Musulman - Laïque ET Républicain
Publié : mer. 17 janv. 2007 16:15
Dans son ouvrage, Délit d’insoumission, Fethi Ben Slama, professeur à l’Université et Psychanalyste, se réclame du droit d’être un musulman laïque et républicain. Initiateur du Manifeste des Libertés, il réaffirme dans ce deuxième ouvrage sa volonté de se battre contre « un Islam qui est en train de s’autodétruire », de « le délivrer de ses germes qui ont produit cette dévastation ».
Selon lui, le processus d’autodestruction a commencé au début des années 70 : « La communauté arabo-musulmane avait du mal à faire face à une situation économique difficile, l’horizon des jeunes semblait bouché, la vie spirituelle était appauvrie, il n’y avait plus de transmission de la culture musulmane et des valeurs au sein des famille. Il n’y avait pas non plus de partage, au sens politique du terme. Les mauvaises conditions matérielles et politiques ont réveillé les démons religieux. Les forces religieuses obscurantistes ont creusé leur terreau dans les banlieues. Leur pouvoir tyrannique a fermé peu à peu l’espace des Libertés et de la Justice, réprimant toute autre alternative. Le problème que rencontre l’Islam aujourd’hui en tant que religion, c’est qu’il n’a pas su évolué, se transformer afin de faire face au monde moderne. Le Christianisme et le Judaïsme ont effectué cette révolution interne, pas l’Islam. Au lieu d’évoluer, l’Islam est entré dans un processus de décomposition ». Pour Fethi Ben Slama, le CFCM est « une représentation intolérable du culte musulman » ! Selon son analyse, Nicolas Sarkozy a choisi les interlocuteurs les plus rétrogrades et les moins ouverts par manque de patience : « Bien sûr, les Musulmans avaient besoin d’être reconnu comme un Culte, cette reconnaissance par l’Etat répondait à un besoin. Mais à cause des enjeux électoraux, il est allé trop vite et a créé une représentation artificielle. Il fait des propositions démagogiques, comme le droit de vote aux immigrés, en sachant que ces promesses ne verront pas le jour ! Il aurait dû laissé le temps aux musulmans de s’exprimer dans toutes leurs tendances et prendre en considération l’existence et le message des Musulmans démocrates et laïques. Il oublie que la majorité des musulmans français ne sont pas religieux ». En effet, d’après une enquête, réalisée par le journal le Monde, 65% des musulmans sont traditionalistes et ne vont pas à la Mosquée. Ils voient dans la laïcité, une chance pour l’égalité des droits des citoyens. Dans la déclaration d’insoumission, Fethi Benslama développe différents thèmes, l’un d’eux est l’oppression des femmes dans le monde musulman. Je cite : « L’oppression des femmes ne dégrade pas seulement la femme mais organise dans l’ensemble de la société, l’inégalité, la haine de l’altérité, la violence, ordonnées par le pouvoir mâle ». Même si le Patriarcat gouverne l’Islam, il n’explique pas tout : « La discrimination concernant les femmes trouve ses sources dans le texte coranique. L’effet de ces Hadith dans la réalité se traduit par jouissez des femmes et haïssez leurs désirs. Il est temps de traiter l’égalité homme-femme dans la religion musulmane, même s’il faut aller à l’encontre de certains textes. C’est un combat essentiel à mener au nom de la Démocratie. C’est une lutte qu’il faut mener avec raison. Par exemple, il n’était pas nécessaire de recourir à une loi, concernant le Voile. La Justice disposait déjà de moyens juridiques. Cette loi était un moyen de faire semblant de régler le problème. Non seulement, cela n’a rien réglé, concernant l’égalité des femmes mais cela a verrouillé le débat. Des musulmans se sont sentis stigmatisés et aujourd’hui on ne peut plus débattre et critiquer l’Islam sans être taxé d’Islamophobie ».
Concernant les musulmans modérés, il dit que cela n’existe pas : « Qui se réclame d’un mouvement modéré, les gens de l’UOIF, du CFCM, Tarik Ramadan ? Les idées qu’ils prônent ne sont qu’un paravent, un écran de fumée. A quoi voit-on juge t-on leur modération, à la longueur de leurs barbes ou de leurs voiles ! Je récuse cette notion qui ne veut rien dire. Les Etats s’acoquinent avec des musulmans dits modérés, entretiennent des relations avec des Etats Tyrans, des criminels de guerre, incultes, corrompus, pensant que ceux-là les protègent des intégristes, alors que ce sont ces Etats même qui fabriquent les islamistes ».
Concernant l’avenir des musulmans en France, Fethi Benslama est pessimiste : « Le CFCM étend sa dangereuse influence dans toute la jeunesse française maghrébine, grâce à d’importants moyens financiers accordés par l’Etat mais aussi venant de puissances étrangères. De plus, les pouvoirs politiques français n’arrangent rien. Il faut qu’ils nous aident à nous émanciper, afin de se sortir de cette main mise théologique. Nous devons sortir de ce monde victimaire dans lequel la gauche et son tiers-mondisme nous confine. Nous sommes en train de réunir toutes les associations musulmanes qui se battent au nom d’un Islam démocrate afin de faire entendre notre voix ! ».
D’autres associations se battent également pour que le droit des femmes musulmanes soit respecté. L’association Ni putes ni soumises, crée en 2003 après la Marche des femmes des quartiers contre les ghettos et pour l’égalité se bat également pour la laïcité. Présidée par Fadela Amara, cette association a ouvert le débat au sein des banlieues. « La violence, les mariages forcés, les tournantes, font encore parti du paysage. Grâce à l’association, j’ai pu échapper à un mariage forcé. J’ai été conseillée par un avocat, accompagnée par un psychologue et hébergée dans un centre d’accueil d’urgence » témoigne Samira. Mais les groupuscules islamiques qui sévissent dans les quartiers ne facilitent pas le combat de ces femmes, sans cesse menacées. Kenza Braiga, est devenue marraine d’honneur de l’association lors de l’assassinat de Sohan, cette jeune fille brûlée vive pour avoir refusé de se soumettre à la Loi de la cité. « Nous venons de tous les milieux sociaux, Beaucoup d’entre nous sont musulmanes mais de nombreuses femmes appartenant à d’autres confessions partagent ce combat. Nous refusons le machisme des hommes de banlieue, nous sommes contre le voile à l’école et pour le respect de la laïcité. Lors de conférences, des islamistes sont souvent présents dans la salle. Ils viennent en groupe puis s’éparpillent dans la salle afin de nous intimider et de diffuser leurs messages. Mais nous résistons ! Ce qui est triste c’est de voir des jeunes de 16 ans embrigadés par ces réseaux. C’est à nous, musulmans traditionalistes et laïques de faire le ménage au sein de notre communauté et de se révolter contre les extrémistes. Les femmes musulmanes sont en première ligne à payer cet obscurantisme religieux. Ni putes ni soumises n’est pas contre l’Islam, elle est pour un Islam citoyen, démocrate et tolérant ».
L’appel à l’insoumission, que lance les signataires du Manifeste des Libertés est un appel à la lutte contre un « islamisme totalitaire » qui sévit dans certaines villes de France et dans certains Etats despotiques musulmans. Un appel à une lutte commune contre le racisme et l’antisémitisme. Une lutte qui nous concerne tous, au nom de la République !
Selon lui, le processus d’autodestruction a commencé au début des années 70 : « La communauté arabo-musulmane avait du mal à faire face à une situation économique difficile, l’horizon des jeunes semblait bouché, la vie spirituelle était appauvrie, il n’y avait plus de transmission de la culture musulmane et des valeurs au sein des famille. Il n’y avait pas non plus de partage, au sens politique du terme. Les mauvaises conditions matérielles et politiques ont réveillé les démons religieux. Les forces religieuses obscurantistes ont creusé leur terreau dans les banlieues. Leur pouvoir tyrannique a fermé peu à peu l’espace des Libertés et de la Justice, réprimant toute autre alternative. Le problème que rencontre l’Islam aujourd’hui en tant que religion, c’est qu’il n’a pas su évolué, se transformer afin de faire face au monde moderne. Le Christianisme et le Judaïsme ont effectué cette révolution interne, pas l’Islam. Au lieu d’évoluer, l’Islam est entré dans un processus de décomposition ». Pour Fethi Ben Slama, le CFCM est « une représentation intolérable du culte musulman » ! Selon son analyse, Nicolas Sarkozy a choisi les interlocuteurs les plus rétrogrades et les moins ouverts par manque de patience : « Bien sûr, les Musulmans avaient besoin d’être reconnu comme un Culte, cette reconnaissance par l’Etat répondait à un besoin. Mais à cause des enjeux électoraux, il est allé trop vite et a créé une représentation artificielle. Il fait des propositions démagogiques, comme le droit de vote aux immigrés, en sachant que ces promesses ne verront pas le jour ! Il aurait dû laissé le temps aux musulmans de s’exprimer dans toutes leurs tendances et prendre en considération l’existence et le message des Musulmans démocrates et laïques. Il oublie que la majorité des musulmans français ne sont pas religieux ». En effet, d’après une enquête, réalisée par le journal le Monde, 65% des musulmans sont traditionalistes et ne vont pas à la Mosquée. Ils voient dans la laïcité, une chance pour l’égalité des droits des citoyens. Dans la déclaration d’insoumission, Fethi Benslama développe différents thèmes, l’un d’eux est l’oppression des femmes dans le monde musulman. Je cite : « L’oppression des femmes ne dégrade pas seulement la femme mais organise dans l’ensemble de la société, l’inégalité, la haine de l’altérité, la violence, ordonnées par le pouvoir mâle ». Même si le Patriarcat gouverne l’Islam, il n’explique pas tout : « La discrimination concernant les femmes trouve ses sources dans le texte coranique. L’effet de ces Hadith dans la réalité se traduit par jouissez des femmes et haïssez leurs désirs. Il est temps de traiter l’égalité homme-femme dans la religion musulmane, même s’il faut aller à l’encontre de certains textes. C’est un combat essentiel à mener au nom de la Démocratie. C’est une lutte qu’il faut mener avec raison. Par exemple, il n’était pas nécessaire de recourir à une loi, concernant le Voile. La Justice disposait déjà de moyens juridiques. Cette loi était un moyen de faire semblant de régler le problème. Non seulement, cela n’a rien réglé, concernant l’égalité des femmes mais cela a verrouillé le débat. Des musulmans se sont sentis stigmatisés et aujourd’hui on ne peut plus débattre et critiquer l’Islam sans être taxé d’Islamophobie ».
Concernant les musulmans modérés, il dit que cela n’existe pas : « Qui se réclame d’un mouvement modéré, les gens de l’UOIF, du CFCM, Tarik Ramadan ? Les idées qu’ils prônent ne sont qu’un paravent, un écran de fumée. A quoi voit-on juge t-on leur modération, à la longueur de leurs barbes ou de leurs voiles ! Je récuse cette notion qui ne veut rien dire. Les Etats s’acoquinent avec des musulmans dits modérés, entretiennent des relations avec des Etats Tyrans, des criminels de guerre, incultes, corrompus, pensant que ceux-là les protègent des intégristes, alors que ce sont ces Etats même qui fabriquent les islamistes ».
Concernant l’avenir des musulmans en France, Fethi Benslama est pessimiste : « Le CFCM étend sa dangereuse influence dans toute la jeunesse française maghrébine, grâce à d’importants moyens financiers accordés par l’Etat mais aussi venant de puissances étrangères. De plus, les pouvoirs politiques français n’arrangent rien. Il faut qu’ils nous aident à nous émanciper, afin de se sortir de cette main mise théologique. Nous devons sortir de ce monde victimaire dans lequel la gauche et son tiers-mondisme nous confine. Nous sommes en train de réunir toutes les associations musulmanes qui se battent au nom d’un Islam démocrate afin de faire entendre notre voix ! ».
D’autres associations se battent également pour que le droit des femmes musulmanes soit respecté. L’association Ni putes ni soumises, crée en 2003 après la Marche des femmes des quartiers contre les ghettos et pour l’égalité se bat également pour la laïcité. Présidée par Fadela Amara, cette association a ouvert le débat au sein des banlieues. « La violence, les mariages forcés, les tournantes, font encore parti du paysage. Grâce à l’association, j’ai pu échapper à un mariage forcé. J’ai été conseillée par un avocat, accompagnée par un psychologue et hébergée dans un centre d’accueil d’urgence » témoigne Samira. Mais les groupuscules islamiques qui sévissent dans les quartiers ne facilitent pas le combat de ces femmes, sans cesse menacées. Kenza Braiga, est devenue marraine d’honneur de l’association lors de l’assassinat de Sohan, cette jeune fille brûlée vive pour avoir refusé de se soumettre à la Loi de la cité. « Nous venons de tous les milieux sociaux, Beaucoup d’entre nous sont musulmanes mais de nombreuses femmes appartenant à d’autres confessions partagent ce combat. Nous refusons le machisme des hommes de banlieue, nous sommes contre le voile à l’école et pour le respect de la laïcité. Lors de conférences, des islamistes sont souvent présents dans la salle. Ils viennent en groupe puis s’éparpillent dans la salle afin de nous intimider et de diffuser leurs messages. Mais nous résistons ! Ce qui est triste c’est de voir des jeunes de 16 ans embrigadés par ces réseaux. C’est à nous, musulmans traditionalistes et laïques de faire le ménage au sein de notre communauté et de se révolter contre les extrémistes. Les femmes musulmanes sont en première ligne à payer cet obscurantisme religieux. Ni putes ni soumises n’est pas contre l’Islam, elle est pour un Islam citoyen, démocrate et tolérant ».
L’appel à l’insoumission, que lance les signataires du Manifeste des Libertés est un appel à la lutte contre un « islamisme totalitaire » qui sévit dans certaines villes de France et dans certains Etats despotiques musulmans. Un appel à une lutte commune contre le racisme et l’antisémitisme. Une lutte qui nous concerne tous, au nom de la République !