dont elle s’est un peu éloignée ; mais elle connaît parfaitement la tradition juive et apporte beaucoup à Kafka : ensemble ils travaillent des textes traditionnels.

A Berlin, Kafka suit des cours de Talmud à l’Académie pour l’étude du judaïsme,

Kafka note dans son journal : " l’Ecole du judaïsme est pour moi un havre de paix dans ce Berlin féroce et dans les féroces contrées de ma vie intérieure. "

A Berlin encore, Kafka et Dora forment le projet de partir en Palestine.

Mais Kafka est depuis longtemps miné par la tuberculose, il meurt en 1924. Il sera enterré religieusement dans le cimetière juif de Prague.


Kafka a donc suivi un itinéraire diamétralement opposé à celui de ses parents. Il fait partie de ces enfants de l’assimilation qui ont cherché, parfois de façon pathétique, à retrouver des racines. (cf . :G. Scholem par exemple.) C’est là une démarche qui pour nous garde encore tout son sens.

Conclusion

Deux questions –comment qualifier le judaïsme de Kafka ?

-pourquoi dans ses œuvres de fiction n’a-t-il jamais employé le mot " juif " ?

_Le judaïsme de Kafka


Kafka est resté un juif atypique : il n’a jamais pratiqué les " mitzwoth ", les commandements. Dans une nouvelle intitulée Dans notre synagogue il se compare à une petite martre qui n’est ni du côté des hommes ni du côté des femmes, elle se tient à distance accrochée à une grille, vers le balcon des femmes.

On a souvent fait de Kafka un athée, le penseur d’un monde sans Dieu. Max Brod a refusé ce point de vue. Pour lui on trouve chez Kafka " les prémisses

de la foi, conquises sur un scepticisme radical " (Brod : Kafka)


Il semble que pour Kafka il existe une transcendance, mais elle est inconnaissable.

Plusieurs textes de Kafka peuvent donner lieu à une interprétation théologique.

On s’arrêtera simplement à un passage célèbre du Procès : " Devant la Loi. "

Un " homme de la campagne " (ou de la terre) veut accéder à La Loi. Il se heurte à un gardien qui lui refuse l’entrée " pour le moment ". Le temps passe, l’homme vieillit, au seuil de la mort il demande pourquoi personne d’autre ne tente de franchir cette porte. " Elle n’était faite que pour toi " répond le gardien. Mais l’homme a posé cette question trop tard. Il ne pénètrera pas dans la Loi, pourtant avant de mourir il voit luire une lueur du coté de la Loi.

On peut voir là le portrait d’un " Ham ha haretz " (Kafka ?) d’un ignorant, qui ne pose pas les bonnes questions ; ou bien qui se trouve face à un inconnaissable dont seule se montre la lumière (la " chéhina " - présence sur terre de la transcendance ?)

_Pourquoi Kafka a-t-il " censuré " le mot " juif " dans ses textes de fiction ?

Kafka a voulu donner à ses textes une connotation fantastique ; pour cela il efface presque tous les repères : pas de problématique juive explicite ; la psychologie des personnages est réduite au minimum ; le temps et l’espace sont estompés. Il obtient ainsi une atmosphère énigmatique et étrange.

L’absence de repères clairs engendre aussi la polysémie recherchée par Kafka. On peut faire de ses textes une " lecture infinie ", selon l’expression de D. Banon.

Ainsi le lecteur est appelé à faire une exégèse, conformément à la tradition juive de la lecture.

Enfin, Kafka a voulu aller du particulier à l’universel : il est passé de la difficulté d’être un Juif à la difficulté d’être un humain.
la judeité se transmet par la mere ou par conversion exact tous les courants du judaisme sont d'accord ,a rajouté que les liberaux eux considerent differement cette loi en effet si ton pere est juif et pas ta mere mais que tu as reçu une education juive depuis ta naissance tu es juif mais chaque communauté a ces textes vu qu'il ya aussi les reformés mais je ne connais pas trop leur lois :( mais pour le courant disont traditionel ou ortho si t'es née de mere juive meme si tu as reçu aucune education juive t'es juif a part entiere que les liberaux il faut une education juive ou deux parents juifs ....

quand au pote a dralnar j'attend toujours les preuves de son existence :lol: vu que tu en parles je te repond ,a+ alice
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Alice
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Message non lu par Alice »

Tu n'arrives pas à saisir certaines subtilités, et je trouve que le ton sur tu emploies pour les "juifs assimilés" vraiment indigne. Un assimilé comme tu dis n'est pas forcément pour la destruction d'Israel, ou la disparition de la culture juive. Le deni (affranchissement de l'idée même d'appartenance à un peuple particulier - chaque mot est important) dont tu parles n'est en rien une trahison (c'est celui-là même que j'éprouve personnellement).

ça me rappelle une discussion que j'ai eu longuement avec un cinéphile juif. Je lui fais découvrir le film "To be or not to be" de Lubitsch (1942), que je tiens pour l'un des 10 meilleurs films jamais réalisés.
Le film est une comédie très fine, très subtile, très audacieuse qui fait rire du nazisme (bien meilleure que "le Dictateur" de Chaplin selon moi), en comptant les méandres d'une troupe de comédiens polonais qui tentent d'échapper des griffes nazies (c'est le thème principal, mais le film brasse d'autres comme le mariage, la résistance, le monde du théatre, etc, c'est un film d'une densité extraordinaire). Le réalisateur est un de ces nombreux juifs berlinois qui avaient émigré à Hollywood.

Je m'attendais à ce que l'autre ait le même sentiment que moi, or que me rétorque-t-il ? Qu'il le trouve bon, mais qu'il est déçu du fait que les personnages n'aient pas l'air "assez askhénazes", que Lubitsch, le juif berlinois typé israélite, n'ait pas fait une référence au malheur des juifs (en fait le mot juif n'est pas prononcé une fois dans le film, il parle de "l'oppression des polonais" en général sans préciser qui des persos est juif ou pas).
Je lui demande déjà ce que c'est que d'avoir "l'air askhénaze", parce que je vois pas. Les acteurs sont pour la plupart des yankees pur jus (pour de "vrai") et interprètent donc des rôles de polonais (juifs ou pas), le casting est superbe, je comprends pas ses réticences, on dirait qu'il reproche à son frère juif de ne pas avoir assez typé ou insisté sur la question juive.
Mon sentiment est qu'il est passé totalement à côté du chef-d'oeuvre de Lubitsch, qui a une vocation universelle et ne cherche pas à apitoyer sur son peuple en particulier. L'autre avait même avancé que la "pudeur" de Lubitsch viendrait peut être de la censure, quelle connerie, Lubitsch avait les pleins pouvoirs à cette époque.

Je lui fais remarquer que le fait même qu'il emploies l'expression "air askhénaze" rejoint ce que je pense : à savoir que cet "air "est bien une interprétation, une performance, "l'askhénazité" est une accumulation de signifiants, à la portée de n'importe qui, même un acteur yankee pur jus, et qu'elle n'est pas une affaire de gène ou d'authencité culturelle.

L'un des nombreux thème de ce film si dense est d'ailleurs une profonde réflexion sur le métier d'acteur (la référence à Shakespeare dans le titre n'est pas hasardeuse), et tout ce qui compte est la "vérité de l'illusion". Je suis sûre que Lubitsche aurait souri à ses réserves, qui sonnent comme un gag... lubitschien.


Le même compère cinéphile a quelques mois été choqué par le film "La scandaleuse de Berlin" (1948) de Billy Wilder (autre juif berlinois à l'humour très voisin de celui de Lubitsch) car encore une fois, il n'a pas insisté sur la question juive avec d'assez gros sabots, et osé éprouver une forme de compassion pour le personnage de Marlène Dietrich (qui y joue une allemande au passé nazi qui tente de se reconstruire dans le Berlin occupé d'après guerre). En fait, ce qui le choquait c'est que visiblement Wilder se sent plus berlinois que juif.

Les 2 hommes (Lubitsch et Wilder) ont durant toute leur carrière illustré l'adage qu'on peut absolument rire de tout, mais pas avec n'importe qui, et faisaient des films à vocation universelle.

Alice
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Message non lu par moez »

salut alice,
les "juifs assimilés" vraiment indigne. Un assimilé comme tu dis n'est pas forcément pour la destruction d'Israel, ou la disparition de la culture juive
ah t'en as connu toi des juifs assimilés pour affirmer cela ? regarde le soit disant poto a dralnar si je me refere aux propos de dralnar il dit bien le contraire de ce que tu avances :lol:
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Alice
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Message non lu par Alice »

Bien sûr que oui c'est envisageable, c'est toi qui es animé d'un manichéïsme encore plus primaire que celui des films de Disney.

J'ai connu (mais pas un ami) un juif qui était orphelin, et donc a vécu dans des foyers d'accueil pendant toute son enfance et adolescence (des foyers toujours goy). Il savait que sa mère était juive, mais il n'a jamais été croyant. C'est à l'âge adulte qu'il a appris ce qu'était sensé recouvrir la judaïté de sa mère, notamment cette appartenance à un peuple en particulier. Je me souviendrai toujours de l'expression qu'il a employée : "J'ai été rattrapé par ma judaïté", alors qu'à la base, c'était juste une info sur sa mère, sans importance, d'autant plus qu'il n'était pas croyant (il a connu d'autres orphelins qui savaient que leurs parents étaient ceci ou celà, et se mettait au même niveau). Au début, il s'est senti touché par le fait qu'il ait rencontré plus tard dans sa vie adulte des juifs qui ont cherché à le "réintégrer dans leur oumma" (sentiment d'autant plus compréhensible qu'il était orphelin), mais après il s'est senti étouffé ("j'ai été rattrapé par"). Quand il parle de rattrapage, ce n'est ni un constat de dégoût ou de déception ou un déni de soit, il parlait du fait qu'on lui impose une dette morale.

Donc on voit que quand quelqu'un grandit dans un environnement totalement cosmopolite, et même en sachant qu'il a des origines juives, il peut être détaché de "cette dette morale" sans être un antisémite ! Il n'y a que le conditionnement dès l'enfance des gens pour transmettre cette dette.


Quant à l'utilisation de d'expressions de type "pute vendue aux goy" and Co, sache que certains musulmans que je rencontre utilisent exactement les mêmes pour me qualifier. T'as la même mentalité sur ce point et tu ne t'en rends même pas compte.

Tu promeuts le soi-disant libre-arbitre, mais c'est en réalité un libre-arbitre avec oeillères, admettant une baisse de la religiosité, mais étant inflexible sur l'esprit religieux vu que cette dette morale n'a -à mon sens- qu'un fondement religieux (et en aucun cas génétique et chromosomique).

Enfin, tu fais certes bien de rappeler les avis divergeants des libéraux, par rapport aux orthodoxes, mais ne cesse de marteler que c'est l'Orthodoxie qui est la Vérité (autre point commun avec les musulmans) ! Précise que tu rejoins leur avis, mais soit plus modeste sur celui qui détient la (pseudo)Vérité.

Alice
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Message non lu par moez »

salut alice,

tu peux eviter de parler a ma place stp :roll: jamais dit que les ortho seraient mieux que les liberaux reform ou louba ou massorti ou naturei meme la loi juive est la loi juive !!!!

il y a pas de oumma chez nous....ce mot est inconnu :lol:

quand a ton exemple je ne connais pas toute l'histoire et cette histoire ne m'interresse meme pas il y a des choses qui sont bizarre ,etre juif c'est appartenir a un peuple et toi tu me dis il etait pas croyant on s'en tape si il est croyant ou pas si il est née juif il est juif point barre !!!!

de quelle dette morale tu parles ?
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