Interpellation légitime des candidats à la présidentielle

Tout ce qui ne rentre pas dans les autres subdivisions du forum - Exprimez vous et débattez entre vous - dans le respect de l'autre.
Avatar de l’utilisateur
Sandra
Sergent Virtuel
Sergent Virtuel
Messages : 370
Inscription : sam. 4 févr. 2006 08:00
Contact :
Status : Hors-ligne

Interpellation légitime des candidats à la présidentielle

Message non lu par Sandra »

Jusqu’à présent, la construction européenne a été inscrite dans un cadre ayant pour cœur essentiel le domaine économique. Ainsi, l'Union Européenne s’en trouve avant tout être l’instrument de développement et de pérennisation d’un marché où la libre activité reste surtout celle des capitaux et des investisseurs.
Les partisans du Traité établissant une Constitution pour l’Europe, TCE, souhaiteraient une encore bien plus profonde libéralisation de ce marché par le biais de la dérégulation économique. Celle-ci, assurée par la concurrence libre et non faussée, y serait sacralisée bien loin devant l'intervention politique : Cette dérégulation libérale serait constitutionnalisée par le TCE.

Mais ! Pourquoi encore évoquer le TCE ? Sa ratification ne fut elle pas démocratiquement rejetée ?
Oui. Cela fut le cas. Mais les légitimes conclusions politiques du rejet du TCE n’ont jamais été reconnues par les principaux partisans de ce texte. Au contraire, ces derniers ambitionnent encore, au mépris du résultat des urnes, de mettre en œuvre les mêmes choix pour la construction européenne que ceux projetés dans le TCE. Bien entendu, d’ici le passage des élections de 2007, le sujet doit ne pas être évoqué …
Voici pourquoi j’évoque encore le TCE.

Le TCE n'a rien d'un "simple cadre minimum" qui assurerait une construction neutre de l’Europe.
Il s'agit d'un texte volumineux et précis très loin de pouvoir se résumer en une série de simplifications du fonctionnement des institutions européennes associée à un transfert de compétences des états vers l'Union Européenne. Au contraire, la ratification de TCE aurait constitutionnalisé la version libérale du capitalisme ainsi que les politiques assurant son application. Dans ce cadre, aucune alternative politique au libéralisme n'eut été possible.

Il importe que les citoyens défendent leur choix légitime, en s'exprimant, en votant et en agissant. De cette manière, la prévalence du politique sur l’économique, issue de l'expression populaire, peut réorienter la construction européenne.

La monnaie unique constitue un autre exemple de la prévalence de l’économique sur le politique, dans les choix d’orientation de l’Europe. Celle-ci reste un instrument économique. Sa gestion, assurée par la banque centrale européenne, BCE, s'effectue indépendamment des prérogatives politiques des élus. Les institutions européennes, telles que celles-ci se trouvent construites, prévoient en effet l'indépendance de la BCE. C'est l'un des aspects du libéralisme.
L'euro demeure ainsi au service du fonctionnement du marché ouvert et dérégulé européen.
L'euro est économique bien avant d'être politique.

Il y a en outre d'autant moins de régulations démocratiques et de subventions à des projets de société, que le libéralisme économique se trouve davantage mis en oeuvre. Cela est d'ailleurs le principe même du libéralisme économique.
De façon générale, le projet capitaliste et particulièrement son renforcement libéral, exigent de réduire les pouvoirs régaliens de la démocratie et donc l’importance du domaine politique loin derrière les affaires économiques.

Actuellement, se détermine qui seront les candidats à l’élection présidentielle française de 2007.
C’est l’occasion d’interpeller les prétendants.
Chacun peut exiger d’eux qu’ils s’expriment publiquement pour préciser leurs positions quant au TCE. Tous doivent préciser s’ils reconnaissent ou non le rejet de la ratification du TCE et s’ils possèdent ou non l’intention de respecter ce résultat démocratique.
Cela s’avère extrêmement important.
Si, par exemple, certains souhaitent faire revoter car ils pensent que l’on a mal voté, les électeurs ont le droit de la savoir.
J’appelle ainsi tous à discuter, rédiger, interpeller en ce sens. La démocratie vivante demande vos actions politiques.
Image
Une conception n'a à être tenue pour exacte que parce qu'elle l'est.
Avatar de l’utilisateur
Sandra
Sergent Virtuel
Sergent Virtuel
Messages : 370
Inscription : sam. 4 févr. 2006 08:00
Contact :
Status : Hors-ligne

Message non lu par Sandra »

Hongrie: le premier ministre reconnaît avoir menti aux électeurs

Image



BUDAPEST - Le premier ministre socialiste hongrois Ferenc Gyurcsany a suscité un scandale inhabituel dimanche. Il a reconnu avoir sciemment menti aux électeurs pour leur cacher un douloureux programme d'austérité en préparation.

La radio publique hongroise a diffusé l'enregistrement d'un discours à huis-clos de M. Gyurcsany à des députés du parti socialiste en mai dernier, après la victoire de sa coalition socialiste-libérale aux législatives. Le premier ministre a admis que l'enregistrement était authentique. L'origine de la fuite n'est pas établie.

M. Gyurcsany y déclare que le gouvernement n'aurait pas d'autre choix que d'adopter des réformes, lors de son second mandat, après les mensonges qui ont caractérisé, selon lui, ses 18 mois à la tête du gouvernement et les quatre années de pouvoir socialiste, entre 2002 et 2006. "Nous mentions le matin, nous mentions le soir", affirme-t-il lors d'un discours de 25 minutes truffé d'obscénités.

"Nous avons merdé (...) Personne en Europe n'a fait de pareilles conneries, sauf nous (...)", déclare le Premier ministre. "Vous ne pouvez pas me citer une seule mesure gouvernementale dont nous puissions être fiers (en quatre ans) si ce n'est de nous être accrochés au pouvoir", ajoute-t-il.

Le gouvernement avait promis des réductions d'impôts mais depuis, sous la pression de Bruxelles, il a imposé des augmentations d'impôts d'un total de 4,6 milliards de dollars et réduit les dépenses publiques. Il a fait savoir par ailleurs que le déficit public serait cette année de 10,1% du produit intérieur brut (PIB), soit le double de ce qu'il avait promis pendant la campagne. La Hongrie espère réduire le déficit public record du pays, dans la perspective d'une adoption de l'euro.

Peu après la diffusion de ce discours, environ 3000 manifestants se sont réunis à minuit devant le parlement à Budapest pour réclamer sa démission. M. Gyurcsany a cependant exclu de quitter ses fonctions. Et la direction du parti socialiste lui a réitéré son soutien.

La droite Fidesz de l'ex-Premier ministre Viktor Orban a annoncé pour sa part qu'elle utiliserait tous les moyens de la Constitution pour faire partir M. Gyurcsany, un homme devenu "persona non grata" dans la politique hongroise.

Le discours a depuis été publié dans son intégralité sur le blog internet du premier ministre. Le chef de gouvernement y regrette son vocabulaire, souvent vulgaire.

(ats / 18 septembre 2006 15:53)

http://www.romandie.com/infos/ats/displ ... te=phf0509



" ... Il a reconnu avoir sciemment menti aux électeurs pour leur cacher un douloureux programme d'austérité en préparation. ... "

Il a tenu une réthorique radicale de gauche pour obtenir les voix (probablement avec aussi l'argument du "vote utile" ...) tout en ayant concrètement l'intention de mettre en oeuvre une rupture vers le libéralisme économique.

C'est exactement la ligne d'action de la direction nationale du PS en France.
PS, UDF et UMP tiennent des discours occupant tout l'espace politique mais possèdent les mêmes positions, les mêmes intentions.

Ne les laissons pas nous duper et surtout pas concernant le TCE dont la ratification fut démocratiquement rejetée.
Ne votons pas "utile" mais votons efficace afin que les élections de 2007 aboutissent cette fois sur l'alternative plutôt que de s'achever en une habituelle alternance UMPS.
Image
Une conception n'a à être tenue pour exacte que parce qu'elle l'est.
Avatar de l’utilisateur
Sandra
Sergent Virtuel
Sergent Virtuel
Messages : 370
Inscription : sam. 4 févr. 2006 08:00
Contact :
Status : Hors-ligne

Message non lu par Sandra »

Les partisans du Traité établissant une Constitution pour l’Europe, TCE, souhaiteraient une encore bien plus profonde libéralisation du marché européen par le biais de la dérégulation économique. Cette dérégulation libérale aurait été constitutionnalisée par la ratification TCE qui visait à verrouiller de façon irréversible l'instauration de la version libérale du capitalisme.

Tout ce qu'ils peuvent ou plutôt veulent construire pour le moment les dirigeants ouiistes n'est que trouver la manière d'appliquer le TCE bien que la ratification de celui-ci ait été démocratique rejetée.
D'où la période de "réflexion".

Le rejet de sa ratification est une victoire concrète ayant permis de préserver la liberté pour les citoyens d'élire des représentants qui puissent mettre en oeuvre des politiques non libérales voire non capitalistes si cela est le choix des électeurs.
Ce non au TCE conserve ainsi autant que faire se peut ouverte la nature de l'orientation de la construction de l'Union Européenne.
Affirmer l'inverse ou soutenir que le TCE est un texte de gauche est mentir ...

... Tout comme est mentir de se déclarer de gauche lorsque l'on est pour la rupture vers l'économie libérale !
Le premier ministre « socialiste » hongrois Ferenc Gyurcsany a menti sur ses intentions, sur son programme, pour obtenir de se faire élire tout comme le font actuellement les membres de la direction nationale du PS en France en s'affirmant ne pas être libéraux mais bien au contraire de gauche.



« Mise à jour le samedi 23 septembre 2006 à 19 h 15
Hongrie

La protestation prend de l'ampleur

Image



En Hongrie, au moins 30 000 opposants au premier ministre socialiste Ferenc Gyurcsany ont manifesté dans le centre de Budapest, samedi, au sixième jour d'un mouvement de protestation qui gagne de l'ampleur.

Les protestataires se sont de nouveau rassemblés devant le parlement pour réclamer la démission du premier ministre. Dans un enregistrement diffusé la semaine dernière, Gyurcsany a admis que son gouvernement avait menti sur son bilan pour gagner les élections législatives d'avril.

Contrairement aux jours précédents, le rassemblement n'a donné lieu à aucun incident. Certains manifestants appartiennent à des groupes d'extrême droite et l'on craignait des violences.

Dans un bref discours devant le parlement, le vice-président du principal parti d'opposition Fidesz, Pal Schmitt, a appelé les manifestants à s'habiller de blanc pour exprimer leur rejet de la violence. La moitié des manifestants avaient suivi la consigne.

De son côté, le premier ministre Gyurcsany a déclaré qu'il resterait au pouvoir, promettant de mettre en oeuvre des hausses d'impôts et un programme d'austérité budgétaire peu populaires.

Depuis mardi, 150 personnes ont été arrêtées dans les affrontements qui ont éclaté entre la police et les manifestants. Des centaines de personnes ont été blessées et les candidats matériels sont très importants.

http://radio-canada.ca/nouvelles/Intern ... medi.shtml »



Les amis du premier ministre « socialiste » hongrois Ferenc Gyurcsany essaient de récupérer la situation par une fuite en avant dans la manipulation.
Ne pouvant pas nier le caractère avéré de façon flagrante du mensonge, ils s'efforcent de le requalifier : Le premier ministre aurait menti sur ce qui est "nécessaire" de mettre en oeuvre.
Et malgré sa "maladresse", il faudrait être "raisonnable" et accepter le caractère "indispensable" de la rupture libérale ... Et bla bla bla ...

Quant au Fidesz, dont le vice-président est Pal Schmitt, ce parti hongrois, déclaré plus à droite, pousse le cynisme à se présenter en une opposition d’alternative !
D’alternative au libéralisme ?
Je rappelle que la majorité des électeurs hongrois avaient voté pour une orientation pleinement à gauche.
Et !
Ils furent trompés par les libéraux.



Tirons la leçon. Qu'une telle chose ne se produise pas aussi en France en 2007 !



Dans le paysage politique français, les blocs centraux demeurent en rétraction continue, avec au premier tour des présidentielles de 2002, 16,18% pour le PS, 6.84% pour l'UDF, 19.88% pour l'UMP, soit aucun au-dessus des 20% et soit une somme descendue sous les 43% tandis que le bloc de radicalité de gauche, dont les seuls partis les plus à gauche LO, LCR et PT totalisant déjà, à eux seuls, plus de 10% des scores à cette même élection, se trouvent pleinement renforcée par la victoire du non et en situation de transformer cette forte potentialité électorale en victoire politique concrète.
Quant à l'importante abstention, affectant de manière différente les divers candidats, celle-ci fut ainsi particulièrement significative de la rétraction des blocs centraux.



L'important reste de bien avoir conscience que le premier ministre « socialiste » hongrois Ferenc Gyurcsany a tenu une rhétorique radicale de gauche pour obtenir les voix (probablement avec aussi l'argument du "vote utile" ...) tout en ayant concrètement l'intention de mettre en oeuvre une rupture vers le libéralisme économique et, que la ligne d'action de la direction nationale du PS est exactement la même en France.

PS, UDF et UMP occupent tout l'espace politique français en tenant chacun des discours radicaux mais possèdent les mêmes positions et intentions, tant sur le TCE que sur les autre sujets.

Les élections de 2007 peuvent cette fois aboutir sur l'alternative, plutôt que de s'achever en une habituelle alternance UMPS, et ce, grâce au vote efficace de soutien envers le bloc de radicalité de gauche.
Image
Une conception n'a à être tenue pour exacte que parce qu'elle l'est.
Avatar de l’utilisateur
Alkali
Sergent Virtuel
Sergent Virtuel
Messages : 388
Inscription : mer. 12 avr. 2006 08:00
Contact :
Status : Hors-ligne

Message non lu par Alkali »

Bonsoir sandra...

Je ne peux qu"abonder dans ton sens...

Cependant... pour pouvoir répondre à ton post... il me faut un peu de temps... pour organiser mes questions... mes doutes... et mes convictions...

peut être pourrais tu poser un sujet à la fois...

Par exemple... la suprématie necessaire du politique envers l'économique...
Répondre