Magdi Allam
Publié : dim. 30 mars 2008 21:11
Au cour de la dernière veillée pascale, Benoït XVI a baptisé cinq personnes "symboliquement" issues des cinq continents. Parmi elles, un journaliste d'origine égyptienne, vice-directeur du quotidien italien Corriere della Sera, Magdi Allam.
L'affaire est en train de faire polémique. Voici quelques dépêches :
http://www.liberation.fr/actualite/mond ... or=RSS-451
Il se présentait auparavant comme un «musulman modéré». Depuis samedi soir, date de sa conversion à la foi catholique, le journaliste italien Magdi Allam, baptisé Cristiano par Benoît XVI, dénonce son ancienne religion dans une lettre publiée hier en une du quotidien Il Corriere della Sera, qu’il codirige. Il écrit : «J’ai dû prendre acte que, au delà […] du phénomène des extrémistes et du terrorisme islamique au niveau mondial, la racine du mal est inhérente à l’islam, qui est physiologiquement violent et historiquement conflictuel.» Connu pour ses prises de position polémiques contre le fanatisme islamique, ce journaliste de 56 ans né en Egypte est menacé de mort et vit depuis cinq ans sous protection. Il ajoute s’être «affranchi de l’obscurantisme d’une idéologie qui légitime la mort violente qui conduit à l’homicide et au suicide, la soumission aveugle à la tyrannie». Et appelle l’Eglise à ne pas avoir peur de faire du «prosélytisme dans les pays à majorité islamique» et à «protéger les convertis face à leur condamnation à mort pour apostasie».
Le Point, 27/03/2008, n°1854
C’est des mains de Benoît XVI en personne que Magdi Allam a reçu, au cours de la veillée pascale, dans la basilique Saint-Pierre, le sacrement du baptême. Une conversion qui ne va pas sans polémiques.
Vice-directeur du prestigieux quotidien Il Corriere della Sera, Magdi Allam est né en Egypte il y a cinquante-six ans et a été élevé dans la foi musulmane, mais éduqué dans un collège de pères salésiens. Depuis des années, il dénonce avec vigueur l’intégrisme croissant dans les communautés musulmanes vivant en Europe. Il accuse également les institutions de renoncer à défendre les victimes de ces jusqu’au-boutistes et l’Eglise catholique de trop souvent se taire.
La conversion de cet intellectuel en vue dans la Péninsule est l’aboutissement d’un cheminement aussi spirituel que politique. « Mon esprit s’est libéré de l’obscurantisme d’une idéologie qui légitime le mensonge et la dissimulation, qui mène à l’homicide, au suicide, à la soumission et à la tyrannie », écrit-il au lendemain de son baptême dans le Corriere .
Un combat qui lui a valu plusieurs fatwas. Depuis cinq ans, Allam vit sous escorte vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Sa conversion provoquera, il n’en doute pas, de nouvelles condamnations à mort, qu’il affrontera « la tête haute », convaincu d’être investi d’une mission. « En me baptisant, Sa Sainteté a lancé un message explicite et révolutionnaire à une Eglise jusque-là trop prudente à l’égard de la conversion des musulmans. Une Eglise qui s’abstient de faire du prosélytisme dans les pays islamiques et se tait sur la situation des convertis dans les pays chrétiens (...) . Benoît XVI nous enseigne qu’il ne faut pas redouter d’affirmer la vérité du Christ aux musulmans. »
Les communautés musulmanes italiennes se divisent entre le respect d’un « choix personnel » et l’accusation d’apostasie. Mais, même dans le monde catholique, certains se demandent si, en donnant un tel écho à la conversion de Magdi Allam, le pape n’a pas commis une nouvelle « gaffe de Ratisbonne ».
http://www.la-croix.com/afp.static/page ... z8h8r2.htm
PARIS, 28 mars 2008 (AFP) - Mustapha Cherif "consterné" par le baptême à Rome d'un musulman converti
Le philosophe algérien Mustapha Chérif se dit "consterné" par le baptême d'un musulman converti "connu pour ses attaques virulentes et haineuses contre l'islam", considérant que c'est une régression par rapport aux efforts de dialogue entre les religions.
Dans une lettre ouverte au pape Benoît XVI, diffusée par le père Christophe Roucou, directeur du Service national pour les relations avec l'islam de l'Eglise de France, Mustapha Chérif s'"étonne" que le pape ait "baptisé, de manière spectaculaire, pendant la vigile pascale un musulman converti, journaliste italien d'origine égyptienne" (Magdi Adam).
"Je défends la liberté de conscience, que l'islam respecte, sans aucune ambiguïté (....) mais je suis consterné, par le fait qu'en personne vous baptisez un individu qui depuis des années est connu pour ses attaques virulentes et haineuses contre l'islam, pas seulement contre les dérives des extrémistes", ajoute-t-il.
Il craint "une nouvelle affaire qui donnera de l'eau au moulin de tous ceux qui veulent opposer et diviser les hommes de bonne volonté". (...) "Certains partisans du dialogue désespérés vont se demander si cela vaut la peine de continuer à oeuvrer dans le domaine du dialogue islamo-chrétien", insiste-t-il.
Il qualifie ce baptème solennel de "maladresse" et craint qu'il passe pour une "provocation".
Le philosophe et islamologue Mustapha Chérif, qui enseigne à l'université d'Alger avait été reçu en audience privée par le pape Benoît XVI avant le voyage de celui-ci en Turquie. Il est un ferme partisan du dialogue entre l'islam et le catholicisme.
L'affaire est en train de faire polémique. Voici quelques dépêches :
http://www.liberation.fr/actualite/mond ... or=RSS-451
Il se présentait auparavant comme un «musulman modéré». Depuis samedi soir, date de sa conversion à la foi catholique, le journaliste italien Magdi Allam, baptisé Cristiano par Benoît XVI, dénonce son ancienne religion dans une lettre publiée hier en une du quotidien Il Corriere della Sera, qu’il codirige. Il écrit : «J’ai dû prendre acte que, au delà […] du phénomène des extrémistes et du terrorisme islamique au niveau mondial, la racine du mal est inhérente à l’islam, qui est physiologiquement violent et historiquement conflictuel.» Connu pour ses prises de position polémiques contre le fanatisme islamique, ce journaliste de 56 ans né en Egypte est menacé de mort et vit depuis cinq ans sous protection. Il ajoute s’être «affranchi de l’obscurantisme d’une idéologie qui légitime la mort violente qui conduit à l’homicide et au suicide, la soumission aveugle à la tyrannie». Et appelle l’Eglise à ne pas avoir peur de faire du «prosélytisme dans les pays à majorité islamique» et à «protéger les convertis face à leur condamnation à mort pour apostasie».
Le Point, 27/03/2008, n°1854
C’est des mains de Benoît XVI en personne que Magdi Allam a reçu, au cours de la veillée pascale, dans la basilique Saint-Pierre, le sacrement du baptême. Une conversion qui ne va pas sans polémiques.
Vice-directeur du prestigieux quotidien Il Corriere della Sera, Magdi Allam est né en Egypte il y a cinquante-six ans et a été élevé dans la foi musulmane, mais éduqué dans un collège de pères salésiens. Depuis des années, il dénonce avec vigueur l’intégrisme croissant dans les communautés musulmanes vivant en Europe. Il accuse également les institutions de renoncer à défendre les victimes de ces jusqu’au-boutistes et l’Eglise catholique de trop souvent se taire.
La conversion de cet intellectuel en vue dans la Péninsule est l’aboutissement d’un cheminement aussi spirituel que politique. « Mon esprit s’est libéré de l’obscurantisme d’une idéologie qui légitime le mensonge et la dissimulation, qui mène à l’homicide, au suicide, à la soumission et à la tyrannie », écrit-il au lendemain de son baptême dans le Corriere .
Un combat qui lui a valu plusieurs fatwas. Depuis cinq ans, Allam vit sous escorte vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Sa conversion provoquera, il n’en doute pas, de nouvelles condamnations à mort, qu’il affrontera « la tête haute », convaincu d’être investi d’une mission. « En me baptisant, Sa Sainteté a lancé un message explicite et révolutionnaire à une Eglise jusque-là trop prudente à l’égard de la conversion des musulmans. Une Eglise qui s’abstient de faire du prosélytisme dans les pays islamiques et se tait sur la situation des convertis dans les pays chrétiens (...) . Benoît XVI nous enseigne qu’il ne faut pas redouter d’affirmer la vérité du Christ aux musulmans. »
Les communautés musulmanes italiennes se divisent entre le respect d’un « choix personnel » et l’accusation d’apostasie. Mais, même dans le monde catholique, certains se demandent si, en donnant un tel écho à la conversion de Magdi Allam, le pape n’a pas commis une nouvelle « gaffe de Ratisbonne ».
http://www.la-croix.com/afp.static/page ... z8h8r2.htm
PARIS, 28 mars 2008 (AFP) - Mustapha Cherif "consterné" par le baptême à Rome d'un musulman converti
Le philosophe algérien Mustapha Chérif se dit "consterné" par le baptême d'un musulman converti "connu pour ses attaques virulentes et haineuses contre l'islam", considérant que c'est une régression par rapport aux efforts de dialogue entre les religions.
Dans une lettre ouverte au pape Benoît XVI, diffusée par le père Christophe Roucou, directeur du Service national pour les relations avec l'islam de l'Eglise de France, Mustapha Chérif s'"étonne" que le pape ait "baptisé, de manière spectaculaire, pendant la vigile pascale un musulman converti, journaliste italien d'origine égyptienne" (Magdi Adam).
"Je défends la liberté de conscience, que l'islam respecte, sans aucune ambiguïté (....) mais je suis consterné, par le fait qu'en personne vous baptisez un individu qui depuis des années est connu pour ses attaques virulentes et haineuses contre l'islam, pas seulement contre les dérives des extrémistes", ajoute-t-il.
Il craint "une nouvelle affaire qui donnera de l'eau au moulin de tous ceux qui veulent opposer et diviser les hommes de bonne volonté". (...) "Certains partisans du dialogue désespérés vont se demander si cela vaut la peine de continuer à oeuvrer dans le domaine du dialogue islamo-chrétien", insiste-t-il.
Il qualifie ce baptème solennel de "maladresse" et craint qu'il passe pour une "provocation".
Le philosophe et islamologue Mustapha Chérif, qui enseigne à l'université d'Alger avait été reçu en audience privée par le pape Benoît XVI avant le voyage de celui-ci en Turquie. Il est un ferme partisan du dialogue entre l'islam et le catholicisme.