Drag-queens
Publié : dim. 8 mai 2005 15:08
A été évoqué l'homosexualité, quid des drag-queens ?
Ils vous font peur ? Vous intriguent ? Vous font rire ? Rien de spécial ?
Moi je dirais qu'ils m'intriguent et je trouve qu'ils nous apprennent beaucoup sur "nous" (les hétéros).
Le numéro classique de strip-tease d'un drag-queen (si je prend le cas d'un homme se travestissant en femme) est une déconstruction minutieuse de ce qu'il est communément appelé la "Féménité". Le strip-tease du drag-queen consiste à enlever un à un les accessoires et les parures (perruque, faux ongles, vêtements, prothèses, etc) qui lui ont permi de construire la "féménité", et c'est celà qui est intéressant. Je veux dire qu'il nous montre le côté complètement arbitraire des genres (je veux dire genre/gender pour différencier féménité et virilité). Ce que les penseurs déconstructionnistes comme feu-Derrida écrivent dans leurs thèses/essais/articles/etc, le drag-queen le fait littéralement dans son strip-tease.
Bien sûr il y a un côté ludique, ironique, cette façon de pasticher outrageusement la "Féménité" en l'exagérant, mais il montre bien qu'elle n'est qu'un masque, des accessoires mis de façon totalement arbitraire sur le sexe féminin. C'est pour cela que son déshabillement est différent de celui d'un chippendale ou d'une strip-teaseuse classique (qui eux ne visent que le côté érotique), car le strip-tease d'un drag-queen est chargé idéologiquement et politiquement.
D'ailleurs, rappelons-nous qu'il y a quelques siècles, il était interdit aux femmes de monter sur scène, et donc tous les rôles (féminins et masculins) d'une même pièce étaient interprétés par des HOMMES. Déjà dans le théatre, il était sous-entendu que la "féménité" était un masque, un rôle. Dans l'antiquité, il me semble que le masque des acteurs en représentation se disait "persona" (persona veut littéralement dire masque). Il y a une tradition dans le théatre japonais (je m'en rappelle plus le nom) qui voit les femmes assumer tous les rôles d'une pièces (qu'ils soient masculins ou féminins). Encore une fois, cela nous montre indirectement que "féménité" et "virilité" sont des masques construits culturellement, et pourquoi pas interchangeables (ce qui est le propos idéologique des drag-queens).
Alice
Ils vous font peur ? Vous intriguent ? Vous font rire ? Rien de spécial ?
Moi je dirais qu'ils m'intriguent et je trouve qu'ils nous apprennent beaucoup sur "nous" (les hétéros).
Le numéro classique de strip-tease d'un drag-queen (si je prend le cas d'un homme se travestissant en femme) est une déconstruction minutieuse de ce qu'il est communément appelé la "Féménité". Le strip-tease du drag-queen consiste à enlever un à un les accessoires et les parures (perruque, faux ongles, vêtements, prothèses, etc) qui lui ont permi de construire la "féménité", et c'est celà qui est intéressant. Je veux dire qu'il nous montre le côté complètement arbitraire des genres (je veux dire genre/gender pour différencier féménité et virilité). Ce que les penseurs déconstructionnistes comme feu-Derrida écrivent dans leurs thèses/essais/articles/etc, le drag-queen le fait littéralement dans son strip-tease.
Bien sûr il y a un côté ludique, ironique, cette façon de pasticher outrageusement la "Féménité" en l'exagérant, mais il montre bien qu'elle n'est qu'un masque, des accessoires mis de façon totalement arbitraire sur le sexe féminin. C'est pour cela que son déshabillement est différent de celui d'un chippendale ou d'une strip-teaseuse classique (qui eux ne visent que le côté érotique), car le strip-tease d'un drag-queen est chargé idéologiquement et politiquement.
D'ailleurs, rappelons-nous qu'il y a quelques siècles, il était interdit aux femmes de monter sur scène, et donc tous les rôles (féminins et masculins) d'une même pièce étaient interprétés par des HOMMES. Déjà dans le théatre, il était sous-entendu que la "féménité" était un masque, un rôle. Dans l'antiquité, il me semble que le masque des acteurs en représentation se disait "persona" (persona veut littéralement dire masque). Il y a une tradition dans le théatre japonais (je m'en rappelle plus le nom) qui voit les femmes assumer tous les rôles d'une pièces (qu'ils soient masculins ou féminins). Encore une fois, cela nous montre indirectement que "féménité" et "virilité" sont des masques construits culturellement, et pourquoi pas interchangeables (ce qui est le propos idéologique des drag-queens).
Alice